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La Tribune Infographie/BHEDOUIN
C'est confirmé depuis mardi par Nicolas Sarkozy. La taxe sur les sodas a bien été doublée pour rapporter non plus 120 mais 240 millions d'euros à l'État français. Le droit d'accise par hectolitre de boisson sucrée, qui était passé de 0,54 à 3,58 euros, grimpe à 7,16 euros. Étrangement, depuis l'annonce la semaine dernière de cette double peine, les industriels du secteur sont restés muets, laissant l'Association nationale de l'industrie agroalimentaire monter au créneau pour eux. « Cette taxe est insupportable, nous tentons de la contester auprès de Bruxelles », explique son président, Jean-René Buisson.
Pourtant, derrière cette unité de façade, chaque fabricant a sorti ses lobbyistes afin de défendre sa propre chapelle et d'obtenir, à travers cet impôt, des avantages concurrentiels sur ses camarades. Car, si la taxe s'annonce certaine, ses modalités d'application, elles, sont encore en cours d'élaboration à l'Assemblée. Orangina s'insurge. Constatant que la taxe s'applique sur 90 % de ses boissons contre 60 % pour Coca-Cola sauvé par ses versions light à l'aspartame, le groupe demande à ce que les boissons contenant des édulcorants soient elles aussi concernées. Orangina, qui a baissé ses taux de sucre de 13 % en deux ans, sur Oasis par exemple, réclame aussi que la taxe soit moins forte pour les boissons à base de fruits.
Efforts sur les recettes
De son côté, PepsiCo, bien moins fort que Coca dans les sodas en France, était dans un premier temps satisfait de voir son concurrent fortement touché par la taxe. Il tente cependant d'éviter la double peine à sa propre marque Lipton Ice Tea en réclamant une taxe divisée par deux sur les boissons contenant moins de 8 grammes de sucre par litre. Selon lui, les fabricants faisant de gros efforts pour reformuler leurs recettes seraient ainsi récompensés.
Enfin Coca-Cola milite, lui, pour confirmer l'exclusion du « light » mais se fait surtout discret afin de ne pas réitérer son couac de communication du 8 septembre. Face à la première salve de taxe, les équipes de la filiale française avaient menacé de geler 17 millions d'investissement dans l'Hexagone, avant d'être désavouées par leurs supérieurs européens devant la levée de bouclier politique. Au passage, la directrice des affaires publiques, Khristelle Robic, a été limogée sur le coup, même si elle est officiellement en arrêt maladie. Cette sortie malencontreuse de Coca serait, selon ses concurrents, en partie responsable de la décision de la ministre du budget, Valérie Pécresse, de doubler la taxe. Depuis, tous sont muets de peur de déclencher une nouvelle ire gouvernementale.
« Nous ne faisons plus aucun commentaire », déclament-ils en coeur. Ils ne sont pourtant pas les plus à plaindre. Les groupes fabricants pour les marques de distributeur, comme Refresco et Laiterie Saint Denis de l'Hotel (LSDH), verront le surcoût par bouteille grimper de 20 %, contre 7 % à 8 % pour les grandes marques. « La taxe nous coûtera 25 millions d'euros, soit trois fois notre résultat opérationnel de l'an dernier », s'énerve le président de LSDH, Emmanuel Vasseneix. « Les politiques ont pris les Américains pour cible sans voir les conséquences sur l'emploi français », ajoute Vincent Delozière, PDG de Refresco.
Au final, ce sera le consommateur français qui trinquera le plus. D'autant que si le light reste exclu, l'aspartame remplacera le sucre dans toutes les marques bas de gamme.
K a écrit le 13/10/2011 à 09:52 :
Perso, je ne comprends pas, plutôt que d'inventer de nouvelles taxes assez ridicules, le gouvernement n'aligne tout simplement pas la TVA sur le taux standard à 19,6% !!! Ca rapporterait bcp plus, et il n'y a aucune raison objective pour avoir un taux réduit à 5,5% sur ces boissons ! C'est pas comme si elles avaient un effet bénéfique sur la santé, qu'elles soient sucrées ou pleines d'aspartame ou équivalent ... Et plus généralement, au lieu de nouvelles taxes, merci de commencer par supprimer les niches fiscales qui ne servent à rien (40Mds?/an, cf le récent rapport sur le sujet), sauf à réduire les impôts des très riches contribuables.
Gilles a écrit le 13/10/2011 à 09:35 :
Même notre agriculture n'est plus concurrentielle. Il faut encore plus de subventions. Que restera-t-il à terme en France ? Des fonctionnaires et encore des fonctionnaires comme en Grèce.
pmxr a écrit le 13/10/2011 à 09:16 :
Bizarre.... nos députés ne voulaient pas de cette taxe sur le champagne ? C'est pourtant du jus de fruits !
bouchy a écrit le 13/10/2011 à 08:05 :
C'est reparti pour l'envolée des taxes ! A croire que l'UMP veut à tout prix perdre les élections, afin de laisser la gauche dans la situation inextricable qu'elle aura laissée. Le dirigisme, et même la dictature, ne connait plus de bornes: maintenant on vous dit ce que vous devez manger...
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Après l'industrie, notre agriculture n'est plus compétitive. Ne restent plus que des fonctionnaires et encore des fonctionnaires...
par Gilles le 13/10/2011 à 09:59
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Gilles a écrit le 13/10/2011 à 09:59 :
Après l'industrie, notre agriculture n'est plus compétitive. Ne restent plus que des fonctionnaires et encore des fonctionnaires...