La Tribune

Revivez l'université d'été du Medef minute par minute

Elisa Perrigueur, Sylvain Rolland et Cindy Salhi  |   -  4501  mots
L'Université d'été du Medef s'est achevée ce vendredi midi. Pendant trois jours, chefs d'entreprises, politiques, dirigeants de grandes organisations institutionnelles et personnalités de la société civile ont débattu, à Jouy-en-Josas sur "l'étrangeté du monde, mode d'emploi", la thématique choisie cette année. Latribune.fr vous propose de revivre cet événement, y compris depuis les coulisses, avec nos trois envoyés spéciaux.

Mercredi 1er septembre

12h45 à Jouy-en-Josas, Yvelines: Des hommes en costume et des femmes en tailleur descendent du bus bondé qui a fait la navette depuis le siège du Medef, à Paris. A l'accueil, un haut-parleur diffuse le tube "Je ne veux pas travailler", apologie de la paresse signé Pink Martini. Ciel bleu azur, chaleur estivale: les cravates se desserrent, l'ambiance est décontractée. Une heure avant la conférence de lancement des Universités d'été 2010 par Laurence Parisot, le campus de HEC Paris, qui accueille l'évènement, est déjà bondé. La cafétéria est prise d'assaut. "Laurence Parisot fait beaucoup de bien à l'image du patronat en France, j'attends son discours avec impatience", s'enthousiasme une adhérente, tout sourire.

13H21: Laurence Parisot, la patronne du Medef est au micro de BFM Radio, sur les retraites, "Si nous continuons sur cette lancée, en 2015, nous serons à 100% de ratio de dette sur le PIB endettés jusqu'au cou."

13H31: En attendant le début de la conférence, les personnes flânent entre les stands. Selon Arnaud Delaunay, responsable de l'information sociétale au Medef, 4.000 personnes sont attendues sur les trois jours, 175 intervenants prendront la parole. Cette année, le thème de l'Université d'été du Medef est l'étrangeté du monde de l'emploi. "L'idée c'est que nous sortons d'une crise un peu étrange, on croit le connaître mais il évolue, le but est de trouver les clés pour le comprendre et nous adapter, nous avons trois jours!", sourit Arnaud.

14h40: John Chambers, président du Cisco, répond à Laurence Parisot qui l'interroge sur la sortie de la crise, en direct de San José, Californie. "Je suis globalement optimiste pour la reprise mondiale car de nouveaux emplois vont être créés grâce à l'essor des nouvelles technologies et des réseaux sociaux. Les cercles financiers et les gouvernements doivent travailler étroitement ensemble pour vaincre la crise, aux Etats-Unis et partout dans le monde."

15h00: "Je ne vais pas vous demander votre taux de croissance, car nous allons avoir un coup de blues ici". Laurence Parisot, à son interlocuteur chinois.

15h02: Pour Yan Wang, le président du 3è opérateur de téléphonie mobile en Chine, la Chine n'est pas encore passée de puissance émergente à puissance émergée. "Des déséquilibres dans la croissance montrent qu'une réforme du développement chinois est nécessaire. La Chine a des besoins énormes dans les infrastructures, le logement et les énergies."

15h20: Laurence Parisot conclut la première séance plénière de l'Université d'Eté du Medef en disant qu'il y a plus de signaux de confiance que de raison de s'inquiéter, même prendre ces signaux avec précaution.

15h53: Début de la table ronde ayant pour thème "Tectonique de la crise: les nouveaux centres de gravité économique". Dominique de Montvalon, Rédacteur en chef du service politique de France Soir, et maître de cérémonie, oublie de présenter Hubert Védrine. L'ancien Ministre des affaires étrangères déclarait par ailleurs ce matin au micro d'Edwige Chevrillon sous la tente de BFM Radio qu'il "faudrait un million de personnes pendant 30 ans pour moderniser l'Afghanistan". Il a aussi comparé le nouvel ordre mondial à "une réunion de 192 copropriétaires qui ne prendrait jamais fin".

