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Julia Cagé | 05/03/2011, 07:28 - 767 mots
Il y a des discours politiquement vendeurs, car touchant aux peurs les plus profondes des citoyens. Ces discours sont dangereux quand ils sont faux et font le choix de la facilité. Les discours répétés sur la désindustrialisation et le déclin de la France sont de ceux-là. Oui, la part de l'emploi industriel dans l'emploi total est en train de baisser. Oui, la France est en train de se désindustrialiser. Mais non, ce n'est pas grave. En fait, c'est tant mieux.
Ce qui est grave aujourd'hui, ce n'est pas le déclin de la production industrielle, mais le retard du pays en matière d'innovation. La France n'invente pas, refuse de se donner les moyens de le faire et s'obstine à rester spécialisée dans des secteurs anciens plutôt que de faire le choix de la haute technologie. C'est l'un des rares pays de l'OCDE dont la part de la R&D dans le PIB a reculé au cours des quinze dernières années.
On érige (un peu trop) souvent l'Allemagne en exemple. Mais si notre voisin se porte si bien quant à ses exportations, c'est en partie parce qu'il a délocalisé une part de sa production, tout en maintenant sur les sites nationaux les étapes à haute valeur ajoutée. La France doit avoir le courage de faire ce choix de l'« outsourcing », parce que c'est celui de la valeur ajoutée et de l'emploi.
Vous n'êtes pas convaincus ? Retournez votre iPhone : « Designed by Apple in California. Assembled in China ». Qui d'après vous est gagnant dans l'histoire ? La Chine qui produit ou les États-Unis qui créent ? Si l'assemblage d'un iPhone produisait plus de valeur pour le pays assembleur que sa conception pour le pays de création, alors il serait tout à fait légitime de défendre la survie d'une industrie forte qui puisse assembler tous les iPhones du monde. Mais ce n'est pas le cas. Dans un système mondialisé de l'innovation, celui qui capture la valeur, c'est celui qui innove, pas celui qui produit. Une étude américaine a montré que les États-Unis capturaient la plus grosse partie de la valeur ajoutée produite par l'iPod, la Chine une toute petite partie seulement. De même, la valeur ajoutée de la Chine dans les ordinateurs n'est que de 5 %. Il en va également ainsi de vos Nike préférées.
Dès lors, pourquoi ne pas faire clairement le choix de devenir une économie de conception, créatrice d'innovations, plutôt que de tenter en vain, du fait des différentiels de coûts salariaux, de rester le pays qui assemble ? Pourquoi regretter de ne plus être la Chine de l'Europe ? Pourquoi ne pas chercher plutôt à devenir la Silicon Valley alors même que la Chine, où a été mis en place en 2006 un plan de quinze ans destiné à transformer le pays en une société orientée vers l'innovation, aimerait avoir cette opportunité ? Les téléviseurs LCD, fabriqués en Chine, ont été inventés aux États-Unis. Le Kindle, produit à Taïwan, a été inventé dans la Silicon Valley.
Applaudir des deux mains la désindustrialisation - renoncer à la grandeur industrielle passée - nécessite de repenser en profondeur les priorités de l'économie et de se donner les moyens de devenir une économie de l'innovation. On nous répondra que l'industrie offrait une intégration aux ouvriers que le tertiaire n'offre pas, d'où le désarroi des jeunes non diplômés. Mais qu'y a-t-il d'intrinsèque à l'industrie qui fasse qu'elle seule puisse leur offrir des débouchés ? Ne nous y trompons pas, la plus grande part des activités de conception et d'innovation - créatrices d'emploi, et pas seulement pour les plus qualifiés - est comptabilisée dans les services, non dans l'industrie.
