Le Mooc menace-t-il la formation professionnelle classique ?

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DR (Crédits : Reuters)
De la finance au marketing ou au numérique, les Mooc cherchent à s'imposer en entreprise. Avec de fortes économies espérées à la clé.

Les Mooc, certains en parlent, d'autres en font. Éric Chardoillet, le président de la société First Finance, qui assure détenir « de 60 à 70 % des budgets de formation métiers des grandes banques françaises », fait partie de la deuxième catégorie. Dès le 4 novembre, il lancera un Mooc d'analyse financière conçu en partenariat avec Pascal Quiry, professeur à HEC Paris et ancien directeur chez BNP-Paribas.

« Nous avons déjà plus de 4000 inscrits, confie-t-il, et le mouvement pourrait s'accélérer dans les prochains jours. »

First Finance, créé en 1996, était entré en 1999 dans « l'aventure d'e-learning », selon les mots d'Éric Chardoillet.

« Cet e-learning 1.0, avec un salarié contraint d'être présent pendant une heure devant son ordinateur, est en panne dans les entreprises », confirme Jean-Marc Tassetto, cofondateur de CoorpAcademy. First Finance « s'en est bien sorti grâce à la formation classique et à la mise au point de certifications en analyse financière, explique Éric Chardoillet. En 2010, l'AMF a décidé de rendre les certifications obligatoires pour les nouveaux entrants dans les établissements financiers et nous avons pris une bonne part du marché ».

Pourquoi alors se lancer dans un Mooc ?

« Parce que ce type de pédagogie est très innovant, estime Éric Chardoillet. Les cours sont prévus avec une certaine temporalité, cinq semaines pour le nôtre. Le formateur reprend le rôle central. Et le Mooc crée une interactivité forte entre professeur et apprenants, mais aussi entre les participants eux-mêmes. »

Les banques semblent intéressées. « Elles ont inscrit plusieurs dizaines de salariés à notre Mooc, à titre de test », indique le patron de First Finance, qui compte rentabiliser les 150000 euros investis dans l'opération en vendant des « packages » aux participants qui le souhaitent. Pour 50 euros, ces derniers recevront un manuel de support du cours et une correction individuelle de l'étude de cas réalisée durant le Mooc. Et pour 300 euros, ils pourront poursuivre le cours durant 20 à 30 heures supplémentaires, jusqu'à l'obtention du certificat CFF.

« Une grande banque a aussi décidé de recevoir en entretien de stage les dix étudiants ayant obtenu les meilleurs résultats. »

Des coûts de formation divisés par dix

Cette première expérience vat-elle faire tache d'huile dans le monde de la formation professionnelle ?

« On sent un vrai intérêt sur ce sujet, assure Philippe Delanghe, directeur général d'Uni Learning France. De plus, avec l'apparition du cloud, les investissements à réaliser sont moins lourds. Les Mooc constituent donc une vraie menace pour la formation professionnelle traditionnelle. »

« Les entreprises manifestent une forte curiosité sur le sujet », confirme Jean-Marc Tassetto, qui compte leur « proposer tous les cours importants liés à la transformation de l'entreprise et des formations massives autour des produits. Nous leur facturons un coût fixe, puis nous partageons avec elles en fonction du succès rencontré par le Mooc. Par rapport à un cours en présentiel classique, les prix sont divisés d'un facteur de 8 à 10 ».

Des économies bienvenues à l'heure où les budgets sont scrutés à la loupe et où les dérives de la formation professionnelle sont pointées du doigt.

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Commentaires
a écrit le 24/04/2014 à 14:56 :
c'est intéressant ces MOOC, je veux savoir davantage les modalités de l'obtention du packages d'une et la continuité de la formation d'autre part .Ensuite quel diplome aurais-je obtenu à la fin de la formation.
a écrit le 05/11/2013 à 8:40 :
De qui se Mooc t-on ? Passés les 5 ou 10 % de travailleurs hyper qualifiés et autonomes qui peuvent apprendre seuls (mais ils le pouvaient déjà depuis longtemps avec des livres ) la formation est toujours une expérience humaine. Un groupe de personnes se retrouvant autour d'un formateur pour réfléchir ensemble et apprendre.
On n'apprend jamais seul, l'apprentissage est un acte social (comme l'acte de manger) et ce n'est pas en changeant les vocables (FOAD, E-learning, MOOC) qu'on apprendra mieux devant un écran.


C'est comme la TV, tout y est même de bonnes émissions tous les jours, pourtant ça n'a guère d'intérêt et ça ne laisse pas de souvenirs.

Si les MOOC sont si efficaces l'Etat n'a qu'à s'en emparer et remplacer l'école qui ne marche plus par cet enseignement à distance.
a écrit le 04/11/2013 à 16:47 :
Pour les chômeurs, amusez-vous à demander une aide financière à Pôle Enfer pour suivre une formation avec un MOOC ! Ils ne savent même pas ce dont il s'agit ! Rappelez-vous d'Isabelle Maurer devant M Copé: "on n'est jamais dans la bonne case !" Alors, demandez à suivre une formation passée en la forme d'un MOOC dans une université US, à votre conseiller "emploi" de Pôle Enfer et il/elle risque fortement de penser que vous vous MOQUEZ de lui/elle et de demander un arrêt maladie pour agression !!! Quant au conseil régional, il gère toujours son budget avec des formations qui ne mènent à rien mais qui rapportent beaucoup à ceux qui en ont la charge. Ne rêvons pas...

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