16h15: La culture, voie d'avenir pour les entrepreneurs ambitieux? En ces temps de crise, le Medef cherche de nouveaux horizons pour les entrepreneurs français, notamment en Orient. La culture est-elle l'une des clés de l'intégration des entreprises françaises sur le marché asiatique ? Pour l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans un marché ultra-compétitif, la France doit abattre la carte culturelle. "Les Chinois disent que la France est un pays romantique, un pays de culture. Cette civilisation de 5000 ans, qui a conscience de son importance, respecte et admire la civilisation française". De ses visites en Asie, Jean-Pierre Raffarin a tiré une certitude: la culture est un "média" pour les entreprises françaises. "Tout se conquiert. Il serait faux de dire que les Chinois nous attendent. Nous devons nous imposer avec nos armes." D'autant plus que dans un monde globalisé, l'influence culturelle est également un des critères de la puissance économique. Les Chinois l'ont bien compris. "A mesure que les performances économiques chinoises progressent, les normes culturelles de la Chine nous pénètrent peu à peu, doucement mais sûrement", analyse l'ex-Premier ministre. Le classement de Shanghaï, les festivals de plus en plus nombreux autour de la Chine en sont, selon lui, des exemples. "La France doit utiliser son potentiel culturel."

16h40: Jean-Pierre Raffarin, superstar du jour ? L'ancien Premier ministre, très éloquent, se distingue par des traits d'humour qui enchantent l'auditoire. Exemple: "On me demande souvent que penser des Chinois. C'est une question difficile, je ne les connais pas tous." Son intervention, dans le cadre du colloque sur l'Orient, s'est terminée par des applaudissements enthousiastes de la salle.

17h15: C'est à Hubert Védrine, oublié en début de table ronde sur les nouveaux centre de gravité économiques mondiaux, que revient la tâche de conclure la conférence. Et c'est sur un ton pour le moins sentencieux qu'il répond à la question posée par le Medef sur l'étrangeté du monde: "Nous avons déjà perdu beaucoup de temps dans notre compréhension du monde après la chute de l'URSS, qui a conduit les Américains à un triomphalisme absurde. Pour la première fois depuis quatre ou cinq siècles, nous n'avons plus le monopole du pouvoir. Elle est là l'étrangeté. Que l'Europe ne soit pas l'idiot du village global".

17h30: Ümit Boyner, la présidente du Medef turque, a déclaré en marge de la table ronde "Tectonique de la crise", que le référendum turque relatif aux amendements constitutionnels qui permettraient de traduire des officiers militaires devant la justice turque "n'est pas une régression". "Nous avons besoin d'une nouvelle constitution qui octroierait au citoyen une place centrale", a-t-elle ajouté.

17h32: Jean-Pierre Raffarin, sur la réforme des retraites: "Le talent politique, c'est d'être capable d'entraîner tout le monde derrière soi. Cela demande un certain talent, et certaines circonstances, qui ne sont pas toujours réunies. Aujourd'hui, le Président est fondamentalement déterminé sur la réforme des retraites. Mais certains veulent opposer la rue au gouvernement. Il va falloir tenir."

17h33: Aux questions d'entrepreneurs angoissés, Jean-Pierre Raffarin se prononce pour la création par la Caisse des dépôts d'un fonds d'intervention pour aider les entreprises à investir: "Je pense qu'il nous faut créer un fonds d'intervention et de financement des projets pour soutenir l'investissement des entreprises françaises. Je crois également qu'il serait bien, même en période de rigueur, d'avoir un ministre du commerce extérieur à temps plein."

18h15: Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, est applaudie alors que pour débuter la table ronde ayant pour thème "La Chine a-t-elle déjà gagné?", elle commence par rappeler, pragmatique, que "le nombre de touristes chinois a augmenté de 100% en France" cet été...