Certes, il n'est pas facile pour la gauche, longtemps associée au vote ouvrier, d'abandonner les rêves de grandeur industrielle. Pourtant, elle souffre ici de ses propres contradictions, n'arrivant pas à réconcilier un discours sur la difficulté des conditions de travail à l'usine avec la volonté assumée de réindustrialiser. Mais se lamenter face à la désindustrialisation, c'est donner à la droite un bâton pour se faire battre, qui aura vite fait d'argumenter - à tort - que la perte de 500.000 emplois industriels depuis 2000 est due aux 35 heures.
Dans la nouvelle division internationale du travail, ce ne sont plus des biens industriels que la France doit chercher à exporter, mais de l'éducation, de la santé (comme le souligne Philippe Askenazy dans son dernier livre) et des idées. Laboratoire, université, hôpital du monde. Inventer, éduquer, soigner. La France retrouvera ainsi un équilibre vertueux de sa balance commerciale et la croissance indispensable à un État providence à même de protéger les perdants de cette modernisation.
LDS a écrit le 11/03/2013 à 20:38 :
Vision étonnamment naïve. Premier écueil, imaginer que la distorsion des coûts du travail n'impacte pas les activités d'innovation. Toute innovation produit ou service aboutie donne lieu à industrialisation et ipso facto à concurrence internationale du coût du travail, aujourd'hui déloyale. S'en protéger par des brevets ? chacun sait qu'en Asie, l'IP est inopérante. Seconde erreur, présenter la position du créateur comme celle du dominant. Les dernières négociations entre Foxconn et Apple montre combien cette relation est plus ambigüe, ou a tout le moins plus équilibrée que ne le présente J. Cage. Les exemples sont aujourd'hui nombreux de modèle Fabless en échecs. Enfin, imaginer que la population type de la France puisse vivre dans une économie uniquement orientée vers l'innovation est une lubie. Regardez le profil de la population professionnelle nationale (80% de col bleus) et la liste supposée des postes à pourvoir...impossibilité manifeste de casting... Le vrai problème ? La mise en concurrence globale et dérégulée des travailleurs dans le monde. Si ceci à pu avoir ses vertus, il semble aujourd'hui raisonnable de revenir à des Zones Économiques Homogènes (fiscalité et système social harmonisés) avant de laisser jouer pleinement les bienfaits de la concurrence.
Didier a écrit le 25/02/2013 à 12:26 :
"Laboratoire, université, hôpital du monde" !!! Comment tirer un excédent commercial de tout ça ? Les bas coûts en main-d'oeuvre favorisent aussi les cliniques et hospices délocalisés. Les laboratoires sans site de production associés auront du mal à fournir des prestations rémunératrices (ils découvriront de nouveaux bosons pour la gloire). Nos universités sont très médiocres et déficitaires... C'est par l'industrie que la France parvenait à financer ses importations : Airbus, Ariane, automobiles, Alstom... Tout ça est menacé ou en cours de germanisation...
descartes a écrit le 24/02/2013 à 09:37 :
Encore une fraiche émoulue sortant d'une école ou l'on enseigne tout et le contraire de tout et au final, les "diplômés" de ces écoles ont un sentiment de supériorité de réflexion incontestable, alors qu'ils ne disposent en fait que de tête bien pleine, mais en fait, ils ont une tête mal faite!. "bougre d'âne" m'aurait dit mon grand père, sachant que 80% de la recherche,de leurs résultat et de leur application provient directement ou indirectement de l'industrie ou des entreprises diverses, qui pourrait le contester sinon des gens qui n'ont aucune approche du monde productif?. A t-on déja vu une seule de ces personnes sortant de ces écoles, créer une entreprise et nous inonder de produits tous plus innovants les uns que les autre, sans accompagnement de l'outil de production industriel?. Ce qui manque aujourd'hui, ce n'est pas les moyens dont nous disposons pour mener à bien la recherche, car, cette dernière accompagne chaque jour le travail productif; non, ce qui fait défaut pour notre avenir et c'est de loin le souci numéro 1, c'est le démantèlement et le saccage de notre industrie de production, qui jour après jour nous emmène dans la paupérisation du peuple, faisant fi des nouvelles technologies et de découvertes indispensables pour notre civilisation. Le siècle qui vient de s'écouler aura vu plus de transformations, plus de découvertes, plus d'innovations que les 10 siècles précédents!. Si l'on persiste à démanteler notre tissus industriel, au delà des drames humains, des troubles sociaux et de récession économique brutale que cela engendrera inéluctablement, il est fort probable que notre pays s'enfoncera dans la tiers-mondisation.
