Sur quel tas d'or sous-marin la France est-elle assise ?

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Avec 11 millions de kilomètres carrés, la France est la deuxième puissance maritime mondiale, juste derrière les Etats-Unis.
Avec 11 millions de kilomètres carrés, la France est la deuxième puissance maritime mondiale, juste derrière les Etats-Unis. (Crédits : Reuters)
La France dispose du deuxième domaine maritime mondial, derrière les Etats-Unis. Pourtant, les gouvernements successifs n’ont pas été capables de construire une politique maritime digne de ce nom, préférant tenter de dupliquer le modèle économique allemand basé sur le développement de l’industrie à l’export. En plusieurs volets, La Tribune enquête sur cet « oubli » de la politique économique gouvernementale. Après avoir « exploré » le domaine maritime français, et fait un premier point sur les opportunités de développement des DOM, ce troisième volet fait un point sur les ressources potentielles contenues dans les sous-sols marins français.

La France possède le deuxième domaine maritime mondial. Sa surface s'élève à 11 millions de kilomètres carrés, ce qui fait de la France la deuxième puissance maritime mondiale, juste derrière les Etats-Unis, pour à peine 300.000 kilomètres carrés d'écart !

Ce domaine pourrait même s'agrandir si la France parvenait à faire reconnaître devant l'ONU ses revendications territoriales dans le Golfe de Gascogne, la Guyane, la Nouvelle-Calédonie et les Iles Kerguelen. Au total, ce sont plus de 1,5 million de kilomètre carrés qui pourraient venir s'ajouter aux 11 millions déjà recensés.

Et après ? A quoi peut servir un tel domaine maritime ? Dans son avis du 9 octobre présenté par Gérard Grignon au nom de la Délégation à l'Outre-mer, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a fait un point sur les ressources potentielles du plateau continental. Il pourrait recéler des hydrocarbures, des sulfures hydrothermaux riches en cuivre, zinc, plomb, cobalt, argent et or, des encroutements cobaltifères, des nodules polymétalliques contenant du fer, du manganèse, du cuivre, du nickel et du cobalt., des terres rares comme l'erbium et le lutetium, indispensables à la production d'appareils électroniques courants (téléphones mobiles, ordinateurs...), des ressources biologiques et des organismes vivants. L'accès à ces richesses potentielles est " un atout considérable pour notre pays s'il contribue à un nouveau modèle de développement durable, en particulier dans les territoires ultramarins ", considère le CESE.

Des ressources limitées

Si la France parvient à exploiter ces ressources, elle pourrait sécuriser tout ou partie de son approvisionnement pour certains métaux stratégiques, la durée des réserves des gisements terrestres pour les matières les plus critiques étant préoccupante. Selon une étude publiée par l'Ademe en juillet 2010 sur le potentiel de recyclage de certains métaux rares, cette durée est en effet estimée à 13 ans pour l'argent et moins de 100 ans pour le cobalt?. " Des échantillons de sulfures hydrothermaux montrent que le gisement pourrait être équivalent aux ressources terrestres. La surface de la plupart des dépôts est significativement enrichie en cuivre et zinc dont le total dépasse 10 % dans plus de 65 % des sites ", précise cette étude.

Composition sous marineHydrocarbures, sulfures hydrothermaux, terres rares, les richesses potentielles du plateau continental sont vastes. 

Des défis techniques que seule l'innovation pourra relever.

Reste à la France et à ses entreprises de s'affranchir des difficultés techniques que pose l'exploitation de cette richesse sous-marine. Dans le prolongement des travaux du CESE, le rapport de la Commission Lauvergeon Innovation 2030 remis à François Hollande cet automne qui a également identifié la valorisation des richesses marines comme l'un " des domaines où la France a du potentiel pour des innovations majeures ", propose une méthode de travail.

Après avoir approfondie la connaissance des fonds marins pour identifier les zones de minerais les plus prometteuses, la Commission rappelle la réalité des enjeux technologiques parmi lesquels " la réponse à la pression de l'eau, à la corrosion, la nécessité de commandes à distance, etc... » tout en rappelant, souci de précaution oblige, que l'exploitation potentielle devra tenir compte de la très riche biodiversité animale dans les sites visés " avec une règlementation contraignante à anticiper dans ce domaine ".


