Nassim Taleb : "nous devons passer au capitalisme 2.0"

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(Crédits : BLOOMBERG NEWS)
Chaque jour, cet été, nous interrogeons un grand témoin de l'actualité sur sa vision de l'après-crise. Aujourd'hui, le professeur Nassim Taleb, qui dénonce une économie trop spécialisée, préconise un système avec moins de dettes où les entrepreneurs prennent des risques mais pas les banquiers.

Vivons-nous une crise sans précédent ?

La crise n'a pas commencé car le système économique, pour devenir plus robuste, doit se transformer. On peut s'inspirer de l'exemple de la nature, qui est un système complexe qui a évolué de façon robuste. Dans la nature, si quelque chose est fragile, il se brise rapidement. Par ailleurs, la mort d'un gros mammifère n'affecte pas les autres. Avec les banques, c'est l'inverse. La doctrine du "too big to fail" [trop gros pour faire faillite, Ndlr] maintient en vie des institutions qui ne sont pas adaptées et la faillite d'une grosse banque peut avoir un impact considérable. La nature est basée sur la redondance organique et fonctionnelle. Nous avons deux yeux, deux poumons, deux reins, deux oreilles, deux testicules ou deux ovaires. On peut les considérer comme des pièces de rechange. De plus, un organe a généralement plusieurs fonctions. En revanche, l'économie est organisée de manière inverse. David Riccardo nous a enseigné qu'il fallait se spécialiser. C'est bien d'être spécialisé : cela nous rend plus efficace et tout le monde en profite sauf quand le produit de la spécialisation disparaît. La nature n'aime pas la spécialisation. Dans l'économie, la dette implique de supprimer les éléments redondants d'une entreprise. On gère au plus juste et on devient beaucoup plus fragile. On peut observer ce phénomène dans les entreprises qui ont été rachetées par fort endettement.

Le monde entier a été surpris par l'ampleur de la crise financière. Les économistes sont-ils vraiment utiles ?

Sur le million d'économistes que compte la planète, il n'y en a que quelques-uns qui ont compris ce qui se passait. Il y avait un éléphant au milieu de la salle et personne ne l'a vu. Si un pilote d'avion fait une erreur et provoque un crash, vous n'allez pas lui remettre un manche à balais dans les mains. Pour Ben Bernanke, le patron de la Fed, c'est pareil. Nous devons passer au capitalisme 2.0 en supprimant la financiarisation de l'économie. Nous devons aussi apprendre à ne plus utiliser les marchés financiers comme un moyen de stocker de la valeur. Enfin, on ne fait pas d'omelette sans casser d'?ufs. Nous devons transformer la dette en fonds propres, interdire les achats par effet de levier sur la dette, supprimer le prix Nobel d'économie, reprendre les bonus à ceux qui nous ont conduits dans cette crise et laisser les entreprises qui ne sont pas assez robustes disparaître. En un mot, nous devons apprendre à vivre dans un monde où les entrepreneurs prennent des risques mais surtout pas les banquiers !

Ne fallait-il pas sauver les banques ?

Les traders ont fait des centaines de millions de dollars de profits pour des erreurs qui nous ont causé des milliards de dollars de pertes. Bob Rubin, ancien directeur du Trésor, ancien de Goldman Sachs et surtout ancien directeur de Citibank, a reçu un bonus de 120 millions de dollars alors que Citibank a perdu des dizaines de milliards. Finalement, l'ouvrier moyen a payé le bonus de ce monsieur. Le capitalisme ne doit pas fonctionner comme cela. Pas de capitalisme sans punition. Pas de bonus sans malus. Par ailleurs, les hedge funds ne sont pas responsables de la situation. Et quand un hedge fund saute, il n'embête personne. Quand une banque perd des dizaines de milliards de dollars, elle sollicite son gouvernement.

Que vous inspire le débat sur les bonus dans les banques ?

Les militaires nous protègent contre divers risques, dont les agressions extérieures, et pourtant, on ne leur paye pas de bonus. Il ne faut pas verser de bonus à quelqu'un qui gère le contrôle des risques d'une banque ou d'une société. Sinon, il va essayer de cacher le risque pour être sûr de toucher son bonus.

