Où sont passés les 1000 milliards de la BCE ?

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Mario Draghi / Reuters
Mario Draghi / Reuters (Crédits : Bloomberg)
L'Union européenne vit « un moment crucial » de son histoire, a affirmé Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Le mois de juin 2012 sera décisif. Jamais le sort de centaines de millions de gens n'aura autant dépendu des décisions de leurs dirigeants politiques. Dans cette tourmente, la BCE apparaît comme l'arme ultime, la seule du moins qui puisse, dans un temps très court, fournir le pare-feu dont l'Europe a besoin avant les élections grecques. Elle l'a prouvé en injectant par deux fois déjà des centaines de milliards d'euros de liquidités pour sauver le système bancaire. Mais où est donc allé cet argent ? Qui en a profité ? Et pourquoi ces interventions massives ne suffisent-elles pas à stabiliser les marchés ? Notre enquête révèle les dessous d'un univers opaque où l'on peut se demander si le pompier n'est pas en train d'arroser l'incendie avec de l'essence, au risque de précipiter notre chute finale.

À Athènes, en ces temps très difficiles, on ne s'est pas seulement indigné des récents propos de Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui a mis en regard le sort des Grecs avec celui des populations du Sahel. Signe que les périodes de crise sont aussi des moments intenses de vie culturelle (il faut bien penser à autre chose), on a joué la semaine dernière à Athènes à refaire... le procès de Socrate. 2 500 ans après, le célèbre philosophe condamné pour avoir défié les dieux et la Cité, et qui choisit, plutôt que l'infamie de l'exil, de se donner la mort en s'administrant lui-même un poison violent, la ciguë, pour marquer son respect des lois, a cette fois été... acquitté. Drôle de jeu, dans un pays au bord du chaos, et qui va tenter, une nouvelle fois, de survivre, en faisant revoter son peuple dimanche 17 juin.

Encore incertain, ce scrutin crucial va se jouer entre la coalition de la gauche radicale Syriza, menée par son Mélenchon local, Alexis Tsipras, et Nouvelle Démocratie, qui tente un retour en force pro-européen en s'appuyant sur l'échec du Pasok, coupable aux yeux des Grecs d'avoir accepté les purges successives imposées par la troïka FMI-UE-BCE depuis trois ans. Syriza veut à la fois renégocier le plan de rigueur budgétaire et rester dans l'euro, deux conditions clairement difficiles à concilier, sauf à attendre un nouveau sursis que l'Allemagne ne semble plus prête à accorder. Or, selon l'ex-Premier ministre Lucas Papademos, la Grèce risque d'être à court de liquidités à la fin du mois de juin si les bailleurs de fonds du pays coupent leurs aides en cas de rejet du programme de réformes. En clair, une faillite de la Grèce et sa sortie de la zone euro (« Grexit ») sont deux hypothèses de moins en moins improbables.

« L'économie mondiale serait déstabilisée »

On a beaucoup glosé sur cette perspective et sur ses conséquences avec un coût évalué entre 150 et 500 milliards d'euros. À Londres, mais aussi dans le monde entier, les créanciers de la Grèce et le secteur financier se sont préparés très activement ces dernières semaines à toutes les éventualités. Toutes, vraiment ? Comme l'a expliqué l'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, une sortie de la Grèce constituerait « un choc massif, dont personne ne connaît la portée ». Selon le directeur général de l'Institute of International Finance, Charles Dallara, bien connu pour avoir négocié pendant de longs mois le dernier défaut grec, « il est erroné de penser qu'une sortie de la Grèce n'aurait pas de très lourds effets sur les banques européennes, sur des pays comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal à cause de la contagion. En outre, cela déstabiliserait l'ensemble de l'économie mondiale », a-t-il déclaré à Il Sole 24 Ore. En réalité, dans toutes les banques centrales nationales, sauf en Allemagne, on mesure très bien le danger de l'effet dominos. Critiquant ouvertement la position exprimée par la Bundesbank, qui avait minimisé l'événement en jugeant « maîtrisable » la sortie de la Grèce, le président de la Banque centrale autrichienne a estimé que « le sort de l'Europe est trop important pour faire ici des expériences irréfléchies ». Et a conclu sa mise en garde en faisant valoir que « la Banque centrale européenne n'a pas encore utilisé tout son arsenal ».Il n'en fallait pas plus pour faire ressurgir la rumeur d'une nouvelle intervention décisive de la BCE qui pourrait, lors de son conseil monétaire du 6 juin (mercredi prochain), décider d'accorder un troisième prêt massif au secteur bancaire européen. Un troisième LTRO (Long Terme Refinancing Operation) va-t-il devoir être lancé pour dénouer les tensions extrêmes qui ont ressurgi sur les marchés de la dette souveraine?? La BCE va-t-elle jouer à nouveau les pompiers de service et à quel prix ? Son bilan a déjà gonflé démesurément avec la crise et dépasse désormais 32 % du PIB de la zone euro (2 972 milliards d'euros à fin mai), largement au-dessus de celui de la Réserve fédérale américaine (environ 2 200 milliards d'euros). Les chiffres donnent le tournis et, surtout, l'inquiétude monte sur la qualité du bilan de la Banque centrale, de plus en plus toxique...La question mérite que l'on s'y arrête, alors que la contagion a déjà commencé, en Italie, mais surtout en Espagne, dont les taux ont flambé à près de 6,5 % et qui peine à recapitaliser un système bancaire en capilotade : 29 milliards d'euros sont nécessaires rien que pour Bankia, qui porterait au moins cinq fois plus de crédits sinistrés dans son bilan. Au total, on évoque un montant astronomique de 900 milliards d'euros de créances irrécouvrables dans le système bancaire espagnol. De quoi donner des frissons. Et la crise atteint désormais aussi les régions, à l'image de la Catalogne, qui seraient au bord de la faillite.
Si se pose l'éventualité d'une troisième injection massive de liquidité par la BCE, c'est parce que les deux premières interventions, pourtant historiques, n'ont pas eu l'efficacité attendue. En tout cas, pas de façon durable. Mario Draghi n'avait pourtant pas fait dans le détail. Par deux fois, le 20 décembre 2011 et le 29 février 2012, le successeur italien de Jean-Claude Trichet a ouvert grand les vannes, pour accorder aux banques autant de liquidités qu'elles le demanderaient, au taux de 1 % pour trois ans. Le bilan global de ces opérations « non conventionnelles » est spectaculaire, tant par son montant brut (1 019 milliards soit 489 milliards puis 530 milliards) que net.