Un partenariat avec l'Europe

" La valorisation accrue des minerais des fonds marins est identifiée parmi les objectifs stratégiques du partenariat européen d'innovation pour les matières premières. Les termes de cette stratégie seront sans doute repris dans les appels à projets du programme Horizon 2020 de la Commission européenne. Au-delà des atouts français, l'identification de partenaires européens est donc indispensable, notamment pour mobiliser les importants financements nécessaires ", suggère la Commission qui formule plusieurs leviers d'action : développer des technologies innovantes d'exploration, d'exploitation et de traitement des minéraux, via le lancement d'un concours d'innovations permettant de développer des technologies performantes en matière d'exploration régionale, d'évaluation des ressources et de respect de la biodiversité, de surveillance de l'environnement, d'exploitation et de traitement des minéraux sur la base de partenariats publics-privés.

" Ces travaux de R&D devront conduire à la réalisation d'un pilote industriel pour l'extraction des métaux à partir de minerais océaniques, qui diffèrent de ceux exploités à terre. Le potentiel d'une partie de la ZEE française pourrait être mis à profit pour développer un pilote in site de démonstra­tion des différentes techniques d'exploitation sous-marine ". L'aventure ne fait que commencer.

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Commentaires
a écrit le 09/07/2014 à 0:26 :
La mise en exploitation serait très coûteuse. Mais on peut préparer des plans possibles jour où cela sera rentable.
a écrit le 08/07/2014 à 21:17 :
Et qui a dit que les Dom Tom étaient un boulet pour la France et ses concitoyens ?
a écrit le 08/07/2014 à 18:28 :
Bon, c'est clair, faut du fric pour financer ces éventuels projets marins.
a écrit le 08/07/2014 à 15:28 :
Aller remonter les nodules polymétalliques du fond des océans n'est pas économiquement gagné; d'autant qu'il existe des gisements colossaux à terre qui n'attendent que la hausse des cours pour être mis en exploitation, comme Olympic Dam en Australie (mais les investissements sont également énormes)
Ca n'empêche pas la France de protéger son domaine et d'étudier comment faire (on a les sociétés et les hommes) et de s'affranchir des bobos, altermondialistes, ecolos bornés qui l'empêchent de prospecter sur son territoire
a écrit le 08/07/2014 à 14:21 :
Pour cela il faut une vision et une marine car il faut l'occuper cet espace maritime montrer que la France est là, aujourd'hui les ressources biologique sont pillées sans aucune vergogne.
Mais pour cela il faudrait élire des marins et pas des paysans. La France a toujours les deux pieds dans la glaise. Elle a eu un empire colonial, dont il reste des confettis grâce a quelques visionnaires. De toute façon que ce soit a Élysée ou a Versailles: "ce ne sont que quelques arpent de neige et de glace...."
a écrit le 08/07/2014 à 14:07 :
Et on oublie parfois que, si la France est effectivement 2ème puissance maritime, c'est grâce à la Polynésie française ! Ce territoire de 5 millions de km2, aussi vaste que l'Europe, est rempli de terres rares et minerais. Dommage qu'on apporte peu de considération à ce potentiel.
a écrit le 08/07/2014 à 11:10 :
exploiter! exploiter! la Terre n'appartient à personne !! qu'on se mette bien ça dans la tête, un de ces jours, on va le payer et ce sera tant mieux!fric, fric, fric quel monde de pourris!
Réponse de le 08/07/2014 à 13:00 :
sans exploration vous n'auriez sans doute pas pu écrire votre commentaire.
Réponse de le 08/07/2014 à 13:34 :
Rongnongnon a ses ragnagna....
Réponse de le 08/07/2014 à 16:46 :
Et alors, ça n'en rend pas moins inéluctable le jour où l'addition nous sera présentée.
Réponse de le 08/07/2014 à 17:24 :
De toutes façons la terre n'est pas éternelles elle est vivante et un jour elle mourra. Refroidissement du noyau avec arrêt du champ magnétique qui provoquera le ravage de la surface du globe par les vents solaires. Le soleil qui un jour petera. Un Géo croiseur qui nous rendra visite. Alors autant la bouffer tant qu'elle est fraiche et jeune.
Réponse de le 08/07/2014 à 18:10 :
vous avez trouvé cela tout seul? vous êtes épatant" !!
Réponse de le 08/07/2014 à 18:12 :
exploration, et "exploitation ; pas la MEME NUANCE! réfléchissez donc un peu !
Réponse de le 08/07/2014 à 18:38 :
Réponse à Rognongnon : rien ne disparait , car ce que l'on ramasse reste sur la planète à 100 % , mais ailleurs ....