Les appels à plus de régulation seront-ils entendus ?

Nous n'avons pas besoin de plus de régulation. Les régulateurs nous ont amenés dans cette situation avec leurs pseudo-mathématiques financières charlatanesques. Ils nous ont fait prendre des risques que nous ne comprenions pas en pensant les comprendre. J'ai attaqué toute ma vie ces charlatans, comme Paul Malliavin qui m'avait insulté lors d'une présentation à l'École polytechnique. Il m'avait même demandé de quitter la salle. J'ai eu raison malgré tout et j'ai gagné énormément d'argent pendant la crise !

La technologie peut-elle être un rempart contre la crise ?

Nous vivons dans un monde qui présente beaucoup plus de valeurs extrêmes qu'il y a vingt ans. La technologie propage des rumeurs qui deviennent fort robustes et planétaires. L'Islande a été mise faillite en quelques heures par le BlackBerry. Qui dépend de la confiance des autres est trop fragile.

Bio express : Pour avoir expliqué longtemps avant la crise que les banques prenaient des risques qu'elles ne comprenaient pas, Nassim Taleb, expert en mathématiques financières, ancien trader et philosophe du hasard, est devenu un homme célèbre. Ses idées se répandent rapidement sur la planète à travers ses ouvrages, dont le dernier d'entre eux, le "Black Swan"( "Le Cygne noir") est traduit en une vingtaine de langues.

Demain, suite de notre série avec l'interview de Hugues de Jouvenel

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
accord partagé avec chouette12, pareil pour ces analogies avec le pilote d'avion crashé( a condition qu'il survive déjà...) et pour celle du militaire( même si je suis contre ces bonus). Il cherche a se faire de la pub......
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les analogies entre le fonctionnement de l'économie et celui de la nature sont plutôt nébuleuses.
Et ce gourou parait lui aussi se contenter d'attribuer la crise à un dérèglement de la finance, déconnectée de l'économie.
Abstrait et fumeux...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Pour du moins fumeux et abstrait, lire les scénarios Europe 2010 de la cellule prospective de la Commission européenne écrits en 1999. La cellule n'existe plus mais les 5 scénarios sont encore plus d'actualité. C'est très sympa à lire en plus.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Voilà enfin un expert qui prend assez de hauteur pour essayer de comprendre et expliquer les mécanismes économiques aboutissant à une nécessaire destruction créatrice...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un peu décevant de la part d'un "visionnaire". En résumé : balayons ce système (nous devons supprimer, interdire,...) et reconstruisons un monde meilleur, plus juste, patin machin couffin... Bien. C'est le retour de l'imagination au pouvoir. Là où ça coince c'est qu'il ne précise pas pour faire quoi, et donc encore moins comment y parvenir. Il ne propose rien de concret !

Tout à fait d'accord avec le commentaire précédent : les analogies avec la Nature sont fumeuses et.... fausses !

