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La France doit réduire son déficit public de 100 milliards d'euros, pour le ramener de 8% du produit intérieur brut en 2010 à 3% en 2013. Et cette réduction risque de devoir être plus importante encore, sachant que la croissance ne contribuera pas à la diminution du déficit public : pour cela, il faudrait une croissance supérieure à 2%. Des mesures volontaristes de réduction des dépenses publiques et d'augmentation des impôts seront nécessaires.
Seulement, dans son plan de réduction du déficit, le gouvernement devra prendre garde à éviter deux écueils. Primo, affaiblir un peu plus la demande, alors que celle-ci est déjà très faible en France ; secundo, réduire notre potentiel de croissance, qui avoisine les 1,25% l'an.
Dès lors, quel serait le plan le plus raisonnable de réduction des déficits publics en France?
Pour l'instant, le gouvernement a annoncé un gel des dépenses de l'État (hors retraites des agents publics et intérêts sur la dette publique) en valeur sur trois ans (réduction de 10% en trois ans des dépenses de fonctionnement, d'intervention, des niches fiscales, gel des transferts de l'État aux collectivités locales), ainsi qu'un objectif de croissance des dépenses de santé passant de 3% en 2010 à 2,8% en 2012. Tout ceci implique une croissance en volume des dépenses de 1% par an pour l'ensemble des administrations publiques, de 1% aussi pour les collectivités locales. Dans la période récente, les dépenses (en volume) des administrations publiques (État, Sécurité sociale) augmentaient de 2% par an environ, celles des collectivités locales de 4% à 5% par an ; il faut remonter à 1994-1998 (période pendant laquelle la France doit satisfaire les critères d'entrée dans l'euro) pour retrouver une croissance aussi lente des dépenses publiques.
À supposer que ce freinage des dépenses publiques puisse être réalisé, il ne réduirait que très peu le déficit public : pas plus de 1 point de PIB en trois ans environ. L'essentiel de la réduction du déficit public, qui rappelons-le doit atteindre 4% du PIB entre 2010 et 2013, devra donc se faire par la hausse des recettes. Mais quels prélèvements faudra-t-il augmenter pour ne pas casser la demande, ni réduire la croissance potentielle de long terme ? Certainement pas la TVA, car cela aurait un impact très négatif sur la consommation, comme on l'a vu au Japon en 1997 et en Allemagne en 2007 ; ni les charges sociales des salariés ou des entreprises, car cela aurait un effet négatif sur l'emploi et la croissance potentielle, la France étant un des pays, avec la Belgique, le Danemark, la Suède, où le coût du travail charges comprises est le plus élevé ; ni même par une hausse de l'impôt sur les sociétés, dans une situation où les profits de l'ensemble des entreprises ne représentent que 75% des investissements.
Reste une option : intégrer les revenus du capital, à savoir les loyers, intérêts, dividendes, et plus-values en capital, dans le calcul de l'impôt sur le revenu, en leur imposant le même barème que les salaires. Cette mesure présente de nombreux avantages : le PIB se partageant entre revenus du travail et revenus du capital, pourquoi seraient-ils taxés différemment ? Elle est donc rationnelle. Elle est aussi équitable, le taux de taxation implicite des revenus du capital ne dépassant pas 24%, contre 41% pour les revenus du travail. Elle est également redistributive, le patrimoine médian des 10% de Français ayant les revenus les plus élevés étant 26 fois plus élevé que celui des 10% de Français ayant les revenus les plus faibles. Elle a aussi l'avantage d'être peu coûteuse macroéconomiquement, puisque ces revenus sont peu consommés. Si la taxation plus forte réduit l'épargne, ce sera sans effet majeur, le taux d'épargne des Français étant trop élevé. Enfin, cette mesure aurait l'avantage de réduire efficacement le déficit public : en supposant qu'il n'y a pas de plus-values en capital, elle rapporte 45 milliards d'euros. Donc, en réalité, bien davantage, et jusqu'à 70 milliards si on l'élargissait à la taxation sur l'héritage.
