Les promesses non tenues du RSA

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Le RSA a perdu son pari : réduire la pauvreté par le travail.
Le RSA a perdu son pari : réduire la pauvreté par le travail. (Crédits : AFP)
Le revenu de solidarité active, créé en 2009 par Nicolas Sarkozy à la place du RMI, espérait vaincre la pauvreté par un système d'incitation à l'activité. Quatre ans plus tard, l'échec est patent, selon le Centre d'études pour l'emploi.

C'était l'un des paris de Nicolas Sarkozy, mais il a tourné au fiasco. Le revenu de solidarité active (RSA), qui a remplacé en 2009 l'ancien revenu minimum d'insertion (RMI) et l'allocation parent isolé (API), prend de l'eau de tous les bords, selon l'analyse que vient de publier le Centre d'études de l'emploi (CEE). La logique visant à assortir les dispositifs de solidarité à l'égard des plus pauvres de mécanismes d'incitation à la reprise d'emploi, afin d'améliorer d'un seul coup les indicateurs de la pauvreté et les finances publiques, n'a pas tenu face à la réalité.

Inefficace contre le chômage...

Contrairement aux attentes, le RSA n'aide pas de manière efficace à retrouver un emploi, observe le CEE. En 2010, 69 % de ses bénéficiaires sans revenus d'activité au mois de janvier étaient encore dans la même situation à la fin de l'année. Le 15 % qui avait réussi à sortir du dispositif n'était pas passé par l'étape du RSA-activité, qui assure un supplément aux revenus les plus faibles (irréguliers ou à temps partiel). En revanche, «les deux tiers des bénéficiaires du RSA-activité seul en janvier 2010 changent de situation dans l'année mais en «retombant» au RSA-socle dans un tiers des cas», constate l'étude. La présomption de l'existence d'un fort chômage volontaire et l'idée d'une trajectoire vertueuse d'abandon de la pauvreté, du RSA de base au RSA complément, sont sortis affaiblis de la confrontation au marché du travail.

... mais aussi contre la pauvreté

Le RSA ne permet pas non plus aux travailleurs à faibles revenus d'améliorer leur niveau de vie. Au dernier trimestre 2010, 68% des personnes éligibles au supplément de ressources RSA-activité seul n'avaient pas demandé la prestation, qui comptait «seulement» 63000 bénéficiaires. La part des allocataires accédant directement au RSA-activité seul était passée de 42% en septembre 2009 à 33% en septembre 2010. Parmi les principales raisons, la «prégnance de l'image d'assistance attachée au dispositif», ainsi que les démarches à accomplir, particulièrement lourdes pour les personnes en emploi, non encore inscrites ni habituée au RSA.

La nécessité d'une réforme

Preuve tangible de ce double échec, citée par l'étude: les mentions contenues dans les lois des finances des dernières années. Si dans celle de 2012 l'indicateur mesurant la sortie de la pauvreté disparaissait complètement, faute de résultats probants, le texte de 2013 (le premier de la nouvelle législature) réduisait sensiblement les objectifs par rapport à 2011. Il admettait d'ailleurs que «l'effet incitatif sur le retour à l'emploi du RSA-activité (même pour les activités ponctuelles ou partielles qui sont plus fréquentes en période économique difficile) ne semble pas avoir atteint le niveau attendu lors de sa création». Aujourd'hui, c'est de l'évolution du contexte économique et de l'accompagnement du retour à l'emploi que le législateur semble attendre de meilleurs résultats.

Un changement de conception s'impose donc selon le CEE, qui épouse la proposition du rapport remis à Jean-Marc Ayrault par le député Christophe Sirugue le 15 juillet 2013: l'instauration, pour les travailleurs à bas salaires, d'une nouvelle prestation, la «prime d'activité». A condition que ses modalités d'attribution soient simplifiées, «pour en faciliter l'accès et la rendre socialement plus acceptable».