L'argent n'est pas allé à l'économie réelle

En réalité, les interventions de la BCE ont permis de transformer en partie des prêts à court terme (moins de 15 jours) ou à moyen terme (moins d'un an) accordés jusqu'alors. Au final, les fameux 1 000 milliards d'euros dont l'opinion publique a eu connaissance se sont traduits par l'apport de seulement 527 milliards d'euros de monnaie centrale nouvelle aux banques, a calculé Olivier Berruyer dans une note publiée sur son blog Les-crises.fr. Reste que ce sont bien 1 019 milliards d'euros que les banques emprunteuses devront rembourser à la BCE d'ici à 2015...Ce jeune économiste s'est aussi livré à un véritable « travail de romain » pour essayer de comprendre le circuit financier qu'ont emprunté ces fameux 1 000 milliards. Il en ressort un voyage inédit dans l'étrange pays des banques centrales dont nous révélons ici l'essentiel. En près de 250 graphiques commentés et publiés dans son blog, dont La Tribune reproduit les principales synthèses dans ces pages, Olivier Berruyer est parvenu à retracer (ou en tout cas à donner une estimation « juste à 95 % ») l'ensemble des mouvements d'emprunts et de dépôts à la BCE qui sont intervenus dans chaque pays. Pour cela, il lui a fallu se plonger dans une analyse méticuleuse des bilans des 17 banques centrales qui composent ce que l'on appelle l'Eurosystème.

Comme le montre le graphique page 6, ce sont les banques espagnoles (308 milliards), italiennes (265 milliards) et françaises (146 milliards) qui ont pris près des trois-quarts des 1 019 milliards octroyés par la BCE en décembre et février.
Contrairement à une idée répandue, cet argent n'a pas servi à financer l'économie réelle. Il a suivi un circuit très complexe, qui a fini par le faire revenir dans les comptes... de la BCE. En gros, les banques des pays du Sud ont emprunté l'argent à la Banque centrale, puis l'ont transféré dans la zone euro pour payer leurs dettes auprès des autres banques, créditrices, surtout celles du Nord de l'Europe (Allemagne et Pays-Bas principalement), qui se sont empressées de redéposer ces quelque 500 milliards dans le seul endroit sûr : leur propre compte bancaire à la BCE !
Pour comprendre ce circuit incroyable, il faut passer un peu de temps sur la notion de monnaie centrale. La monnaie prêtée par la BCE aux banques n'est pas de même nature que celle créée par les banques commerciales par le jeu du crédit et que nous utilisons au quotidien. Seule la Banque centrale peut donc créer, ex nihilo, la monnaie centrale, qui sert à assurer la bonne fluidité du système bancaire. En général, très peu de monnaie centrale suffit pour permettre aux banques de finir la journée à zéro dans leurs comptes.

