La Tribune

La réforme des études de médecine au milieu du gué

(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Clarisse Jay  |   -  661  mots
L'heure est aux premiers bilans pour la "première année commune des études de santé". Dans son projet 2012, le PS propose de supprimer le concours de médecine et d'ouvrir les études aux professions paramédicales en exercice, pour remédier aux déserts médicaux.

En cette fin d'année universitaire, l'heure est aux premiers bilans pour la "première année commune des études de santé" (PCES) ou "L1 santé". Cette première année de licence commune aux études de médecine, pharmacie, dentaire et sages-femmes a été instaurée l'an passé par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse, pour remédier au couperet de la fin de la première année des études de médecine.

L'objectif est de faciliter les réorientations et donc d'aménager des voies de sorties aux 85 % d'étudiants (soit 42.500) qui échouent chaque année au concours de fin de première année de médecine et aux 70 % qui sont refoulés à l'issue de celle de pharmacie. Un véritable "gâchis humain",cause de "vocations brisées", avait convenu l'année dernière, Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Concrètement, à l'issue de leur 1ère année, les étudiants peuvent choisir le ou les concours qu'ils veulent passer. Les réorientations sont désormais possibles entre les quatre spécialités. Quant aux étudiants en échec dès la fin du premier semestre, ils peuvent théoriquement bénéficier de passerelles dans d'autres disciplines, scientifiques ou non. Ceux trop mal placés à l'issue du concours n'auront plus le droit de redoubler.

Premiers résultats mitigés

Mais dans les faits, les réorientations ont du mal à se mettre en place à quelques exceptions près (l'université de Toulouse 1 Capitole permet par exemple aux étudiants "reçus-collés" ayant 10/20 sur l'ensemble de l'année d'accéder en 2ème année de droit). Par ailleurs les passerelles prévues dans d'autres disciplines ne verront pour la plupart le jour qu'à la rentrée 2012. "Cela fait 15 ans que le système est à bout de souffle et la PACES n'a pour l'instant rien changé", constate Jean-Loup Salzmann, le président de l'université Paris 13 Nord qui qualifie cette réforme "d'usine à gaz".

"On reste sur un goût d'inachevé. Les étudiants sont encore trop nombreux et l'idée d'en faire rentrer en septembre pour les réorienter en décembre est curieux", commente Patrice Deteix, président de la Conférence des doyens de médecine, rappelant que plusieurs projets précédents prévoyaient d'aller plus loin encore dans le regroupement des disciplines de santé. Selon lui, une présélection à l'entrée de 1ère année permettrait de régler en partie le problème.

Lutter contre les déserts médicaux

Le parti socialiste, lui, explore des pistes radicalement opposées dans son projet 2012. Jugeant le concours contraire à l'égalité républicaine, il préconise purement et simplement la suppression du concours et du numerus clausus et une orientation progressive en cours de 1er cycle. Une sélection serait effectuée en fin de 2ème année sur dossier, les stages en milieu hospitalier rendus obligatoires et les voies d'accès ouvertes aux autres filières et à l'ensemble des personnels paramédicaux ayant dix ans d'expérience. Une architecture proche du système anglo-saxon où les étudiants entrent en Medical School après 4 ans de collège.

"Cela permettrait de rééquilibrer la pyramide des âges, de lutter contre les déserts médicaux et le manque de médecins généralistes", estime Jean-Loup Salzmann. Une infirmière serait a priori plus encline à faire de la médecine générale sur son territoire qu'à se lancer dans un long cursus de spécialiste. Le PS va soumettre ses propositions à la conférence des présidents d'universités avant que celle-ci ne présente ses propres préconisations avant la présidentielle de 2012. En attendant, le ministère de l'Enseignement supérieur et la Commission pédagogique nationale des études de santé vont de leur côté procéder à une enquête sur la mise en place de la PACES.

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Commentaires

Helle13  a écrit le 08/05/2013 à 16:55 :

Ayant fait cette année médecine et ayant échouer malgré mes plus grands efforts je trouve qu'il fait réformer cette année non seulement sur sa forme mais également sur le fond ou l'on apprend réellement N'IMPORTE QUOI qui n'a absolument rien a voir avec notre futur métier ou pas au bon moment (ce n'est qu'en fin de carrière qu'on devrait apprendre comment fonctionne le système de remboursement ou dite moi a quoi cela sert de connaître l'histoire du médicament depuis aristote et savoir qui sont les philosophes ce qu'ils ont dit et fait ?) pensez vous vraiment que savoir que galien a permis la mise en place d'excipient ou que Louis 9 a fait telle ou telle règle me permettra plus tard de pouvoir sauver la vie des gens ? Bien sur que non. Cette année est une pure torture mentale je ne suis pas la seule a avoir passé des heures a pleurer sur mes cours tellement que je n'en pouvais plus. Il faudrait réussir a instaurer une sélection non pas en détruisant la vie sociale et morale des étudiants pour leur inculquer des informations peu nécessaire pour leur futur métier en n'en sélectionnant même pas 10% (a marseille seulement 315 en médecine sur 3700 environs) mais en les formant réellement a leur futur métier en leur permettant des passerelles qui ne débouchent pas sur fac de droit qui n'a rien a voir avec la médecine mais sur le paramédical ou d'autres métier en rapport avec notre passion commune (pour ceux qui sont passionnés). Tout ceux qui font médecine avec moi pensent que cette année ne rime a rien c'est vraiment un bourrage de crâne horrible et seul les surdoués réussissent. Je suis d'accord qu'on s'apprête a avoir la vie des gens entre les mains mais imaginez 5seconde le 316e qui rate son année a 1 petite place car il avait oublier que la pharmacopée européenne a été mise en place en 1868 et pas en 1848 comme il l'avait coché le jour de l'examen.

clem  a écrit le 05/11/2012 à 23:30 :

donc pas de limite d'inscription et une selection finale des étudiants qui pourront faire médecine après 2 ans d'études ??
- que fait on des nombreuses personnes qui ne seront pas sélectionnées ( qui auront perdues 2 ans comme actuellement)
- quels seront les critères de sélection ?? (le principe d'un concour est de rendre ces critères égaux pour tous, la sélection, par des jury par exemple laisserait la place à l'inegalité)
- des postes ouverts apèrs 10 ans d'expérience ?? l'infirmière de 21 ans se lance donc dans des études de...9-14 ans. cela forme des médecins qui seront donc plus vieux et travaillerons moins longtemps (mais le prix de leurs formation coûtera la même chose à la société).
- la quantité des connaissances à acquérir ne changera pas, et le concour sert aussi à sélectionner des personnes capables d'apprendre correctement, il juge moins sur les connaissances que sur les capacités d'apprentissage.

Justin  a écrit le 04/11/2012 à 14:03 :

Supprimons le numerus clausus, c'est un pur gâchis humain.

Je ne suis qu'un lycéen en terminale, et je rêve de faire médecin depuis ma tendre enfance.

Quand je demande à certains camarades de classes et qu'ils répondent qu'ils veulent faire médecine uniquement pour l'argents ça me désole.
Placer un numerus clausus, et que des gens motiver par l'argent passent aux détriments de gens qui veulent exercer ce métier par passion n'est-ce pas déplorable ?

JJ  a écrit le 10/03/2012 à 11:49 :

N'importequoi!!! Je trouve ça horrible.

albert  a écrit le 30/10/2011 à 16:23 :

Le système proposé par le PS est plutôt bon. Ce n'est pas parce que certain on raté un numérus clausus de quelques points qu'ils ne pourraient pas réussir leur études. Après tout notre président n'a pas réussi science po et pourtant il est assez doué contrairement à d'autres hommes politiques l'ayant réussi (Et je dis ceci sans touche d'ironie).
D'autant plus que cela augmentera le nombre de médecin, réduira significativement leur salaire (dû à l'effet de forte densité) et permettra d'attirer dans la filière que des personnes intéressé par vraiment l'acte médical et non pas l'argent.
Donc le projet du PS est pour moi une bonne chose.

Philippe  a répondu le 29/11/2011 à 21:01:

Complètement d'accord avec vous ! (sauf pour Sarko lol)

Nématode  a écrit le 03/07/2011 à 12:55 :

SELECTION, un point c'est tout ! Augmenter le numérus à la rigueur mais le supprimer ridicule ... Le plus beau métier du monde vaut bien le sacrifice d'une ou deux années hors de question de le laisser à qui le veut. Il faut le mériter.

