Banque publique d'investissement : les Régions veulent reprendre la main

 |   |  527  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : AFP)
Lors d'un point presse organisé à l'Assemblée nationale, Alain Rousset, le président de l'Association des régions de France a formulé une série de propositions pour que les territoires voient leurs rôles et leurs prérogatives augmenter au sein de la BPI.

On pensait l'affaire entendue. C'était mal connaître Alain Rousset. Mercredi, lors d'un point presse organisé à l'Assemblé nationale, le président de l'Association des Régions de France (ARF) a remis sur la table le sujet sensible de la gouvernance de la future Banque publique d'investissement (BPI).

Concrètement, Alain Rousset, en plaidant pour la régionalisation de la BPI, dénonce le projet de loi présenté le 12 septembre qu'il qualifie de «perfectible». Ce texte traduit en partie les engagements de la déclaration commune Etat-Régions pour ce qui concerne la présidence du comité national d'orientation et confirme la participation des régions au conseil d'administration où ces dernières se sont vues accordées deux places d'administrateurs sur les quinze qui le composent. «Nous en souhaitons trois, de la même façon que le nombre de leurs représentants au comité national d'orientation a d'ores et déjà été porté à trois lors de l'examen du projet de loi en commission des finances de l'Assemblée», explique-t-il, souhaitant que l'organisation de la BPI s'inscrive dans la logique du prochain acte de décentralisation qui «fera des Régions le pivot du développement économique des territoires».

Un guichet unique animé par les Régions

En effet, sur le plan opérationnel, Alain Rousset souhaite que les Régions obtiennent «la responsabilité de l'animation des plates-formes commune constituant le guichet unique du financement pour les PME mais assurant aussi le démarchage actif, le conseil et la pré instruction en associant toutes les parties prenantes, notamment la BPI», énonce-t-il.

«On ne peut pas rayer d'un trait de plume toute l'action économique engagées ces dernières années par les Régions sur les territoires que ce soit dans le financement de l'innovation, de l'exportation ou simplement la réindustralisation. C'est la raison pour laquelle je ne comprends pas les inquiétudes de certains quant à la capacité des Régions à dépenser intelligemment et efficacement l'argent public. Le passé récent plaide pour nous», martèle Alain Rousset.

Qui est le mieux placé pour juger de la qualité des projets?

Autre question soulevée par l'élu: alors que Bercy a acté le fait que 90% des décisions seront prises par les régions -une initiative censée calmer les territoires- qu'en sera-t-il vraiment? Est-ce que cette décision indique que 90% des volumes de crédit de fonds propres seront accordés par les Régions et ce, sans plafonnement? Alain Rousset l'espère, notamment dans les interventions en fonds propres. «Il faut que le ticket soit au moins de 15 à 20 millions d'euros, sinon l'action des Régions ne sera pas décisive bien que ce soient elles qui sont les plus à même de juger de la qualité des projets», estime-t-il.