alco a écrit le 23/02/2013 à 08:51 :
spéculation theorique et completement irréaliste. tous les (vrais) industriels vous le diront : il n'y a pas d'innovation sans le savoir faire , et pas de savoir faire sans maitriser la fabrication, donc l'industrie. Il ne suffit pas d'avoir des chercheurs aussi talentueux soient ils ! Donc proner la desindustrialisation c'est à terme donner le savoir faire aux chinois ( ce qui ce fait dejà en garnde partie) Qui fera donc l'innovation dans l'avenir : ceux qui fabriquent aujourd'hui ... c'est ce qui c'est passé avec le japon il y a quelques decennies; essayez de trouver un concepteur d'appareils photos en europe maintenant pour ne citer qu'un exemple. Les montres ont été sauvées de justesse parce qu'elles ont gardé une fabrication haut de gamme en europe, ce qui à permis de garder l'innovation. à partir des années 80 on à proné le concept "fabless" avec comme meneur de file le patron d'alcatel de l'epoque; on a le résultat sous les yeux.
Machiavelli a écrit le 23/02/2013 à 07:56 :
" faire clairement le choix de devenir une économie de conception, créatrice d'innovations " est plus facile à dire qu'à faire. C'est ce que l'on appelle ? avoir les yeux plus gros que le ventre - Les innovations viendront à l'avenir de pays qui disposent d'un marché intérieur de taille, la Chine, l'Inde, les États-Unis, le Japon, le Brésil, et pourquoi pas la Russie. Un pays comme le Portugal n'a guère de chances de développer une économie de conception, créatrice d'innovations, la France, l'Italie à peine un peu plus. Il ne sert à rien de mettre des bottes de sept lieues, cela ne fonctionne que dans les comptes de fées.
zoulle a écrit le 18/02/2013 à 22:48 :
pourquoi le japon et le plus grand investisseur dans les nouvelles technologies et un pays trés endettés????
BOF a écrit le 16/06/2012 à 23:20 :
Je suis lasse de lire des messages incompréhensibles, en raison du nombre de fautes d'orthographe et de grammaire qu'ils contiennent.
nonov a écrit le 26/05/2012 à 09:24 :
Je pense que cette article souffre d'un manque de vision a long terme... Le chinois n?étant a priori pas plus bête qu'un américain ou qu'un japonais, il commencera, comme l'histoire la montrer, par produire puis copier et enfin innover. Le donneur d'ordre en sous-traitant sa production dans un pays ou la main d??uvre est bon marché c'est crée un future rival qui aura tout les avantages...
artemis a écrit le 26/05/2012 à 08:14 :
Encore un article dogmatique et purement conceptuel. Les choses sont beaucoup plus complexes. Parlons de la naïveté française dans la protection de son économie et de son innovation, et du drame de croire qu'une économie sans industrie serait viable. Ce qui fait vivre un pays ce sont des emplois, y compris dans l'innovation et l'industrialisation. Cessons donc de les opposer pour se faire plaisir intellectuellement.
