Bernard Stiegler : "le consumérisme a atteint ses limites"

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Dans notre série d'été Visions de l'après-crise, La Tribune a interrogé Bernard Stiegler, philosophe et essayiste. Pour cet auteur prolifique, la crise sonne comme la fin de l'"american way of life" et annonce l'émergence de nouveaux modèles de croissance, comme celui de l'économie contributive.

Comment percevez-vous la crise actuelle ?

La crise que nous connaissons aujourd'hui est beaucoup plus grave qu'une crise économique: c'est la crise d'un modèle, celui du consumérisme, qui atteint aujourd'hui ses limites. Il y a donc rupture. Mais c'est une rupture lente dont les premiers signes remontent à 1968 avec le malaise de la première génération de consommateurs. Aujourd'hui, la chute de General Motors démontre ô combien que le monde a changé - et qu'il ne sera plus comme avant.

Quels sont les ressorts de notre modèle qui ont été distendus, voire brisés ?

Le consumérisme est une forme de capitalisme née de la rencontre du fordisme avec le keynésianisme de Roosevelt, et qui a donné naissance à l'"american way of life". Contrairement au modèle industriel de la vieille Europe, fondé sur le productivisme, il suppose l'augmentation du pouvoir d'achat des salariés pour les inciter à consommer. C'est le triomphe du marketing: vendre n'importe quoi à n'importe qui. Ce modèle qui détourne tous les désirs du consommateur vers les objets de consommation se développe tout d'abord de manière heureuse - c'est le plein emploi - mais il se transforme rapidement, comme l'avait prédit Herbert Marcuse, en machine à détruire la libido. Alors règne la consommation addictive fondée sur la satisfaction immédiate des pulsions. Le résultat est que la société de consommation ne devient plus productrice de désirs mais de dépendances. C'est un modèle dangereux: le consommateur y devient malheureux comme peut l'être le toxicomane qui dépend de ce qu'il consomme mais déteste ce dont il dépend. D'où une frustration grandissante et des comportements qui inquiètent comme la destruction de la structure familiale, la peur des adultes à l'égard de leurs propres enfants ou une déprime généralisée.

D'autres facteurs peuvent-ils expliquer cette défiance ?

Il s'est effectivement passé beaucoup de choses depuis les années 1970. Le fameux rapport Meadows en 1972, qui avançait la thèse de la non-soutenabilité de notre société de consommation au-delà du XXIe siècle, prend aujourd'hui singulièrement du poids. La révolution conservatrice et la mondialisation ont également changé la nature, non du capitalisme, mais des capitalistes eux-mêmes. L'entrepreneur s'efface au profit du manager soumis à un capitalisme financier ultra-spéculatif qui n'investit plus dans la durée. Cela se traduit par une pression considérable sur les salaires et la création d'artefacts, dont les subprimes ne sont qu'un exemple, pour compenser la baisse du pouvoir d'achat et perpétuer ainsi, de façon artificielle, le modèle consumériste. C'est la convergence de toutes ces tendances lourdes qui expliquent la crise: un capitalisme, auquel les gens ne croient plus, ne peut plus durer.

Un nouveau capitalisme peut-il émerger de cette crise ?

Selon moi, ce qui est en train de disparaître, c'est un monde où il existe d'un côté des producteurs et de l'autre, des consommateurs. D'autres modèles commencent à se développer avec la révolution numérique. Sur Internet, il n'y a ni des producteurs ni des consommateurs mais des contributeurs. On entre dans la nouvelle logique de l'économie contributive, qui repose sur des investissements personnels et collectifs et qui crée une autre forme de valeur. Les exemples ne manquent pas, du logiciel libre à Wikipédia. Une récente étude de l'Union européenne pronostique que près d'un tiers de l'activité dans l'économie numérique fonctionnera sur un tel modèle d'ici trois ans. Mais il ne concerne pas uniquement l'informatique, il peut également se décliner dans l'énergie, avec les modèles décentralisés, la distribution alimentaire ou la mode...

Mais n'est-ce pas simplement un nouveau discours visant à préserver un statu quo ?

Ce discours exprime une pensée au service d'un combat. Car, à l'heure où tout s'écroule, tout est fait pour empêcher le vieux monde et des vieux acteurs de disparaître. Toute la classe politique défend la consommation même si elle sait bien que cela ne peut pas durer. On essaye de sauver la télévision, qui n'a pas vu venir le numérique, ou les constructeurs automobiles, qui misaient hier encore sur la surpuissance de leurs moteurs ! Mais les choses avancent. Barack Obama a réussi à faire admettre que le modèle américain était révolu et des puissances émergentes comme la Chine savent bien qu'elles ne peuvent pas suivre le modèle occidental d'hyperconsommation, sous peine de faire exploser la planète.