Appamée
a écrit le 24/02/2014 à 6:37 :
avec culbuto et ce gouvernement de ringards .....on est loin des plans de de gaule !!
a écrit le 21/02/2014 à 13:53 :
Avec la trentaine de grand groupe industriel français comme Total, Air liquide, Vallourec, et tant d'autres groupes industriels, une trentaines, et encore plus européen, la France a les capacité d'exploiter ces ressources, manquent le financement public/privé.
Réponse de le 08/07/2014 à 10:06 :
tout à fait, et vous oubliez les Bourbon, Technip, DCNS, Alstom (éolien) etc...
Les écoles existent: écoles de la marine marchande, parmi les plus réputés au monde dans leurs spécialité, Ecole Navale, diverses écoles d'ingénieurs.
De l'argent il y en a, des ingénieurs aussi et des écoles, on n'en manque pas. Une grosse partie de la jeunesse française sans emploi à la hauteur de ses qualifications pourrait trouver des débouchés dans cette industrie qui devrait être développée en développant un contexte fiscal favorable à l'investissement, tout en protégeant cette richesse spécifiquement française.
a écrit le 17/02/2014 à 15:28 :
L'extraction marine de ces minerais serait 4 à 5 fois plus coûteuses qu'elle ne l'est sur terre. Compte-tenu que le coût d'extraction représente la plus grande part du coût complet, à quel prix selon vous arriveraient ces minerais sur le marché et pensez-vous qu'ils soient (un jour) compétitifs ? Et pour compenser, va-t-on dissimuler ce gap de compétivité par des subventions et autres subtilités de la comptabilité publique comme on l'ait fait dans le nucléaire ? Le concours de Madame Lauvergeon dans cette entreprise laisse songeur... Quant à M. Mélanchon, le pseudo-intello des basses-couches, il suffit d'agiter un chiffon rouge pour qu'il se lance tête baissée dans la mêlée... Au final, on ne peut pas manquer tous les rendez-vous d'une reprise possible, mais gardons la tête froide sur ce projet !
a écrit le 11/02/2014 à 17:16 :
Moi je ne suis pas pour un partenariat Européens . On a vue avec la défense....pas la peine dans rajouter . Les instituts de type Ifremer devraient être concernés pour la recherche et le parapétrolier pour l' exploitation, avec les chomeurs dont la France dispose pour l' affectation aux divers exploitations .De la volonté sinon la matière grise et la technologie on l' a .
a écrit le 11/02/2014 à 10:25 :
Juste au passage, comme ça, pour amener de la perspective à votre article :