Kmeleon a écrit le 26/05/2012 à 05:06 :
J'avoue n'etre pas etre unmediocre economiste a plus raison un specialiste mais parceque toute science est d'abord fruit de la raison et doit necessairement s'accorder avec celle-ci j'ai mon opinion sur la question. De la sorte je m'emmene dire qu'il est plus que dangereux de speculer sur ces genre de proposition car elle un caractere sophiste, illusionniste et totalement deconnecte de la realite. Avancer l'idee que les Etats unis tire plus de profit dans les iphon et autres ordinateur frabriques en Chine que la Chine elle-meme est archi faux car ceux-ci ne sont pas idiot comme on pourait le penser ils profite bien d'un jeu dont ils ne sont pas les concepteurs et y gagnent en terme d'emploi et surtout de savoir faire. Ce jeux s'averera d'autant plus sincatastrophique pour les yankees qu'a la longue les chines-tock ayant deja le savoir vont de par le rouillage d'un mecanisme auto destructeur saboter la production des firmes americaines au travers de leur reseau de contrefaction et meme de copies originale, detruisant ainsi l'industrie americane. C'est dire que la meilleure option est celle adoptee par l'Allemagne en privilegiant les deux extremes car complementaires et indissociable parlant de R&D et production ( peut-etre que eux aussi en ont appris a leur propre depent car apres avoir brader la technologie des TGV aux Chinois ils n'ont recu le moindre contrat dans la construction des milliers de killometres de LGV que la Chine a par la suite construite.)
bobforrester a écrit le 25/05/2012 à 00:10 :
bonjour Ou cette dame est payée par les services de propagande Yankee ou elle est une diplômée stupide? Bien sûr que son constat est juste mais la conclusion d'une bêtise rare car ce qu'elle ne prend pas en compte ce sont les progrès de la Chine puisqu'elle affiche cet exemple, en matière de recherche, d'innovation et d'utilisation des transferts de technologie au profit d'une industrie de pointe !Au total cette opinion est simpliste parce qu'à courte vue ! Dans tous les domaines la France peut et doit accroître la productivité du travail et non abandonner des filières traditionnelles.
jaurès a écrit le 21/04/2012 à 14:19 :
Mme Cagé devrait sortir de ses équations et aller faire un peu de terrain en Chine !
anp a écrit le 20/04/2012 à 17:34 :
J'aime votre analyse. J'ai en revanche une petite question. Je suis d'accord sur le fait que le France doit mettre le point sur l'innovation, mais pour cela, il faut des chercheurs. Que faites vous de nos ouvriers, on les envoie tous en Chine?
paul a écrit le 17/04/2012 à 13:28 :
Julia Cagé n'enseigne ni à Harvard ni à l'Ecole d'Economie de Paris. Elle y étudie. Ce n'est pas pareil et c'est assez malhonnête de jouer sur les mots pour se faire passer pour ce que l'on n'est pas. Sinon, sur le contenu. Rien de nouveau. C'est seulement ce que l'on enseigne en licence d'économie, dit de façon délibérément provocante. Dommage...
TOETIP a répondu le 10/02/2013 à 17:29:
en même temps, il faudrait citer des sources comme par exemple (https://sites.google.com/site/juliacagehomepage/cv). De là j'en déduis que cette réaction consiste à dire qu'un doctorat = étudier (dans son acception commune, être assis sur un banc à écouter un prof déblatérer). C'est soit dans la méconnaissance, soit tout aussi malhonnête. Même en France, les doctorants font de l'enseignement (pas les cours magistraux en général, mais très souvent les TP et TD) et parfois de personne dernière année de master. D'ailleurs, à l'issue du doctorant, si la personne veut poursuivre dans la recherche publique, elle doit avoir assumer un certain nombre d'heure d'enseignement... De plus, pour ce qui est de la partie étude des doctorant, les rares heures de cours sont consacrés soit à des langues étrangères ou à des compétences annexes d'ouverture ou de valorisation de son cursus (ex : initiation à la création d'entreprise pour des doctorants en science). Enfin, le quotidien n'a plus rien à voir, car s'il y a bien un diplôme à la fin de 3 années, celles-ci ne sont pas le moment d'approfondissement dispensé par des enseignants, mais bien à de la recherche et l'évaluation porte sur la capacité à mener ce genre de projet (= essayer d'aller au bout d'une idée qui n'a pas été explorée comme par exemple, en informatique essayer de trouver une preuve de P=NP en informatique, quoi que c'est un peu vache comme thème de thèse étant donné la difficulté de ce problème..). Sinon, sur le reste, rien de folichon, rien qu'une rédaction délibérément provocante. Dommage...