La mutation de nos économies est donc inéluctable...

Le pire des scénarios serait de promouvoir un consumérisme "new look" et peint en vert. Les nouvelles tensions apparaîtraient très vite dans un monde aux ressources finies et le risque de conflits majeurs serait alors extrêmement élevé. C'est pourquoi les États doivent s'engager à accompagner la mutation de nos économies, à promouvoir les externalités positives. Mais toute activité ne peut être monétisable: il faudra imaginer une nouvelle fiscalité, développer de nouveaux indicateurs, inventer de nouvelles formes de rémunération. Bref, bâtir un modèle de vraie croissance contre la mécroissance qu'est le consumérisme.

Bio Express: Philosophe de formation, élève de Jacques Derrida, Bernard Stiegler est un auteur prolifique avec une quinzaine de livres, dont "Réenchanter le monde" et le dernier, "Pour en finir avec la mécroissance", en collaboration avec Ars Industrialis (www.arsindustrialis.org). Parallèlement, il dirige le département culturel du Centre Georges-Pompidou après avoir exercé des hautes responsabilités à l'INA et à l'Ircam.
 

Demain, suite de notre série avec l'interview de Emmanuel Todd

 

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je propose un cours particulier pour FM et NS : sujet : le P2P et son avenir face aux majors.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
article interessant
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cet article devrait être en vente et non en libre accès. Il est assez bon.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
ce monsieur réponse à tout ne débite que des balivernes de professeur débutant
Réponse de le 21/11/2016 à 0:10 :
qui est tu pour d'emblée écraser bernard stiegler, tu ne m'as pas l'air bien philosophe en t'exprimant comme ça... que fais tu de ton existence? cordialement j'espère une réponse ...
Réponse de le 22/11/2016 à 1:41 :
j'étais pas sûr d'avoir rentré mon e-mail
chose faite
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Sur 100 personnes, combien sont-elles, dotées de raison ?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce texte est à lire de toute urgence par tous les politiques et décideurs en espérant qu'ils comprennent, ce qui n'est pas sûr compte tenu de leur appartenance à A3I (Association des incapables, incompétents et irresponsables).
Quand Bernard Stiegler écrit "Toute la classe politique défend la consommation même si elle sait bien que cela ne peut pas durer", il attribue à mon avis à tort, une certaine lucidité à la classe politique qui se montre totalement irresponsable car elle croint réellement que la crise va bientôt s'arrêter avec l'investissement de milliards d 'euros et de dollars. dans le lot, Yves Cochet fait figure d'homme génial par des prises de position courageuses par rapport au mythe de la
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
une trs bonne analyse critique , le consummerisme n'etait pas eternel , l'ecologie nous le prouve que la planete ne pourra se permettre une consommation a l'echelle occidentale , les ressources commencent a etre tres tendues ( petrole ) , mais aussi le travail , on ne pourra pas faire travailler tout le monde , je suis d'accord il faudra inventer de nouveaux modes de remuneration pour des travaux differents , quand a remplacer l'economie actuelle sur une croissance ecologique celà tient de la supercherie , tout le monde sait que c'est pas possible a large echelle humaine , il faudra trouver une voie mediane entre les deux cotés ' ecolo et consummerisme , sinon la violence sera la regle generale mondiale , le communisme a prouvé son impasse collective , l'ecologie restrictive avec la decroissance n'entrainerait que le rationnement ecologique , inconcevable pour beaucoup de gens , il faut d'urgence revoir la mondialisation , le travail dans sa globalitée mais aussi indirectement les revenus , car la logique consummeriste se fait sur les bases des fonds disponibles dans un menage median a consommer , hors depuis l'arrivée des telecoms ( portables , internet ) les frais explosent surtout pour les familles avec ados , les budgets se trouvent rognés sur d'autres budgets ce qui entraine des cascades de problemes sociaux a travers des entreprises en declin faute de clients , je suis d'accord sur le sujet qui demeure delicat car ce n'est pas un probleme national mais mondial , si certains jouent la partition qu'a leurs avantages economiques nous iront aussi a la catastrophe , il devient urgent de reflechir a nos choix de consommateurs et les impacts que celà inclus .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Merci et bravo à la tribune pour cette série d'entretiens. On vit une epoque tourmentée, la fin d'un cycle, et d'un modele, il faut se reinventer !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bravo à La Tribune pour cette série qui incite à la réflexion
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
il y a mieux à proposer à nos citoyens que "métro boulot conso " un sénateur UMP le dit à propos du travail du dimanche .les politiques ne sont pas tous des suiveurs ...merci aux hommes de volonté et de courage ,politiques ou non ce sont ces HOMMES là qui nous guideront
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Dommage pour les Indiens et les Chinois. Passer directement du sous développement à la phase "économie contributive", sans passer par la phase "consommation"... C'est dur. C'est bizarre, mais à mon avis, ils ne vont pas être d'accord.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
encore un prof allumé qui ne regarde que sa petite salle de classe si il est enseignant et son petit nombril; il ferait bien de sortir un peu, qu'il aille voir en chine, en inde ou même au magrehb plus proche ou des centaines de millions de jeunes ne veulent qu'une seule chose, pouvoir consommer comme nous, cela pose la question de savoir si ils pourrons; mais c'est un autre débat, ce monsieur nous parle d'un petit monde de grosso modo un milliard d'individus dont les enfants gavés parce qu'ils ont tout sont blasés de tout et ont une indigestion du consumérisme, c'est faire peu de cas des trois à quatre autres milliards qui eux ne veulent qu'une chose...c'est accéder au consumérisme...alors le blablas des pseudos experts, philosophes, coachs...c'est l'écume des choses, vous devriez ouvrir les colonnes à de vrais penseurs, pas aux rigolos !!!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
et si l'on prenait un dictionnaire? Depuis Ralph Nader, consumérisme signifiait défense des intérêts des consommateurs! Et non étape du capitalisme à réformer... Mais sur le fond, il y a bien des choses à réformer. Le problème me semble être que tous les plumitifs ( qu'ils soient ou non parés du titre de disciple de Derrida ) glissent rapidement sur le contenu de ce qu'il faut "inventer".
Reconnaissons que ça ne sera pas facile, car tout consommateur honnête reconnaitra sans doute ,qu'il a fait tout ce qu'il a pu pour profiter pleinement du consumerisme!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Désolé je voulais dire que cet intellectuel prouve par ces réponses que Sarkozy a un boulevard devant lui pendant encore 50 ans.
"""il faudra imaginer une nouvelle fiscalité, développer de nouveaux indicateurs, inventer de nouvelles formes de rémunération. Bref, bâtir un modèle de vraie croissance contre la mécroissance qu'est le consumérisme."""