Un étudiant en 3ème année de médecine  a écrit le 29/06/2011 à 18:36 :

Le système proposé est encore plus mauvais que celui en place. De toute façon, il faut reconnaître qu'il n'y aura jamais de bon système, seulement un moins mauvais, et celui actuellement en place s'en approche sûrement!

EtienneMu33  a écrit le 21/06/2011 à 15:57 :

C'est comme ça qu'on obtient une sélection perverse, ou dans une promo de 600 personnes comme cette année à ma fac d'éco, seul une centaine a validé l'ensemble de ses semestres sans aller aux rattrapages, avec une sélection qui se poursuit jusqu'en master 2 où on rentre sur dossier. On peut donc se retrouver après 4 ans d'études (sacrifices?) et se voir fermer des portes (le bec dans l'eau?)

Ensuite le système proposé par le PS, est encore plus inégalitaire que le système actuel, car on prendrait en compte les notes de contrôle continue qui sont tout sauf égalitaires.

RUBIS  a répondu le 21/06/2011 à 20:23:

Exact le systeme du PS est ecore plus mauvais -

RUBIS  a répondu le 21/06/2011 à 20:25:

IL est normal de faire de longues etudes pour etre un excellent medecin , c'est logique -

Nimporte quoi  a écrit le 21/06/2011 à 15:38 :

Si on veut plus de medecin la solution est, et a toujours été, d'augmenter le numerus clausus, pas d'abaisser le niveau

Pragmatique  a répondu le 22/06/2011 à 13:45:

Oui et non le Numerus clausus à aussi ses effets pervers :

Exemple concret mon cas, j ai eu la vocation très tôt des 4 ans, j ai tout fait pour bac S option math avec mention, inscription en fac, travail acharne. Résultat du PCEM 1 première fois éliminé a 5 places avec plus de 14 de moyenne générale (plus de 800 inscrit pour 82 place), 2eme tentative guère mieux toujours plus de 14 de moyenne et élimine a 4 places?.Et la pas de recours c?est la réorientation et la porte. Plus de 10 ans après on s en souvient encore?..

Alors bien sur qu?il faut viser l excellence mais la notre système est pervers, je n?étais pas le seul dans ce cas, les 50 ou 100 suivant avaient plus de 12 de moyenne? sachant qu?à l époque on faisait aussi bien de la chimie, biologie, biologie moléculaire que de la physique nucléaire (Calcul de dispersion atomique et compagnie?)

Sachant dans le même temps que les places se jouaient bien souvent au centième de point, on arrive à un système qui élimine des gens qui ont le niveau et la vocation?.Alors peut être qu?un système mixte ou obtenir 12 ou 13 de moyenne permet de continuer et un minimum de 10 ou 11 pour redoubler?

Wam (DCEM 3)  a répondu le 30/06/2011 à 16:31:

mais je vois pas le rapport...
bref : si on augmente le NC, on fait rentrer ceux qui ont des moins bonnes notes donc ça s'appelle abaisser le niveau.. (et dsl pour toi mais c'est la dure loi d'un concours)
En revanche, je suis pour la mise en place d'un oral (un peu comme au concours d'ninfirmière) qui trie les vocations et les autres.
D'autre part, on peut lutter contre la désertification médicale en instaurant des quotas d'implantation (comme les pharmacies en fait !!) qui dicte le nombre de médecins pouvant s'installer selon la population mais allez donc imposer ça au corps médical !

Anonymous2345  a écrit le 21/06/2011 à 15:33 :

Le PS a totalement raison! La France compte parmi ses médecins l'élite mondiale, alors ruinons le système pour se retrouver en bas de l'échelle!

Philippe  a répondu le 29/11/2011 à 21:02:

La moitié des médecins en Picardie ne sont pas d'origine française... merci le numerus clausus comme on dit !

Fiasco  a écrit le 21/06/2011 à 8:58 :

On est dans la droite ligne de l'abaissement des niveaux. L'orthographe est difficile, on n'en tient pas compte. Le bac ? Vous connaissez le résultat. On ne tient plus compte que des bac avec mention très bien. Mais on atteint l'objectif contenter les parents et donc les électeurs.