anp a écrit le 26/12/2011 à 13:22 :
J'aime votre analyse. J'ai en revanche une petite question. Je suis d'accord sur le fait que le France doit mettre le point sur l'innovation, mais pour cela, il faut des chercheurs. Que faites vous de nos ouvriers, on les envoie tous en Chine?
un japonais a écrit le 02/11/2011 à 01:57 :
excellente analyse !
Daniel a écrit le 11/04/2011 à 12:12 :
Julia Cagé n'enseigne ni à Harvard ni à l'Ecole d'Economie de Paris. Elle y étudie. Ce n'est pas pareil et c'est assez malhonnête de jouer sur les mots pour se faire passer pour ce que l'on n'est pas. Sinon, sur le contenu. Rien de nouveau. C'est seulement ce que l'on enseigne en licence d'économie, dit de façon délibérément provocante. Dommage...
ippous a écrit le 25/03/2011 à 09:23 :
En effet; la dame a raison sur la valeur; Mais je surpris (en fait pas réellement) que peu de monde ait réagit sur le partage de cette dernière.... Pour reprendre l'exemple (qui pourrait être étendu à quasiment toutes les innovations): Combien y a t'il de designers, et de concepteurs qui se sont penchés sur l'Iphone; et combien y a t'il d'ouvriers qui ont mis la main à la pâte pour le produire.
merlay a écrit le 25/03/2011 à 06:30 :
Encore une belle demo au tableau noir. La réalité est plus difficile: Innover, inventer suppose déjà être un grand spécialiste du domaine dans un environnement adéquat. Pas facile quand on sort d'une fac d'histoire de l'art et que les entreprises de hautes technologies se font rares. Et je ne vous parle pas du lavage de cerveau préalable sur le neo-libéralisme.
bob72 a écrit le 24/03/2011 à 16:26 :
Je travaille chez un sous traitant dans l'automobile et je peux vous affirmer que les délocalisations ne sont q'un gain supplémentaire pour les actionnaire des multinationales qu'elles provoquent un manque de rentrée fiscales pour l'état .Et en plus nous sommes obligés de fournir notre technologie acquise depuis de longues années .L'allemagne bien qu'elle est touchée également par ce mouvement garde une industrie puissante source d'innovation ,d'emplois de salaires décents et d'une puissance industrielle et politique en progression et non en déclin comme la notre .Cependant il faut se battre et avoir les moyens techniques et financiers pour ce battre
artemis a répondu le 26/05/2012 à 08:05:
Pas de caricature. Sans le cout de fabrication chinois nous n'achèterions qu'une petite partie de ce qui peuple aujourd'hui ni-os maisons. Nos règles sociales sont trop contraignantes dans la compétition internationale. A l'inverse, ele est très dogmatique de cette France qui echoue tout le temps à ne pas comprendre qu'il faut cesser de vouloir blanc ou noir. Il nous faut favoriser l'innovation et l'indutrialisation
Thomas PETIT a écrit le 21/03/2011 à 22:37 :
Très bonne analyse. Il faut aller plus loin sur la question de la répartition qui est la vraie question dans une société à haute valeur ajoutée. L'industrie répartit mieux pour la société car la valeur est créée par plus d'emplois et donc il y a plus d'individus se partageant la valeur avec un salaire notamment. Quand la VA est concentrée, il y a les bénéficiaires de la VA et ceux qui n'ont rien. Julia CAGE a donc raison de dire que la désindustrialisation n'est pas un problème en soit mais le problème c'est ce que l'on fait des milliers de personnes qui vivaient de l'industrie et de ceux qui auraient pu y trouver un débouché, un gagne-pain.
