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Le gouvernement justifie le choix de Pôle Emploi de recourir massivement au privé

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Débordé devant l'augmentation du nombre de demandeurs d'emploi, Pôle Emploi fera appel à partir de la rentrée à des opérateurs privés pour la gestion de 320.000 dossiers. Une décision prise pour "répondre à l'urgence de la situation", a expliqué ce mardi le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, a présenté ce mardi matin le plan d'urgence de Pôle Emploi pour la rentrée. Ce plan traduira la décision du service public de l'emploi issu de la fusion ANPE-Assedic de confier à des opérateurs privés l'accompagnement de 320.000 demandeurs d'emploi.

"On fait ça pour répondre à l'urgence de la situation. On a une crise absolument sans précédent qui se traduit par une montée forte du nombre de demandeurs d'emploi avec forcément une difficulté pour les agences locales d'intégrer ces nouveaux demandeurs d'emplois", a expliqué le porte-parole du gouvernement,  Luc Chatel, sur LCI.

Alors qu'entre 20.000 et 35.000 dossiers de demandes d'indemnisation sont déposés chaque jour à Pôle Emploi, avec un stock de 60.000 dossiers en attente, l'organisme a pour objectif d'arriver début septembre avec un "stock zéro dossier en instance", a expliqué Laurent Wauquiez mardi lors d'un point-presse à Bercy.

La prise en charge de 320.000 demandeurs d'emploi, cela "reste encore marginal, comparé aux 2,5 millions de demandeurs d'emplois que Pôle Emploi prend en charge", a souligné le directeur général de Pôle Emploi, Christian Charpy. Selon lui, un conseiller a en moyenne la charge de "90 dossiers". Les syndicats avancent de leur côté le chiffre de 150 dossiers.

"Il n'y a pas de mal à sous-traiter"

Pour Luc Chatel, il n'y a "pas de mal à sous-traiter à des professionnels, des spécialistes du sujet, [ce que] d'ailleurs l'administration fait dans de nombreux domaines". "Ça fait partie aussi d'un Etat moderne de piloter des réformes et d'externaliser, quand c'est nécessaire, quand il y a une surcharge ponctuelle d'activité, une partie des tâches", a-t-il souligné.

Au premier trimestre, le chômage a atteint son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2006, à 8,7% pour la France métropolitaine, 9,1% si on inclut les départements d'Outre-mer. Selon plusieurs membres du gouvernement, le pays pourrait compter au moins 800.000 chômeurs de plus sur l'ensemble de l'année 2009. L'Unedic, qui gère l'assurance-chômage, en attend 640.000.

Selon le journal Les Echos paru ce matin, la direction de Pôle Emploi et les partenaires sociaux se réunissent cet après-midi pour sélectionner les opérateurs retenus parmi une quinzaine de candidats. Les cabinets de reclassement et poids lourds de l'intérim sont évidemment au premier rang. Selon le quotidien économique, en 2007 et 2008, 46.000 chômeurs seulement avaient été concernés par cet appel au privé.

 

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Commentaires

alain  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

il faut faire faire le ravail par le prive et continuer de payer des fonctionnaires a ne rien faire specialite FRANCAISE

XAVIER  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Pourquoi ne pas créer un type de société intérim mais publique? vu que ces un marché de plusieurs centaines de millions?Ceux n es possible dans notre pays?

Travailleur_Pauvre  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

SARKOZY ET SES AMIS NE CONNAISSENT PAS LA CRISE,LORSQU'IL SAGIT DE DEPENSER L'ARGENT DU CONTRIBUABLE FRANCAIS ! EN TEMPS DE CRISE HONTEUX ! SCANDALEUX ! Mr LE PRESIDENT !