Est-ce si certain? Pascal Marchetti, le directeur général de la Banque Populaire des Alpes, qui vient de lancer le livret Alp'Industries dont la collecte sera intégralement prêtée localement, en convient. «Je pense sincèrement qu'une économie doit encourager les subsidiarités à tous les niveaux. En décentralisant, on responsabilise les gens et on divise les risques», explique-t-il.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/12/2012 à 12:21 :
Il ne faut surtout pas laisser le pouvoir de décision aux Régions ou à quelques hommes/femmes politiques que se soient ... A chacun ses compétences. A Oséo de continuer comme cela se fait avec succès depuis au moins 2005 (et même avant, avec la BDPME) et aux politiques de gérer les services publiques sans ingérence dans des décisions de crédits, de fonds propres ou d'avances en trésorerie sous diverses formes (financements à court terme ou subventions à l'innovation) aux entreprises. En effet, elles ne disposent d'AUCUNE compétence en entreprise ou en financements ... alors qu'elles ne cessent de vouloir faire croire le contraire ! Heureusement que Bercy n'est pas dupe ... pour l'instant.
Réponse de le 27/12/2012 à 17:56 :
Ds l'ensemble d'accord avec Carlo : la décision finale doit revenir aux techniciens de l'investissement et du financement ce que le nouveau Dg N'Dufourcq indique dans une 1ère interview.
Il est toutefois dommage que le métier de l'exportation ne soit pas abordé par lui ni RN terme de conseil, de financement et moins encore au niveau organisation de BPi groupe
a écrit le 01/12/2012 à 11:55 :
Le projet du gvt ne semble pas aller dans le sens de confier le pouvoir de décision aux élus régionaux mais aux techniciens notamment sur les équipes régionales d'Oseo qui ont fait leurs preuves depuis 2005.
a écrit le 29/11/2012 à 10:26 :
Pas trop pour une décentralisation : ces mille-feuilles administratifs sont un gaspillage en frais de structure et de personnel, il faut simplifier et centraliser afin de bénéficier d'économie d'échelle et ne pas émietter nos fonds qui vont être prêtes aux entreprises qui doivent investir dans des appareils productifs : c'est le but !!! (pas pour dépenser dans des projets régionaux qui vont être coûteux et qui ne vont rien rapporter !!!)
a écrit le 29/11/2012 à 8:03 :
Rappelons que l'Espagne rencontre ses problemes actuels car les regions espagnoles controlaient les banques regionales et les ont obligé a financer des projets pour des raisons politiques mais ces projets etaient economiquement absurdes... Gare de TGV vides, aeroports deserts, villes nouvelles sans eau et sans emplois... la liste est longue...
a écrit le 29/11/2012 à 7:59 :
lisez DEBORDEE vouus saurez la verite des regions ce livre s'adresse particulierement a cet individu
a écrit le 29/11/2012 à 1:05 :
On nage en plein surréalisme , en plein absurde , quand allons nous reviendrons nous à la réalité ?
a écrit le 28/11/2012 à 23:39 :
Réflexe naturel : les vautours locaux sont attirés par l'odeur de la viande fraîche.
a écrit le 28/11/2012 à 23:23 :
Grâce à la décentralisation, les petits chefs locaux indétrônables , le mille feuille administratif, et le gaspillage de l'agent public ont un grand avenir.
Réponse de le 29/11/2012 à 0:49 :
souvent on parle de la suppression des departements pour alleger le mille feuilles administratif, mais je me demande si ce n'est pas les regions qu'i faudrait supprimer quand je vois l'appétit de ces barons
a écrit le 28/11/2012 à 22:07 :
Genial
Entre les financement s de boites toutes pourries. Au bord du dépôt de bilan et les détournement s des politicien s les impôt s vont encore augmentet....
a écrit le 28/11/2012 à 21:34 :
On est tous d'accord. Aucune envie non plus de leur donner le chéquier.
a écrit le 28/11/2012 à 21:03 :
Ces politiciens gauchos, tels chacals, le plus ils disent détester les riches, le plus ils aiment l'argent. Ils aiment l'argent autant que le capitaliste le plus radical que ce soit.
a écrit le 28/11/2012 à 20:51 :
Ces sacrés politiciens, dès qu'ils flairent de l'argent public frais, ils se comportent alors comme un troupeau de hyènes affamées, c'est affligeant
a écrit le 28/11/2012 à 20:38 :
Ben voyons... ils veulent recréer des Landesverein banks à la française. Rappelez-nous combien de milliards d?euros la petite histoire a couté au contribuable allemand.
Réponse de le 29/11/2012 à 4:06 :
et le Credit Lyonnais ????????????
Réponse de le 29/11/2012 à 11:48 :
Tout à fait ! 22 mini Crédit Lyonnais investissant dans toutes sortes d?entreprises condamnées ou de projets plus ou moins farfelus soutenus par des présidents de régions dont la culture en matière économique est quasi inexistante?
a écrit le 28/11/2012 à 19:08 :
Les politiques feront flamber la banque (nos impots) en 3 coups!
Comme l'ont fait certains maires avec leur projets gargantuesque-demago...
Laissons aux banques privées l'analyse des dossiers.....un regret pour Oséo
a écrit le 28/11/2012 à 18:52 :
Rien de si bon que ces Société de Développement Régional. Souvenez-vous? Elles ont toutes fait faillite et ont disparu du paysage financier. Les élus sont les plus mal placés pour orienter les banques d'affaires. Ils les transforment en machine à acheter des votes.
Réponse de le 28/11/2012 à 19:39 :
Comme dans une republique bananiere ! Et apres la France va faire la morale aux pays africains
a écrit le 28/11/2012 à 18:41 :
Le gavage with no limit ! Vos presidents de regions en bavent d'envie de ce budget, une vraie mine d'or sans aucun risque d'etre questionne sur l'utilisation des fonds ... Bien connu, quand on melange les politiciens et l'argent, ca fait des etincelles et c'est vous le contribuable francais qui trinque ! Et vive France !
a écrit le 28/11/2012 à 18:35 :
La décentralisation "ordonnée" par l'Europe pour affaiblir l?État à totalement réussit; Qu'ont gagné les régions, les départements si ce n'est des dettes, des inégalités? Alors que l'Europe veut centralisé ses décisions!
a écrit le 28/11/2012 à 18:06 :
Monsieur Alain Rousset, les français savent se que produisent les technocrates: des Dettes. la preuve est faite que les gens qui transforment les réalités en fantasmes s'avèrent irresponsables et dangeureux pour la france, sa démocratie et son économie. permettez simplement aux entrepreneurs de survivre à l'étouffement de vos administrations politico-fisco-socio-économiques, ça serait déjà beau. vous avez déjà un travail. faites le.
Réponse de le 29/11/2012 à 4:10 :
comment parler de "travail" à ces gens-là qui ne savent même pas ce que cela veut dire !!!
c'est un gros mot !!!! parlez-leur de discusion au restaurant devant une bonne bouteille à vos frais bien évidemment !!!!!!!!!!!! cela oui, ils connaissent, ou de discutailles à l'assemblée nationale (vue à la tv hier soir !!!)
Réponse de le 29/11/2012 à 6:53 :
Ces technocrates se savent parler que des recettes des petits fours qu'ils ingurgitent a longueur de soiree ou du menu du prochain gala bidule dans lequel ils sont accueillis comme Louis XIV ! Pour avoir cotoyer des personnes de ces administrations lors de quelques evenements, ils sont completement deconnectes des realites. Il suffit de leur poser quelques questions sur des faits economiques ou politiques, aucune capacite de reflexion
a écrit le 28/11/2012 à 17:53 :
Il faudrait que les régions et communes arrêtent de tout prendre à la nation et forment des pays à l'intérieur des pays.
Pourquoi pas donner l'indépendance à la Bretagne ou à l'Alsace ??
Si la France abandonne le pouvoir aux régions, le pays peut éclater en baronnies régionales qui veulent tout pour elles, rien pour les autres.
a écrit le 28/11/2012 à 17:27 :
Il y a suffisamment de banques à action régionale pour ne pas avoir à en créer une énième publique, qui ressemblera de plus en plus à un "hopital à affaires"....
a écrit le 28/11/2012 à 17:19 :
surtout pas lui !!!!!!!!
Réponse de le 29/11/2012 à 12:29 :
Surtout après avoir pris connaissance du dernier rapport sur l'état des comptes des collectivités locales :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/124000344-les-finances-des-collectivites-locales-en-2012-etat-des-lieux