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Commentaires
a écrit le 13/11/2013 à 20:52 :
Que de temps perdu ! Le RMI avait été completė en 2005 d'un complément d'activitė (cirma) pour inciter a reprendre un emploi. Le remplacement du "RMI + complément d'activitė" par le Rsa aura t il été seulement un gros coup de pub à destination de tous les électeurs qui avaient zappé la création du complément ?
a écrit le 13/11/2013 à 19:22 :
La vraie question est de fusionner RSA, API, ASS, PPE et emplois d'avenir du secteur marchand pour finalement tendre vers l'allocation universelle qui permettrait de baisser le coût du travail faiblement qualifié à hauteur du coût des mini-jobs sans faire de révolution. Une grande CSG permettrait d'y arriver sans pénaliser les entreprises. Toutes les autres pistes évoquées sont des impasses politiques ou économiques.
a écrit le 13/11/2013 à 17:46 :
le rsa est une ruine pour notre pays nourrir des feneants
Réponse de le 13/11/2013 à 19:24 :
Imaginez qu'un français ne trouve pas de travail et n'ait pas de famille (peut-être vous faut-il un peu d'imagination). Vous faites quoi avec lui ?
Réponse de le 30/11/2013 à 20:34 :
Il y a des personnes qui travaillent et qui n'arrivent pas à manger correctement, les Français ne sont pas des fainéants, il n'y a pas de travail et de reconnaissances, je souhaite bon courage aux B.A.S ( bénéficiaires de l'aide sociale) qui travaillent pour un salaire de misère et sans reconnaissance de statut salarial.
a écrit le 13/11/2013 à 16:42 :
Nos politiciens déclarent et votent des choses intenables, mais qui vont leur amener des voix...et c'est tout ce qui les intéresse !!! On ne décrète pas l'emploi pour tous :-) Ce qu'il faut, c'est créer un environnement économique qui permet de se développer, surtout quand on est une petite entreprise. Mais, cela les politiques ne savent pas faire parce que c'est fatigant et ne rapporte pas de forcément de voix :-)
a écrit le 13/11/2013 à 16:26 :
Mais les 1,1% de csg en plus sont bien restés eux !
a écrit le 13/11/2013 à 16:25 :
A quand sa suppression puisqu'inutile? Le budget pourrait être transféré dans l'assurance chômage ou la formation professionnelle.
Réponse de le 13/11/2013 à 19:26 :
Si vous leur donnez l'assurance chômage qu'avez-vous changé ?
a écrit le 13/11/2013 à 15:30 :
le seul grand gagnant du RSA a été monsieur Hirsch qui s'arrange pour bénéficier depuis toujours des largesses de l'état, récemment nommé Martin tête des hôpitaux de paris (l'AP-HP), un peu de "buzz", de réseautage, un poste bien au chaud et puis s'en-va ....
a écrit le 13/11/2013 à 13:01 :
le rsa sert à ne pas mourrir de faim ni dormir dans la rue, sauf la région parisienne c'est des fous, loyers trop chers, arnaque...
Réponse de le 13/11/2013 à 19:27 :
Bien vu (et quand on ne trouve pas de travail il faut quitter Paris)
a écrit le 13/11/2013 à 12:46 :
le RSA ne fait pas de miracles. S'il n'y a pas d'emplois les gens ne peuvent pas les occuper et tous les dénigrements et les discours biaisés sur les soit dsants employeurs qui ne trouvent pas de candidats ne pourront rien changer à cette réalité là. Donc que le RSA faillisse à remettre les gens dans l'emploi est une résultante logique, même si révoltante. Pour ce qui est de la quantité de personnes qui renoncent à faire appel à cette bouée de secours c'est plus intriguant. Il y entre probablement un peu (beaucoup) de fierté de la part de ceux qui n'en sont pas encore à la dernière extrémité, pour certains ils est déjà trop tard, ils sont SDF et le manque de domicile prouvable les exclut de tout (travail, compte bancaire, papiers d'identité, droit de vote...) et puis je soupçonne les régions et communes, qui supportent tout le poids financier du dispositif, de ne pas être hyper motivés pour faire des campagnes de recrutement. Quand on a déjà dans une commune des frais de CCAS importants on est assez peu tenté de faire la publicité pour inciter plus de personnes à s'inscrire au RSA.
Réponse de le 13/11/2013 à 19:28 :
La solidarité est un budget qu'il faut recentraliser et financer par la CSG
a écrit le 13/11/2013 à 12:18 :
il était helàs évident que cela allait a l'échec , les employeurs ne veulent pas des gens au RSA , hors certains veulent réellement s'en sortir meme avec un mi-temps , les gens au de là de 3 ans de chômage et qui tombent dans le RSA restent et demeurent dans ce système vu qu'aucune entreprises ne veut d'eux vu le langages de certains élus ( assistés ) et (feignants ) qui reviennent souvent dans leurs vocabulaire , pour que ces gens s'en sortent il faudrait un vrai effort tant de l'allocataire qui veut s'en sortir réellement et de l'autre l'entreprise qui joue le jeu .. pour le moment ce n'est pas le cas , il faut changer certaines idées reçues mais c'est facile de dénoncer que certains pauvres profitent pendant que des vrais assistés depuis 40 ans profitent eux du système avec la complicité du politique ..
a écrit le 13/11/2013 à 12:02 :
Ce n'est pas du RSA, des assistances tout azimut que les Français ont besoin, c'est du travail!.
Réponse de le 13/11/2013 à 12:48 :
Une fois l'indignation vertueuse passée, et que la réalité sociale vous rattrape en tant que maire, député voire président de la république , vous faites quoi?
a écrit le 13/11/2013 à 11:42 :
Il est anormal que des aides ne soient pas données systématiquement aux personnes qui en ont besoin. Le fisc sait bien réclamer systématiquement aux contribuable son dû. L'état préfère une paupérisation de la population, une augmentation de la criminalité et de l'insécurité, plutôt que de verser un minimum vital à ceux qui en ont besoin. Les démarches administratives pour faire valoir ses droits sont dissuasives, quand on a la chance d'en avoir connaissance. Pourtant payer 6000 euros annuel de RSA revient à moins cher que 30000 Euros par an pour un détenu.
Réponse de le 13/11/2013 à 12:05 :
Cette situation est révélatrice de la capacité et de la volonté de nos élus à intervenir sur ce problème crucial, si nos "élus" de tous poils étaient rémunérés à leurs résultats positifs, ils ne gagneraient pas bien cher!.
a écrit le 13/11/2013 à 11:38 :
Solution ? faire comme l'Allemagne, pas d'allocation sans un travail (sauf pour les malades ou les personnes handicapées). Mini-job pour commencer ( temps partiel), mais 2 ou 3 mini-jobs, cela fait un salaire complet. Pas besoin de creuser encore les déficits pour des mesures pour "un retour à l'emploi" (un comble), puisque la personne continue à avoir une activité.
Réponse de le 13/11/2013 à 19:36 :
Sauf que les allemands songent à introduire le SMIC car 2 mini jobs ça ne fait que 800 euros et leur consommation intérieure est en berne. La bonne solution c'est l'allocation universelle s'ajoutant au mini job en allemagne et contenue dans le SMIC pour nous, à financer par une grande CSG pour ne pas pénaliser les entreprises.
a écrit le 13/11/2013 à 11:08 :
si Mitterrand n'avait pas instauré le RMI nous n'aurions pas de constat d'échec ,cela n'a pas empêché Hollande d'instaurer la prime glandouille pour les jeunes.Reportage hier sur la 2
En Polynésie pas d'impôt,pas de R.M.I. pas d'indemnité chômage : résultat les investisseurs arrivent et en plus il y a le soleil et la mer
Réponse de le 13/11/2013 à 11:51 :
En Polynésie, trafic de drogue, braconnage, contrebande, trafic sexuelle, augmentation de la pollution et de l'insécurité, VIH... Beau modèle de paradis libérale ! Qu'attends-tu pour venir nous rejoindre ?
Réponse de le 13/11/2013 à 13:56 :
Qu'attendez-vous pour en partir ?
Réponse de le 13/11/2013 à 16:33 :
Ce n'est pas mitterand mais Giscard qui a instaure le rmi, un gars bien a droite.... Votre delire sur le socialisme diabolique vous fait dire n'importe quoi
Réponse de le 13/11/2013 à 19:38 :
C'est Rocard qui l'a introduit (avec la CSG) et ce n'est pas une idée de Mitterand
a écrit le 13/11/2013 à 11:05 :
La raison de cette désaffection :