bob a écrit le 01/02/2011 à 13:38 :
L'article est très intéressant.
voltR a écrit le 31/01/2011 à 07:59 :
Très belle option! surtout quand on sait que ce sont les consommateurs qui paient le plus d'impôts avec la TVA, 60% des recettes de l'Etat provient de la TVA, 20% impôts sur le revenu et le reste divers.
odette a écrit le 29/08/2010 à 17:52 :
Je ma suis plantée ! c'est 2,7 millions de chômeurs que nous avons en France !!
odette a écrit le 27/08/2010 à 16:49 :
J'ai aussi bien aimé la réponse de Popol, cela me fait penser au trésorier de Henri IV qui était tailleur d'habits ! c'était des gens qui aimaient la France !
odette a écrit le 27/08/2010 à 16:44 :
Mr. Arthus, vous oubliez nos 2 700 chômeurs, donnez-leur du travail ! ça ira mieux !
ernestdelyon a écrit le 09/08/2010 à 19:03 :
Trés original! Décidément, toujours la même chose augmenter les impôts. Il faut vraiment être sortie de l'ENA ou autres grandes écoles pour trouver cette solution.
eltrigo a écrit le 23/07/2010 à 12:57 :
Libéral bon teint, Arthus ne s'interdit cependant pas une iconoclastie (néologisme personnel) rafraichissante. Je crains toutefois qu'il ne soit guère écouté ni de ses pairs ni des affidés du capitalisme triomphant. Je voudrais cependant essayer encore une fois de tordre le cou à une de ses saillies conventionnelle (si, si, il y en a !)... Arrêtez chers libéraux avec votre délire sur le cout du travail ramené systématiquement aux taux de prélèvements obligatoires. J'ai de nombreuses années dirigée une entreprise informatique avec des filiales à l'étranger. Je peux vous garantir qu'un ingénieur informaticien français coute bien moins cher que son homologue américain et pis encore japonais ! Son salaire de base est bien inférieur, et même avec les charges, le cout total reste inférieur en France. Et je ne parle pas de sa productivité ! Et c'est encore vrai dans tous les secteurs d'activité !
Réponse a écrit le 15/07/2010 à 10:23 :
à didier95 et d'autres. Attention un état ce n'est pas du tout comme une famille ou une entreprise, cela n'a rien à voir. Si vous augmentez les impôts pour, par exemple, créer des emplois, ces nouveaux employés peuvent consommer, ce qui retourne dans les entreprises, qui paient de impôts qui reviennent en partie dans les caisses de l'état. Et ces nouveaux employés peuvent fournir un service rentable à long terme (enseignement, recherche par exemple). Donc il ne faut pas raisonner de façon aussi simpliste et réfléchir aux multiples conséquences imbriquées, ce qui n'est pas facile. Gérer un état, un pays de 65 millions de personnes, c'est beaucoup beaucoup plus compliqué que gérer une entreprise.
didier95 a écrit le 14/07/2010 à 18:49 :
En voilà un qui ne manque pas d'air ! Que ferait un ménage ou une entreprise viavant au dessus de ses moyens ? Il ou elle réduirait son train de vie et n'essaierai pas de résoudre son problème en taxant son voisin qui lui gère ses comptes en bon père de famille. Pourquoi ya t-il des niches fiscales en France ? Parce que l'impôt tel qu'il est construit est confiscatoire et décourageant ! Que propose ce monsieur : que l'ensemble des autres revenus viennent alimenter la tranche marginale de notre IRPP avec la possibilite de nous faire passer dans la tranche supérieure ! Que nos édiles ajustent leurs dépenses à leurs moyens actuels voilà la seule solution : là ils se comporteront comme des responsables vis à vis de l'argent public : c'est ce que les gens attendent ! Augmenter les impôts c'est la solution de facilité surtout avec l'argent des autres c'est fou ce que les gens ont comme idées............stupides!
ivo a écrit le 14/07/2010 à 17:11 :
Dans les budjets votés par les élus,on vote d'abord les dépenses,puis les reçettes,si nous faisions cela dans ler entreprises,ou dans nos foyers on irait à la faillite,cherchezl'erreur?