Le Parti de Gauche en parle depuis des mois de l'économie de la mer, Mélenchon a même participé à des "Assises écosocialistes de la mer" il y a quelques semaines à Toulon sur Mer. Ça aurait pu être précisé, non ?
a écrit le 11/02/2014 à 4:37 :
Vous pourriez être plus précis en indiquant que c'est notamment grâce à la Polynésie que la France détient le second domaine maritime mondial. La France est très en retard dans ce domaine, notamment face aux chinois et aux Australiens qui lorgnent sur les ressources minières et halieutiques du bassin pacifique. Le ministre des ressources marines du gouvernement autonome de Polynésie s'est rendu très récemment en métropole et auprès des instances européennes pour tirer la sonnette d'alarme sur ce sujet. Il serait souhaitable d'avoir dès maintenant un partenariat constructif avec les instances de Polynésie dont il faut souligner les susceptibilités dès lors qu’on empiète potentiellement sur leurs compétences. Pour information, le gouvernement local entend tirer les dividendes des ressources propres à son territoire, qui subit depuis 2004 une crise économique sans précédent.
a écrit le 10/02/2014 à 23:56 :
Très bon article et analyse qui vont devenir de plus en plus vite un sujet primordial de l'actualité. De nombreux pays ont la même problématique technologique et peuvent s'associer ce qui pourrait répondre au moins en partie au défi environmental. Reste aussi à avoir les moyens de sécuriser ce vaste territoire maritime. Pour info, il est assez souvent nettement moins polluant de faire des prélèvement dans l'océan selon les endroits qu'à terre. Les océans ne sont en effet pas partout couverts de faune et flore, loin s'en faut.
a écrit le 10/02/2014 à 23:56 :
Très bon article et analyse qui vont devenir de plus en plus vite un sujet primordial de l'actualité. De nombreux pays ont la même problématique technologique et peuvent s'associer ce qui pourrait répondre au moins en partie au défi environmental. Reste aussi à avoir les moyens de sécuriser ce vaste territoire maritime. Pour info, il est assez souvent nettement moins polluant de faire des prélèvement dans l'océan selon les endroits qu'à terre. Les océans ne sont en effet pas partout couverts de faune et flore, loin s'en faut.
a écrit le 10/02/2014 à 23:06 :
La seule ressource dont dispose la France sur ses territoires ultramarins, c'est un lot d'assistés trompant l'ennuie par l'alcool, le tabac et les femmes... Pour votre information Eramet peine à maintenir sa production de Nickel en Nouvelle Calédonie.
Réponse de le 11/02/2014 à 0:09 :
Vous connaissez visiblement bien mal ce sujet. La baisse de la production est liée entre autres au cours des matières premières, aux différents opérateurs sur place, à la redistribution, à des subventions, à des questions environmentales justifiées etc. Cà n'a rien d'un problème fondamental qui serait lié à de soi-disant assistés etc.
Réponse de le 11/02/2014 à 9:52 :
Enfin une bonne nouvelle : les femmes ne sont pas des assistées ! vous voyez que vous pouvez faire fonctionner votre cerveau, même par inadvertance.
Réponse de le 11/02/2014 à 18:45 :
@anonyme

Libre à vous de voir le verre à moitié plein. Les femmes quelque soit le territoire se retrouvent en situation d'handicap face aux hommes. Seul le socialisme est égalitariste sur Terre.
Réponse de le 11/02/2014 à 19:02 :
@Sofinor

Votre interprétation de mes propos est erronée. Aucun lien de cause à effet n'est mis en avant entre assistés et non rentabilité de la production de Nickel en Nouvelle Calédonie liée effectivement au cours du métal.
Réponse de le 15/02/2014 à 21:34 :
"assistés trompant l'ennuie par l'alcool, le tabac et les femmes" = la belle vision métropolitaine de celui qui n'y vit pas et reste campé sur ses préjugés...
Réponse de le 16/02/2014 à 22:47 :
Et sinon, tu votes extrême droite?
Il faut arrêté de lire l'équipe,
Il y a des journaux et des livres plus intéressant .
a écrit le 10/02/2014 à 22:23 :
Dans la situation de la France cela permettrait un rebond mais à quel prix environnemental ? Il faudrait un gros effort de recherche pour ménager l'un comme l'autre ? Un choix déchirant ...
a écrit le 10/02/2014 à 21:52 :
et vous ne comptez pas les territoires lunaires ??? hahahaha
Réponse de le 11/02/2014 à 0:12 :
Pour info la lune comme toute planète appartient en droit international actuel à tout le monde.
Réponse de le 16/02/2014 à 0:11 :
la lune est un satelite et pas une planete et aucun objet ou peut on dire etre celeste apartient á personne au contraire nous sommes les bien de la terre pas plus pas moin.
a écrit le 10/02/2014 à 18:10 :
Avec le coût de la main d'oeuvre , il se pourrait que votre " tas " d'or ne vaille rien.
a écrit le 10/02/2014 à 17:46 :
Tous le monde le sait , nous sommes assis sur un vrai tas d'or . Problème , c'est toujours des discours qui ne mènent nulle part . Qu'attendent nos dirigeants pour foncer ?
Réponse de le 10/02/2014 à 23:58 :
Tout simplement que le cours des matières premières remonte

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