Une information qui a peu circulé ces dernières semaines, suscite quelques remous dans les CAF : « Oui les revenus de l’épargne quelle que soit la forme de cette épargne sont pris en compte au même titre que les autres revenus perçus par le foyer (salaires, pensions, retraites, etc.) », avoue le Haut commissariat (voir aussi l’encadré ci-dessous). Cette disposition, qui ne figure pas sur le formulaire de demande RSA, et qui est inscrite dans la rubrique 041 (autres revenus) des déclarations trimestrielles, concerne tous les livrets, y compris le livret A, et donc la petite épargne utilisée par les personnes les plus précaires qui ne peuvent avoir accès au système bancaire classique.
Cette taxation des ressources des allocataires au RSA est très perverse : Par exemple, elle consiste à déduire du RSA 3 % du montant de l’indemnité de licenciement que vient de percevoir une personne au chômage. Et si cette somme a été déposé, par exemple sur un livret A, 4 % seront déduit du RSA.
a écrit le 13/11/2013 à 10:50 :
Et un échec de plus du nain hongrois.
Réponse de le 13/11/2013 à 12:29 :
Contrairement à l'actuel locataire de l'Élysée, lui a essayé de faire quelque chose.
J'ai une question pour vous. C'est la haine qui vous rend bête et méchant ou c'est ce que vous êtes ?
a écrit le 13/11/2013 à 9:59 :
Allez, allez ! quelques dépenses sociales supplémentaires pour plaire à la gauche de la gauche...
Réponse de le 13/11/2013 à 11:16 :
Devant m, b, p, la lettre "m" est de rigueur. Alors si vous voulez insulter FH, utilisez un orthographe correct.
Réponse de le 13/11/2013 à 11:42 :
orthographe: nom féminin
Réponse de le 13/11/2013 à 11:59 :
@Jazzies, Flanby est une marque commerciale française de flan au caramel, de texture tremblotante.
Réponse de le 13/11/2013 à 17:21 :
unE orthographe correctE
Réponse de le 13/11/2013 à 17:21 :
unE orthographe correctE
Réponse de le 13/11/2013 à 20:02 :
bof !!!

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