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Affaire Tapie-Adidas : le sort de Stéphane Richard à la tête d'Orange fixé lundi

Stéphane Richard, Pdg d'Orange (France Télécom), en février 2013, lors de la présentation des résultats annuels de l'entrprise. Copyright Reuters
Stéphane Richard, Pdg d'Orange (France Télécom), en février 2013, lors de la présentation des résultats annuels de l'entrprise. Copyright Reuters
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Le conseil d'administration d'Orange, où siègent 3 représentants de l'Etat, se réunira lundi. Il va se prononcer sur le maintien ou non de Stéphane Richard à son poste de PDG, après sa mise en examen mercredi pour "escroquerie en bande organisée" dans le cadre de l'enquête sur l'arbitrage favorable à Bernard Tapie sur son litige avec le Crédit Lyonnais.

L'avenir professionnel de Stéphane Richard, mis en examen dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais, sera tranché lundi lors d'un conseil d'administration crucial pour l'avenir du groupe Orange, au cours duquel la position des représentants de l'Etat sera examinée à la loupe. Le PDG de l'opérateur aux 43,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et aux plus de 100.000 salariés en France a été mis en examen mercredi pour "escroquerie en bande organisée" dans l'enquête sur l'arbitrage dont a bénéficié en 2008 Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit Lyonnais.

Stéphane Richard recueille des soutiens parmi les salariés

Des salariés du groupe ont affiché avec force leur soutien à M. Richard, rappelant son rôle pour pacifier une entreprise qui se relève à peine d'une vague de suicide qui l'a secouée entre 2008 et 2009. Ils soulignent également le besoin de stabilité du groupe confronté à un climat extrêmement concurrentiel depuis l'arrivée sur le marché d'un quatrième opérateur, Free Mobile, au tout début 2012.

Dès l'annonce de cette mise en examen, Matignon avait déclaré que le conseil d'administration se réunirait rapidement afin de "décider des conséquences à [en] tirer". Vendredi, le président François Hollande en personne a annoncé que cette réunion se tiendrait lundi, et que la décision des trois administrateurs représentant l'Etat au sein de l'instance tiendrait en compte d'"un seul critère": "l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de ses clients".

Le Conseil d'administration - qui se réunira l'après-midi - est composé de Stéphane Richard, de trois représentants du personnel (CGT, CFDT, Sud), d'un représentant des actionnaires salariés, de trois représentants de l'Etat et de sept administrateurs indépendants. Ces derniers jours, malgré sa fermeté affichée, l'Etat qui détient 27% de l'opérateur semblait encore hésiter sur la conduite à tenir lors de ce CA.

Le risque d'une déstabilisation de l'entreprise

"Si le départ de Richard est décidé par le conseil d'administration, cela peut destabiliser l'entreprise. Il a su bien gérer la situation sociale, l'affaire Free. S'il reste, quelle lecture cela va-t-il donner ?", a déclaré jeudi une source proche de l'exécutif. "La vraie question est: qu'est ce qui déstabilise le moins Orange ?", a-t-elle ajouté. En cas de départ de M. Richard, le gouvernement risquerait d'être montré du doigt si l'entreprise devait connaître une nouvelle crise sociale dans les années à venir, qui vont connaître un grand nombre de départs non remplacés.

L'Etat est "minoritaire", rappelle Elie Cohen, économiste qui a siégé au conseil d'administration de ce qui s'appelait alors France Télécom de 1990 à 1995. "L'Etat détient au total 27%. Donc, clairement, il ne contrôle pas l'entreprise, et toute idée qui consiste à dire "l'Etat veut que, l'Etat décide que" ne tient pas la route", explique-t-il à l'AFP. De plus, selon M. Cohen, "l'Etat est clairement dans une logique de désengagement de France Télécom". C'est dont d'autant plus étonnant de le voir "intervenir bruyamment, d'abord dans l'affaire Dailymotion, puis maintenant avec l'idée qu'il faut pousser dehors Stéphane Richard", souligne-t-il.

