Contenu :

Politique - justice Actualités / France
   Taille du texte : 
Source : La Tribune.fr - 20/07/2010 | 19:07 - 651 mots  | 

Boite à outils de l'article :

|

Affaire Bettencourt : Sarkozy autorise le parquet à interroger Eric Woerth



Le parquet de Nanterre annonce ce mardi avoir officiellement demandé l'autorisation d'interroger comme témoin le ministre du Travail, Eric Woerth, dans le cadre de l'enquête sur la fortune de l'héritière de l'Oréal , Liliane Bettencourt. L'Elysée a accepté.

Eric Woerth

Eric Woerth va pouvoir être entendu par la justice. Le parquet de Nanterre a annoncé ce mardi avoir officiellement demandé l'autorisation d'interroger comme témoin le ministre du Travail dans le cadre de l'enquête sur la fortune de l'héritière de L'Oréal , Liliane Bettencourt. L'Elysée a immédiatement fait savoir que cette autorisation serait accordée dès le conseil des ministres de mercredi.

Afin de respecter les formes, la présidence de la République a précisé qu'il "sera proposé au conseil des ministres de faire droit à cette demande." Sans cette autorisation formelle, qui sera sans nul doute accordée, Eric Woerth ne peut pas être entendu par la justice.

Cet interrogatoire, souhaité par le ministre du Travail, lui donnera notamment l'occasion de clarifier les conditions d'embauche de son épouse, Florence Woerth par Clymène, société qui gérait les actifs de la milliardaire, ainsi que sur la Légion d'honneur qu'il a remise début 2008 à Patrice de Maistre, le patron de son épouse. Tout en répétant ce mardi matin sur Europe 1 qu'il n'avait aucunement l'intention de démissionner, Eric Woerth a déclaré:"Je n'ai jamais demandé qu'on embauche ma femme. Jamais, jamais, jamais. Je ne l'ai jamais fait depuis 25 ans, elle a sa propre carrière (...) Ce n'est pas du tout ce qui s'est passé. Elle n'a pas besoin de ça", a-t-il dit.

Pourtant, au cours de sa déposition faite lors de sa garde à vue, le gestionnaire de la milliardaire, Patrice de Maistre a admis qu'Eric Woerth était intervenu auprès de lui juste avant l'embauche de sa femme en 2007. Dans le procès-verbal de sa déposition de police dont "Le Monde" a publié ce week-end des extraits, le gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt le reconnaît :  "Je l'ai (M. Woerth, ndr) vu deux ou trois fois début 2007, parce qu'il m'a demandé de recevoir sa femme et ce pour essayer de la conseiller sur sa carrière alors, me disait-il, qu'elle n'était pas entièrement satisfaite".

L'embauche de Florence Woerth fin 2007 dans la société Clymène, qui gérait la fortune de l'héritière de L'Oréal est l'un des points-clefs de l'enquête judiciaire. S'il s'avérait que le ministre a fait commerce de son influence, ce serait un délit. Le témoignage contredit par ailleurs Eric Woerth, resté très évasif sur ses relations avec Patrice de Maistre. Il avait assuré avoir dressé une "muraille de Chine" entre sa propre carrière et celle de son épouse. L'avocat d'Eric Woerth, Me Jean-Yves Leborgne ne conteste pas le contenu de la déposition mais estime qu'elle ne montre rien de frauduleux et ne voit pas dans la déposition d'élément à charge. Selon lui, Patrice de Maistre cherchait de toutes façons à embaucher quelqu'un et avait contacté un "chasseur de têtes". "Les premiers contacts de Mme Woerth avec Patrice de Maistre l'ont été dans le cadre de son activité pour le compte de la banque pour laquelle elle travaillait alors", a-t-il ajouté. L'avocat assure que la présence de Florence Woerth dans les sociétés de gestion de la fortune de Mme Bettencourt n'ont entraîné aucune avantage pour ces sociétés.

Tout en restant trésorier de l'UMP, Eric Woerth est devenu en mai 2007 ministre du Budget. Quant à son épouse, elle a été embauchée chez Clymène fin 2007. Selon "Le Monde", la police a saisi chez Patrice de Maistre une note datée du 31 août 2007 avec cette mention "rémunération environ 200 000 euros (?) Je suis obligé d'en parler à LB vu le mari 120 000 euros." Dans sa déposition Patrice de Maistre a expliqué aux policiers qu'il s'agissait d'une note présentée au couple Bettencourt pour évoquer le recrutement de Mme Florence Woerth. "Cette démarche était due au fait que son mari était ministre, et que c'était donc sensible", a-t-il précisé. Dans des enregistrements clandestins réalisés par un employé, Patrice de Maistre évoque avec Liliane Bettencourt l'embauche de Florence Woerth, et dit : "quand je l'ai fait, son mari était ministre. Il m'a demandé de le faire. Je l'ai fait pour lui faire plaisir.".

 

 

latribune.fr

Sur le même sujet
Publicité
Vos réactions
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

> retour haut de page

  • Mogwai a écrit le 21/07/2010 à 10:36 :

    • Soyons un minimum réaliste. Toutes ces histoires sont les prémisses de la future campagne des présidentielles 2012. Que ce soit la gauche ou la droite le résultat sera exactement identique; il n'y en a pas un pour racheter l'autre.

  • et le juge indépendant ? a écrit le 21/07/2010 à 09:57 :

    • quel parodie

  • Désastralpoliticardise a écrit le 21/07/2010 à 09:39 :

    • Toute la bêtise politique est ici concentrée dans cette affaire, l'UMP s'enfonce dans la connerie, les socialistes en font autant, il nous reste à Voter NUL pour nos nullards politicrds de tous bords

  • legall a écrit le 21/07/2010 à 08:28 :

    • Justice à deux vitesses, mais doit-on encore s'étonner?

  • PP6412 a écrit le 21/07/2010 à 07:55 :

    • Qu'on les laisse en paix. Beaucoup commence a être saturé par ces histoire que la gauche entretient ,elle ferait mieux de préparer un programme pour l'électorat qui la soutient

  • xavier a écrit le 21/07/2010 à 05:34 :

    • Je déclare un non lieu.Pauvre mr woert c est vraiment pas ça faute....!j arréte de voté tous ..............

  • THE Question a écrit le 20/07/2010 à 22:54 :

    • Quel age avez vous ? : ... OK Vous êtes honnête ... Affaire terminée. Heuu Toujours pas de Juge d'instruction ?

  • Instruction a écrit le 20/07/2010 à 20:05 :

    • Toujours pas de juge d'instruction... L'enquête préliminaire par le procureur Courroye, que Sarkozy a tenté de faire passer pour un "juge" indépendant, permettra de conclure à un non lieu, comme pour la plainte de Françoise Bettencourt. C'est un peu come le rapport du directeur de l'IGF. Circulez, y a rien à voir.

> Retour haut de page

L'actualité en images
Conférences et événements
Partenariats
Sponso

Pied de page :