Politique monétaire

Brasier espagnol : les six moyens d'intervention de la BCE

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Sophie Rolland | 25/07/2012, 18:05 - 778 mots

Les taux d'intérêt espagnols ont atteint de nouveaux sommets ce matin, à 7,751%. Que peut faire la Banque centrale européenne ?

Le temps des politiques n'est pas le temps des marchés. Même si les ministres des finances espagnol et français réaffirment leur « engagement à mettre pleinement en œuvre les décisions du Conseil européen des 28/29 juin dernier », il n'est pas sûr que les marchés auront la patience d'attendre. L'envolée des taux espagnols ce matin l'illustre cruellement. Les coûts d'emprunt de l'Etat espagnol à 10 ans ont battu un nouveau record à 7,75 %. A de tels niveaux de financement, il devient difficile d'imaginer comment le pays pourrait s'en sortir sans plan d'aide global.

Le problème est que le coût d'un sauvetage de l'Espagne n'aurait rien de commun avec celui de la Grèce, de l'Irlande ou du Portugal. La facture serait élevée pour les Etats européens, au premier rang desquels l'Allemagne et la France. Dès lors tous les regards se tournent vers la Banque centrale européenne. Jusque là, à chaque fois que la situation est devenue intenable, elle est intervenue. Reste à savoir si elle veut et si elle peut agir pour contenir les taux espagnols (et bientôt italiens). Dans une note de recherche, l'économiste de Natixis Patrick Artus passe en revue les options qui s'offrent à elle.

Option 1 : fixer un taux d'intérêt négatif sur les dépôts des banques à la BCE

Aujourd'hui, ces dépôts sont rémunérés à 0%. Un taux de dépôt négatif découragerait les banques à utiliser la BCE comme « coffre fort » pour leurs liquidités et les inciterait à prêter. Du moins en théorie... « Cette politique risque d'être très inefficace en raison de la chute de la demande de crédit dans la zone euro », explique Patrick Artus.

Option 2 : de nouvelles opérations de refinancement à très long terme (VLTRO)

Fin 2011 et début de 2012, ce type d'opérations avait poussé les banques à acheter leur dette publique nationale. Le problème est que ce type d'opération a tendance à renforcer le lien entre risque bancaire et risque souverain qui est au cœur de la crise européenne. La BCE y est plutôt opposée.

Option 3 : acheter des dettes publiques, c'est-à-dire rouvrir le Securities Market Program (SMP)

Un certain nombre de pays, dont l'Allemagne, sont farouchement opposés aux achats de dette publique par la BCE. Mais pour être efficaces, il faudrait que ces achats soient massifs et « non seulement arrêtent la hausse des taux d'intérêt à long terme (Espagne et Italie essentiellement) mais conduisent à une anticipation de baisse durable de ces taux d'intérêt », explique Patrick Artus. Or lorsque le SMP a été utilisé cela n'a pas été le cas. « Même dans nos hypothèses les plus optimistes, nous n'envisageons pas un achat de dette espagnole par la BCE », déclare Philippe Delienne, président de Convictions Asset Management.
Pour beaucoup, dont l'économiste de Natixis, une réouverture du SMP présenterait néanmoins l'avantage d'être « un moyen direct et non détourné (comme avec les VLTRO, le financement de l'ESM ou les achats de crédits) pour faire baisser les taux d'intérêt sur les dettes publiques »

Option 4 : acheter les émissions de l'EFSF-ESM, ou transformer l'ESM en banque

Cette option serait-elle à nouveau d'actualité ? Ce matin, Ewald Nowotny, qui fait partie du Conseil des Gouverneurs de la BCE, a déclaré à propos de la possibilité d'accorder une licence bancaire à l'ESM, qu'il existait « des arguments en faveur » de cette option. Le problème est que le FESF et bientôt l'ESM a des capacités d'intervention finies. Venir au secours de l'Espagne, ou pire de l'Italie nécessiterait d'augmenter son capital, ce qui alourdirait les dettes des autres pays de la zone. Dès lors, l'idée serait que les émissions obligataires de l'ESM soient achetées par la BCE, ou alors que l'ESM soit transformé en banques et ait donc accès au refinancement de la BCE. « Mais il s'agit d'une monétisation des dettes publiques, autant rejetée que le SMP par l'Allemagne », signale Patrick Artus.

Option 5 : achat de crédits bancaires par la BCE

La BCE pourrait racheter aux banques des crédits, comme l'a fait la Réserve fédérale américaine, afin d'améliorer la qualité des bilans des banques, et non plus seulement leur liquidité. De quoi réduire la consommation de fonds propres des banques et leur donner des marges de manœuvre pour distribuer davantage de crédits ? Le problème est que compte tenu de la baisse de la demande de crédit, les banques garderaient probablement leurs liquidités pour acheter des titres publics, d'où une nouvelle hausse de la corrélation entre risques souverain et bancaire.

Option 6 : utiliser davantage le programme d'Achat de Covered Bonds

Ce programme (qui existe) est peu utilisé mais accroître sa taille « est peu utile avec le recul de la demande de crédits immobiliers », estime Patrick Artus.
 

Commentaires

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un monde s'écroule devant nous a écrit le 26/07/2012 à 07:40 :

Comment s'appelait cette monnaie qui a amenée un continent à la famine? J'ai la mémoire qui flanche tellement j'ai faim.

Error System a répondu le 26/07/2012 à 08:58:

Le rot

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pyramide a écrit le 26/07/2012 à 07:18 :

MES en clair c'est "demander" (c'est plus joli) aux états de participer au pot commun pour ensuite leur prêter avec des taux d'usures ?