Tonio Delavega a répondu le 23/03/2011 à 01:07:
"le problème c'est ce que l'on fait des milliers de personnes qui vivaient de l'industrie et de ceux qui auraient pu y trouver un débouché, un gagne-pain" => on les envoie en Chine ? non ... =>on en fait des assistés abonnés aux minima sociaux ? c'est ce que l'on fait ... et les mêmes que Madame Cagé vont dire que la France est trop endettée ...
lucio a écrit le 18/03/2011 à 09:41 :
L?article ne va pas au bout de son analyse. L?innovation est indissociable du goût du risque. Le problème de la France, c?est son aversion culturelle pour le risque (sa jeunesse est éduquée durant 20 ans par des fonctionnaires) : Etat Providence, fonctionnariat à vie, sécurité sociale, population sous médicaments gratuits au mieux inutiles, aides sociales, culture gauchiste égalitaire, etc?La France a besoin d?une révolution culturelle pour retrouver le goût du risque. La montée du FN (seul à re-proposer un référendum sur l?UE à une France qui a déjà voté non) montre qu?elle est prête.
Thomas PETIT a répondu le 21/03/2011 à 22:43:
L'aversion au risque est un réflexe humain comme l'a démontré Maurice ALLAIS. Ce n'est donc pas spécifique à la France. Par ailleurs, cette aversion au risque a permis de construire des centrales nucléaires bien plus sures qu'en Russie. C'est la négation du risque et la primauté du profit qui amène ces derniers temps à l'utilisation d'intérimaires pour des opérations de haute sécurité ou encore le non remplacement d'installations vétustes. Enfin, le FN propose la régression, le repli sur soi. Je ne suis pas sur que ce soit une avancée, un progrès, qui justifie de sortir de l'aversion au risque. Au contraire, nous pourrions faire le pari de l'unité, de la coopération avec nos amis européens avec tous les risques que cela comporte en terme de différences de points de vue et donc en choix qui ne sont pas forcément les nôtres à l'origine. Les pro-européens ne sont pas contre le risque mais ils ont le courage de la recherche du progrès international humain, ce qu'un parti populiste ne peut pas favoriser.
bobforrester a répondu le 25/05/2012 à 00:17:
bonjour Nos "amis" européens ? C'est une blague ! l'Angleterre est un satellite ( qui par l'entremise du réseau échelon nous espionne) des Yankees qui sont nos plus rudes concurrents en aéronautique civil et militaire! Les Allemands se font du gras sur le dos des pays à "euro faible" , les pays à faible salaire nous envoient des salariés acceptant tout à n'importe quel prix, etc!
Ecomaniaque a écrit le 17/03/2011 à 20:35 :
Je suis d'accord avec le fond de l'article qui reprend le thème bien connu de la spécialisation sectorielle pour ceux qui ont fait un peu d'économie. La plupart des attaques formulées dans les commentaires viennent d'une mauvaise interprétation des propos de Mme Cagé : - se spécialiser sur les secteurs à forte valeur ajoutée ne veut pas dire que l'économie ne crée pas d'emplois à faible qualification. La nature de ces emplois y serait très différente, et dans les services plutôt que dans l'industrie pour la plupart - l'exemple de l'iPhone est un bon exemple malgré ce que tout le monde semble dire ; il ne s'agit que d'un exemple d'entreprise et le taux de chômage américain, les déficits budgétaires et commerciaux n'ont qu'un lien ténu avec le succès de la Sillicon Valley (qui ne représente qu'une mince partie de l'économie américaine). L'auteur ne cite les Etats-Unis en exemple que pour évoquer le succès d'entreprises comme Apple. Le but de cet article n'est pas de pousser à la désindustrialisation, juste d'expliquer pourquoi les politiques se trompent d'objectif (pour changer) PS : à ceux qui pensent qu'un déficit commercial est une mauvaise chose en soi, relisez vos cours d'économie.
Tonio Delavega a répondu le 18/03/2011 à 00:56:
@ecomanaique: tu dis " à ceux qui pensent qu'un déficit commercial est une mauvaise chose en soi, relisez vos cours d'économie", expliques nous alors pourquoi cet indicateur "négatif" est relayé par tous les journaux économiques.
ludo31 a écrit le 17/03/2011 à 10:47 :
oui sur le manque d'innovation en france , suis d'accord !! par contre sur la thèse I-phone , je ne pense ps plutôt que c'est exact car même aux USA , ils connaissent un taux de chômage à 2 chiffres (10%) jamais les américains ont connu çà !! Pour moi , ce qui a causé ce système ainsi c'est la libéralisation ou la mondialisation brutale . Ainsi la France n'a pas sû s'adapter pareil pour des pays latins comme Italie et Espagne .
Pierre a écrit le 17/03/2011 à 08:39 :
Oui a l innovation, mais comment attirez les étudiants vers la recherche scientifique quand on voit le salaire des enseignants chercheurs dans notre pays
jj a écrit le 17/03/2011 à 06:24 :
la technologie pour les écrans plats, un type du cnrs a eu un nobel...
dgouté a écrit le 16/03/2011 à 20:21 :
Sur le peu de jeunes qui s'engagent de nos jours dans des études scientifiques, une bonne partie ne travaillera pas en France (en tant que parent, j'en sais qq chose), l'autre s'orientera vers des carrières de finance ou management plus lucratives; la conception en France, ne serait-ce que d'un iPod n'est pas pour demain. Deuxième remarque, pendant qu'on désindustrialise à tout và on fait venir des millions d'immigrés qui savent à peine parler le Français; Cherchez l'erreur.
bienvrai a répondu le 16/03/2011 à 22:32:
+1
poitevin a écrit le 15/03/2011 à 20:52 :
Inacceptable, une thèse sans fondement, avec une approche non seulement réductrice, mais fausse. Ma réponse : http://poitevineau.blogspot.com/2011/03/la-desindustrialisation-est-grave.html
drone a écrit le 14/03/2011 à 02:48 :
C'est quoi ce délire ?
LOULOU a écrit le 13/03/2011 à 23:33 :
en théorie ...imbattable la dame !! que proposez vous aux 5 ou 6 millions d'individus qui n'ont aucune qualifications ? Vous les envoyez faire un stage à polytechnique ou HEC?
Behhhoui a répondu le 15/03/2011 à 02:41:
.. beuhhh non en charters pour la Chine ... bon comme ça coute trop cher on s'arrêtera un peu avant ...
Chomepastropfort a répondu le 15/03/2011 à 19:31:
N'a-t-on pas déjà vu des sociétés françaises proposer une requalification avec expatriation avantageuse à leurs ouvriers vers la Roumanie par exemple avec un salaire roumain à la clef, plutôt que de les laisser sur la paille en France ?
Frenchy a écrit le 13/03/2011 à 21:56 :
Cette personne enfonce la bonne porte ... Le vrai sujet est que la France néglige tout ce qui ne s'appelle pas Airbus, Lafarge, Renault, Saint-Gobain, Alstom, France Telecom... Les industries du savoir, des prestations intellectuelles (Ex: conseil) sont sacrifiées sur l'autel des intérêts de nos fleurons industriels qui trustent (sans mauvais jeu de mots) tous les efforts gouvernementaux. Est-ce parce qu'ils sont dirigés par des réseaux refermés sur eux-mêmes (X, Centrale, HEC, ENA, ...) ? Les corporatismes à la française auront raison de notre leadership économique ...