BOB687 a écrit le 14/07/2010 à 15:51 :
Qu'est ce que vous êtes intelligent M.Arthus !!! Augmenter les impôts pour relancer la croissance ! bon sang mais c'est biensur !
Surpris a écrit le 14/07/2010 à 11:32 :
On croit réver !! Un type qui bosse chez Natixis et qui se permet de donner des conseils !!!
eulenspi a écrit le 14/07/2010 à 07:55 :
Patrick Artus mélange tout : Les revenus fonciers sont soumis à l'IR au barême progressif, comme les revenus du travail, mais sans abattement de 10 %, de plus les prélèvements sociaux sont de de 12.1 % (vs 8 % pour les revenus du travail). Ils sont donc bien plus imposés que les revenus du travail.
Osalteccino a écrit le 14/07/2010 à 06:56 :
Félicitations à "popol" pour sa citation.
Osalteccino a écrit le 14/07/2010 à 06:53 :
Et il est économiste? Il ferait mieux d'être économe de ses propos. Espérons qu'en plus il n'est pas rémunéré par La Tribune pour ce qu'il écrit. Voyons, Monsieur Artus, réfléchissez vous à ce que vous écrivez ? Quelle est la conséquence de votre recommandation ? Prenons le cas exemplaire de la trop citée Madame Bettencourt, exemple emblématique des « riches ». La taxation aggravée de ses dividendes, loyers et plus values sera neutralisée par le bouclier fiscal. Vous n'y avez pas pensé ? Alors vous voulez supprimer le bouclier fiscal ? Bien, Madame Bettencourt ira résider en Suisse ou en Belgique. Et je la comprendrai. Perte sèche pour l?Etat, plus de 80 millions part an et la perte de la TVA sur toute sa consommation. En revanche la classe moyenne qui se sera efforcée de bâtir un patrimoine verra tout son calcul économique et financier anéanti. Adieu le revenu complémentaire pour la retraite. Là aussi le mieux à faire sera de liquider l'immobilier et d?aller couler des jours tranquilles sous des cieux plus cléments comme le Maroc ou la Tunisie. Ca y est, j'ai compris, vous êtes un partisan de l?Union pour la Méditerranée. Mais vous prenez des voies détournées pour favoriser la coopération avec ces pays ainsi que leur développement. C?est par là que vous voulez trouver un relai pour la croissance et l'emploi. Félicitations. Je connaissais le mot altruiste, vous venez d?inventer un synonyme avec « Artuiste ». Vous semblez donc manquer d'idées. Je vais vous en soumettre quelques unes : la sur-taxation des bonus octroyés aux opérateurs de salles de marché (comme l?a déjà relevé un internaute), la taxation des avantages accordés au personnel des grandes entreprises, la suppression des comités d?entreprise et de leurs subventions distraites de l?assiette de l?impôt ; la taxation des abondements et des plus values retirées des plans d?épargne d?entreprises ; l?assujettissement au droit commun de l?impôt sur le revenu des plus values résultant de l?exercice des stocks options ; la taxation des avantages en nature accordés aux élus de tous poils et la suppression de la qualification d? « indemnités » pour la partie du revenu qu?ils perçoivent sous cette forme. La sur-taxation des retraites chapeau. Et en ce qui vous concerne : la suppression de l?imposition des droits d?auteur à un tarif avantageux. Comptez, vous verrez que tout cela fait beaucoup de sous. S?il y avait un impôt sur l?intelligence, je pense que vous n?y seriez pas assujetti.
