La Tribune

Vincent Peillon veut rapprocher le mammouth et l'entreprise

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Fabien Piliu  |   -  523  mots
Le ministre de l'Education nationale installera en 2013 un conseil éducation-économie pour que les chefs d'entreprises soient représentés à l'Education nationale. Les filières techniques et professionnelles sont visées, pour attirer les jeunes vers l'industrie.

Pour la bonne cause, Vincent Peillon joue les entremetteurs. Jeudi, le ministre de l'Education nationale a déclaré vouloir resserrer les liens entre l?enseignement technique et professionnel et les entreprises pour favoriser l'emploi et le redressement productif de la France. Une mesure contenue dans le pacte de compétitivité présenté la semaine dernière.

« J'installerai en 2013 un conseil éducation-économie pour que les chefs d'entreprises soient représentés à l'éducation nationale », a-t-il annoncé lors d'une visite au Centre des Arts et Métiers de Lille, aux côtés du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg. Une décision qui va en quelque sorte à l'encontre des déclarations récentes de Jérome Cahuzac, le ministre du Budget. Lundi, il avait opposé une fin de non-recevoir polie et directe aux entrepreneurs qui souhaitaient la mise en place un Conseil National d'Orientation composé d'entrepreneurs chargé de donner un avis sur l'impact économique des lois et décisions du gouvernement sur les entreprises, imitant le modèle allemand.  «La France compte déjà un millier d?institutions qui donnent leur avis sur la politique de l?Etat. Les chefs d'entreprises ont déjà l?occasion de s?exprimer dans un certain nombre d?entre elles. Par ailleurs, en tant que ministre du Budget, j?estime que la création d?une nouvelle structure qu'il faudrait gérer et abriter aurait un coût que nous préférons éviter de supporter actuellement», avait-il expliqué lors de la Conférence annuelle des entrepreneurs.

Un lieu de prospective et d'échanges

Le conseil lancé par Vincent Peillon serait en quelque sorte un lieu de prospective et d'échanges avec les entreprises, les branches professionnelles et les régions pour adapter les formations professionnelles et technologiques aux besoins économiques. Selon Vincent Peillon, chaque année, 600.000 offres d'emploi environ ne sont pas pourvues. « Rapprocher l'éducation nationale de l'entreprise, en revalorisant des filières d'enseignement technologique et professionnel aujourd'hui déconsidérées » serait un des moyens de résoudre ce chômage structurel.

« Nous devons accorder à l'enseignement professionnel, du CAP jusqu'à l'ingénieur, une priorité. L'Education nationale doit absolument participer autant qu'elle peut au travail mené par le ministre du Redressement productif », a ajouté le ministre qui, pour rendre plus attractives ces filières, souhaite réformer le service public d'orientation et mettre en place « un parcours d'information et d'orientation à partir de la sixième ».

Attirer les jeunes

« Il n'est pas possible que l'orientation vers les voies techniques et professionnelles soient toujours des orientations négatives. Il faut accepter de travailler avec le tissu économique, faire découvrir à nos jeunes ces métiers qui existent. Il faut revoir les cartes des formations professionnelles et accroître la mobilité internationale des jeunes des filières technologiques et professionnelles », a-t-il expliqué. Reprenant les propos des fédérations industrielles patronales, Arnaud Montebourg est évidemment sur la même longueur d?ondes. « L'industrie est un lieu qu'il faut faire connaître, aimer, apprécier. Le pari de mon ministère est d'amener la jeunesse à reprendre le chemin des entreprises industrielles », a déclaré le ministre du Redressement productif.

 

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Commentaires

Ben voilà  a écrit le 16/11/2012 à 12:37 :

Il va faloir commencer par motiver et eduquer le corps enseignant. A part ceux qui exercent dans les filières techniques, tous les autres ne connaissent rien de la vraie vie en dehors des salles de cours qu'ils cotoient exclusivement depuis leur plus tendre enfance ! Comment s'étonner que soient orientés vers les fillières professionneles tous ceux dont on ne sait pas quoi faire dans les filières "générales", et rarement ceux qui ont les capacités et un réel potentiel de s'y épanouir ? Les indutriels ne trouvent plus de jeunes capables de s'intégrer et progresser une vie durant. Contrairement aux idées recues, ce sont généralement des métiers intellectuels difficiles, et correctement rémunérés, bien mieux en tous cas que dans une majorité d'autres secteurs. Aujourd'hui, il est quasi impossible de recruter des opérateurs d'usinage dignes de ce nom, des chefs d'équipes, etc.. alors que ces métiers sont aussi bien rémunérés qu'un job d'enseignant. Mais qui est sensibilisé à cette réalité ? Surement pas les profs et encore moins une majorité de parents. Cette image négative des filières technique est aussi fausse que répendue, à commencer par ceux qui cotoient nos jeunes, les seuls qui demain pourront assurer notre richesse en créant de vraies valeurs...