De la faillite de Lehman Brothers à la crise grecque

« En temps "normal", les banques compensent leurs opérations entre elles et règlent le solde sur le marché interbancaire », explique Olivier Berruyer. On dit que les crédits et les dépôts s'égalisent. Mais, depuis 2008, cela a changé dramatiquement. À plusieurs reprises, les banques centrales ont dû s'interposer pour permettre au système financier de ne pas imploser. C'est arrivé une première fois le 9 août 2007, après la fermeture par la BNP de deux fonds monétaires devenus illiquides à cause de la crise des subprimes. La BCE a alors ouvert ses guichets pour prêter de façon illimitée à toutes les banques du monde qui le souhaitaient. La situation s'est rétablie jusqu'à la faillite de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, qui a été un véritable infarctus pour le système financier mondial, à cause des engagements réciproques des banques entre elles (notamment via l'assureur AIG, principal émetteur de CDS - Crédit Default Swaps). Depuis lors, le marché interbancaire ne s'est jamais remis d'aplomb. Chaque banque, ne sachant pas ce qu'il y a dans le compte de sa voisine (ou plutôt se doutant que la voisine n'est pas en meilleure forme qu'elle !) a nettement diminué ses prêts aux autres banques. Le coup d'arrêt brutal dans le fonctionnement du marché interbancaire a obligé les banques centrales à intervenir de plus en plus.
La crise grecque, à partir de la fin 2009, a donné le coup de grâce, en établissant un lien mortel entre créances bancaires et créances souveraines. Aux inquiétudes légitimes sur la capacité de certains États d'honorer leurs engagements s'est ajoutée la défiance à l'égard des banques, qui détiennent une partie de ces dettes. Elles répondent pour leur défense qu'on les a encouragées à avoir ces titres publics en portefeuille, puisque ce sont, en théorie, les plus sûrs, et donc les mieux à même d'être mobilisés pour obtenir en échange des liquidités. Ce qui est vrai. Mais le piège s'est refermé lorsque la décision a été prise, à l'instigation d'Angela Merkel de faire participer les créanciers privés au défaut de paiement de la Grèce. Une véritable gangrène s'est alors diffusée dans le système financier européen, au fur et à mesure de la montée des primes de risques sur les titres des États les plus fragiles.
Comment tout ceci nous amène-t-il aux 1 000 milliards d'euros de prêts de la BCE ? Confrontées à la défaillance du marché interbancaire et ne pouvant plus s'échanger entre elles des titres de dettes publiques dont tout le monde se défie désormais, les banques centrales sont devenues la seule contrepartie possible pour régler les soldes entre banques. Le système s'est complètement grippé à partir de l'été 2011, lorsque s'est produite une crise bancaire d'une violence inouïe. Toutes les banques de la zone euro, notamment les banques françaises, mais aussi celles des pays du Sud, ont été attaquées par la spéculation, au point de faire craindre une fail-lite en chaîne. La peur d'un bankrun (fuite des dépôts comme on le voit en Grèce depuis quelques semaines) et le manque de confiance dans un système qui pourrait s'écrouler tel un château de cartes ont poussé la BCE à faire un coup psychologique. Par ses deux opérations non conventionnelles, Mario Draghi, devenu Super Mario, a frappé les esprits.La Banque centrale européenne s'est, en quelque sorte, interposée entre tous les prêteurs et tous les emprunteurs et leur a accordé toutes les liquidités nécessaires pour une durée de trois ans, en apparence suffisamment longue.

Pourquoi a-t-on eu besoin de 1 000 milliards ?

Dans un premier temps, le coup a été gagnant. On a assisté au premier trimestre à une forte détente des taux sur les emprunts d'État à dix ans dans les pays du Sud, même en Grèce. Ce qui a permis au candidat Nicolas Sarkozy de proclamer, un peu vite pendant la campagne présidentielle française : « la crise est derrière nous ». Mais la magie de super Mario a vite fait long feu. Les élections grecques du 6 mai 2012 (le même jour que l'élection de François Hollande) et l'explosion en vol du système bancaire espagnol, rongé par la crise immobilière, ont rappelé à l'ordre les investisseurs trop confiants. Résultat : on est revenu au point de départ, en pire...Reste une question. Pourquoi a-t-on eu besoin de 1 000 milliards d'euros et pas de 500 ou de 2 000 ? La réponse vient de l'observation des transferts financiers réels au sein de la zone euro. Ces 1 000 milliards sont en quelque sorte la trace physique de l'échec de l'union économique et monétaire et des divergences économiques croissantes apparues depuis 1999 entre les dix-sept pays qui ont accepté de partager leur monnaie. On en a la démonstration dans les deux graphiques ci-contre qui comparent les soldes TARGET2 des banques centrales de l'Eurosystème et les soldes des balances de paiement de l'eurozone, cumulés depuis 2007.TARGET (Trans-European Automated Real-time Gross settlement Express Transfer system) est un système de paiement permettant aux banques de l'Union européenne de transférer des règlements de gros montants en temps réel. TARGET1 a été mis en place début 1999 avec l'introduction de l'euro. Lui a succédé de façon progressive depuis 2007 TARGET 2, qui est une plate-forme commune. Ce système de règlement a été très critiqué à cause de ses effets accélérateurs sur le transfert des dépôts des banques des pays du sud vers celles du Nord. Dans une étude d'avril 2011, l'institut allemand de recherche économique IFO a démontré que les déséquilibres au sein de l'Eurozone se retrouvent dans les passifs et les actifs des banques centrales nationales retracés au sein du système TARGET2. Selon cette enquête, les recouvrements du compte TARGET de la banque centrale allemande étaient déjà passés de 5 milliards d'euros en 2006 à 323 milliards d'euros en mars 2011. Ce montant correspond presque exactement aux déficits cumulés entre 2008 et 2010 des comptes courants des pays au centre de la crise de la dette (365 milliards d'euros). selon l'institut IFO, le système TARGET2 a donc permis des transferts massifs de ressources depuis les pays excédentaires vers les pays déficitaires. Hans-Werner Sinn avait tiré la sonnette d'alarme, avertissant la BCE des dangers de continuer à laisser accumuler ces déséquilibres gigantesques.