Jeudi 2 septembre

9h12: Loin de l'effervescence du premier jour, la table ronde intitulée "Monde à l'endroit, monde à l'envers, actualité de la chienlit" vient de débuter dans le calme. Sur cette thématique sociale, Jean-Paul Delevoye, Médiateur de la République, s'exprime le premier en affirmant que "la France vit un petit bonheur individuel et un grand malheur collectif. On ne pourra pas rester dans une société qui remplit les porte-feuilles et qui vide les coeurs" ajoute-t-il.

9h23 : Thierry Saussez, délégué interministériel à la Communication et directeur du service d'information du gouvernement prend la parole lors de la conférence intitulée "Quand l'écran brouille les images" : "Au bout d'un certain temps, j'ai compris qu'il fallait être très équilibré pour ne pas se suicider après un journal télévisé! Nous vivons dans une société où les Français sont très bien informés, voire surinformés...Mais jamais les gens n'ont jamais eu autant besoin d'autant d'exprimer, de communiquer" s'exclame-t-il.

9h32 : Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, invitée de la conférence "Quand l'écran brouille les images" : "Pourquoi les alcooliques auraient le droit d'être anonymes et pas les internautes sur Internet ? L'anonymat permettrait d'éviter un certain nombre de dérives et de risques. Je suis pour."

9h41. Pour cette deuxième journée des Universités d'été, le temps est, comme la veille, au beau fixe. La panoplie d'invités qui se succèderont aux conférences, tables rondes et débats du jour est impressionnante. Parmi les plus prestigieux : Pascal Lamy, directeur général de l'OMC, Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, ou Juan Somavia, directeur général de l'OIT. Des personnalités politiques sont également à l'honneur : Alain Juppé, ancien Premier ministre et maire de Bordeaux, Michel Rocard, ex-Premier ministre socialiste, ou encore Jean-François Copé, le patron de l'UMP à l'Assemblée nationale. Autres grands noms présents aujourd'hui : le philosophe Raphaël Enthoven, le PDG de la Société Générale Frédéric Oudéa, Xavier Couture (Orange), Stéphane Truchi (Ifop), ou Patrick Poivre D'Arvor. Du beau monde.

10h58. En direct des allées de l'Université d'été. Nathalie Kosciusko-Morizet, la diva du jour. Entourée par son équipe, la secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement numérique provoque des bouchons lorsqu'elle traverse les allées du campus HEC pour se rendre à la grande conférence sur les nouvelles relations internationales. "Oooooh, c'est NKM !!", s'esclaffe une femme dans la foule. Les appareils photo crépitent, les passants s'arrêtent pour regarder passer l'icône du gouvernement, qui s'arrête devant les stands et serre des mains.

11h18. La conférence intitulée "Les nouvelles relations internationales" débute. Le plateau est le plus prestigieux depuis le début des Universités d'été. Animée par Laurence Parisot (qui, aujourd'hui, a délaissé la couleur-symbole du Medef, le violet, pour le marron), trois des plus importantes figures de la finance internationale débattent, en français, sur la sortie de la crise : Pascal Lamy, directeur de l'OMC, Juan Somavia, son homologue de l'OIT (Organisation internationale du Travail), et Angel Gurria, de l'OCDE.

11h38. Juan Somavia, le directeur général de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), donne ses pistes pour sortir de la crise : "Il faut penser global, c'est la seule solution" "On ne va pas sortir de la crise en reproduisant les actions qui ont mené à la crise. Il faut de nouvelles idées, remettre l'emploi au coeur des choses, comme l'a fait l'OIT avec le Pacte international pour l'emploi, signé l'an dernier.Il faut également un système financier au service de l'économie, et non l'inverse." Juan Somovia insiste également sur la nécessité d'une protection sociale universelle, notamment dans les pays en développement : "Il faut un socle universel de protection sociale, pour protéger le travail lui-même".

