La Tribune

Recherche : le savoir-faire français est une nouvelle fois reconnu

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Fabien Piliu  |   -  429  mots
Une PME et une équipe universitaire sont en lice pour disputer la finale du Prix de l'inventeur européen organisé par l'Office européen des brevets (OEB) qui sera décerné le 28 mai à Amsterdam.

Depuis les années 70 et le premier choc pétrolier, on le sait, en France, on n?a pas de pétrole mais on a toujours des idées. Ce mercredi, l?imagination et l?ingéniosité tricolore ont été retenues pour disputer la finale du Prix de l'inventeur européen organisé par l'Office européen des brevets (OEB). Crée en 2006, ce prix distingue chaque année le "travail novateur d'inventeurs du monde entier" qui "contribuent au progrès social, à la croissance économique et à la prospérité", a indiqué l'OEB dans un communiqué. Il sera décerné le 28 mai à Amsterdam en présence de la princesse Beatrix des Pays-Bas. En 2012, le professeur Gilles Gosselin, du CNRS avait reçu le prix Recherche pour son brevet sur un traitement contre l'hépatite B, une maladie chronique qui touche 350 millions de personnes dans le monde.

Une entreprise très entourée

Le professeur Bruno Berge, fondateur de la société Varioptic, a été sélectionné dans la catégorie PME, pour son invention de lentilles liquides autofocus de moins de 10 millimètres de diamètre. Ces lentilles liquides sont 85% plus légères que des lentilles mécaniques. Elles peuvent être utilisées dans les domaines des caméras miniatures pour l'industrie, de l'optique médicale ou de la téléphonie mobile. Des lentilles qui sont protégées par deux brevets mondiaux et un ensemble de brevets associés valables dans quarante pays. Fondée en 2002, rachetée en 2011 par le français Parrot, l?entreprise a reçu le soutien d?Oseo Innovation, Créalys, l?Université Joseph Fourier de Grenoble, la Région Rhône-Alpes, Rhône-Alpes Entreprendre et le ministère de la Recherche des travaux de recherche et développement. Bruno Berge a déjà déposé une cinquantaine de brevets.

Un impact majeur dans le domaine de la santé

De leur côté, le chercheur Patrick Couvreur et son équipe de l'université Paris-Sud et du CNRS ont été retenus dans la catégorie Recherche. Ils ont mis au point des nanocapsules capables de contenir des principes actifs pour le traitement ciblé des cancers "sans effets secondaires toxiques alors que les chimiothérapies classiques agissent également sur le tissu sain". Selon l?OEB, le brevet déposé par Patrick Couvreur "aura un impact majeur sur les futurs accords de licence de ses produits". Ce n?est pas la première fois que le travail de Patrick Couvreur est honoré. En 2012, il fut l?un lauréats de la médaille de l'innovation 2012 du CNRS.

 

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Commentaires

Danger  a écrit le 10/04/2013 à 21:39 :

De plus en plus de chercheurs partent, en SUisse, aux USA, en ANgleterre, où ils sont mieux payés, alors qu'en France les salaires sont bloqués depuis 4 ans comme pour les autres fonctionnaires. Et personne n'en parle contrairement au moindre petit investisseur qui pourtant n'est pas très utile...

à Danger  a répondu le 10/04/2013 à 22:47:

C'est vrai ! Il est important de chercher (beaucoup), de trouver (parfois), de breveter (rarement).... Mais il est totalement inutile de commercialiser, de trouver des marchés et de créer des emplois... dans notre république socialiste (et presque soviétique) !

Eric  a répondu le 11/04/2013 à 9:46:

République soviétique ! Vous ignorez complètement de quoi vous parlez. Ceci dit, j'ignorais que toutes les lois régissant les brevets avaient changé depuis Mai 2012.
L'absence de démarche commerciale sans même parler d'exportation est une vieille caractéristique de nos entreprises de techniciens.
C'est par exemple une des nombreuses différences entre Archos et Apple.

Excédé  a écrit le 10/04/2013 à 16:21 :

Je ne suis pas surpris par la recherche du savoir-faire Français. Ce qui ne va pas c'est le système, de type soviétique, qui paralyse complètement les PMI/PME/TPE. Les prélèvements, les taxes, les contraintes administratives font que le découragement est installé en profondeur dans les entreprises. Il est impossible d'avancer, de créer de se développer. L'administration fait tout ce qui est possible pour faire ch... les entrepreneurs et par contagion les salariés. Idem dans le commerce, l'artisanat, les professions libérales etc... Toutes les catégories sont touchées.
Le mal Français. Chaque année qui passe apporte des boulets supplémentaires à la France.
Désespérant.

Yves  a répondu le 10/04/2013 à 17:01:

Vous avez cent fois raison ! Mais le problème, c'est que le message ne passe pas, ni dans les médias (trop difficile à comprendre pour le grand public), ni au niveau politique (ce n'est pas politiquement correct face à un consensus bureaucratique)...

Juan  a répondu le 10/04/2013 à 17:02:

Il faut prouver ce que vous dites. Donnez-nous des exemples concrets et chiffrés de prélèvements, de taxes, de contraintes administratives. Vous nous parlez en qualitatif (ce n'est que de la littérature !), donnez-nous du quantitatif (c'est plus solide !). Faites nous une simulation d'une TPE de 2 salariés avec un CA de 100 000 euros.

Durdur  a répondu le 10/04/2013 à 17:44:

Ca commence par le coût de dépôt d'un brevet : 15-20000 EUR en France, 1500-2000 $ aux USA, guère plus en GB.

Hansimschnockeloch  a répondu le 10/04/2013 à 18:30:

Ces chiffres sont complètement faux !!
En France, les honoraires d'un avocat ou d'un conseil en propriété industrielle pour la rédaction d'une demande de brevet sont en moyenne entre 3000 et 4000 euros HT auxquels il faut ajouter les taxes exigées par l'INPI (un peu plus de 500 euros si vous n?êtes ni une PME ni un organisme de recherche ).
A 1500 $ aux USA, donnez moi vite l'adresse ! C'est plutôt entre 5 et 10 fois plus pour les honoraires !

Eric  a répondu le 11/04/2013 à 9:40:

@Durdur
Vous avez dû vous faire enfler. Pour 5000 Euros, on dispose d'un brevet européen. Celui-ci n'est utile que si l'on pense exporter dans de nombreux pays européens; pour 2 ou 3 pays inutile de dépenser autant. En France, pour les entreprises de moins de 1000 salariés, les frais de dépôt sont de 350 Euros (Arrondis).