Bientôt un "guichet unique" pour l'orientation

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Dans le cadre du futur service public de l'orientation, jeunes et adultes seront informés dans les mêmes lieux.

Concours de circonstances, l'Onisep va célébrer ses 40 ans ce mercredi 8 décembre, date choisie par l'intersyndicale Orientation (CGT, Snes,-FSU, Sud Education...) pour protester contre la réforme en cours du dispositif d'orientation. En cause : l'examen en conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie (CNFPTLV) du projet de décret sur la labellisation des futurs "pôles orientation métiers". Ces pôles préfigurent le grand service public de l'orientation que doit configurer d'ici au printemps le nouveau le délégué à l'information et à l'orientation (DIO), Jean-Robert Pitte pour une mise en place prévue à la rentrée 2011.

Dans le cadre de la loi de novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie, il est prévu de regrouper les différents acteurs de l'orientation (Onisep, Centre-Inffo, CIDJ, missions locales... soit en tout 8.000 points d'accueil sur le territoire) afin de rendre plus efficiente l'information en matière d'insertion professionnelle, jusqu'alors relativement peu prise en compte par l'Education. Cela revient à informer sur un même lieu aussi bien les jeunes, scolarisés ou non, que les adultes.

Désengagement

Une révolution des dispositifs existants, qui suscite de nombreuses inquiétudes. Les 4.000 conseillers d'orientation de l'Education et les directeurs de CIO (centres d'information et d'orientation) craignent pour leur avenir. Pour certains syndicats, ce projet est un prétexte pour faire des économies et cristallisent le bras de fer entre Etat et département sur le sujet, relève Roland Hubert, co-secrétaire général du Snes-FSU.

De fait, certains CIO sont financés par les départements (mais les conseillers d'orientation restent dans ce cas agents de l'Etat). Ces derniers, de plus en plus mis à contribution et ne pouvant plus les financer, tendent à se désengager faute d'aide de la part de l'Etat. Plusieurs conseils généraux ont déjà fait des annonces en ce sens (Ille-et-Vilaine, Cher, Saône-et-Loire, Seine-Maritime, Bas-Rhin...), programmant la fermeture ou la fusion de plusieurs CIO.

Dans ces conditions, les conseillers d'orientation psychologues et les directeurs de CIO craignent de se voir réaffecter sur les nouvelles plates-formes dématérialisées de l'Onisep ou dans les futurs "pôles orientation métiers" pour s'occuper aussi bien de jeunes que d'adultes. "Cette démarche crée une confusion entre l'orientation scolaire et celle des adultes", estime Roland Hubert. Autre crainte, soulevée par Albert Ritzenthaler, du Sgen-CFDT, que ce dispositif ne favorise une approche "adéquationniste" qui se limite à faire coller l'orientation et les besoins immédiats de main d'oeuvre dans tel bassin d'emploi.

Le "livre 2" de l'Onisep

En attendant, l'Onisep intensifie sa mue. "Nous regardons désormais les 40 prochaines années", indique Pascal Charvet, le directeur de l'Office national. Doté désormais de 6 plates-formes interrégionales (Paris, Amiens, Bordeaux, Nantes, Grenoble, Martinique) et d'un nouveau site Internet, il va signer ce mercredi une convention avec le Cnam sur la formation continue, lancer un site pour promouvoir les métiers de demain dans les sciences et techniques et créer en janvier 2011 un observatoire pour identifier les attentes des jeunes en matière d'orientation.

"Notre ligne est d'être au plus près des acteurs de terrain. Les outils numériques n'ont de sens que s'ils s'apprécient dans un cadre local", précise Pascal Charvet. C'est ce qu'il appelle le "livre 2" de l'Onisep La création de pôles orientation métiers fait sens pour lui, dans la mesure où "il faut faire tomber les barrières : la formation initiale n'a de sens que si elle conduit à la formation professionnelle". Il compte tout de même travailler à un "pôle de formation initiale" au sein du futur ensemble.

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a écrit le 21/12/2010 à 13:52 :
Comme le dit si bien Mary, l'important est d'orienter une seule fois mais que cela corresponde aux souhaits de l'interlocuteur. Par exemple moi je n'avais aucune idée de mes poursuites d'études, j'avais qu'une seul chose en tête...le sport...la conseillère d'orientation que j'ai rencontré ma préconiser une école supérieure dans les métiers du sport, j'ai donc choisi l'ILEPS, j'ai eu qu'une seule orientation et c'était la bonne. Bon nombre de mes collègues on changé d'orientation car ils se sont aperçu par la suite que la formation qu'ils faisaient ne correspondait pas à leurs attentes. Aujourd'hui il est cruciale de bien s'orienter dès le départ afin d'avoir un maximum de cartes entre les mains.
a écrit le 07/12/2010 à 9:27 :
Pour reussir, les conseillés professionnel devrai avoir une experience professionnelle
acquise dans des entreprises privées pour exposer leur experience au plus jeune
Réponse de le 08/12/2010 à 12:53 :
Cette qualité me semble un peu courte pour ce genre de job. Hors les dispositifs juridiques et de formation qu'il convient de maîtriser, il faut de plus avoir des qualités psychologiques pour comprendre le besoin de l'interlocuteur, savoir quantifier ses acquis, savoirs, savoirs faire, compétences, motivations,...De plus il faut aussi être sensibiliser à des questions d'économie pour diriger l'intéressé vers des formations et métiers porteurs dans l'avenir. C'est un vrai job en somme mais payé par qui ? combien? pour réussir ce projet il faudrait y mettre le prix, nos politiques y sont ils disposés ?.....
Réponse de le 09/12/2010 à 12:16 :
Cette réforme est inadaptée. Comme vous le mentionnez, l'orientation entre un adolescent et un adulte est totalement différente, la maturité et l'expérience ont un poids énorme dans l'orientation. Les professionnels le savent bien. Il ne s'agit pas d'orienter à tout prix mais d'orienter juste et une seule fois ! Réunir les conseillers ne me semble pas très utile, il faut davantage les former, maintenir les connaissances à jour sur le marché de l'emploi et les métiers d'avenirs, mais aussi utiliser des outils ou tests aidant la personne a mieux se connaitre et réduire son incertitude et son indécision. Quand on sait que l'Etat veut supprimer les COP, on se demande comment des conseillers formés en 1 an peuvent bien être compétents, même avec leur meilleur volonté ! Même les psychologues du travail son peu aidés alors que dans le cursus, 3 ans sont consacrés à l'orientation ! Mais encore une fois est soulevée la question des budgets...

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