Excédents au nord... Et déficits équivalents au sud

L'étude d'Olivier berruyer confirme cette inquiétude et montre que les opérations de refinancement de décembre 2011 et de février 2012 ont accompagné une brutale accélération de la dérive des soldes TARGET2 à l'intérieur de l'Eurozone. Il y a désormais 1 000 milliards d'euros d'excédents du côté des pays créditeurs (Allemagne, Pays-Bas, Finlande, Autriche...) et autant de déficits dans les pays débiteurs, à savoir les PiiGs ou GiPsi (Grèce, irlande, Portugal, Espagne et Italie). L'accumulation des déficits extérieurs au sein de la zone euro a produit un véritable monstre financier dont les soldes TARGET2 dessinent les contours. On voit très clairement apparaître la dualité de la zone euro. En réalité, si tant est qu'il était besoin de le démontrer, il y a bien désormais en Europe deux euros : celui du Nord, qui correspond à l'ancienne zone mark, et celui du sud, ce que l'on appelait autrefois les pays du « Club Med ». La France, qui a renoué depuis 2002-2003 avec les déséquilibres du commerce extérieur (jusqu'au record de 70 milliards d'euros de 2011) est clairement en train de basculer du côté de l'euro du sud, avec un déficit TARGET2 de 150 milliards d'euros. Pour rester dans « l'euro allemand », la France devrait faire des efforts de compétitivité extraordinaires, pour rattraper les vingt points perdus au cours de la dernière décennie. Pour « redresser la France » comme il s'y est engagé, François Hollande devrait mener la même politique que le chancelier social-démocrate allemand Gerhard Schröder. Au final, on peut donc se demander si le pompier Mario Draghi n'est pas aussi le pyromane en train d'arroser d'essence l'incendie européen. Ce qui frappe le plus, compte tenu des montants en jeu, c'est l'opacité totale dans laquelle sont décidées ces opérations monétaires. La commission de Bruxelles elle-même s'est émue du manque de transparence sur la destination de ces 1 000 milliards d'euros, avouant ne pas savoir qui en avait vraiment profité. Michel Barnier, le commissaire au marché intérieur a demandé au président de l'autorité bancaire européenne, Andrea Enria, quel usage avaient fait les banques de ces prêts à taux bonifiés. il a aussi déposé un amendement à la directive européenne sur les liquidités bancaires qui impose aux banques d'isoler les profits qu'elles ont réalisés en investissant dans des titres rémunérateurs les liquidités à faible coût de la BCE et empêche que ces bénéfices servent au calcul des bonus. On a de fait entendu tout et n'importe quoi à propos de ces 1 000 milliards. Ils auraient servi à recapitaliser les banques les plus malades, ou bien leur auraient permis de refinancer la dette des États, une sorte de carry-trade intra-européen qui aurait généré une colossale marge entre le 1 % des prêts de la BCE et les 5 à 6 % de taux servi sur les obligations espagnoles et italiennes. Le fait que les banques des pays du sud de l'Europe aient massivement accru depuis décembre leurs achats de la dette publique de leur pays, faisant, très temporairement, baisser les taux d'emprunt espagnols et italiens a nourri ce soupçon. Sachant qu'elles ont dû également placer les fonds obtenus des marchés pour leur recapitalisation. comme il s'agit d'argent public, et que, in fine, c'est le contribuable européen qui est le garant du prêteur en dernier ressort qu'est la banque centrale européenne, il est normal de réclamer des comptes. Avec seulement 86 milliards d'euros de fonds propres, l'effet de levier de la BCE nourrit des craintes sinon de faillite, du moins de recapitalisation par les États membres. Mais qui acceptera de payer pour une telle gabegie ? Le président de la BCE, Mario Draghi, lui-même, n'est pas très satisfait des résultats des deux premières opérations de LTRO dont il espérait qu'elles profitent davantage à l'économie réelle. De fait, les emprunteurs finaux, ménages et entreprises voient le crédit stagner, voire reculer, et comprennent mal que la valse des milliards de la BCE ne leur ait pas plus profité.

Et si l'Allemagne sortait de l'euro ?