Voyageur2011 a écrit le 13/03/2011 à 21:08 :
Julia Cagé fait preuve de tellement de prétention dans son article que je doute qu'elle prête attention aux nombreuses réactions au vitriole contre ses "théories" Comment ne peut on pas comprendre le perte de compétence lorsqu'un pays se désindustrialise et pire justement, de la perte en terme de capacité d'innovation. L? iphone est un exemple beaucoup trop particulier et prendre les Etats Unis comme un modèle est une blague quand on sait à quel point ils sont proches du gouffre. Le savoir faire que sont entrain d'acquérir les pays émergents est spectaculaire et touche tous les secteurs de l'économie. La valeur ajouté dont Madame la professeur d'économie va aux actionnaires ce qui est très différent de la totalité de la population. Avec tous les montages fiscaux, ces multinationales ne reversent que peu de cette valeur ajouté aux Etats. (ie: Irlande et autres merci d'etre venu dans l'UE) Nous dire qu'il faut se concentrer sur la valeur ajouté... et on fait quoi des millions de français sans formation et déjà au chomage ??? Ce qui ne savent que travailler sur des machines que l?on envoi en Asie .... on les reconverti et on les fait bosser dans une sillicone valley française?? Je n?arrive pas à croire que quelque un de ce niveau ne saisisse pas mieux la complexité des problèmes.
Gaston a écrit le 13/03/2011 à 11:38 :
Cette jeune femme est un pur produit de l'économie néoclassique en passe, visiblement, d'être starisée par ses professeurs (elle a fait sa thèse avec Daniel Cohen, archétypre de l'économie "mainstream") pour redorer le blason de ces économistes qui se sont trompés sur tout. Ce qu'elle dit sur l'iphone est complétement et je renvoie à l'étude faite par des chercheurs américains sur le sujet: l'iphone creuse le déficit commercial américain http://www3.grips.ac.jp/~pinc/data/10-21.pdf Que cette gamine reprenne son sang froid et cesse de prétendre nous donner des leçons!
D.I.T. a écrit le 13/03/2011 à 09:06 :
La désindustrialisation EST dangereuse parce que l'industrie EST structurante pour le reste de l'économie. Et les cerveaux finiront par se barrer AVEC les usines : dans les pays pays émergents comme le Brésil, les salaires des cadres ont parfois dépassé ceux européens. Et l'Inde n'est pas en reste en matière d'accumulation de "know how". Comment peut-on être encore si dogmatique et théorique pour croire à la grande division internationale du travail de manière si absolue et caricaturale ?
Bravo a répondu le 18/03/2011 à 23:20:
"Comment peut-on être encore si dogmatique et théorique pour croire à la grande division internationale du travail de manière si absolue et caricaturale ?" En étant dans la théorie et pas dans la vie.. hélas. Votre commentaire est plein de BON SENS, c'est ce qui manque totalement à cette jeune femme prétentieuse et dogmatique.
cantonnier a écrit le 13/03/2011 à 09:02 :
Quand toutes les escadrilles de super-experts et super-professeurs seront bien compris, tous les problèmes de l'humanité (et donc de la France et de l'Europe) seront résolus avec brio. Bravo ma p'tite dame et mes respects à votre chef d'escadrille.
Jifanès a écrit le 12/03/2011 à 23:29 :
On a rarement publié un tel condensé de stupidités dans La Tribune. Le but de l'économie est de servir l'Homme. Et celui-ci a besoin d'un travail pour vivre, même quand il est Européen. Julia Cagé semble croire que les Asiatiques ne sont capables que de produire mais pas de créer. Un préjugé qui lui permet de nous présenter en "vendeurs d'idées" n'ayant plus besoin d'usines. On va aussi vendre de "l'éducation" et de "la santé". Pour ma part, je n'achète pas son cours.
yvan a écrit le 11/03/2011 à 18:24 :
Quelle ENORME ERREUR. Veuillez revoir comment les innovations ont été majoritairement trouvées par observation du réel et non par des théoriciens enfermés dans leur tour d'ivoire. Pourquoi avez-vous raison de penser que les ingénieurs techniques en France sont une particularité à préserver...???? Soyons logique avant d'être commerciaux. Vous voulez ressembler aux Américains, et bien voyez où ils en sont.