Les syndicats représentés au conseil d'administrateur sont divisés

Le vote des représentants des salariés pèsera également. La CFDT, détentrice d'un siège, ne souhaite pas changer de PDG, tandis que Sud, qui a également un siège, a laissé entendre qu'il voterait contre M. Richard. Quant à savoir de quel côté pencheront les votes des administrateurs indépendants, issus du monde économique, cela reste un mystère. "Si Stéphane Richard est maintenu, ça veut dire que le patronat et l'actionnariat français s'opposent aux politiques en disant: ce n'est pas vous qui régentez les affaires! Ce serait un signal", assure un analyste qui a souhaité rester anonyme. De son côté, Stéphane Richard a décidé d'engager un recours en annulation de sa mise en examen pour "escroquerie en bande organisée", un chef qu'il juge "infamant et grotesque".

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Commentaires

telos  a écrit le 17/06/2013 à 22:34 :

j ai été ratrappé par les assedics car j avais cumulé et les asssedic et un salaire de 345 euros;j ai du payé les assedics et en plus j ai perdu mes droits au rsa. En ce qui concerne des millions vous allez voir que lui il va s en sortir....c est ca la france

philanthrope  a écrit le 16/06/2013 à 22:08 :

Nous assistons par le biais de la presse médiatique à une véritable incursion dans la prise de décisions d'un futur jugement. Les hommes politiques se sont toujours refusés à l'indépendance totale de la magistrature, considérant qu'aucune autorité judiciaire ne pouvait interférer dans les affaires les plus délicates de la gestion de l'état. Aujourd'hui nous assistons à l'aboutissement d'une dérive qui permet de passer outre le bon fonctionnement de la loi, puis de s'abriter derrière des postes à haute responsabilité de façon à devenir intouchable. C'est le cheminement le plus raffiné de la corruption.

pmxr  a écrit le 16/06/2013 à 10:29 :

http://blabladezinc.20minutes-blogs.fr/archive/2013/06/13/etat-d-ame.html

JB38  a écrit le 16/06/2013 à 9:48 :

Il est "cuit", il aurait pu se douter que cette affaire allait mal finir. Aussi peu de jugeote n'est pas digne du poste qu'il occupe.

rourou  a écrit le 16/06/2013 à 0:42 :

Je parie sur sa téléportation: trop de risque pour l'entreprise avec pareille affaire, l'affaire ne concerne pas FT/Orange (contrairement à une affaire ou le boss aurait par exemple versé un pot de vin pour emporter un marché) et donc elle n'a pas à le soutenir, et sa proximité avéré avec celui qui s'est fait récemment surnommé Joe Dalton doit plutôt le desservir. S'il est viré on regrettera qu'il n'ait pas eu la délicatesse de s'apercevoir de lui même que sa démission spontanée aurait été d'un bien meilleur gout, mais il a encore le temps de le faire d'ici lundi matin. S'il part, est-ce qu'enfin FT aura un(e) boss qui soit un vrai chef d'entreprise et pas un énième pote de X ou de l'ENA, c'est pas gagné.

Yves  a répondu le 16/06/2013 à 8:51:

rourou, ce n'est pas le gouvernement actuel qui va abandonner la tradition française d?interventionnisme dans la gestion des entreprises...

FHDmission  a répondu le 16/06/2013 à 10:03:

Il serait de mauvais goût de démissionner pour une mise en accusation dans un procès politique. La justice hollandaise doit montrer son efficacité jusqu'au bout. Ce sont les mots préférés de FH : justice et efficacité.

rourou  a répondu le 16/06/2013 à 21:40:

Lorsqu'on a eu l'accélération d'un dossier uniquement par raison politique, on peut s'attendre au contre-coup si la politique change, surtout si on s'appelle Tapie et qu'on est un ancien homme politique... L'aspect judiciaire du dossier a démarré bien avant mai 2012. Le grand mystère est surtout qu'on n'arrive pas à voir pour le moment quel était l'intérêt de l'ancien pouvoir d'accélérer le dossier Tapie: si c'est une affaire politique, il y a forcément une contre-partie, ce milieu agit rarement par altruisme.