Une troisième opération non conventionnelle sera sans doute réalisée. La BCE a pour elle un atout, la maîtrise du temps. Elle peut augmenter sans limite la quantité de monnaie centrale qu'elle émet, allonger la durée de ses prêts et donner un répit pour permettre au système bancaire de se rétablir. Mais combien de temps faudra-t-il et jusqu'où sera poussée la logique infernale dans laquelle la zone euro est engagée ?
Nul ne le sait. si la croissance et la confiance ne reviennent pas, il n'est pas sûr que la Bundesbank, qui est on l'a vu le principal créancier du système, conséquence logique de la stratégie exportatrice allemande, apprécie de voir son bilan être pollué par la conversion de ses créances actuelles au sein de TARGET2 par des créances sur des banques espagnoles ou italiennes en mauvaise santé, et qui détiennent en outre un montant croissant d'obligations d'État de leur pays...« On voit bien que si les déficits commerciaux perdurent en Europe, et c'est bien parti pour, la BCE va se retrouver "collée" avec ses prêts, conclut Olivier berruyer. Ce n'est pas dramatique en soi. Après tout, elle pourrait prêter la monnaie centrale pour cinquante ans. Mais cela va mettre le système de plus en plus sous pression et cela risque bien de faire fuir de la zone euro les pays créditeurs, par crainte de ne jamais se voir payer... ». et si, finalement, la sortie de crise passait par la sortie de l'Allemagne de l'euro. Pour faire tenir ce système à bout de souffle, conclut Olivier Berruyer, « la BCE prête des sommes hallucinantes, dans le secret le plus total, à des structures bancaires de plus en plus fragiles et aux comptes maquillés par des règles comptables complaisantes bâties sur le principe d'imprudence, le tout fragilisant la monnaie unique avec une efficacité discutable en augmentant le risque d'appel au contribuable. Intéressant exercice de psychologie sociale : quand la coopération et la confiance vont-elles disparaître et qui fuiront les premiers ? Les marchés financiers ou les États les plus solides ? »

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Repères :

>> Infographie : les symptômes d'une grave crise bancaire...

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>> Infographie : les conséquences de la crise sur les marchés du crédit

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Commentaires
a écrit le 25/06/2012 à 18:38 :
Continuez à dormir et à payer vos impôts braves citoyens Français!, pendant ce temps certaines catégories socioprofessionnelles Françaises et européennes se gavent de subventions, alors qu'elles n'en n'ont nuls besoins!.
a écrit le 08/06/2012 à 12:58 :
Et ou passent nos chers impôts?
Réponse de le 08/06/2012 à 19:14 :
Ceux qui se gavent d'aides et de subventions publiques vous remercient chaleureusement de continuer à bien vouloir fournir l'argent "gratuit" dont ils ont besoin.
a écrit le 08/06/2012 à 8:45 :
Merci pour cet article interessant. Au regard des commentaires il serait bon de poursuivre l'analyse. Il y a un point notamment qui me semble poser question: Est-il saint que le financement des etats repose sur des banques?
Réponse de le 08/06/2012 à 12:16 :
Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu de l'Univers !
Réponse de le 08/06/2012 à 16:32 :
Est-il sain que le financement des Etats repose sur autre chose que des impôts et des taxes faibles ? Est-il sain que les dépenses publiques dépassent 20% du PIB ? Est-il sain que l'Etat contrôle la plupart des aspects de nos vies ? Non, non et non !
a écrit le 07/06/2012 à 17:54 :
L'article ne dit pas comment fonctionne la compensation entre Etats aux Etats-Unis. Ont-ils également un système similaire à TARGET2? Et comment gèrent-ils les déséquilibres entre Etats excédentaires et Etats défícitaires?
Réponse de le 07/06/2012 à 18:24 :
Quelque chose échappe au benêt que je suis : qu'y a-t-il à compenser quand on use de la même monnaie ?
Je ne sache pas qu'on ait à compenser pour l'Ile de France, qui est certainement excédentaire vis à vis de la Corrèze. Et je n'ai jamais ouï dire qu'on ait un jour compensé entre la Californie et le Wyoming.
Réponse de le 07/06/2012 à 19:51 :
Il y a bien quelque chose qui vous échappe. Compulsez avidement le site de la Fed.
a écrit le 07/06/2012 à 13:34 :
Voir mon analyse sur ce sujet dans un court article sur mon blog: http://wp.me/p26h0l-Z
Réponse de le 07/06/2012 à 17:47 :
merci pour le lien, très intéressant.
a écrit le 07/06/2012 à 10:50 :
Merci la presse française pour commencer enfin a faire paraître des analyses qui ont été proposées par les analystes anglo-saxons depuis des mois. J'ai lu un article similaire dans la presse anglo-saxonne il y a plus d'un an quand la BCE rachetait des obligations grecques, expliquant que le bilan de la BCE devenait complètement pourri (?300 milliards d'obligations grecques - ca vous rappelle qqc?). Et à l'époque, presse française: tout allait bien madame la marquise. Bref, vous commencer enfin à vous poser les bonnes questions, un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais.
Réponse de le 07/06/2012 à 12:56 :
Prétendre qu'une banque centrale a un bilan pourri est aussi absurde que d'essayer de calculer la valeur des voitures découpées dans une casse auto. C'est le miracle du pouvoir de création et de destruction monétaire accordé aux banques centrales, BCE, Fed, BoE ou BoJ : leurs bilans sont, par définition, purs.
a écrit le 07/06/2012 à 9:37 :
Nous vivons dans un mode virtuel ou les sommes annoncées ne veulent plus rien dire ...
a écrit le 07/06/2012 à 8:53 :
Beaucoup de mots dans cet article, qui se résume à dire que les banques centrales européennes - l'Eurosystème - voir www.ECB WFS - ne joue qu'un rôle d'intermédiaire dans ces opérations de prêts et d'emprunts entre banque .
Passages choisis du dernier Weekly Financial Statement du 1er juin :
" Les concours nets accordés par l?Eurosystème aux établissements de crédit (rubrique 5 de l?actif moins rubriques 2.2, 2.3, 2.4, 2.5 et 4 du passif) se sont réduits de EUR 11,2 milliards, à EUR 117,8 milliards "
" Du fait de l?ensemble des transactions, les avoirs en compte courant détenus par les établissements de crédit auprès de l?Eurosystème (rubrique 2.1 du passif) ont enregistré une hausse de EUR 4 milliards, à EUR 94 milliards. "
117,8 débit - 94 milliards passif : 24 milliards débit . Un point c'est tout .
Autrement dit, l'Eurosystème n'a rien injecté du tout dans le système bancaire européen . L'Eurossystème ne crée pas de monnaie, il en détruit, c'est sa mission statutaire .
Autrement dit, ce n'est peut-être pas vraiment un bon article .
Réponse de le 07/06/2012 à 10:27 :
en quoi l'Eurosystème détruit de la monnaie? Et qui la crée?
Réponse de le 07/06/2012 à 12:44 :
Vous ! Mais visiblement, vous ne le savez pas.
Réponse de le 08/06/2012 à 11:21 :
Et dit de manière plus explicite, cela donne quoi?
a écrit le 06/06/2012 à 22:14 :
Bonjour
Merci pour votre article. C'est un des meilleurs que j'ai lu sur ce sujet. C'est mieux que FT et WSJ....