Peut-être pourrions nous suggérer que ce monsieur révise son système de pensée et de valeur pour aboutir à une réflexion 2.0 débarrasée de ses raccourcis, ses impasses et ses perspectives illusoires.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je soutiens monsieur Taleb dans ses aspects visionnaires. Cependant, pourquoi ne pas simplement évoquer l'asymétrie? C'est en effet l'asymétrie risque/revenu qui est concernée, à peu de choses près. Quant à Monsieur Malliavin, pardonnons-lui son attitude d'universitaire, lui qui a si bien éclairé les mathématiques de son génie. Qu'il parle de finance est, il est vrai, un peu déplacé mais c'est une tentation légitime qu'ont eue bien avant lui Bachelier, Black, Scholes et Merton en voulant remplacer la psychologie par des processus aléatoires. La leçon à retenir n'est-elle pas simplement que l'université, si riche en savoirs, doit en connaître les contours, et les acteurs économiques les applications?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'analogie de NT économie/nature n'est pas simple, mais il faut essayre de la comprendre. D'une part, économie et nature sont effectivement analogues, lorsque l'on laisse l'économie s'exprimer, bien sur. Indépendemment de l'exemple choisi par NT. Ensuite, meme si c'est un peu compliqué, il met l'accent sur 2 points de celle ananlogie: (1) la chute d'un "gros" (mammifère, dinosaure ou banque) et le fait que la nature s'en sort très bien -c'est à dire qu'un nouvel équiliblre stable est atteint, car elle est bien "gérée"- mais pas l'économie -toute la sphère économique se trouve touchée alors qu'elle ne le devrait pas, parce qu'elle est mal gérée, au nom par exemple du "too big to fail"- (2) la trop forte spécialisation qui génère ces "big" et produit du coup ces seismes économico-financier, alors que dans la nature, il n'y a pas de telle spécialisation, car la chaine des espèces est plus continue, et continus des redondances (donc le "too big to fail" n'a pas lieu d'etre). mais c'est vrai qu'il faut lire entre les lignes de NT, sans oublier que dans un interview, les choses sont dites à chaud et donc un peu moins précises que dans un texte élaboré. par contre, NT est très précis concernant les "torts" de la finance et la mauvaise liaison finance/économie. Il ne dit pas que la finance est déconnectée de l'économie, mais connectée de la mauvaise manière. Et c'est exactement le problème actuel, avec une finance qui a accordé des pret à des insolvables, et qui maintenant ferme les robinets y compris pour les solvables. Tout cela pour s'etre gavé de bonus. Tout cela est trait clair dans son discours. Le concret est décrit aussi, avec des mesure, précises de reprise des bonus, de séparation des risques banques/entreprise. C'est très injuste de traiter ces propositions, peut-etre les meilleures qu'un économiste de renom ait faites depuis longtemps, de fumeuses!!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je trouve les commentateurs bien durs et péremptoires. l'analogie avec le pilote d'avion est évidente. Le pilote fautif n'aurait plus la vie des personnes entre ses mains. les économiste qui ont conduit à la crise financière continuent à piloter la machine. Tachez de méditer cette analogie avant d'accuser NT. Posez vous des question sur votre propre compréhension des choses. Ensuite, n'accusez pas NT de souhaiter "balayer" le système, il n'a jamais dit cela mais des choses PRECISES, il ne demande pas non plus d'interdire quoi que ce soit. N'inventez pas ce qui vous fait plaisir, pas ici, dans une chonique sérieuse. Relisez l'article avant d'accuser. Suppression et interdiction ne sont nulle part. amélioration, oui: moins de dettes, moins d'effet de levier, plus de prix Nobel d'économie (la seul suppression, mais rappelez vous LTCM), reprise des bonus mal acquis, ne plus subventionner des entreprises à perte, etc. Si ces propositions ne vous plaisent pas, c'est que le système actuel vous convient, donc cette crise et celle qui suivront, toujours plus graves, aussi. Pas concret, le fait que les banquiers cachent les risques pour toucher leur bonus, et qu'il faut modifier cela ? Vous etes bien difficile, auriez vous mieux à proposer ? Ne rien faire ? super! Quand à demander demander à un grand monsieur, expert et diplomé en mathématiques et statistiques, qui a prouvé qu'il avait vu juste et pris le risque d'annoncer son pont de vue contre le système en place, de réviser ses méthodes de pensée, il faut etre sacrément fort dans ces domaines et sur de soi pour oser. Avez vous ne serait-ce que l'ombre des connaissances qu'il a en mathématiques pour oser dire cela ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Intelligeant mais inutile.
Les prédictions à postériori sont inutiles.
Cependant Analogie intéressante avec l?environnementale ... Je conseil de lire LES ORIGINES DU VIVANT JOHN MAYNARD SMITH...
Dans un système symbiotique régit par un juste équilibre complexe entre parasitisme et mutualisme, un excès de parasitisme conduit presque inexorablement à une transition majeure.
Ceci pose les bases de l?évolution des systèmes biologiques vers un accroissement de la complexité pour s?adapter et perdurer dans un environnement qui évolue.
Nous en sommes la.
Une nécessité absolue d?évoluer par une transition majeure consciente plutôt que subit.
Hors nous constatons que l?essentiel pour le politique est de préserver les parasites au détriment de la symbiose.
Les politiques tablent sur une reprise.
Mais cette reprise s?appuierait sur quoi.
On n?a pas réglé les fondements de la crise économique à savoir la surproduction globale, dans un système de croissance absolue que l?on doit préserver impérativement par le levier de l?explosion des déséquilibres financiers ?
On est incapable de ramener dans le cadre de l?intérêt commun des banques qui semblent toujours narguer la collectivité et continuer à alimenter les parasites?
Peut-on envisager un monde avec 2% de croissance globale, dans lequel nos valeurs ne seraient pas ébranlées, sans entrevoir des cataclysmes géopolitiques d?ampleur quasi biblique ? Sans percevoir le danger d?explosions sociales qui feraient trembler nos démocraties ?
Aussi entreprendre pour nous Européen dans la perspective de cette transition majeure, c?est penser la citoyenneté Européenne, c?est construire l?Europe politique.
Entreprendre c?est ?uvrer pour qu?aboutisse rapidement une charte sociale et une harmonisation fiscale?
Le centre d?une certaine hégémonie économique aux pieds d?argile est entre la Chine et l?Inde.
Et le propre du Capitalisme c?est de n?être ni morale, ni immorale.
Aussi soyons nous Européen le phare qui guidera le monde vers des valeurs ou l?humain sera au c?ur du projet ? Ces valeurs sont les leviers d?une nécessaire transition majeure?
Si demain doit être comme hier nous devons tous sinon nous attendre à une transition contrainte par une montée inexorable aux extrêmes?
Si aucun conflit ne vient ternir nos vies de consommateur dans un monde devenu triste, notre environnement sera un levier puissant qui ramènera notre humanité dans un certain droit chemin au sens de l?évolution.
Certaine transition majeure subit ont consisté en une phase d?extinction de masse. Cycle dans lequel nous serions déjà bien inscrit pour un certain nombre de scientifiques.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Vous dites "Les traders ont fait des centaines de millions de dollars de profits pour des erreurs qui nous ont causé des milliards de dollars de pertes."
Ce est curieux c'est la focalisation sur les millions alors qu'il y a des milliard de pertes.
L'instinct de punir de la masse est dirrigée vers les managers, traders et autre populations tampon. Or il s'agit bien de millards!

Les bonus malus ne sont pas des sujets pertinents. Si l'humanité ne s'était fait faire les poches que de quelques bonus, nous ne serions pas en crise.
- Derrière les traders, il y a des actionnaires.
- Derrière les bonus, il y a des rentiers
- Derrière cette explication d'un ancien de Wharton et Dauphine,
il y a petits arrangement d'agents immobiliers compréhensible par des élèves de 4ème.
- Derrière les millions, il y a des millards.
- Derrière l'arbre, il y a la forêt.

Cette crise a systématiquement été traité par du sensationnel comme dans cet article "supprimer le noble d'économie". Quel idée ! Quel est le rapport ? Jamais, les journalistes et les intellectuels ont fait preuve de pédagogie. Beaucoup d'encre a coulé et rien n'a été expliqué clairement.

Expliquer la crise par la responsabilité "pseudo-mathématiques financières charlatanesques" c'est passer à coté de l'essentiel.
Le bon sens paysan qui valorisent rarement les savoirs-faire sophistiqués nous enseigne a voir les choses de façon tragique, telle qu'elles sont, sans faire intervenir trop d'imagination.

Ce que je vois : Des gens ont vendu des ânes dans un sac; pour plusieurs milliards. Nous allons payer; et ils sont en liberté !

Le savoir et l'expérience de M. Taleb mérite mieux que cette désinformation...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Intelligeant mais inutile.
Les prédictions à postériori sont inutiles.
Cependant Analogie intéressante avec l?environnementale ... Je conseil de lire LES ORIGINES DU VIVANT JOHN MAYNARD SMITH...
Dans un système symbiotique régit par un juste équilibre complexe entre parasitisme et mutualisme, un excès de parasitisme conduit presque inexorablement à une transition majeure.
Ceci pose les bases de l?évolution des systèmes biologiques vers un accroissement de la complexité pour s?adapter et perdurer dans un environnement qui évolue.
Nous en sommes la.
Une nécessité absolue d?évoluer par une transition majeure consciente plutôt que subit.
Hors nous constatons que l?essentiel pour le politique est de préserver les parasites au détriment de la symbiose.
Les politiques tablent sur une reprise.
Mais cette reprise s?appuierait sur quoi.
On n?a pas réglé les fondements de la crise économique à savoir la surproduction globale, dans un système de croissance absolue que l?on doit préserver impérativement par le levier de l?explosion des déséquilibres financiers ?
On est incapable de ramener dans le cadre de l?intérêt commun des banques qui semblent toujours narguer la collectivité et continuer à alimenter les parasites?
Peut-on envisager un monde avec 2% de croissance globale, dans lequel nos valeurs ne seraient pas ébranlées, sans entrevoir des cataclysmes géopolitiques d?ampleur quasi biblique ? Sans percevoir le danger d?explosions sociales qui feraient trembler nos démocraties ?
Aussi entreprendre pour nous Européen dans la perspective de cette transition majeure, c?est penser la citoyenneté Européenne, c?est construire l?Europe politique.
Entreprendre c?est ?uvrer pour qu?aboutisse rapidement une charte sociale et une harmonisation fiscale?
Le centre d?une certaine hégémonie économique aux pieds d?argile est entre la Chine et l?Inde.
Et le propre du Capitalisme c?est de n?être ni morale, ni immorale.
Aussi soyons nous Européen le phare qui guidera le monde vers des valeurs ou l?humain sera au c?ur du projet ? Ces valeurs sont les leviers d?une nécessaire transition majeure?
Si demain doit être comme hier nous devons tous sinon nous attendre à une transition contrainte par une montée inexorable aux extrêmes?
Si aucun conflit ne vient ternir nos vies de consommateur dans un monde devenu triste, notre environnement sera un levier puissant qui ramènera notre humanité dans un certain droit chemin au sens de l?évolution.
Certaine transition majeure subit ont consisté en une phase d?extinction de masse. Cycle dans lequel nous serions déjà bien inscrit pour un certain nombre de scientifiques.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'essentiel manque. L'affaiblissement de l'État-Nation (le véritable régulateur) face aux structures de pouvoir mondialisées (FMI, Banque mondiale) et leur crédo ultra-libéral, l'effacement du politique par rapport aux financiers, la perte de valeurs qui fait que "tout était possible" pour s'enrichir rapidement (même La Poste a commercialisé des produits financiers douteux) , le non remplacement des tâches sous-traitées aux pays à bas coût qui crée le chômage et déstabilise la société toute entière, les impasses de la société de consommation et des biens éphémères, l'individualisme triomphant ("I, Me, Mine" / Je, Moi, A Moi) qui est contre-productif d'un point de vue systémique et sociétal.
Bref, un capitalisme 2.0 qui serait une simple mise à jour du système financier pour continuer à disfonctionner sur le plan économique, écologique, organisationnel et sociétal serait un non-sens. C'est toute la "parenthèse" du productivisme dur, puis du néolibéralisme fou de la seconde moitié du XXe siècle qui doit être réexaminée.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Confus, approximatif et inexact !
Ce n'est pas le NNT que je connais.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Il faut toujours le dire et le redire;que ce soit dans le modele anglo-saxon avec prise de participation au capital quand les actions ne valent rien (il etait tres interressent d'en acheter à ce moment là),ou en france avec aide directe.Les banques rembourseront capital et interets (ils sont élevés) aux etats qui pourraient faire un joli bonus dans l'operation.Les baisés,c'est les actionnaires( peut etre ou pas le personnel des banques) qui devront se serrer la ceinture un moment pour les dividendes,mais il faut savoir qu'aux usa,les fonds de pension de millions d'americains sont en bourse,et sur les banques en particulier,et je suis sur que ces americains sont largement majoritaires dans le pays ,democrates et republicains confondus.Ne faite pas donc croire comme d'autres que c'est le contribuable qui est venu au secours des banques,le petit jeux qui consiste à taper sur les pdg et les traders cache les magouilles des conseils d'administrations dont les actionnaires se sont hyper sucrés les années passées, pertes de traders ou pas.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
LES POINTS DE VUE SONT PLUS QUE FILTRES
DOMMAGE.
JE PENSE VOTRE LIGNE EDITRORIALE PERTINANTE.
LAISSER LES FRANCAIS S'EXPRIMER.
TOUS LES FRANCAIS.
JE VAIS CONTINUER A VOUS LIRE.
ET A LIRE LES COMMENTAIRES PERTINANTS, DROLES, VIOLENTS, ABRUPTES, ARGUMENTES, RICHES D'EXPERIENCES...
TOUT CE QUI FAIT LA RICHESSE D'UN DEBATS D'IDEES DANS UNE DEMOCRATIE QUI SE RESPECTE CONCERNANT L'UN DES DROITS FONDAMENTAUX: LA LIBERTE SANS LIMITES D'EXPRESSION.
BONNE CONTINUATION A TOUTE L'EQUIPE DU WEB LA TRIBUNE.
VOUS ETES INDISPENSABLE.
SINCEREMENT.

EMMANUEL
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je reste sur ma faim après la lecture de votre article et trouve l'image de la nature un peu "simpliste".
Je pense que la lutte de pouvoir que la finance a engagé contre l'économie est un véritable fiasco et de cette dualité est né un "3ème larron": Le politique, qui devra désormais veiller à maintenir dans un cadre précis le secteur de la finance (un accessoire certes indispensable du fonctionnement de l'économie, mais un accessoire ou un outil tout simplement). Ces messieurs de la finance devront s'y faire et se préparer à de futurs profonds changements des règles de fonctionnement au sein même de leur "bulle": l'air à respirer sur Mars n'est pas le même sur notre terre...Cà va faire mal aux petits poumons...
Le capitalisme est le système le plus juste qui soit, mais il est mis à mal par les excès de l'élément humain qui l'utilise. C'est donc ce dernier qu'il faut limiter dans ses prérogatives pour éviter ses "dérapages" qui ont un impact très dangereux sur l'équilibre d'une économie et d'une collectivité.
Ainsi, je pense que nous connaîtrons des taux de croissance beaucoup plus raisonnables (à 1 chiffre) qui auront pour effet d'engager un processus de développement des économies plus sage donc plus "durable" qui évitera les crises cycliques.
Messieurs de la finance, vous allez devoir quitter votre monde virtuel et illusoire...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'article et les arguments avancés sont trop courts pour une compréhension complète de son analyse.
Quoi qu'il en soit, cette crise est née de déséquilibre dans un monde virtuel i.e sans limite.
Le bon sens paysan de nos parents qui disaient "si tu n'as pas les moyens n'achète pas et attend" est à l'origine de cette crise née sur des systèmes permettant à ceux qui ne peuvent pas acheter ou investir, de finalement le faire à crédit en préemptant sur un avenir très incertain.
La goutte d'eau a fait déborder le vase et le chateau de cartes s'est effondré...
Le plus inquiétant, c'est que cet avertissement ne parait pas encore pris au sérieux.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Monsieur Pietri,
je partage votre juste volonté d'une finance réduite, comme elle le mérite, à l'état d'outil pour la "vraie" économie. Je me plais à croire que ce sont ses aspects spéculatifs qui l'ont affaiblie, cependant qu'ils constituaient une partie de ses fondations. La spéculation a, elle-même, été alimentée par des modèles probabilistes en apparence très sains, mais dont la santé reposait sur des hypothèses souvent farfelues (complétude du marché, liquidité infinie, égale perception de l'information en temps et en espace, absence d'opportunité d'arbitrage etc.). Les modèles ont parfois donné à des agents la rassurante impression que leur pathologie du jeu n'était que la rélisation d'un modèle. N'est-ce cependant pas la nature humaine? Est-il malsain de spéculer? Non, lorsqu'il ne s'agit que de son propre capital ou d'un capital complaisamment alloué. S'il est clair que la banque d'investissement doit se cantonner à un périmètre d'agrégats économiques responsables, conscients du risque et attirés par icelui, il devient inéluctable que la banque privée, fondée sur l'épargne, doit voir se multiplier ses ressources. Maintenir une muraille de Chine entre deux entités naturellement attirées l'une par l'autre semble un problème difficilement surmontable.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
les positions du profeseur confirment d'autres témoignages de personnalités du monde de l'économie. Comme je l'écrivai hier dans le précédent article, les nouveaux clivages majeurs se précisent : mettre un terme à la domination mondiale des industriels de la finance et réindustrialisation accompagnée d'un protectionnisme européen: plus de 350 millions de consommateurs, c'est amplement suffisant pour se partager le gateau << entre -soi>>. Une alliance avecl'AFrique et la Turquie confortera la cohérence d'un système. Les Chinois, les Indiens, les Brésiliens, les USA n'ont pas besoin de nous. Alors! Qui prendra la tête de ce mouvement?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je suis en train de lire The Black Swann (à mon rythme), et j'ai déjà appris un certain nombre de choses.

Pour ma part (et pour réagir à certains commentaires) je comprend très bien l'analogie avec la nature et la notion de redondance, de système robuste. En effet je travaille dans une société industrielle et suis confronté quotidiennement à ce type de réflexion, à ces choix. Faut-il doubler un poste critique, faut-il assurer alors que la prise de risque, le fait de travailler en flux tendu, sans filet est (sauf cou dur) plus rémunérateur, plus percutant pour prendre des commandes?

C'est une vrai question, permante. Et Darwin n'est pas très loin. Pour illustrer, ce débat est à rapprocher des analyses sur les vertus des sociétés familiales, à priori plus pérennes que les autres. Pourquoi? Une prise de risque pondérée, une approche long terme?

Continuez Mr Taleb!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Très grand Monsieur que Nassim Nicholas Taleb ; proche de Benoît Mandelbrot, sûrement le plus grand mathématicien du XXeme siècle, grand pourfendeur de la normalité gaussienne appliquée aux variations boursières face au mur de l'orthodoxie financière ; très proche également de Daniel Kahneman, Nobel d'Economie qui fit prévaloir la composante comportementaliste de l'humain face à l'ultra-rationalité normative de l'Ecole de de Chicago ; philosophe de l'incertitude, érudit, ancien trader lui-même et essayiste à succès, auteur de deux best-sellers planétaires (Le Hasard Sauvage et Le Cygne Noir) vendus à plusieurs millions d'exemplaires et traduits dans un grand nombre de langues ! Vraiment un très grand penseur des temps modernes dans les domaines qui sont les siens.

En sorte qu'on voit mal ce qu'un articulet dans La Tribune pourrait venir ajouter de mieux au renom ou à l'amplitude du bonhomme au point de lui en faire reproche !

Evidemment, parler d'économie en termes simples est immédiatement suspect de simplisme. Car le bon sens n'est pas la denrée la mieux partagée des discours savants ni d'aucune doxologie, particulièment économico-financières, généralement étouffés de jargon, harassés de complexité inutile. Tout pouvoir ou groupe de pression tient toujours à éviter que le commun ne se mêle de ses propres affaires ("c'est trop compliqué pour vous,ce n'est pas aussi simple que vous le dites ...") et s'applique généralement à obscurcir le trait. Depuis Talleyrand, nous savons que " lorsque le peuple est roi, la populace est reine " !
Fuyons cette ardeur populacière !
"Suivez l'argent, vous comprendrez l'univers " (Saint John Perse), mais pourrait-on rajouter, ne le répétez pas, ou seulement en termes choisis : voilà bien qui donnera l'impression de s'y connaître cependant qu'on paraîtra ridicule à s'enthousiasmer sur des évidences. Quelle sévérité, pour ne pas dire quelle étroitesse d'esprit, que de traiter Nassim Taleb et ses propositions de fumeuses ou d'abstraites !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cette article est complètement "vaseux": des analogies à l'emporte-pièce, et des recommandations parfaitement risibles...Par exemple "transformer la dette en fonds propres"!! Les créanciers -l'Etat en tête- des institutions renflouées devraient-ils se réjouir de l'arrêt anticipé du remboursement de leurs prêts, et de la situation nettement plus risquée qu'est la position d'actionnaire comparée à la position de créancier ??
Par ailleurs, les régulateurs portent certes leur part d'erreur, mais ils ne pratiquent absolument pas les "pseudo-mathématiques financières charlatanesques" auquelles N.Taleb fait allusion, et ils ne pratiquent même pas du tout les mathématiques financières tout court! (je parle en connaissance de cause).
Enfin, quel est le rapport entre la question du journaliste sur "plus de régulation" et la conclusion de N.Taleb: "'J'ai eu raison malgré tout et j'ai gagné énormément d'argent pendant la crise !" ?? Le lecteur appréciera la valeur et le caractère constructif d'un tel argument...c'est consternant...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bonjour à toutes et tous,

