La Tribune

Une campagne dominée par la critique ...et Twitter

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Jean-Christophe Chanut  |   -  802  mots
Une étude, menée par trois équipes de recherche en science politique sur la base d'une analyse lexicométrique des messages émis par les candidats, estime que jusqu'ici la campagne a plutôt un contenu négatif et qu'elle est surtout dominée par la critique de l'adversaire.

 

Une campagne électorale négative, surtout dominée par les critiques. C'est à cette analyse que sont parvenus les chercheurs du programme "TriElec" qui associe trois équipes de recherche spécialisées dans l'étude des élections, des opinions et de la communication politique: le Centre d'études euorpéennes de Science Po Paris, le centre Emile Durkeim (IEP de Bordeaux) et Pacte (IEP de Grenoble).

La critique systématique de l'advesaire

Ainsi, l'analyse lexicométrique des messages émis (principalement les communiqués) par les 5 principaux candidats à l'élection présidentielle, au cours des 8 premières semaines de 2012,  permet de qualifier la campagne de négative. Nicolas Sarkozy et François Hollande ont choisi de personnaliser à outrance leur campagne par une critique systématique de l'adversaire et une mise en valeur symétrique de leur personne. Selon TriElec, dans les communiqués de l'UMP, François Hollande est qualifié "d'électoraliste", de "candidat du passé" et de "l'ambiguïté". Dans la communication de François Hollande et de son équipe, la critique du président et de sa politique sont bien le premier thème évoqué avant même la valorisation des propositions du candidat. Autre caractéristique propre au discours socialiste : l'opposition entre la droite et la gauche est souvent rappelée alors qu'elle est absente du discours de l'UMP, selon les résultats de TriElec...

Du coté des autres candidats, avant l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy, le 15 février dernier, TriElec faisait le constat suivant : Marine Le Pen a attaqué principalement Nicolas Sarkozy. Le Front de Gauche a consacré près de 10% de sa communication à des attaques contre le Front National et Marine Le Pen mais il a négligé de mettre en valeur son candidat (Jean-Luc Mélenchon)... Ce qui n'est plus tout a fait exact, mainteant que Jean-Luc Mélenchon a franchi la barre symbolique des 10% dans les sondages. François Bayrou et le Modem avaient choisi un registre de communication un peu différent en voulant mener une campagne de fond. Selon les chercheurs donc, tous les partis utilisent le même modèle de valorisation des candidats et de péjoration de leurs rivaux. Il y a une incontestable uniformité des procédés.

 

L'effet media sur les intentions des votes est diffus

 

Toujours selon TriElec, la simple présence des candidats dans les médias ne semble pas accroître le soutien électoral. Les différentes analyses effectuées montrent qu'il existe un biais très fort en faveur des deux grands candidats, Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui va bien au-delà de leur présence médiatique. Les médias ne sont donc pas responsables de la concentration de la campagne sur les deux principaux candidats ou de la difficulté des autres à percer. La surreprésentation des deux candidats n'explique pas l'écart dans les intentions de vote entre petits et grands. Cela veut dire aussi que les médias n'alignent pas leurs choix éditoriaux sur les sondages. Au contraire, certains médias comme France 2 ont tendance à sous-représenter les deux candidats par rapport à leur poids dans les sondages.

Par ailleurs, on constate que les candidats sont mentionnés surtout dans le cadre de la campagne et qu'ils ont du mal à se faire entendre sur d'autres enjeux .Seule l'économie et la gestion de crise peuvent leur assurer une certaine visibilité médiatique. Cette analyse de TriElec doit maintenant être relativisé. En effet, depuis le 5 mars et son passage sur TF1, puis le discours télévisé lors du meeting de Villepinte le 11 mars et, enfin, son intervention sur France la semaine dernière, Nicoals Sarkozy a connu une séquence médiatique intense qui coïncide avec la publication du premier sondage (Ifop) le plaçant devant François Hollande. On peut estimer qu'il y a manifestement une relation de cause à effe entre ses deux faits

 L'usage des tweets rend compte de la maturité des pratiques militantes

 Enfin, selon TriElec, 2012 est la campagne de Twitter qui se fait l'écho des débats politiques qu'il contribue à nourrir. Les débats télévisés ou les interviews ont une résonnance importante dans la Twittosphère. L'analyse des flux de tweets à l'occasion du débat télévisé "Des Paroles et des actes" opposant François Hollande à Alain Juppé le 26 janvier dernier montre la présence de deux types de flots : un flot mobilisé dans la diffusion de citations, un autre dans la diffusion de commentaires. L'espace de citations est a priori celui du premier cercle formé de militants : la pratique de la citation indique une certaine proximité avec le locuteur, elle lui apporte un soutien dans la compétition électorale en relayant ses propos. L'espace des commentaires plus large s'ouvre à d'autres catégories d'acteurs : le commentaire marque une distance critique.

 

 

 

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Commentaires

DOUDOU  a écrit le 20/03/2012 à 15:27 :

C'est malheureux a dire mais la tuerie de MONTAUBAN et de TOULOUSE vient a point pour que les critiques acerbes soient mises en veilleuses pour quelques jours et qu ensuite on puisse trouver un moyen pour remettre les pendules a lheure et je crois que le duel SARKOZY HOLLANDE va finir par ennuyé les gens mais si on regarde bien il serait en faveur de SARKOZY qui pourrait profiter de cette pause en tant que chef de l Etat.car c'est a lui que l on a envoyé toutes les lettres pour dire qu ils sont derrière lui et que tout cela se décantra dans les jours a venir.

Ben voilà  a écrit le 20/03/2012 à 11:26 :

Pas bien passionnant cette campagne.... Les discours sont idéologiques, les propositions démagogiques, les comportements agressifs. Bref, toujours rien pour maitriser notre endettement. Quand à le réduire, c'est une fois de plus reporté siné-dié... Aucun projet de société, pas de grands programmes, pas de remise en cause de l'Etat et sa structure pléthorique, rien pour encadrer les financiers, etc...Affligeant ! Il se dit que l'on a les politiques que l'on mérite...