Réponse de le 07/06/2012 à 10:53 :
pas d'accord, le FT sortait ce genre d'article il y a plus d'un an, quand la BCE racheter des obligations grecques. Le FT est passé à autre chose maintenant. Depuis l'automne 2011 la réflexion est maintenant sur comment le système se désintègrera, plus "si", même plus "quand", mais comment. Tribune: un an de retard, au bas mot.
a écrit le 06/06/2012 à 22:07 :
Bizarre que personne ne note que la FED fait du hors-bilan par milliers de milliards...
a écrit le 06/06/2012 à 20:20 :
Qu'il y ait des déficits et des excédents au sein d'une même famille qui partage la même monnaie n'est pas un problème. L?Allemagne n'est pas le problème car si les pays du sud n'avaient pas eu de déficit vis à vis d'elle, ils les auraient de toute façon eu avec ses concurrents : Chine, Corée du Sud, Japon voir USA. Et il est là le soucis : la compétitivité de la zone euro face au reste du monde. Aujourd'hui il n'y a que Merkel qui parle de compétitivité, mais cela se mérite, chose qu?apparemment les pays du sud ont du mal à comprendre, eux qui préconisent plutôt la bonne vieille méthode de la planche à billet. Or on le voit bien que depuis 2008, injecter de l'argent venue de nul part ne sert pas grand chose hormis endetter davantage les pays. De toute manière, avec la mondialisation, l'argent crée servira à ouvrir des usines en Chine... Malheureusement avec Hollande ont est pas près de parler de compétitivité : retraite à 60 ans, rehaussement du smic... no comment. L'auteur de l'article à raison, la solution serait peut-être que les allemands sortent de l'euro, mais je suis pas sûr que cela profitera aux pays du sud, qui pour le coup se retrouveront seuls dans féroce compétition mondiale alors qu'aujourd'hui, ils ont la chance d'avoir un pays fort, près à les aider mais qui exige en toute logique les efforts similaires qu'il a du consentir. Simplement, les français n'accepteront jamais l'équivalent des réformes Hartz et de toute manière je doute fort que Hollande est le même courage que Schröder...
Réponse de le 07/06/2012 à 23:50 :
Sarko n'avait qu'a le faire ... non ? Au contraire la compétitivité s'est effondrée comme jamais avec lui ....
Réponse de le 08/06/2012 à 16:39 :
Sarko est en effet responsable d'avoir maintenu les 35h.
a écrit le 06/06/2012 à 16:54 :
Un billion manquant c'est enorme.. mauvaise gestion , gaspillage bientot le systeme va s'effondrer et nous avec..peut-etre 1,5 billion pour recapitalisee les banques?Tout ca est surement sous-estime et la realite est bien plus rude..
a écrit le 06/06/2012 à 16:43 :
S'il y a quelque chose d'hallucinant, ce sont les réactions proprement ridicules à propos de ces 1000 milliards. Jamais, pas plus hier qu'aujourd'hui ni demain, la monnaie banque centrale n'a eu pour objet de financer l'économie soi-disant "réelle" (expression dont on devine que, dans l'esprit de celui qui l'utilise, elle permet d'opposer l'artisan au méchant banquier, le gentil petit patron "qui souffre" au vilain trader qui se flatte la bedaine). Cachés au fond de leurs blogs, il y a des guignols qui découvrent la lune, mais surtout qui mélangent tout et son contraire. La mise en cause du système target est tout bonnement stupide : c'est un peu comme si on accusait le plan comptable d'être responsable de la mauvaise gestion d'une entreprise. Affirmer qu'une banque centrale aurait besoin d'être "recapitalisée" est une autre belle guignolade : plutôt que de parler "d'économie réelle", il est urgent de retourner à l'école pour comprendre comment fonctionne réellement l'économie ! Cet article, qui ne prend aucun recul par rapport aux thèses pathétiques frénétiquement anti-euro, d'un bloggeur sorti de nulle part qui se prétend économiste, qui fait semblant de lever le voile sur des "secrets", alors que toute l'information est publiée et mise à disposition de qui veut se donner la peine de la lire, fait dans l'économisme, avec une touche de catastrophisme facile. Encore une bonne tranche de guignolade, comme on en voit malheureusement de plus en plus ! Ce n'est pas "l'économie pour les nuls" mais "l'économie par les nuls".
Réponse de le 06/06/2012 à 18:12 :
He guignol : si tu n'arrives pas à rembourser les emprunts de ta maison, ta banque la saisit. Si ta banque ne paye plus ses dettes et fait faillite, c'est toi qui la remplume, mais tu rembourses quand même ta baraque. C'est plus clair comme cela? L'article ne parle qu'incidemment d'économie réelle, il se contente de suivre les masses de capitaux : si les capitaux avaient été utilisés par "l'économie réelle", alors ils auraient été "dissous" dans les statistiques. Or ce n'est pas le cas, ce qui selon l'auteur signifie qu'ils ont remplacé de manière factice les mécanismes de convergence économiques. C'est peut être une conclusion fausse, mais cela ne me semble pas un travail de nul.
Réponse de le 07/06/2012 à 20:06 :
1/ je n'ai nullement "mis en cause le système Target", au contraire de bons nombre de blogs, j'ai expliqué en quoi il est normal, mais aussi en quoi il témoigne des lacune très graves de la monnaie unique au niveau des systèmes bancaires
2/ vous semblez ignorer qu'il y a actuellement un plan sur 3 ans pour recapitaliser la BCE..
3/ personnellement, je suis un fédéraliste européen. Mais je considère en effet, et sans frénésie, que l'euro est un vrai danger pour la construction euroépenne, car son maintien implique des conséquences financières qui sont pour moi très difficilement acceptables par le corps social - mais tout est possible, nous verrons assez vite
4/ je n'ai jamais parlé de secret, au contraire, j'ai juste tracé des graphiques à partir de données pour le coup très peu accessibles - je vous recommande d'essayer de le faire...