Les abus, hausses d'impôts, de personnel .... Liste très longue...
a écrit le 28/11/2012 à 17:09 :
Le risque du clientélisme existe mais par ailleurs les banques régionales comme le crèdit agricole, les banques populaires entre autres ont l'habitude de financer l'économie locale .En s'appuyant sur leur connaissance du tissus local les régions pourraient accélérer les décisions de la BPI et éviter un traitement purement administratif et technique de Bercy .
Réponse de le 02/12/2012 à 12:29 :
Les décisions d'Oséo sont toutes prises en moins de 15 jours pour les + longues (les opéraions de + de 1.5 ME). 95% des décisions sont prises en moins de 72h alors arrêtez votre lobbying pour ajouter une couche de mille feuilles avec les Régions dont les compétences financières sont inexistantes (n'en déplaise à M. Rousset). En ajoutant les Régions aux décisions alors qu'il y a par décideur Oséo entre et décisions par jour, comment voudriez-vus accélérer les choses ??? A chaque fois qu'une Région ou l'Etat a été associée à une décision financière cela a été une catastrophe : souvenez-vous des SDR (sociétés de développement régionales) qui ont toutes déposé le bilan, de LCL ... et j'en passe !
a écrit le 28/11/2012 à 17:02 :
Plus de décentralisation Oui! à la condition de dégraisser ce mamouth administratif plombés par ses doublons et son efficience morte. Plus de sobriété et d'économie en échange de plus de responsabilité!
a écrit le 28/11/2012 à 16:57 :
veulent renforcer leur prérogatives. Juteux....
a écrit le 28/11/2012 à 16:50 :
idéal pour soutenir les canard boiteux porteurs electoralement plutot que les filières d avenir,et Bercy le sait
tant qu on aura pas stoppé cette decentralisation exacerbant le clientélisme endémique des barons l argent sera gaspillé de manière industrielle
Réponse de le 28/11/2012 à 17:19 :
Mittérand a soutenu pendant des années Ligier prototype du canard boiteux et à mon avis il doit bien exister d'autres exemples .Un ministre n'aura t-il pas tendance à user de son influence pour soutenir une entreprise de sa circonscription ?
a écrit le 28/11/2012 à 16:49 :
ça recommence: chaque niveau du mille feuille administratif français veut sa part du gateau( sans vilain jeu de mot). pourquoi pas aussi tant qu'on y est, les departements, les communautes de communes et les communes? La france gaspille beaucoup de temps et d'energie à faire prendre des décisions par une multitude d'echelons et dans tout les domaines. En plus pour les citoyens les reperes deviennent tres floues et on ne sait plus qui fait quoi.
Réponse de le 29/11/2012 à 4:13 :
ah, parce que quelqu'un fait quelque chose ?????? c'est de l'humour français, je suppose ???
a écrit le 28/11/2012 à 16:48 :
ce serait une erreur que d'augmenter le role des regions. les presidents de region, meme s'ils peuvent etre des gens responsables, auront du mal à resister aux pressions des syndicats et de la population afin de sauver une entreprise meme si celle ci n'a pas d'avenir, surtout à l'approche des elections.
Réponse de le 28/11/2012 à 17:43 :
a moins d'augmenter vraiment la taille des regions: 5 à 6 seulement
Réponse de le 28/11/2012 à 18:20 :
On peut egalement craindre une envolée de la corruption...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :