Investissement record de la BEI en France, avec 7,8 milliards d’euros en 2013

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La BEI a accordé un prêt de 120 M € pour la mise aux normes de sécurité du tunnel transeuropéen de Fréjus, avec la création d’une seconde galerie et des dispositifs de régulation de trafic et d’évacuation. © Florian Pépellin (Wikipédia)
La BEI a accordé un prêt de 120 M € pour la mise aux normes de sécurité du tunnel transeuropéen de Fréjus, avec la création d’une seconde galerie et des dispositifs de régulation de trafic et d’évacuation. © Florian Pépellin (Wikipédia) (Crédits : Florian Pépellin (Wikipédia))
En passant de 4,3 milliards d’euros de prêts en 2012 à plus de 7,8 milliards en 2013 (+ 80 %), la Banque européenne d’investissement (BEI) accroît comme jamais son engagement en France. C’est le résultat de la politique de relance par l’investissement actée en 2012 par le Conseil européen, mais aussi d’un « activisme » renforcé des opérateurs économiques français, privés et publics.

Philippe de Fontaine Vive, premier vice-président de la BEI, l'avait annoncé en exclusivité dans La Tribune Hebdo, en novembre 2012 : l'année 2013 serait celle d'une très forte augmentation des concours de la BEI à l'économie française. La prévision s'est avérée exacte, puisque l'engagement de la BEI s'est finalement élevé à 7,8 milliards d'euros, "un nouveau record", a-t-il souligné lors de son point presse au bureau parisien de la banque, ce jeudi 9 janvier.

Le « bras armé » de l'Union européenne

La BEI étant le « bras armé » de la politique économique de l'Union européenne, ce surplus d'engagement de sa part - à quoi il faut jouter les 546 M € Fonds européen d'investissement (FEI), ce qui fait pour le groupe BEI un total de financements nouveaux de 8,346 Mds d'euros - a été rendue possible par l'augmentation de 10 milliards d'euros de son capital, décidée en décembre 2012 par le Conseil européen, et qui visait à permettre à la BEI de prêter 60 milliards d'euros supplémentaires en 2013.

38 milliards d'encours en France

La France, où l'encours actuel de la BEI s'élève 38 milliards d'euros, détient 16 % du capital de cette institution dont sont actionnaires tous les Etats membres de l'Union européenne. Mais l'augmentation exceptionnelle des concours dont l'Hexagone bénéficie en 2013 ne relève en rien d'une quelconque redistribution au prorata : « Il n'y a pas de politique de quotas par pays », rappelle Philippe de Fontaine Vive.

Soutien à la croissance et à l'emploi

L'accroissement des prêts de la BEI est donc aussi à mettre en partie au crédit des opérateurs économiques français, tant privés que publics, qui ont su faire valoir leurs projets, pour autant qu'ils se situaient dans le cadre des lignes d'actions prioritaires de la BEI : infrastructures, éducation et formation, innovation, PME… et plus généralement soutien à la croissance et à l'emploi.

27 projets de modernisation

Côté infrastructures publiques, la BEI a contribué en 2013 à leur modernisation en diverses régions, pour un total de 3,97 milliards d'euros portant sur 27 projets (transports, électricité, aéroport, lycées et établissements professionnels, voir le détail ci-dessous).

Plus de 2,6 milliards d'euros pour les entreprises

Côté entreprises, la BEI a contribué au financement de 11 projets (1,32 Md €) d'innovation industrielle et technologique ainsi que de 5 projets (1,34 Md €) d'accès au crédit pour des PME. Quatre groupes industriels ont ainsi bénéficié de son concours en 2013 : Airbus (300 M€ pour la R&D sur la réduction de l'impact environnemental des avions ; Amadeus (150 M€ pour la R&D sur les systèmes de réservation) ; Renault (400 M€ pour l'optimisation de la performance écologique des véhicules) ; PSA Peugeot Citroën (300 M € pour le développement es technologies à faible émission de CO2.

