La Tribune

Une majorité de patrons français s'attend à un retour de la crise

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Marina Torre  |   -  438  mots
Le regain de confiance des dirigeants d'entreprise français constaté en 2010 s'efface. Selon une étude menée par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris, ils sont une large majorité à considérer la dégradation de la situation économique comme inévitable.

Pessimistes ou réalistes ? Les chefs d'entreprises interrogés par la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCI¨P) sont 58% à estimer inévitable la détérioration de la situation économique de la France à court terme. En 2008, ils étaient moins nombreux (48%).  La rechute est violente par rapport à 2010, quand les espoirs de reprise avaient quelque peu apaisé leurs inquiétudes.

L'indicateur de global de confiance établit par la CCIP descend à 91 contre 93 l'an dernier, sans toutefois battre le record de 2009 de 81. Ce chiffre prend comme base 100 des résultats datant de 1997 pour les PME et de 1998 pour les grandes entreprises.

Pour Pierre-Antoine Gailly, président de la CCIP, les patrons français seraient plutôt "attentistes". En période de crise de la dette ils demandent "plus d'Europe, et notamment une convergence en matière de compétitivité".  Et, de façon "classique, à six mois des élections présidentielles, ils regardent de près" l'évolution de la politique intérieure", ajoute-t-il.

Les patrons exerçant dans la capitale et la petite couronne sont encore moins confiants que les autres. "Les chiffres de l'emploi et de la croissance, d'un dixième de point en deça de la moyenne française leur donnent raison", estime Pierre-Antoine Gailly. Les plus pessimistes sont les chefs d'entreprise travaillant dans le commerce, tandis que dans la construction, au contraire, ils reprennent un peu d'espoir.

Risques pour l'investissement et emploi

Toutes tailles et secteurs confondus, la crise financière pourrait remettre en question les projets d'investissement, même si ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. Près de 60% des patrons en sont convaincus. Pour autant, les entreprises peinent-elles à emprunter ? Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris ne le constate par encore et note : "il n'y a pas de signal d'une baisse des financements pour les très petites et moyennes entreprises". Pierre-Antoine Gailly pointe aussi le fait que le Médiateur du crédit, géré par la CCIP, "n'a pas enregistré de hausse du nombre d'appels depuis la rentrée", ce qui montrerait que les relations entre banques et entreprises ne sont pas plus tendues qu'auparavant.

Enfin, les perspectives d'embauches pourraient se trouver affectées par cette baisse de moral. Seuls 15 % des dirigeants d'entreprises de taille modeste prévoient d'embaucher dans les six prochains. Par ailleurs, un quart des grandes entreprises envisage encore un accroissement des effectifs contre un tiers l'an dernier. Les dernières prévisions de Pôle emploi confirment cette tendance. Selon l'organisme public, même si la croissance ne faiblit pas l'an prochain, le chômage resterait élevé et pourrait même augmenter.

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Commentaires

Jean LEBON  a écrit le 04/10/2011 à 16:37 :

Je me demande parfois s'il n'y a pas des gens qui aident nos concurrents à mieux nous tailler des croupières en pays francophones.

la voix des anges  a écrit le 04/10/2011 à 13:34 :

Parce qu'elle était où ????? En vacances!!!!!!! Elle est bien présente depuis 2008 et ne nous a pas quitté!!!!! Son effet était amoindrie avec notre Social mais elle fera encore plus mal puisque nous n'avons plus d'argent.