Contrairement au loto la bourse fait aussi perdre ceux qui ne jouent pas.

Avoir raison parcequ'on gagne de l'argent pendant une crise n'est pas transcendant. Avoir raison à terme, c'est gentil, en attendant le terme on fait quoi ? Les analogies donnent toujours la possibilité d'argumenter et de contre argumenter. Je suggère que chacun rapporte l'argent gagné avant la crise (immobilier, matière premières, actions, énergie) et la croissance de son salaire. Ensuite on parlera avec celles et ceux qui n'ont plus de job, leurs familles et leur enfants qui soyez en sûrs aurront de la mémoire.
La crise creuse l'abysse sociale mais il semblerait que la priorité soit encore à la finance. La crise est sociale : Les ménages n'ont pas pu rembourser des crédit basés sur la confiance donc sociale. L'économie est un des rouage de la croissance, notre société supportera t elle encore de la croissance ? Rien n'est moins sûr.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La nature élimine les faibles, les malades. Il en est ainsi des animaux mais aussi des plantes. Certaines sont envahissantes et peuvent détruire un écosystème.
Notre modèle de société doit garder un équilibre entre tous les acteurs. Quand un secteur d'activité dérape que ce soit la finance ou la spéculation sur les matières premières par effet de levier, c'est tout l'équilibre économique qui est mis en cause. Et les dégâts sont supportés par tous les acteurs.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
article
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce qui me frappe en lisant NT, outre un besoin maladif de se croire le grand visionnaire de cette crise ( d'autres en Europe, aux US et en France l'ont bien vu venir avant lui), c'est l'absence de la politique. Les acteurs ayant le pouvoir d'agir dans le domaine financier ont gagné des milliards: traders, banquiers, agents immobiliers, ... C'était leur but! En quoi se sont-ils trompé? Ils se foutent royalement du sort de leurs entreprises, leurs salariés. peut-être aussi de leur pays. Ils ont et le pouvoir et l'argent! Comment reconstruire, reformer quoi que ce soit dans ces conditions? Avant de mettre en oeuvre la moindre des recommendations de NT, il va falloir remettre le monde de la finance à sa juste place. Je ne vois strictement rien qui va dans ce sens.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
The Black Swan est un livre assez intéressant qui a valu la célébrité à son auteur de par son interprétation des événements du 11 Septembre. En revanche cet article est vraiment décevant. M.Taleb règle ses comptes avec d'autres mathématiciens, et se vante de ses gains financiers récents, sans doute pour montrer que ses modèles sont meilleurs que ceux de ses rivaux: je ne vois pas comment il va parvenir ainsi à dégoûter le monde des mathématiques financières.
Les analogies avec la nature sont peut-être intellectuellement stimulantes, mais qu'en faire concrètement ?
Enfin, si on veut prendre l'avis des visionnaires qui avaient vraiment prévu la crise (après tout s'ils avaient compris avant tout le monde, peut-être leur diagnostic, et donc leurs propositions de remèdes sont-ils plus fiables ?), il vaut peut-être mieux s'adresser à Emmanuel Todd et Nouriel Roubini.

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C'est facile de taper sur les banquiers et les traders comme responsable de la crise.
Creer de la surproduction industriel basé sur la capacité du peuple à se surendetter et une décision politique des gouvernements depuis 1981 en FRance, (Reagan au US). Qui voulait être le président du pouvoir d'achat en instaurant le crédit hypotécaire?
Les Juifs ont été les boucs émissaires de la crise de 29, au tour des traders...

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