Quand on lit ça on se dit qu'il vaut mieux acheter une tv à ces enfants que de les emmener à Beaubourg ( j'exagère un peu ).
Réponse de le 22/11/2016 à 2:15 :
je ne comprends pas le rapport avec nicolas s.! j'étais pour la décroissance, b.stiegler apporte des solutions qui nous préservent d'une non souhaitable régession... le boulevard dont vous parlez, c'est la vie, il faut faire en sorte de prendre un chemin viable durable équitable kiffable pour tous... oui le monde est en mouvement, il faut le comprendre pour s'adapter et savoir lui insuffler le fruit d'une inspiration qui le réharmonise et le pacifie... stiegler me semble être l'une des personnes les plus douées et motivées pour
cela
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je crois que l'humanité est en marche et regarde en avant...vers la construction d'un monde de valeurs sociales vécues et partagées...;
Philomène
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
"Le comsumérisme a atteint ses limites" Je n'y crois pas une seule seconde. Remarquez ce n'est pas la première fois qu'on nous annonce la fin du capitalisme ou de la société de consommation.. Quant à dire que sur internet il n'y pas de consommateurs mais des contributeurs, c'est méconnaître le sujet!
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un fois assouvi les désirs s'amenuisent... C'est le principe de notre humanité, les vrais plaisirs sont dans la capacité de les recevoirs dans le but de donner. Pour faire simple, un exemple; vous recevez un ami à diner pour lui faire plaisir. C'est en opposition avec consommer plus qui n'apporte aucun plaisir supplementaire sauf à satisfaire un plaisir égoiste.
Mais ceux qui nous gouverent ne pensent qu'à nous faire consommer plus de voiture, et de tout... Que se passera t il si nous ne consommons plus ils n'ont plus de raison d'être....A mediter.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je peux être en partie d'accord sur cette analyse au niveau mondiale, mais pour la France, le problème se pose une autre façon.
Même si ici, le consumérisme a en partie vécu, notre politique n'a été que partiellement celle des Etats-Unis.
Pas le même niveau de vie, pas la même base sociale, pas la même législation du travail etc...
En France, nous n'avons pas vu venir ou pas vouloir voir poindre 2 énorme changement démographique : 1)Baisse de natalité(et même si nous nous réjouissons d'être dans les meilleurs nous ne sommes toutefois qu'à 1,9/2 et il faudrait 2,2 pour simplement assurer le renouvellement générationnel)
2) Le + important; l'augmentation de la durée de vie. Tous y sont confrontés ou y seront et particulièrement l'Europe vieillissante et la France en 1er.
Avant de faire de grands laïus, il serait bon en premier lieu de rétablir l'équilibre entre Durée de travail et Durée de vie; ensuite nous pourrons plus facilement revoir de nouveau type d'économie de société (+ étatique, durable etc...)
prolonger la durée d'activité d'un an, c'est 65Mds de + de richesse nationale
C'est le retour vers l'équilibre des comptes nationaux.
Le Summum, c'est de programmer la Durée de travail proportionnelle à la durée de vie.
Daniel MOINIER Dernier livre paru : "La Crise, une Chance pour la Croissance, le Pouvoir d'achat..."
Site : livres-dmc-ed-moinier.com
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce Monsieur (qui a tout faux) ne changera jamais le monde en un eldorado marxiste, et tant mieux!
marre de tous ces philosophes gauchos beaux parleurs a deux euros qui tentent d'infester notre vie de tous les jours. Le capitalisme nést pas mort et les consomateurs existeront tjrs, la preuve en est: meme les bobos qui pronent du social a longueur de temps se ruent dans les boutiques pour faire leurs achats.....
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Bien, Bravo.
La seule question à laquelle cette personne ne peut ou ne veut répondre est:
Si nous consommons moins, les usines tournent moins et par défaut emploient donc moins de monde te donc à périmètre constant, plus de chomage, plus de misères, plus de crèves la faim.
Quid des 7 miliards d'être humains (d'autant plus que certains prévoient jusqu'à 12 milliards d'humains à la fin de ce siècle ??? Doit on en éliminer 50% ou plus parce que sans boulot pas de revenus.
Sans revenus, impossible de manger et de se loger.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Un bonne initiative serait de supprimer la publicité , qui pollue le cerveau humain d'images subliminales de zéro heure du matin à minuit .
Moins de papier (forêt préservée), moins d'électricité pour regarder un film
( si on interdit la pub à plusieurs reprises : dure moins longtemps), suppression des panneaux d'affichage qui agressent le paysage... La publicité est juste bonne à faire connaître un produit superflu se surajoutant à une surconsommation . De même , plus moyen de faire réparer quoique ce soit, l'appareil neuf vaut moins cher qu'un simple déplacement .
Nous sommes dans le consommé jetable et je ne parle pas du portable se changeant tous les 6 mois (moi "connais pas" jusqu'à quand) . Dans l'informatique, le matériel devient obsolète au bout de 6 mois, et on ne trouve plus certains composants de remplacement . Bref, il est facile de taxer le consommateur, mais il se démène et l'industrie derrière ne fait rien pour changer sa politique de croissance . Une simple imprimante juste à changer une languette , on ne la touve pas, car pas assez rentable pour l'entreprise de la mettre sur le marché . Du coup, on la jette à la poubelle . De plus sympa les encombrants !!! chaque citoyen est obligé de prendre sa voiture et pollue du monoxyde de carbone au lieu d'un camion qui s'en chargeait auparavant une fois par mois, et qui créait de l'emploi . Bref, encore beaucoup d'exemples mais la liste est top longue,il est bien de philosopher mais le concret est déjà très utopique .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
en gros il y a trop de cowboy et pas assez d'indiens?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Crise du consumérisme, cela est une évidence, a désirer et vouloir toujours plus il y a une limite. Gaia ne peut en supporter plus. Mais quand est-il de la crise de confiance...qui peut encore croire nos Politiques ? Eux qui se prétendent Elite, ne sont que des parasites au service des lobbies industriels & religieux. Un exemple ! Que dire du retour en force de Monsanto au niveau de la CEE. Pauvre Humanité les hommes sont en train de sceller ton sort...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Analyse pertinente ,ce monsieur a très bien compris que l'ultra-libéralisme est entrain de se casser la gueule.La fin du consumérisme explique en partie le déclin de ce capitalisme qui détruit tous sur cette planète :ressources naturelles,environnement,guerre,etc.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Comme les grands philosophes le disent : l'argent n'est pas important. À condition d'en avoir beaucoup ... Cet article est très enrichissant pour ceux qui n'arrivent pas à s'en sortir.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Je fais du pouce sur 3 commentaires précédents : A bas la pub - vives le Peer to Peer (P2P) - et les politiciens n'ont pas idée de la situation. Vivement l'accès à Internet et à la haute vitesse de qualité pour tous - pour que les intelligences collectives des citoyennes et citoyens du monde se mobilisent pour créer un monde de création, de production et de consommation de produits et services de qualité - et pourquoi pas rendre la bouffe gratuite plutôt que l'accès aux systèmes de santé (de non santé en fait) - une gestion des ressources alimentaires saines changeraient la donne en profondeur !
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
je pense en effet que la crise au déaprt économique va devenir sociale. Car le cercle est vicieux: moins d'achats = moins de rentrées pour les entreprises = coupe clair dans les emplois = moins d'argent pour les ménages = moins d'achats ! La classe politique de chaque pays ne fait réagissant toujours que très (trop) tard parce que pas très courageuse et influencées par les lobby (surtout de l'industrie agro-alimentaire et pharmaceutique), c'est à chaque citoyen d'être conscient de ses choix !!de s'informer des tenants et aboutisants de ses choix et, quand c'est possible, d'en changer pour être plus cohérent avec ses croyances. Tant pis si ça parrait une goutte d'eau dans l'océan, personne ne peut changer le monde alors au moins agissons chez nous...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Oui, non, peut-être.
Je reste toujours stupéfait de constater à quel point ce genre d'énergumène ne se rend pas compte du monde qui l'entoure.
1/ Le monde des gens qui vivent et font leurs courses : Montparnasse et St Germain, les hauts plateaux de Corrèze ou les plages des Landes. Un petit séjour dans les quartiers populaires (les vrais, je ne parle pas de l'équipée du dimanche à Oberkampf) leur ferait du bien. Un tour avec des mamans en poussette dans des rues impraticables, un tour avec des étudiants qui font les ZAC à pied pour trouver des stages non rémunérés, les sorties de Lidl. Je ne pense pas à des minorités, dans un pays où même avec des statistiques truquées le nombre de sans emploi et de pauvres est phénoménal et encore à mes yeux inadmissible !
2/ Le monde de l'entreprise. Ce Monsieur (très bien) payé par l'état et qui en plus consacre une large partie de temps de cerveau à dézinguer le système, n'a aucune idée de ce que c'est qu'un compte de résultat. Quand on lui dit profit il pense gros cigares et coke alors que 2 millions d'entreprises sont le moteur de l'économie, pas si pourrie qu'il veut bien le laisser entendre en se polarisant sur des pratiques douteuses mais minoritaires.

Je ne creuse pas sur sa méconnaissance de la société américaine consumériste. L'ultralibéralisme qu'il fustige est celui d'un étét qui a déjà sponsorisé des pans entiers de l'industrie et prend encore de très larges parts dans les banques en faillites. On croit rêver !

Quand ce Monsieur parle de marketing, c'est un festival ! Vendre n'importe quoi à n'importe qui ne marche pas et ce qui est en train de se passer c'est au contraire une hypersegmentation très salutaire qui menace des pans entiers de nos économies. Son modèle interventionniste qu'il veut protéger a montré ses limites, c'est bien là tout le problème.

J'adore la mention de la libido, la page est tournée pour lui. Qu'il retourne vivre dans la vraie vie, s'éclater... Fréquenter des jeunes, des vrais, lui ferait le plus grand bien ! Leur libido est intacte, ils ont de l'énergie et du plaisir, des projets. Ils sont juste souvent bloqués par des vieux croutons qui trustent les places au soleil.

Belle vision de l'après crise, un aveuglement plutôt que cet article. Cessons les "il faut" SVP
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Ce genre d'articles, s'ajoute à ceux de théoriciens apparemment nés dans le confort et qui n'ont jamais souffert de la faim ni exercé un emploi physique depuis leur plus jeune âge les soirs de la semaine , les week-ends et tous les congés scolaires pour se payer leurs études avant de se faire nommer par simple cooptation dans une planque étatique bien rémunérée pour diffuser ce genre de prose qui "ne mange pas de pain", c'est le cas de le dire, est bien peu réaliste : il survole le problème et oublie les vrais humains, méconnaissant totalement les problèmes quotidiens des personnes qui n'ont plus de quoi remplir le frigo après le paiement du loyer et de la facture d'électricité .