@ rourou  a répondu le 17/06/2013 à 11:37:

L'affaire soit-disant "politique" coûte aux contribuables 45 millions d'euros (versés pour préjudice à Nanard). Soit plus que tous les autres préjudices réunis ! C'est une escroquerie en bande organisée, je trouve que le motif d'instruction est bien trouvé.

Saucisse Lyonnaise  a écrit le 15/06/2013 à 23:24 :

Dans cette affaire l'article 46 est bon, il est supérieur à l'article 45 qui est moins puissant que l'article 47.

jp  a écrit le 15/06/2013 à 22:00 :

vous imaginez la suite :
s'il reste en place, cela va etre un feuilleton judiciaire permanent, avec des rendez vous chez les juges, des interventions recurrentes des medias,pendant des mois, des années? tres bon pour l'entreprise tout ça et pour l'image de marque "orange".......
s'il part, il sera remplacé. Comme disait Clemenceau, les cimetierres sont remplis de gens irremplaçables
Enfin le personnel qui le soutien, a part la CFDT et la CFE/CGC? pour le reste croyez vous que les salariés soient contents de voir arriver les 7 a 10.000 departs non remplacés du plan senior?
S'il part, cela semblerait remettre un peu de morale dans le monde des affaires, mais a condition que les responsables soient tous sanctionnés, sinon l'actuel PDG serait juste un fusible, un bouc emissaire dans une affaire ou il n'auriat sans dout pas ete le grand organisateur ni le decideur, mais peut etre juste un participant. La justice éclaircira tout cela , sans doute dans quelque temps. Et pendant ce temps, les rumeurs circuleront.

zug  a écrit le 15/06/2013 à 21:46 :

Ils n'ont pas honte tous ces politiques qui favorisent des escrocs .....
Ces derniers ne seront pas condamnés, bien évidemment.. et recommenceront !
Ns, si ns ne payons pas nos impôts, aucun échappatoire, ns seront poursuivis !
Est-ce normal ?

Toto  a écrit le 15/06/2013 à 20:29 :

Anne Lauvergeon s'y voit déjà !

Allez François, vas-y, faut faire plaisir !

Guillaume Aubry  a écrit le 15/06/2013 à 19:44 :

Le commerce est à l'Allemagne ce que la banque privée est à la Suisse : www.librepolitique.com

Mag  a écrit le 15/06/2013 à 19:30 :

Non franchement non on s'en fout s'ils perdent la tête. Orange ferait bien de baisser ses prix.

totalsocialisme  a écrit le 15/06/2013 à 19:12 :

L'idée derrière tout cela est de faire sauter "free-mobile" et le fameux contrat free-orange. La bande des trois va ainsi rétablir les choses comme avant, avec 30% de hausse des prix, et le recrutement de plusieurs centaines. Ce sera plus sympa pour les clients.

Bonne nouvelle  a écrit le 15/06/2013 à 18:46 :

Bonne nouvelle mais comme d'hab, on sait ceux qui partent mais ceux qui arrivent...le pire est devant nous....Qui parmi les nuls de la gauche va être le nouveau chef. Après les nuls de la droite, le temps des nuls de la gauche est devant nous...Bref, un nul va remplacer un nul à la différence de la casquette politique et j'espère qu'il sera moins nul que l'actuel...

lopezjll58  a écrit le 15/06/2013 à 18:20 :

Tiens vous ne citez pas l?avis de la CGT "Le Conseil d'administration - qui se réunira l'après-midi - est composé de Stéphane Richard, de trois représentants du personnel (CGT, CFDT, Sud),"

LZAGO  a répondu le 15/06/2013 à 18:36:

Vous trouverez la réponse à votre question et à "l'oubli" du journaliste à l'adresse suivante :
http://www.cgt-fapt.fr/Le-PDG-de-France-Telecom-Orange

Bon sens  a écrit le 15/06/2013 à 18:06 :

Il n'appartient pas au gouvernement de se prononcer lundi à ce sujet mais au conseil d'administration de F.T. qui détient 27 % du capital. Les autres actionnaires sont concernés. Si je rappelle ce point de droit fondamental c'est pour montrer que le gouvernement n'y connaît rien et tente d'imposer son avis, comme tout bon collectiviste, sans respecter les règles élémentaires. Ou l'ex URSS...!