12h28. "Je suis très honorée d'être la seule femme parmi ce groupe d'hommes. Mais j'espère tout de même que dans quelques années nous serons une majorité parmi les chefs des grandes entreprises" Imoni Akpofure, déléguée générale en Europe de l'IFC Groupe Banque Mondiale.

12h41: Nathalie Nathalie Kosciuscot Morizet, sur les évolutions d'Internet: "Avec le net,il y a un risque vis-à-vis de certains pays, comme la Chine par exemple: du jour au lendemain, le pays peut transformer son Internet en Intranet et se couper du reste, c'est un nouveau combat à venir qui est devant nous".

13h35: Pascal Lamy, Président de l'OMC: "Si le sommet de Copenhague a été si catastrophique, c'est une question de valeurs qui sont derrière les pays: les Europeens, les Americains...n'ont pas les mêmes valeurs (...) on ne passe pas assez de temps sur les systèmes de valeurs, or il n'y a pas de système de gouvernance sans un système de valeurs."

13h41: Angel Gurria : "On a sauvé nos systèmes financiers, il faut finir. On est sortis de la récession, il faut finir. Maintenant il faut faire face aux déficits, à la dette. Comment le faire sans argent ? Il faut penser structures: éducation, retraite,sécurité sociale innovation, croissance verte... C'est ça qui peut permettre d'avoir une croissance. En 2011, le G20 est dirigé par la France. Elle a la possibilité de relancer, de rediriger mais pas de réinventer. Il faut que le G20 soit ambitieux et couronné de succès, comme l'a dit Nicolas Sarkozy."

13h52: "Je me fous de la publicité, je suis déjà leader mondial!" Pierre Bellon, Président de Sodexo, lors de la table ronde sur "L'émergence de nouvelles autorités."

14h32: pause déjeuner. Les participants se ruent sur les paniers repas distribués par le Medef. En dessert, des glaces d'une marque prestigieuse sont offertes aux plus rapides, qui les dégustent en mode farniente sur les pelouses.

15H46: L'amphithéâtre Tocqueville est bondé. Sur les marches ou serrés contre les murs, les gens tentent de se faire une place. La promiscuité est à son comble, réalité que souligne la plainte d'une observatrice "Ce débat est passionnant mais la chaleur est insupportable". Pour cause, le thème "Et nous et nous et nous" attire. Et surtout cette question qui revient souvent avec la montée de l'individualisme à laquelle on assiste: où va la société d'aujourd'hui? Florence Hosteau, docteur en théologie tranche: "Notre lien (social) est malade, la société est malade il y a beaucoup trop de peur, de l'autre, de l'étranger".

Alain Touraine, sociologue, est plus pessimiste encore. "La société, c'est fini, une météorite gigantesque a tout détruit et cette météorite, c'est l'économie globalisée. On a assisté à un éclatement de la société ces vingt dernières années. Le danger aujourd'hui est alors le repli entre communautés. Ca m'ennuie d'avoir à l'avouer car je suis sociologue, mais il n'y a plus de société". Les rires du public concluent cette boutade.

Riposte de Marc-Philippe Daubresse, ministre de la Jeunesse et des solidarités actives: "Je ne dirai pas ça, nous avons la nécessité de construire une société dans un nouveau décor. Il faut créer un baromètre pour les jeunes, car les jeunes ont des valeurs nouvelles auxquelles on ne pense pas comme le respect." Surenchère de Maria Nowak, Présidente de l'ADIE (association pour le droit à l'initiative économique): "Nous sommes une société de vieux au bénéfice des vieux. On veut aider la jeunesse ? Mais on est incapables de leur donner un emploi -rire nerveux de l'amphithéâtre- on leur laisse une dette énorme".