D'ailleurs, l' injonction télévisuelle quotidienne, pleine de bons sentiments mais perçue comme sadique dans la conjoncture actuelle, de "manger cinq fruits et légumes par jour", injonction que les enfants balancent dans les dents des parents quand ils en ont assez des nouilles sans beurre à tous les repas à partir du 10 du mois, doit faire monter une sourde colère chez un bon tiers des parents français, les "nouveaux pauvres" .

Cet article me conforte dans l'idée que nous avons raison de cultiver , à plusieurs familles dont certaines ont perdu leur emploi, un bout de terrain non constructible à la sortie de la ville, au bord d'une rivière à baignades , terrain acheté collectivement pour presque rien, afin de produire nous-mêmes nos fruits et légumes de qualité , plus les oeufs frais du poulailler.
L'entretien de ce jardin collectif nous permet, en plus de nous nourrir sainement, de nous réunir sur ce terrain le week-end pour pique-niquer et discuter au grand air , parfois sous un auvent quand le temps menace, pendant que les enfants font des parcours VTT dans la campagne environnante . Pendant les vacances d'été, certains y plantent une tente et d'autres partent planter la leur gratuitement dans un joli coin du Massif Central près d'une cascade .

Autant vous dire que nous n'entrons jamais dans les grandes surfaces ni les boutiques mais dans les petits commerces de notre quartier, uniquement pour l'indispensable.
Personnellement, mon vieil ordi et Internet sont mon seul luxe .

Ce n'est pas une doctrine théorique comme l'écologie qui guide nos pas, même si nous vivons en respectant la nature et en ne prélevant de ses ressources que l'indispensable à la vie. C'est la pure nécessité : de plus en plus de Français aux bas salaires ou privés d'emploi ne peuvent plus rien acheter du tout . Il y a de moins en moins de "consommateurs" , ce mot récent va disparaître . Il ne restera plus, comme autrefois, que de simples "clients" .
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
L'un des articles les plus intéressants de la série à ce jour, qui alimente vraiment la réflexion et la construction d'une vision de l'avenir.
Mais la crise du consumérisme que décrit l'auteur est d'abord celle de la consommation d'objets. On ne peut pas dire que l'ensemble des besoins des Français par exemple soient assouvis: en termes d'alimentation saine, de logements décents, de transports propres, de bien-être physique et mental , de spectacles, de fêtes. A l'avenir, on consommera sans doute moins de gadgets et de biens matériels redondants et superflus, mais plus de services. Si l'on suit l'auteur, c'est une adaptation de l'offre (et des métiers nécessaires pour la générer) qui est en cours, pas forcément un changement radical de modèle..
Difficile d'imaginer le développement d'initiatives collaboratives et le retour du troc ailleurs que dans des niches..
Réponse de le 22/11/2016 à 2:55 :
les français ont bien trop : il jettent à gogo ces salles gosses, ils sont tout seuls dans leur voitures dans des embouteillages monstres... se plaignent de pas avoir assez de tunes alors qu'ils font du shoping et sont en vacances tout le temps... j'en passe et des meilleurs, et ne connaissent pas un brin de la musique de debussy ravel fauré ou poulenc(je rappelle que le jazz ne serait pas grand chose sans ces énergumènes et ce ne sont ni miles davis ni john coltrane qui me contrediront) et écoutent stromae en ne trouvant, parce qu'il est belge, rien de mieux à dire qu'il a quelque chose de jacques brel...
les français doivent réapprendre à être indépendant de tout et même du passé(c'est utile d'avoir du brassens ou du boris vian en tête mais et le reste du monde?) il faut faire du sport de l'art de l'artisanat du jardinage... ars industrialis essaie d'anticiper l'avenir... pour moi le bien être humain ne dépend que de la pratique des disciplines sus citées... se lever pour faire un bouleau de m... n'entraîne quà la folie. avoir plusieurs activités qui entretiennent notre capacité à être en rapport avec les autres, c'est la santé ! mais paradoxalement, il faut être indépendant pour cela : développer dans son coin des facultés qui seront utilisables par tous !

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