Bref, trop de haine tue la haine...
Réponse de le 08/06/2012 à 11:40 :
Sur le 4/, l'accès à l'information est une vraie difficulté en économie, c'est une bonne chose que certaines personnes essaient de la rendre accessible, merci pour cela!
Réponse de le 08/06/2012 à 17:53 :
Une banque centrale n'est pas une banque ordinaire. Une banque centrale n'a pas besoin de capital puisqu'elle détient le pouvoir extraordinaire de créer son bilan. Recapitaliser une banque centrale est une destruction monétaire : la recapitalisation n'est qu'un outil de contrôle des masses monétaires, parmi d'autres, dans la trousse à outils des banquiers centraux. L'euro, malgré ses défauts et compte tenu des circonstances, est probablement la moins mauvaise solution parce qu'il tient les politiciens nationaux éloignés du pouvoir monétaire. Le corps social, bien plus sage que les experts auto-proclamés, ne s'y trompe d'ailleurs pas, puisqu'une majorité d'Européens reste favorable à l'euro, malgré la crise de la social-démocratie surendettée et les multiples tentatives de déformation de l'information par une certaine frange de "l'opinion publique". L'information économique n'a jamais été aussi largement et facilement accessible. Ce qui manque à beaucoup, par manque de temps et de formation, c'est la possibilité de comprendre cette information en toute objectivité, sans avoir à subir des filtres idéologiques et des interprétations abracadabrantesques. Les mensonges des idéologues ou des groupes d'intérêt qui manipulent l'information économique doivent être dénoncés comme tels. Pas de haine dans le premier message mais une critique ferme dénonçant, comme il se doit, une kyrielle de mensonges économiques manifestes qu'il conviendrait de cesser de diffuser.
a écrit le 06/06/2012 à 16:17 :
voilà enfin un article digne d'un journal économique! Bravo!
a écrit le 06/06/2012 à 15:54 :
Avant la fin de l'année, vraisemblablement cet été, le cataclysme risque de tout emporter. Et, si tel est le cas, il y aura en Europe des dizaines et des dizaines de millions de personnes plongées dans la misère. Nos politiques seront responsables mais pas coupables (suivant la phrase célèbre)
a écrit le 06/06/2012 à 15:37 :
les jeux sont fait rien ne vas plus
a écrit le 06/06/2012 à 15:31 :
Hallucinant!!! Moi qui pensait que les 1000millairds devaient servir l'économie réelle j'en suis pour mon compte. Et voir les banques emprunter à 1% pour revendre aux états à 6%. On est devenu fou? On marche sur tête ou quoi. tout le monde trouve tout cela normal. On a tellement déplacé le curseur de l'acceptable qu'on ne sait plus retrouver notre chemin, celui d'une croissance seine porté par l'innovation et soutenu financièrement par les banques. Je crains réellement pour l'avenir. Nous empruntons des chemins inconnus et mal éclairés.
a écrit le 06/06/2012 à 14:49 :
Pour info, Onubre Einz a aussi fait un travail remarquable sur un blog (criseusa) mais qui est sur Le Monde. Sa conclusion est évidemment différente car, là, il en conclut à une impossibilité de remboursement. La Fed en est à des bons à 100 ans...
a écrit le 06/06/2012 à 14:46 :

