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Quelque tournure que prendront les événements au Japon, des débats sur l'avenir du nucléaire auront lieu partout dans le monde et il serait singulier que cela ne concerne pas aussi la France. La raison en est simple : même si la probabilité de leur survenue est très faible, les dommages causés par une seule installation peuvent excéder, par leur intensité, leur étendue géographique et leur persistance - plusieurs générations -, presque toutes les autres activités humaines en temps de paix. A contrario, dans la mesure où 443 réacteurs sont en service dans le monde, décider l'arrêt partiel, comme en Allemagne, sous le coup de l'émotion, alors que l'industrie nucléaire a fait, dans toute son histoire, moins de victimes que l'automobile en un an rien qu'aux États-Unis, c'est agir dans la précipitation sans pour autant rassurer. Sur de tels sujets, un peu de sang-froid ne nuit pas.
Reste que ce débat va concentrer des difficultés symptomatiques de la situation de notre monde, auxquelles il est urgent de s'attaquer.
D'abord, comme sur maints sujets, raisonner à l'échelle strictement nationale n'a aucun sens : ce qui se passe chez le voisin compte autant que ce qui se passe chez vous. Ainsi un pays comme la Suisse qui renonce aux centrales... se trouve-t-il sous le vent des nôtres et donc aux premières loges en cas de problème. Et ce qui vaut dans le domaine du nucléaire vaut également en matière de réchauffement climatique, de finance, de fiscalité, de commerce, de ressources non remplaçables, de biodiversité... Bref, la question de l'organisation d'une véritable gouvernance mondiale devient hurlante. On en est hélas très éloigné, d'autant que s'articulent autour de ce sujet de multiples enjeux géostratégiques.
Deuxième écueil, le débat n'a de sens que si est également posée la question du mode de vie - le nôtre et surtout celui qu'adopteront les deux milliards d'êtres humains des pays émergents. Rappelons que le nucléaire ne contribue que marginalement à la "décarbonation" de l'énergie.
Dernière question, celle de l'objectivité. Laquelle, d'ailleurs ? Comme disait Herbert Marcuse, "l'un des aspects les plus fâcheux de la société industrielle avancée [c'est] le caractère rationnel de son irrationalité". Autrement dit, derrière les arguments scientifiques, il y a des partis pris et des inconnues, refoulés, minorés ou au contraire exagérés. Doit-on pour autant les ignorer ? Et saura-t-on s'écouter ? En France ce ne sera pas simple, si l'on en juge par le fiasco du débat national sur les nanotechnologies, avorté avant même d'avoir débuté du fait d'une poignée d'excités, ou celui organisé en 2005... sur le nucléaire !
Enfin, en qui avoir confiance ? L'influence des lobbys devra être sévèrement circonscrite - et Dieu sait si sur ce sujet ils sont, ici, puissants, d'EDF à Areva en passant par les géants de la construction, sans parler des corps des Mines et des Ponts. Or, sur ce plan, le scandale du Mediator et l'atterrante défaillance de l'Afssaps fournissent un contre-exemple terrifiant au cahier des charges s'appliquant à toute autorité chargée de surveiller une activité ayant un impact direct sur la vie humaine. Incompétence, légèreté, copinage, poids économique de l'industrie, aveuglement, inertie se mêlent dans cette affaire, comme hélas l'ont dépeint sans concession les professeurs Debré et Even, qui, triste coïncidence, évoquent le "séisme" du Mediator comme révélateur de ces dysfonctionnements gravissimes.
Espère-t-on, après cette affaire, pouvoir vendre au citoyen un avis d'expert, la décision d'une commission, sans procéder à une révision complète des modes de sélection et de consultation desdits experts ? A mon sens, la première mesure consistera à inviter à notre débat des compétences étrangères, et à partager, avec nos partenaires et la communauté scientifique mondiale, toutes les informations pertinentes.
lmo a écrit le 28/03/2011 à 01:21 :
Article plutot bien tourné, pertinent, meme si je n'aime pas voir colporter ce vieux mythe des "lobbies" nucleaire....comme si il s'agissait d'une eminence grive (quoi qu'on en dise, les gouvernement des différents pays ont aussi interet à ce que le monde reste "propre" de toute contamination radioactive) Mais d'apres moi, ce débat n'en est pas un. La vrais question est de savoir comment rendre la confiance du grand public dans les spécialistes, et je ne crois pas que le problème soit du coté des spécialistes. Oui, comme dans tout les domaines, de mauvais exemples existe, le cas du médiator par exemple, et certains spécialistes modifie un peu les réalités pour des histoires de sous...mais dans un monde comme le notre, une vérité, si elle a été détourné, ne reste jamais caché, et quand un sujet porte à débat, il y a toujours une série d'article/contre article émanant des spécialistes en question permettant d'avancer. Les risques de certains techniques sont parfois découverte tard, après plusieurs incidents, mais elles sont découverte....c'est pourquoi nous savons aujourd'hui que l'amiante est dangereux, tout comme le fait de donner des farines animales au Vaches.... A coté de ça, des sujets pourtant longtemps étudié, et sans aucun contre argument "réelle" sont toujours âprement discuté, comme la prétendue nocivité des ondes (dont on a toujours aucun élément tangible), tout ça pour donner corp au fantasme ambiant comme quoi, c'est néfaste... Alors pourquoi?? Pourquoi cette méfiance excessive qui donne ces situations de blocage comme dans le cas de la téléphonie, ou de débat sans intérêt, dans le cas de la nanotechnologie....? Ça ne vient surement pas des spécialistes, qui font leur boulot, et dont il se trouve toujours un pour aller vérifier si un confrère ne s'est pas tromper....ça vient simplement de l'humain moderne... L'homme, persuader comme il est de maîtriser tout les sujets, ne se donne la confiance qu'a lui même, malgré la pauvreté de ses connaissance. Va t on demander à la premiere personne dans la rue un conseil dans une opération du coeur?? Non. Moi en tout cas, je voudrais pas répondre à une tel question. Vais je conseiller mon boucher sur la découpe?? non. Et si il découpe pal, vais je dénoncer un "complot des boucher??" non plus.... Les métaphores paraissent un peu risible, mais il vise le vrai problème d'aujourd'hui. Parfois il faut absolument s'en remettre aux spécialiste. C'est un acte de foi, on sait que les spécialistes ne sont pas parfait, mais on leur remet notre "vie" entre leur main...quand on se fait opérer, quand on se fait "piloté" dans un avion. Alors oui, vu l'impact de ces métier, il faut des contrôle, il faut de la sécurité.... Mais l'avis du citoyen?? Surement pas!! Ou alors en modéré!! Il faut laisser couler... (Et quand je parle de non spécialiste, je parle aussi de 90% des organismes pseudo écolo, journaliste, politicien, animateur de télé, personnalité, etc....)
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Article plutot bien tourné, pertinent, meme si je n'aime pas voir colporter ce vieux mythe des "lobbies" nucleaire....comme si il s'agissait d'une eminence grive (quoi qu'on en dise, les gouvernement des différents pays ont aussi interet à ce que...
par lmo le 28/03/2011 à 01:21
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