Flo  a répondu le 10/12/2012 à 15:15:

L'Education Nationale (et la société elle même) a dévalorisé tous les métiers industriels et manuels, pendant toute ma scolarité (de 1990 à 2010) un seul professeur a valorisé les métiers de l'artisanat et du technique dans mon collège très bourgeois (ironie) du fin fond de la Seine Saint Denis, département réputé pour son vivier de cadres supérieurs. Je suis actuellement Bac+5 et employé pour un boulot niveau Bac, si j'aurais su j'aurais écouté ce prof et je n'aurais pas joué aux intellectuels.
Il était temps que l'Etat se mette à penser que l'Education et la formation doivent être liées à l'emploi et aux besoin. L'Etat doit faire dans les RH à échelle nationale, ça lui coûtera moins cher que des bac +5 frustrés de bosser au SMic (comme moi) et des chômeurs.

Pff  a écrit le 16/11/2012 à 0:10 :

Bah à quoi ça sert la réforme puisque les jeunes finissent exclus ou bien dans un frigo.

Glo  a répondu le 10/12/2012 à 15:19:

Ben ca sert à faire en sorte que les jeunes trouvent plus facilement du boulot, puisque l'Education aura prit en compte certains besoin liés au milieux professionnels.

Ah?  a écrit le 15/11/2012 à 23:38 :

Je croyais que l'éducation, on rigole bien vu le niveau et le nombre d'illétrés, sans parler des vraies fausses sorties dans la vie active, cf l'Espagne ou bien l'Italie, trio de tête dont on fait partie, avait pour but l'ignorance... comme le prescrivait Rousseau avec l'Emile, véritable agreste!

educ'  a écrit le 15/11/2012 à 19:59 :

C'est l'orientation post bac qui est a revoir, et particulièrement les CIO dont je me demande toujours à l'heure actuelle a quoi ils servent

Flo  a répondu le 10/12/2012 à 15:45:

Completement d'accord. en meme temps les conseiller d'orientation sont souvent issus des facs de Psy et de socio, qui n'ont qu'une connaissance très survolée du marché du travail. il faut clairement professionnaliser ce métier et développer leur rôle de coaching et non de psy (dans une recherche d'emploi et un choix professionnel, la socio et la psycho, ca ne sert à rien)

pmxr  a écrit le 15/11/2012 à 19:13 :

tu veux faire quoi plus tard ??? ... vendeur de cannabis ça rapporte !!! loooooooooooool

Glo  a répondu le 10/12/2012 à 15:21:

Merci d'élever le débat par vos commentaires éclairés

Hopital qui s'fou de l'infirmerie  a écrit le 15/11/2012 à 18:58 :

''Il n'est pas possible que l'orientation vers les voies techniques et professionnelles soient toujours des orientations négatives. Il faut accepter de travailler avec le tissu économique, faire découvrir à nos jeunes ces métiers qui existent. ''

QUELQU'UN DE GAUCHE QUI DIT CA ................................................................... Allez lui dire que es enfants veulent être maçon, on va voir la tête qui va faire.

Cepedant, la mesure semble très bonne, et un bon mur face au chômage, et à la descolarisation !!

pmxr  a répondu le 15/11/2012 à 19:15:

mais NON ! Fonctionnaire !!!!!!!!!!!!!!!! loooooooooool

Out  a écrit le 15/11/2012 à 18:23 :

On ferait mieux de privatisé l'éducation nationale qui n'a rien à faire dans le service publique dans un premier temps comme la très bien fait la Suède ainsi le rapprochement avec le monde de l'entreprise et le secteur marchand n'en sera que bénéfique et de même pour la dépense publique par des économies.

François  a répondu le 15/11/2012 à 20:26:

Inutile de la privatiser : les relations existent déjà et les enseignants du secteur technologique et technique sont parfaitement en phase avec les entreprises contrairement à ce que beaucoup affirment ici en méconnaissance totale de la réalité.