Très, très interessant.....j'espère que nos dirigeants lisent ces choses là!
a écrit le 06/06/2012 à 14:46 :
Les déséquilibres de balances commerciales et des services, entre pays de la zone Euro, ne me parait pas, en soi, un problème "économique". Certes, des pays indépendants, largement excédentaires pour certains, peuvent mal le vivre (ex: l'Allemagne). Un peu comme si la région Rhône Alpes s'inquiétait ou prenait ombrage du devenir des créances de ses banques....plombées en Corse ou en Corrèze. L'excédent des uns est le déficit des autres; dans une union monétaire à 17, il est illusoire d'attendre / d'atteindre l'équilibre pour tous. Doivent être visées la correction des excédents et déficits massifs, ou les politiques y conduisant. Hors zone Euro, là est le vrai danger : l'équilibre ou l'excédent sont nécessaires pour ne pas se retrouver à devoir à des prêteurs dans des monnaies non Euro (USD, JPY,...). Dans ce sens, le déficit avec la Chine doit recevoir toutes les attentions alors que celui avec les pays OPEP, Russie ne peut être corrigé que par une réduction de nos consommations d'énergie fossiles faute de pouvoir leur vendre suffisamment en contre-partie.
Réponse de le 06/06/2012 à 16:38 :
il est en effet illusoire d'atteindre un équilibre commercial pour tous ; c'est une juste remarque. Les déséquilibres économiques de ce genre sont sans doute des moteurs à l'économie réelle, à condition d'y apporter une contrepartie. Peut être que nos problèmes viennent d'une logique comptable qui ne nous permet pas d'imaginer une contre-partie possible?
Réponse de le 07/06/2012 à 20:11 :
Vous avez tout à fait raison MAIS :
1/il y a un seul parlement qui vote un seul budget qui répartit les fonds entre Rhone Alpes et la corse, pour aider cette dernière
2/ il y a un seul réseau bancaire national et pas des banques surtout rhonalpines et des banques corses, avec 2 banques centrales régionales...
3/ il y a une seule économie nationale, avec une sécu, un seul smic, un seul temps de travail

C'est pour cela que cela marche en france et pas en eurozone.

Donc ou l'eurozone se transforme vite en pays (et on accepte de payer plus d'impots pour aider l'Estonie) ou cela ne tiendra pas...
Réponse de le 08/06/2012 à 19:10 :
Prétendre que l'euro ne pourrait survivre que s'il existe un seul parlement, un seul réseau bancaire, une seule sécu, un seul smic ou encore un seul temps de travail est une construction intellectuelle grossièrement fausse et mensongère. On peut parfaitement vivre avec une monnaie et pourtant avoir plusieurs parlements, plusieurs réseaux bancaires en concurrence monétaire, plusieurs sécu en concurrence, aucun smic et un temps de travail défini par contrat individuel et non par la loi. La monnaie unique française, le franc, n'a jamais "marché" en France : ce minable petit franc a été constamment manipulé (dévalué) par la plupart des gouvernements successifs à l'incompétence notoire. Le franc, c'était une monnaie de singe manipulée au service des politiciens contre la population française. Revenir à cette monnaie serait un suicide économique. Autant acheter des rames de papier : le nouveau franc aura moins de valeur que des feuilles blanches découpées en petits rectangles par vos enfants. Il suit que l'euro, ni plus ni moins que le franc, ne justifie pas un "grand bond" en avant vers plus de fédéralisme collectiviste. C'est l'irresponsabilité des gouvernements nationaux, notamment à travers les dettes publiques, qui imposent un nouveau contre-pouvoir, à savoir un fédéralisme minimal, un fédéralisme d'arbitrage, parce qu'il est désormais évident qu'il faut empêcher les politiciens nationaux de ruiner leurs populations, par démagogie et électoralisme.
a écrit le 06/06/2012 à 14:45 :
un article fort intéressant, gâché par son introduction, merci quand même... Bon, si les grecs refont le procès de Socrate et acquittent celui-ci, c'est bien gentil, mais c'est trop tard, et cela ne montre aucun respect pour la philosophie platonicienne... Que les 1000 milliards ne soient pas allés à l'économie réelle ne surprend personne, mais la confirmation en est utile. Que le prêt à 3 ans à 1 % ne génère pas une marge "colossale", peut être, mais il reste encore beaucoup de boulot pour démontrer que l'avantage ne soit pas à hauteur des 1000 milliards. Essayez d'emprunter dans ces conditions, et vous aurez un début de réponse.... Si j'ai bien compris le contenu de l'étude, l'? est techniquement mort sous quelques années à moins qu'une solution ne se dessine autour des déficits commerciaux ; c'est quelque peu inquiétant!

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