Action plus forte en faveur des PME

Mais, l'année 2013 aura été aussi celle d'une action plus forte en faveur des PME : « Notre accord avec la CDC [signé en juin 2013, ndlr] nous a permis d'amplifier notre action au plus près des besoins des entrepreneurs, pour les accompagner dans leur développement et créer des emplois, en leur offrant une gamme diversifiée d'outils financiers, relève Philippe de Fontaine Vive. Concrètement, cela s'est traduit par 1,34 milliard d'euros de financements en faveur des TPE-PME via Bpifrance (750 M €), Arkea (150 M €), Crédit Mutuel (200 M €) et Crédit Agricole SA (200 M €), ainsi que 536 millions d'euros de prises de participation ou de garanties par le FEI. Grâce à l'effet de levier de ces financements, cela représente 5,6 milliards d'investissements réalisés par plus de 150 000 PME et TPE françaises. »

7 milliards d'euros de nouveaux engagements en 2014

Un tel effort de soutien à la relance par l'investissement en France pourra-t-il être maintenu en 2014 ? Cette fois, le vice-président de la BEI ne promet pas qu'un nouveau record pourrait être battu. Mais il affirme que la ligne d'horizon des nouveaux engagements de la BEI en France se situera encore autour de 7 milliards d'euros. Pas si mal !

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Les infrastructures ayant bénéficié d'un financement de la BEI en 2013 :

 - Modernisation du réseau TER au sein de trois régions françaises : Région Pays de la Loire (200 M € pour financer des projets ferroviaires sur l'ensemble du territoire régional) ; Région Alsace (120 M € pour l'acquisition de 24 nouvelles rames Régiolis) ; Région Rhône-Alpes (200 M€ pour l'acquisition de 40 rames électriques Régio2N).

 - Transport d'électricité : accord de financement de 500 M € à RTE pour optimiser l'efficacité du réseau français de transport d'électricité. La première tranche de 300 M €, signée en mars 2013, permet de financer le « filet de sécurité PACA», plaçant ainsi la région Provence-Alpes-Côte d'Azur au même niveau de sécurité que les autres régions françaises.

 - Tunnel transeuropéen de Fréjus : prêt de 120 M € pour la mise aux normes de sécurité de ce tunnel transeuropéen, avec la création d'une seconde galerie et dispositifs de régulation de trafic et d'évacuation.

- Station d'épuration de Seine Aval : prêt de 600 M € pour la modernisation des installations de cette station du service public de l'assainissement francilien, traitant 50 % des eaux usées de l'agglomération parisienne.

 - Syndicat mixte Bil Ta Garbi dans les Pyrénées-Atlantiques : prêt de 50 M € pour la construction de deux infrastructures de valorisation et de traitement des déchets ménagers.

 - Rocade L2 à Marseille : prêt de 155 M € pour cette rocade située sur le réseau transeuropéen de transport de l'Arc Latin reliant Barcelone à Gênes.

- Transport urbain de de Lille Métropole (100 M €) et du Grand Nancy (55 M €).

- Aéroport de Lyon Saint-Exupéry : 140 M€ pour une gestion plus environnementale du trafic en plein développement. Le projet comporte la création d'un nouveau terminal, le réaménagement des aérogares, des voies de roulage et des services d'embarquement et de gestion des flux. Ce financement porte à 3,2 milliards d'euros le total des financements accordés par la BEI pour des projets de développement économique du Grand Lyon.

 

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Commentaires
a écrit le 11/01/2014 à 9:42 :
la BEI n'investit pas elle prête, ce n'est pas une nuance...
a écrit le 09/01/2014 à 16:17 :
La Grece sort de l'EURO vive la GRECE .Je pars en Grece ; Il y en a assez de cette europe qui detruit tous les pays par une caste de mangeur d'argent '' les banques ''.
Réponse de le 11/01/2014 à 9:35 :
Economie33 Je crois que vous prenez les choses par le mauvais coté de la lorgnette.comme on dit.Il faut voir les choses dans l'ordre les politiques définissent un cadre économique qui devient de facto des lois,des décrets européens ou nationaux (oui de moins en moins nationaux) et partant de ce principe les acteurs économiques s'adaptent .Si la politique va dans leur sens tout va bien ce qui est le cas(pour la finance).La politique économique définie étant mauvaise pour les États nation du fait de leur disparité économique ,les résultats suivent,nous sommes dans la purée car avec l'euro supra national nous n'avons plus d'instrument qui permettent la régulation de notre économie,en clair le mano est cassé,on va donc se prendre la chaudière dans la gueule.

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