Question anodine de Claude aux intervenants: "Depuis le début nous parlons de valeurs, fraternité, égalité, liberté, mais nous n'avons pas entendu une seule fois le mot amour, alors je vous le demande: l'amour existe-t-il encore ?" -éclat de rire général - "Bonne question, nous allons la poser à l'Amiral", sourit François Lenglet, animateur des débats. Pas pris de court pour autant, le vice-amiral d'escadre Olivier Lajous conclura tout simplement par la positive.

16h59: Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, au milieu d'un débat de spécialistes sur les nanotechnologies. "Je n'ai pas tout compris à ce qu'ils ont raconté. Ce que j'ai compris, c'est qu'on est à l'aube d'une révolution technologique et sociétale. Je n'ai pas encore compris si notre action va dans le bon sens ou pas, mais je compte sur vous pour me le dire."

17h07: A la table ronde intitulée "Les best practice de la nature", on s'interroge sur les moyens de préserver la nature tout en utilisant l'écologie comme moyen de sortie de crise. Jean Therme, directeur de recherche au Centre d'études de Grenoble: "Je pense que le défi n°1 est le défi climatique. S'il y a une chose à faire dans la planète aujourd'hui, et ce n'est pas quelque chose qu'on entend souvent, c'est de développer le charbon propre. C'est-à-dire faire en sorte qu'on puisse utiliser le charbon sans mettre de CO2 dans l'atmosphère. C'est ce qui aurait dû sortir de Copenhague."

17h15: Eclats de rire et applaudissements dans la salle. Roselyne Bachelot, amatrice de bons mots, qualifie Jean Therme, directeur de recherche sur les nanotechnologies, de "seigneur des nanos". Le public s'esclaffe. La ministre met l'ambiance. Qui aurait cru qu'un débat sur les nanotechnologies, pourtant très rondement mené, puisse se révéler aussi drôle ?

17h26: Malgré la tenue de quatre conférences avec des invités prestigieux, le hall et les couloirs ne désemplissent pas. A l'espace café, c'est la cohue. Le stand de glaces gratuites vient de rouvrir. Une file d'attente déjà longue est formée. Un jeune entrepreneur fait la queue avec un collègue: "J'espère qu'il reste encore des pots au Macadamia Nut Brittle !" C'est l'été, il fait chaud, et aux Universités d'été du Medef, les participants sont comme tous les étudiants qui se respectent : ils ont aussi envie de se détendre.

Vendredi 3 septembre

8h32: Pour cette troisième et dernière journée des universités d'été du Medef, il règne ce matin une effervescence particulière. Eric Woerth, le Ministre du Travail, est attendu à 9h pour assister à la table ronde intitulée "De l'esprit d'entreprise pour soulever l'univers". Alors que les appels à sa démission se multiplient un peu partout, la question ici est sur toute les lèvres : "viendra-t-il?..."

8h51: Arrivée d'Eric Woerth. Le Ministre fend la foule de journalistes rassemblés devant l'entrée extérieure de l'amphithéâtre où va se tenir la conférence, sans faire le moindre commentaire.

9h11: Eric Woerth, installé à la table de conférence animée par Nicolas Doze de BFM Radio, déclare: " Je ne crois pas que ce soit la peine de répondre" à François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT, dont les propos ce matin suggérait sa démission. A quelques jours du débat à l'Assemblée nationale relatif au plan de réforme des retraites, le Ministre du travail s'est dit par ailleurs "mobilisé à 120%", avant d'être applaudi chaleureusement par l'assemblée venue assister au débat.

9h30: Alors que la conférence retransmise en direct sur BFM Radio marque une pause, l'antenne, retransmise dans la salle, diffuse les titres du jour. Eric Woerth peut ainsi entendre ses propres déclarations faites quelques minutes plus tôt. La salle éclate de rire. Le Ministre lui, est hilare.

10h: Fin de l'intervention d'Eric Woerth, qui s'éclipse discrètement, sans faire plus de commentaires. D'autres intervenants s'installent pour poursuivre le débat portant sur l'esprit d'entreprise, dont Pascal Homsy, PDG d'Alcatel-Lucent France et Jean-Pierre Letartre, PDG d'Ernst&Young France.