popol a écrit le 14/07/2010 à 05:53 :
Surtout suppression du bouclier fiscal, car ce sont toujours les mêmes qui sont concernés quand il s'agit de payer. > > > Extrait d'une conversation vraie entre Colbert et Mazarin sous LOUIS XIV > > > > (Roi de France de 1643 à 1715) > > > > Colbert : Pour trouver de l'argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J'aimerais que Monsieur le Surintendant m'explique comment on s'y prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu'au cou. > > > > Mazarin : Quand on est un simple mortel, bien sûr, et qu'on est couvert de dettes, on va en prison. > > > > Mais l'Etat ? > > L'Etat, lui, c'est différent. On ne peut pas jeter l'Etat en prison. Alors, il continue, il creuse la dette ! Tous les Etats font ça. > > > > Colbert : Ah oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l'argent. Et comment en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ? > > > > Mazarin : On en crée d'autres. > > > > Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu'ils ne le sont déjà. > > > > Mazarin : Oui, c'est impossible. > > > > Colbert : Alors, les riches ? > > > > Mazarin : Les riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un riche qui dépense fait vivre des centaines de pauvres. > > > > Colbert : Alors, comment fait-on ? > > > > Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage ! Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches. Des Français qui travaillent, rêvant d'être riches et redoutant d'être pauvres ! C'est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser. C'est un réservoir inépuisable.
Cadeaux a écrit le 13/07/2010 à 22:25 :
La meilleure façon d'augmenter les impôts, c'est d'abird de supprimer tous les cadeaux inutiles et couteux : 3 milliards pour les restaurateurs, 7 milliards pour les promoteurs et agents immobiliers (Scellier, Prèt à taux zéro), etc = 75 milliards de niches fiscales. Leur suppression règlerait le problème.
Alofi a écrit le 13/07/2010 à 16:11 :
Encore une analyse complètement décorrelée de la réalité... Dans un pays classé 2ème mondiale dans la captation des richesses par l'état, on continue encore dans cette voie...
padesoucis a écrit le 13/07/2010 à 16:00 :
la GAUCHE arrive et nous sommes sauves .....embauche massive pour garantir notre service public 25 h retraite a 50 ans la vie sera toujours belle pour CERTAIN
Bruno a écrit le 13/07/2010 à 14:57 :
Tout à fait d'accord avec ce Monsieur. Espérons qu'il sera entendu.
EC a écrit le 13/07/2010 à 14:24 :
Entièrement d'accord avec logic! Et même si on ne peut rien changer au passé, le déficit serait sans doute moins grand si notre président, au début de son quinquennat, ne s'était mis à distribuer les fonds publics comme s'ils étaient inépuisables... Mais évidemment, tout cela est maintenant considéré come des "acquis sociaux", donc intouchables! LAMENTABLE....
henry a écrit le 13/07/2010 à 14:14 :
On revient à la normale "républicaine": moins pour nous, plus pour eux!
logic a écrit le 13/07/2010 à 13:34 :
Oublions quelque peu les impôts et faisons des économies sur les gaspillages et le coût du parasitisme social qui est monstrueux...
fredericplomb a écrit le 13/07/2010 à 13:19 :
Et si nous commencions a creer des emplois? monsieur le banquier et redistribuer les benefices des banques pour la recherche et la creation d'entreprises? moi ca me plait a quoi servent ces banques qui ne font qu'aspirer l'argent de ceux qui produisent du concret...
Culot a écrit le 13/07/2010 à 11:02 :
Ce monsieur a quand même un culot incroyable. Il est employé par une des banques qui a fait le plus de pertes en France avec les subprimes. Donc, une des responsables de la crise et du déficit. Et que suggère t'il ? De faire payer la crise aux populations, par un biais de réduction des services publics offerts aux citoyens (éducation etc), et par une augmentation de leurs impôts !!! Et pourquoi pas faire payer les banques et les financiers, monsieur le banquier ?? Ne pourrait-on pas envisager une très forte taxe sur les bonus, qui sont néfastes parce qu'ils ont poussé les financiers à faire des opérations risquées qui se sont avérées catastrophiques et ont nécessité un sauvetage de tout le système bancaire par les états et les banques centrales ?
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