DRRW  a répondu le 15/06/2013 à 18:18:

Pourquoi l'Etat ne pourrait avoir un avis l'exprimer ou me tenter de l'imposer. Le communism n'est pas la seule ideologie malheureusement cela aurait ete trop simple.

Michel  a répondu le 15/06/2013 à 19:29:

@Bon sens

En effet quand bien même l'état serait le plus gros actionnaire (unitaire) de France Telecom, il n'a pas à imposer sa loi à la majorité des actionnaires.

quelbilan?  a écrit le 15/06/2013 à 17:51 :

Qu'est ce qu'il a fait de si bien pour FT ce monsieur? le cours de l'action est incroyablement bas, le CA tout comme le résultat continuent de baisser, la nouvelle LiveBox est décevante par rapport à ses concurrentes sorties il y a pourtant plus de 2 ans, ... ah si, je comprends pourquoi ils le soutiennent, Orange est redevenu une planque comme avant, où on se la coule douce, et où on ne demande plus de résultats aux salariés, au contraire du temps de son prédécesseur. J'ai moi même un ami qui bosse chez eux, et j'hallucine quoi je vois le nombre de jours de congé qu'il a par an... et il n'est vraiment pas stressé, je vous le garantis.

Michel  a répondu le 15/06/2013 à 19:26:

Je ne vois pas en quoi le cours de l'action de France Telecom serait à mettre exclusivement pour le compte de M. Richard. La mauvaise gestion de France Telecom ne date pas d'hier, cela a toujours été le cas depuis que l'état a eu un pouvoir de décision dans sa gestion des affaires.

GMV  a répondu le 15/06/2013 à 23:30:

@quelbilan : pffff, bravo les clichés. Je suis salarié Orange, et je fais partie de ceux qui soutiennet S.Richard à son poste de PDG. Pourquoi ? justement pour éviter de revenir à une planque de petit chefs qui faisaient comme bon leur semblaient. Vous n'avez pas suivi l'activité sociale d'Orange ? S.Richard a permis d'assainir le climat social et a mis justement le bien être des salariés dans les objectifs des managers. Ca vous gène ? il faudrait qu'on soit stressé, qu'on bosse sans congés et qu'on crache sur nos patrons ?

quelbilan?  a répondu le 16/06/2013 à 10:13:

@GMV vous dites que "Richard a mis le bien être des salariés dans les objectifs des managers", haha en vous donnant 2 nouvelles semaines de vacances par an nan? vous allez bien dépasser les 15 semaines de CP par an si ca continue!!

GMV  a répondu le 16/06/2013 à 12:44:

desolé quelbilan, mon nb de congé n'a pas augmenté depuis l'arrivée de S. Richard. Je pense que vous évoquez un sujet que vous ne connaissez pas bien, c'est dommage, car ca empche d'avoir une vrai discussion. Orange est une entreprise de droit privé, avec beaucoup de non fonctionnaires qui démarrent avec les memes 5 semaines de congés payés que les autres :) donc renseignez vous vraiment et on pourra discuter.
Pour le moment, vous ne faites que mépriser des hommes et des femmes qui travaillent bien et beaucoup, pour la grande majorité. Je pense également a mes collègues qui ont choisi d'en finir a cause de leur travail ... ils ne l'ont pas fait pour leur manque de stress ou leur congés trop nombreux.
Et vous alors ? qui etes vous pour nous donner ces lecons ? a moins que ce ne soit de la jalousie ? Bref, la discussion tourne mal. Je reste disposé a discuter, mais dans le respect du travail de chacun...