@out  a répondu le 10/12/2012 à 15:23:

privatisons l'éducation nationale et nous pouvons dire adieu au peu d'égalité des chances qu'il reste, les riches resterons riches et se paieront des écoles de riches et les pauvres.... n'irons pas à l'école.

pasquedubien  a écrit le 15/11/2012 à 17:50 :

pour avoir pratiqué , le partenariat, sous différentes formes, dont l' apprentissage..

M.Peillon va devoir changer beaucoup de profs, d' inspecteurs ..etc ...


Rares sont ceux qui savent ce qu' est une entreprise privée !!!

schtroumf en colere  a écrit le 15/11/2012 à 17:33 :

si les entreprises ne payent pas les jeunes 3000 euros par mois , ils seront pas prés d"embaucher dans les entreprises.

Flo  a répondu le 10/12/2012 à 15:27:

Avec des prétentions salariales telles, le chômage ne risque pas de se résorber, c'est le salaire de mon père après 35 ans de travail et d'ancienneté dans la même boite (certes sans le bac, mais c'était une autre époque...).
Sortez de chez vous, tirez vous les doigts du ... et allez bosser et vous comprendrez la valeur du travail et arrêterez de sortir des aberrations pareilles on dirait un étudiant de science po

val47  a écrit le 15/11/2012 à 17:01 :

Une idée interessante mais il faut aller plus loin dans les réformes
- un statut unique de l'enseignant.... désormais ayant son bac +5
- tout enseignant à 21 h avec des dédoublements de classe pour des élèves en difficulté
- évaluation des enseignants par le vchef d'établissement
- autonomie des établissements pour mieux coller au tissu économique
- suppression du collège unique
- examen d'entrée en seconde
- mettre fin à la massification
- mettre fin à la gratuité de l'enseignement supérieur ( BTS par exemple)

rb  a écrit le 15/11/2012 à 16:54 :

Et hop un ecran de fumee.Derriere une intention louable(et qui existe deja,l'alternance....) On veut faire travailler les jeunes pour les offres d'emploi que personne ne veut....Sur ces 600000 offres d'emplois combien sont a temps partiel?Combien dure moins d'1 mois?....Allez c magique,utilisons les jeunes pour boucher les quelques trous dans la semaine des plannings des boites.En attendant le probleme de fond est toujours la....

pNv6wY  a écrit le 15/11/2012 à 16:29 :

L'intention est bonne sauf que les partenariats branches professionnelles Education Nationale existent déjà. .
Dans le secteur de l'après vente automobile il existe des formations après bac pro sur 12 ou 14 mois en alternance pour former des techniciens d'atelier .Le programme est battit avec les constructeurs,leurs concessionnaires et l'éducation nationale .Et vous retrouvez le meme schéma en licence professionnelle avec les universités.

Chris  a répondu le 15/11/2012 à 17:00:

Certes, mais il est clair que les "profs" sont totalement deconnecté et des cursus post bac et encore plus de l'economie réelle..... C est une des causes majeures du nombre d echec en premiere annees de fac. Outre le fait que bien souvent la terminal reste un "espace protegés et encadrés" et qu apres on passe a la Fac ou "c est la liberté"... Bref il est plus que temps, ne leur en déplaise, de les mettre en face de leur responsabilites, donc des les confronte effectivement a la vie universitaire et a l economie reelle.
De meme, bien souvent on entend parler de rythme scolaire et programmes, mais bizarrement des qu on veut modifier le calendrier des vacances scolaire, a la semaine de cours..... ca râle ca bloque, ca fait grêve.......
Il est vraiment temps de faire evoluer le mamouth!!!!

Flo  a répondu le 10/12/2012 à 15:38:

Pour avoir fait un Master Pro donc tourné vers le monde professionnel, je peux vous garantir que ce genre de démarche n'est actuellement pas suivie d'effet concret (je ne bosse pas dans ma branche) et si ce sont des professionnels confirmés qui donnent les cours, leurs taches et leurs connaissances sont très éloignées de ce qu'on demande aux jeunes au sortir de leurs études. Pour attirer des élèves on prend des "noms" et des professionnels hauts placés qui ne se rendent pas compte qu'il faut transmettre non pas des connaissances théoriques mais des savoir faire.

dagober  a écrit le 15/11/2012 à 16:24 :

IL LUI FAUDRA DU COURAGE,,,???????et nos vacances

dagober  a écrit le 15/11/2012 à 16:24 :

IL LUI FAUDRA DU COURAGE,,,???????et nos vacances