10h17. La conférence "La France qui plaît", a accueilli une invité de marque, non annoncée dans le programme : Rama Yade. La secrétaire d'Etat aux Sports, qui caracole en tête des sondages sur la popularité des membres du gouvernement, s'éclipse avant la fin du débat. Elle remonte l'allée centrale de l'amphithéâtre, dévorée des yeux par le public.

10h24. Maxime Holder, PDG des Boulangeries Paul : "Dès lors qu'on mettra de côté une certaine arrogance et un individualisme forcené qui sévit en France, nous arriverons à créer un modèle d'entreprise française à l'étranger, car la France a des atouts et certaines entreprises font des envieux dans le monde."

10h28. Pierre-André de Chalendar, directeur général de Saint-Gobain : "Pour réussir à l'étranger, il faut que la France se plaise un peu plus à elle-même. Et là, il y a beaucoup à faire, notamment pour jouer collectif, par exemple pour qu'au niveau politique on soutienne les entreprises."

10h47: Dans les allées et couloirs de l'Université d'été du Medef, l'ambiance est différente, un peu plus tendue que les jours précédents. Une atmosphère de tension et d'excitation flotte dans l'air. La venue d'Eric Woerth, qui se trouve en pleine polémique, ainsi que le passage éclair de la charismatique Rama Yade ne sont pas étrangers à cette ambiance survoltée.

10H48 : Conférence sur le thème des "insolites réussites". Un peu le coin des artistes et des audacieux. L'ambiance est détendue dans l'auditoire face aux entrepreneurs, tous différents qui viennent raconter leur parcours. Du spécialiste du tag, au créateur du mur végétal à la fondatrice d'un rallye au Maroc...Les profils atypiques qui montrent que l'originalité est un secteur qui porte aussi.

10H50 : A l'issue de la conférence des insolites réussites, l'animateur, Nicolas Rossignol demande à chaque entrepreneur de donner leur conseil pour réussir. Les réponses sont simples, à méditer "être monomaniaque", pour l'excentrique Patrick Blanc, créateur du mur végétal, "savoir être très motivé et toujours se battre" pour Mireille Ballestrazi, Directrice adjointe de la police judiciaire ou encore "lutter contre le goût dominant" pour Alain-Dominique Galliizia, Spécialiste du tag et architecte.

11h13. Laurence Parisot a une méthode très patronale pour sermonner les retardataires à la conférence de clôture des Universités d'été : "S'il vous plaît, soyez audacieux, dépêchez-vous!"

11h15: Début de la séance plénière de clôture de ces trois jours d'université d'été du Medef, présidée par Laurence Parisot. La patronne des patrons ouvre la conférence ayant l'audace pour thématique, avec une citation de Goethe: "Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence le. L'audace a du génie, l'audace a du pouvoir, l'audace a de la magie" dit-elle, avant de faire le parallèle, près de deux siècles plus tard, avec le "Yes we can" de Barack Obama.

11h59: Le professeur Bernard Devauchelle, chef du service de chirurgie maxillo-facial du CHU d'Amiens qui a réalisé la première greffe de visage voici 5 ans, lance un appel à l'auditoire: "Nous allons continuer les transplantations, nous allons poursuivre la recherche sur la transplantation et je vous annonce que nous souhaitons créer un institut dévolu à la défiguration, pour lequel nous avons besoin de partenariats, celui-ci ne pouvant reposer uniquement sur des fonds publics", a fait savoir le professeur.

12h39. Alain Ducasse, Chef multi étoilé et dirigeant de l'empire du Groupe Alain Ducasse, empire d'hôtellerie-restauration : "La naissance de mon audace a commencé le jour où je fus le seul rescapé d'un accident d'avion, en août 1984. Je n'ai jamais accepté ma condition physique. C'est cette farouche envie de rester en vie qui a façonné mon audace et mon envie de réussir. J'étais sorti de la société et j'ai voulu y entrer à nouveau."