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et si on ?????? a écrit le 25/07/2012 à 22:16 :

Ne pourrait-on pas saisir la fortune des gens les plus riches qui justement se sont beaucoup enrichis grâce à la politique menée par les gouvernements de ces trentes dernières années ,,,,?????

Bravo a répondu le 25/07/2012 à 22:36 depuis un Iphone :

D ailleurs on va commencer par ce que tu possède !

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le naïf a écrit le 25/07/2012 à 21:41 :

Et si aucune de ces 6 solutions n'est envisagée, il faudrait bien conclure à la volonté positive de l'Europe à se faire hara kiri.

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Bravo a écrit le 25/07/2012 à 20:01 depuis un Iphone :

Un bel article mais pas de solutions il peut entrer au gouvernement !

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Libr a écrit le 25/07/2012 à 19:32 depuis un Iphone :

Option 7 (liberale) : faire defaut sur la dette et laisser les creanciers prendrent leurs pertes. En attendant l ineluctable achetez de l or... Et du plomb !

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Marc a écrit le 25/07/2012 à 19:31 :

Chronique d'un désastre annoncé : l'implosion de l'Euro. L'Italie est dans une situation catastrophique avec la Sicile qui est au bord du gouffre. Le problème c'est qu'il va y avoir des dizaines de millions de personnes sur le carreau ... ou dans les rues. La révolte pourrait bien tout emporter. Les peuples abusés, trompés, floués, se rebiffent ou vont se rebiffer sous peu.

bios a répondu le 26/07/2012 à 00:33:

J'ai peur pour la France, qui est dans une situation bien pire!

Error System a répondu le 26/07/2012 à 09:07:

Faisons comme l'Islande, banksters en taule, banques laissées partir en faillites, politiciens nullards chassés du pouvoir et une assemblée de CITOYENS qui préparent une nouvelle constitution... Les épargnants ? Vous voulez dire ceux qui sont des libéraux ? Et bien quand ça marche bien ils ramassent, donc il est normal que quand ils ont fait n'importe quoi ils se ramassent... C'est ça le libéralisme non, j'investis bien je fais des profits, j'investis mal je me ramasse et non je vais pleurer dans les jupes de l'état...

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Option 7 a écrit le 25/07/2012 à 19:19 :

On laisse les espagnols se démerdaient tous seuls.

JB38 a répondu le 25/07/2012 à 20:31:

@Option7 On peut dire des conneries, mais on doit d'abord apprendre à conjuguer les verbes correctement.

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LUGE a écrit le 25/07/2012 à 19:14 :

c'est la chaine de ponzy, quelque soit la solution le système ne peut que s'écrouler, le crash est en vue! (La BCE qui prête aux banques, les banques qui prêtent aux Etats, les Etats qui empruntent au mêmes banques, pour prêtrer à l'état voisin qui lui même est endetté, qui s'endette pour prêter à un autre état encore plus endetté qui vient au secours des mêmes banques. Tout ça se mord la queue! Un monde de fous! Voila le résultat de cette globalisation folle! n'est ce pas manipuié pour mieux nous faire avaler que chaque pays doit perdre sa souveraineté au profit d'une direction supra nationale non élue, notre liberté démocratique est entrain de se jouer.

@LUGE a répondu le 25/07/2012 à 19:26:

Où est-elle, la liberté démocratique, quand le président est élu par moins de 25% des électeurs ? Est-ce la faute à des organisations supranationales si les français sont floués de leurs votes et spoliés de leurs richesses ? Ne sont-ce pas plutôt les partis et l'administration bien franco-franchouillards qui nous entubent ?

Bastien a répondu le 25/07/2012 à 19:28:

C'est tout à fait ça !

JB38 a répondu le 25/07/2012 à 20:29:

@Luge Votre solution? Dans votre cas, je vois bien la dictature, solution très prisée des réactionnaires, mais vous aurez peut-être la révolution.

Error System a répondu le 26/07/2012 à 09:09:

Une dictature militaire me va très bien...

Henri a répondu le 26/07/2012 à 09:41 depuis un Iphone :

Vous êtes Caporal chef peut-être ?

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Nous y sommes a écrit le 25/07/2012 à 19:13 :

L'Espagne, comme les autres pays européens, doit cesser de s'endetter, maintenant, tout de suite, pas dans 2, 5 ou 10 ans. Cela implique une évolution importante des politiques économiques et sociales dès maintenant, à savoir des coupes profondes dans l'Etat providence, de l'ordre de 10 à 20% des PIB selon les pays. On peut envisager qu'une aide soit accordée pour faciliter la transition, par exemple en étalant la dette sur 10 ou 20 ans, mais il ne faut plus espérer sauver ce système en phase terminale. Dans le cas contraire, la crise des Etats obèses finira en catastrophe.

jeff a répondu le 25/07/2012 à 20:08:

C'est ce que demandent les Espagnols. Un peu de répit pour terminer sereinement les réformes. Ce pays a consenti des efforts immenses (inimaginables en France: baisse de 10% des pensions de retraite, des salaires des fonctionnaires, fermetures d'écoles, d'hôpitaux, hausse massive de la TVA passée de 16% à 21% en 3 ans...). Nous autres Français n'avons pas de leçon "d'effort" à donner aux Espagnols.

@jeff a répondu le 25/07/2012 à 22:40:

loool!efforts immenses:suppression de la prime de noel des fonctionnaires?et sur combien de mois sont payés ces fonctionnaires?14?et les chomeurs,indemnisés sur combien de mois?et les clubs sportifs,ils se serrent la ceinture?et l'espagne continue a construire avec 3 millions de logements vides?et dans le fesf,le mes et la bce tu crois que les français ne payent pas pour ce fatras?un peu comme si on demandait aux allemands de financer un échelon de collectivités locales supplémentaire en france...

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