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C’est une lettre type adressée en juin dernier aux directeurs des unités de recherche du CNRS qui a remis le feu aux poudres. Dans leur courrier, les directeurs d’instituts (ex-départements) de l’organisme public de recherche indiquent que "pour mieux traduire sa stratégie scientifique et ses priorités de recrutement des chercheurs, le CNRS va procéder très en amont des concours, à un affichage large des thématiques qu’il souhaite renforcer ces prochaines années dans les laboratoires". Pour les trois années à venir, chaque directeur de laboratoire doit indiquer ses priorités de recrutement pour un nombre égal à environ 10% des effectifs de chercheurs de son unité. L’objectif est, outre une candidature mieux bâtie de la part des postulants, de permettre au CNRS "de poursuivre sa politique d’excellence des recrutements en l’articulant au mieux à ses priorités scientifiques et stratégiques en phase avec sa politique de site et aux priorités affichées par les laboratoires".
Pétition
De quoi réactiver la grogne des chercheurs, qui s’inquiètent des conséquences du grand emprunt depuis son annonce (La Tribune du 6 décembre 2010). Pour le syndicat de chercheurs SNTRS-CGT, qui se fonde sur les déclarations du PDG du CNRS, Alain Fuchs, lors de la préparation du conseil d’administration du 23 juin, il s’agit ni plus ni moins pour l’organisme "d’affecter les postes dans les laboratoires lauréats" du grand emprunt puisque "les directeurs d’instituts veulent imposer le choix du sujet et du laboratoire aux candidats jugés les meilleurs". Alors que jusqu’à présent, les candidats aux concours de recrutement indiquaient dans leur dossier leur thème de recherche et le laboratoire souhaité. C’est "ce mode de recrutement qui participe à l’excellence du CNRS", estime Patrick Montfort, secrétaire général du SNCS. Selon lui, les candidats vont désormais postuler pour les thèmes et les laboratoires affichés, donc ceux lauréats du grand emprunt. Dénonçant un fléchage des moyens, plus d’une centaine de directeurs de laboratoires (qui se réuniront en assemblée générale début septembre, ont signé à ce jour une pétition demandant l’arrêt de cette procédure.
Evaluation
Plus largement, ces chercheurs craignent à terme un étranglement des laboratoires non sélectionnés et une substitution des crédits extra-budgétaire aux budgets de base. Un risque invoqué récemment par la Cour des comptes (La Tribune du 3 juin 2011). Déjà, le budget 2011 du CNRS n’a augmenté que de 0,8%. Et encore, selon Bertrand Monthubert, secrétaire national du PS à l’enseignement supérieur et à la recherche, une fois retranchés les crédits affectés à la masse salariale et aux grands équipements, la dotation des laboratoires du CNRS baisse en fait de 12% cette année. Alors que l’il fait l’objet d’un audit de l’Inspection générale (IGAENR) dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et qu’il va être évalué au second semestre par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), le CNRS, qui n’a pas souhaité commenter le sujet, aurait en effet tout intérêt à miser sur les structures distinguées par le grand emprunt (structure qui seront elles aussi évaluées).
De leur côté, le commissariat général à l’investissement, qui pilote le grand emprunt, et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, balaient ces craintes, rappelant l’implication des équipes scientifiques des laboratoires dans les appels à projet du grand emprunt. D’autant que vont débuter les secondes vagues d’appels à projets, qui sélectionneront de nouvelles unités de recherche (des "ajustements" ont été promis). Au ministère, on rappelle que si le CNRS a vocation à accompagner la stratégie des sites d’excellence, il poursuit le développement de la recherche sur l’ensemble du territoire .
romatou a écrit le 04/08/2011 à 09:56 :
il serait grand temps que les chercheurs se mettent au service de la Nation et non satisfaire leur propre intérêt il est grand temps de donner un coup dans la fourmilière et de hiérarchiser les thèmes de recherche en fonction des besoins stratégiques exprimés dans ce plan
rryv a répondu le 04/08/2011 à 11:22 :
On voit que vous ne savez pas de quoi vous parlez. Seuls une partie des chercheurs faisant partie des commissions se comportent comme cela, d'ailleurs en poussant à utiliser des financements trop importants dans des directions douteuses et donc à fonds perdus. De plus, les administratifs ne connaissant pas (et ne comprenant encore moins) l'état de l'art des différents domaines de recherche, ils sont incapables de prendre de bonnes décisions concernant les différents domaines de recherche, même lorsqu'ils sont de bonne foi (ce qui est tout à fait rarissime).
Photo73 a écrit le 03/08/2011 à 19:36 :
"10% des effectifs de chercheurs de sont unité." son unité
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@ romatou pour lequel "il serait grand temps que les chercheurs se mettent au service de la Nation et non satisfaire leur propre intérêt". Il faut se mettre un peu plus au courant. Rien que les cas des deux premiers prix Gauss, i.e. Ito Kyoshi et Yves Meyer montrent...
par Onésime le 04/08/2011 à 11:31
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Onésime a écrit le 04/08/2011 à 11:31 :
@ romatou pour lequel "il serait grand temps que les chercheurs se mettent au service de la Nation et non satisfaire leur propre intérêt". Il faut se mettre un peu plus au courant. Rien que les cas des deux premiers prix Gauss, i.e. Ito Kyoshi et Yves Meyer montrent qu'en satisfaisant leurs intérêts purement scientifiques, ces deux scientifiques ont fait plus que bon nombre de bureaucrates ministeriels décideurs pour la société englobante.