L'hebdomadaire Auto Plus dénonce, dans son édition du mardi 21 juillet,"des manies dispendieuses" de l'Etat à propos des "dépenses publiques concernant l'automobile au sens large". Dans son article "Malgré la crise, l'Etat flambe encore"Il cite l'exemple du nouveau ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux qui, dès son arrivé place Beauveau, a commandé deux Citroën C6 toutes options pour quelque 100.000 euros alors que deux modèles identiques étaient déjà à disposition du ministère mais dont le cuir des sièges était usé...

farmaco49  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

La démonstration a été faite maintes fois : le privé ne fait pas mieux que le public, mais malheureusement le fait pour plus cher.
Il est à craindre que la direction générale de Pôle-Emploi, embourbée dans son incapacité à gérer la montée du chômage, ne pratique la politique du pire : celle du chiffre et de la contrainte.
Le "privé" se doit de gagner de l'argent en assistant les chômeurs.
Conséquences : soit il ne s'occupe que des plus employables, soit il "dénonce" comme sanctionnables ceux qu'il ne parvient pas à reclasser pour faire pression et pour s'en débarrasser.
Enfin, le "privé" oriente vers du reclassement rapide, mais souvent précaire, au détriment du reclassement durable mais qui demande un accompagnement plus long et donc plus coûteux. Mais le temps c'est de l'argent, et donc moins de profits... C.Q.F.D. ...! Au fait, Monsieur le conseiller social de l'Elysée n'est-il pas actionnaire d' un de ces grands cabinets privés ?

lucromain  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

quelle intervention brillante Alain ! oh oui bravo, ça apporte beaucoup au débat !

Suggestion naïve  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

9% de chomeurs, et les rues de Paris sont pleines de dechets, les files d'attentes aux administrations sont longues, les pelouses des batiments administratifs sont a l'abandon: pourquoi ne pas simplement demander aux beneficiaires du RSA et du chomage une aide en nature (travail, naturellement) en echange du soutien financier que l'etat leur octroit lors de leur periode de recherche d'emploi ? Cela ne me parait pas inconcevable, que les personnes qui beneficient (a hauteur de 57% de leur dernier salaire) du soutien de la communaute, le rendent a mi-temps avec des services dans les limites de leur competences.

Nino  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Bien sûr, Alain, c'est d'ailleurs pour ça que l'étude publiée par Les Echos montre que l'ANPE est plus efficace que le privé, et pour 5 à 6 fois moins cher...

ChristineH  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Evidemment, pour M. Chatel, ex-DRH de l'Oreal externaliser est un mot courant de son vocabulaire. Quel contre-exemple donne t-il pour les entreprises!

Ayant vécu en tant que Demandeur d'emploi, les différentes étapes de l'ANPE et maintenant Pôle Emploi, cette démarche me choque.
En effet, cette sous-traitance va coûter extrémement cher à l'Etat sans garantie de résultats si chers au PR. Pour la même somme voire moins n'aurait-il pas été plus judicieux d'embaucher nombre de spécialistes en Rh actuellement au chômage en CDD à objets définis puisque cette forme de CDD existe dorénavant. Ainsi, NS aurait prouvé l'efficacité de ses idées mais non, chassez le naturel il revient au galop : il veut toujours faire plaisir à ses amis des entreprises et consultants en tout genre alors que les fonctionnaires ou supposés tels sont considérés comme des parias.
De toute façon, quoiqu'il en soit, in fine ce sont les PME et TPE qui créent le plus d'emploi et ces dernières sont pout l'instant bien frileuses et attentistes, alors il n'est pas certain que le privé fasse mieux que Pôle Emploi. La précédente expérience l'a d'ailleurs montré.

Quant aux agents de Pôle Emploi, eux vont devoir gérer dès la rentrée les nombreux jeunes arrivant sur le marché du travail et les RSA, c'est-à-dire en clair les personnes les plus éloignées de l'emploi.

Et avec l'explosion des plans sociaux y compris cet été, bonjour l'ambiance !!!

S'il fait chaud en ce mois de juillet, je crains que la température ne remonte encore à la rentrée de septembre.

Alors, Messieurs du privé, retroussez vos manches et embauchez-nous et pas pour des salaires de misère......Ainsi, la France sortira de la crise, plus vite, plus haut, plus forte.