12h48: "On va faire du homard et des patates au Plaza Athénée!" Alain Ducasse, chef, en réponse à Laurence Parisot lui demandant quel est son mélange culinaire le plus audacieux.

12h55. Pour conclure les Universités d'été du Medef, Laurence Parisot interroge ses invités sur l'audace, essentielle pour réussir dans les affaires, surtout en temps de crise. Le chef multi-étoilé Alain Ducasse, le chirurgien Bernard Devauchelle et d'autres entrepreneurs racontent des anecdotes sur leur carrière et donnent au public, essentiellement composé de chefs d'entreprise, quelques recettes pour prospérer. La dernière conférence de la patronne des patrons veut conclure ces trois jours sur un ton résolument optimiste. Laurence Parisot espère que son message sera passé : patrons, fini le blues de la crise, place à l'audace !

13h02: L'Université d'été touche à sa fin, Laurence Parisot donne rendez-vous aux participants en 2011 pour "un événement encore plus audacieux"

Réactions:

"Agréablement surpris". Paul-Arthur Patarin, jeune participant est content : « c'est la première fois que je viens aux Universités et j'ai trouvé ça vraiment bien. Alors que le Medef traîne une réputation de casserole dans l'opinion publique j'ai été agréablement surpris parce que ce n'était pas justifié. Pour mes le thème était pas mal mais en réalité ce n'est pas ça l'important, c'est juste un thème fédérateur, mais la finalité mais ici c'est avant tout un lieu de rencontre et d'ajustement".

"Pas assez business". Pour cette dirigeante e-commerce qui vient régulièrement, "l'Université de 2010 était trop tournée vers l'extérieur, avec les débats trop larges sur l'étranger, ce qui fait qu'on perd la concentration de ce pourquoi on est venus, c'est-à-dire faire du business, on est là pour parler business et cette année, on a moins fait de rencontres moins distribué de cartes, pas trop serré de mains, c'était pas très satisfaisant".

"Un bon moyen de sensibilisation". Pour Marc Schillaci, président du Directoire d'Oxatis (entreprise d'e-commerce), "les Universités ont été satisfaisantes. Notre but à nous c'est d'engager un dialogue avec les décideurs pour promouvoir l'e-commerce, nous avons été plutôt contents sur ce point". Sa collègue ajoute que "Laurence Parisot est restée 7 minutes à notre stand, vu son emploi du temps sur les trois jours, c'est très positif!".

"Ultra positif pour les affaires". Benoît Paget fait partie des entrepreneurs qui ont profité de l'Université d'été du Medef pour tenir un stand et faire la publicité de leur entreprise. La sienne, Canibal" est spécialisée dans le recyclage. Il a profité de ces trois jours pour présenter son dernier bébé, le "Canibal", une machine qui recycle les emballages des boissons, notamment les canettes. "Ces trois jours ont été ultra positifs pour les affaires. Beaucoup de chefs d'entreprise se sont montrés intéressés par notre produit, quelques contrats sont en bonne voie. Nathalie Kosciusko-Morizet est très intéressée par notre machine pour sa commune de Longjumeau, Laurence Parisot également pour le siège du Medef. C'est très bon."

"De bons échanges entre collègues". Chantal Fouquart, employée du Medef Paris, est comblée. "C'est de mieux en mieux tous les ans. Les thèmes des débats étaient en général de grande qualité, notamment celui sur la lutte contre la faim. En tant qu'employée du Medef, j'ai vécu cette expérience comme un enrichissement. J'ai pu découvrir des collègues sous un angle nouveau grâce aux pique-nique notamment, on a discuté d'autre chose et partagé de bons échanges. J'ai aussi appris des choses grâce aux conférences. Je suis comblée." 

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