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Climat social: la lassitude des salariés face à la crise pèse sur la compétitivité

La conflictualité est en baisse dans les entreprises mais la lassitude des salariés gagne du terrain
La conflictualité est en baisse dans les entreprises mais la lassitude des salariés gagne du terrain (Crédits : Reuters/Benoit Tessier)
Jean-Christophe Chanut  |   -  1055  mots
Une note de conjoncture sociale rédigée par deux grands spécialistes des questions sociales met le doigt sur le "mal être" et le désengagement des salariés dans les entreprises, ainsi que sur les erreurs de management. Autant de facteurs qui nuisent à la compétitivité.

Le « calme avant la tempête » ? Hubert Landier, expert en relations sociales spécialisé dans les audits de climat social, et François Geuze, intervenant au Master  Ressources Humaines de l'Université de Lille 1, viennent de publier leur note « de conjoncture sociale »*. Réalisée sur la base de 125 entretiens auprès de salariés d'entreprises de tailles et secteurs très divers ainsi qu'à partir des réponses à un questionnaire envoyé à 2.945 salariés représentatifs de la population française, cette étude, très complète, ne brille pas par son optimisme.

Toute la première partie, consacrée à l'environnement macro-économique et politique, montre des salariés désabusés par les hommes politiques, déçus par les promesses non tenues, fatigués par la crise économique et tentés par les extrêmes.

La deuxième partie, reproduite (en résumé) ici, décrit une sorte de lassitude au sein des entreprises qui n'est pas sans conséquence sur la productivité, à l'heure où l'on tente de revaloriser le « made in France ». Manifestement, ce n'est pas gagné.

Dans les entreprises, les auteurs observent deux phénomènes concomitants : « une baisse de la conflictualité laissant place à une tendance massive au désengagement beaucoup plus coûteuse pour les entreprises, quoique moins visible » ainsi qu'une « destruction des collectifs de travail par suite de la mise en œuvre de certaines méthodes de management ».

Une baisse de la conflictualité qui s'explique par différents facteurs

De nombreux facteurs jouent en faveur d'une baisse de la conflictualité. Les auteurs en mettent quelques unes  en exergue. Ainsi, la peur du chômage, qui peut inciter les intéressés à la prudence, sauf quand ils n'ont plus rien à perdre (menace de restructuration) ; les contraintes personnelles, liées notamment à l'existence d'engagements financiers comme des emprunts ; l'absence de tradition conflictuelle parmi les jeunes, qui raisonnent davantage d'une façon plus individualiste et en termes de fuite (« je ne suis pas satisfait, donc je me casse ») qu'en termes de résistance et d'action collective (« tous ensemble…. ») ; l'absence de crédibilité de nombre de mots d'ordre syndicaux et, d'une façon plus large, la perte d'influence du syndicalisme sous ses formes traditionnelles.

Pour autant, notent les auteurs, « bien qu'ils aient parfois un caractère anecdotique, les conflits n'en bénéficient pas moins d'une forte visibilité », notamment grâce à une forte médiatisation, comme à Aulnay chez PSA ou Goodyear à Amiens.. 

Le désengagement constaté des salariés

Mais selon la note de conjoncture, il y a peut-être pire que la conflictualité… c'est le désengagement. Nombre d'entreprises doivent en effet faire face à une tendance massive au désengagement des salariés. Celui-ci consiste à « faire ses heures », puisqu'il le faut, « sans pour autant véritablement s'investir dans son travail ». Le désengagement prend ainsi différentes formes : dans les services, il s'agira par exemple d'une attitude désinvolte à l'égard des clients, dans l'industrie, il prendra la forme de retards, d'erreurs, de malfaçons, de casses d'outillages, de détérioration de matériels. Ll'absentéisme de courte durée, dans la mesure où il ne correspond pas toujours à une impossibilité réelle de se rendre à son travail, représente également une forme de désengagement. Ce dernier, enfin, « peut prendre la forme d'une résistance passive au changement alors même que l'entreprise devrait pouvoir compter sur la pro-activité des salariés en vue d'assurer sa réussite ».

Les auteurs soulignent aussi que le problème du désengagement est « est d'autant plus grave que les coûts cachés qu'il entraine peuvent être très importants et réduire sensiblement la performance de l'entreprise. Il en va de même de la résistance au changement ».

Des pratiques de management qui "tuent" les collectifs de travail

Quant à la destruction des « collectifs de travail », les auteurs livrent sur cette question une analyse intéressante que nous reproduisons ici in extenso:

« Nombre d'entreprises ont mis en place des dispositifs d'évaluation individuelle. Ceux-ci passent par le canal d'entretiens, généralement annuels, avec le responsable hiérarchique et sont souvent accompagnés d'augmentations de salaire au mérite. La raison d'être de tels dispositifs fait partie des classiques du management humain tel qu'on l'enseigne : il s'agit de récompenser l'effort individuel et de ménager, au moins une fois par an, un entretien qui permette d'aborder un certain nombre de thèmes - évolution des performances, progrès à accomplir, besoins de formation, possibilités d'évolution, etc. Cela semble aller de soi ; le problème est qu'il y a parfois un écart sérieux entre la pratique et l'intention : entretiens bâclés ou réduits à une simple obligation administrative, « primes de mérite » attribuées de façon incompréhensible aux yeux des intéressés ou en fonction d'objectifs qui ne leur ont pas été expliqués. Et surtout, cette façon de vouloir juger la performance individuelle peut être très artificielle dès lors que celle-ci est fonction de l'efficacité du collectif de travail. C'est ainsi, par exemple, que l'on verra des salariés d'un niveau de compétence reconnu éviter de passer du temps à transmettre celle-ci aux jeunes par souci de « ne pas perdre du temps » compte tenu de leur objectif de résultat personnel ».

"Cette individualisation des objectifs, des rémunérations et des comportements se combine souvent avec les effets de réorganisations incessantes de l'entreprise. Ces réorganisations,décidées d'en haut, souvent sans aucune participation venant des intéressés auxquelles elles sont imposées, ne font pas nécessairement l'objet d'une information très soigneuse. Il en résulte que les salariés cessent de pouvoir se sentir parties prenantes d'un projet partagé ; ils subissent des décisions dont les tenants et les aboutissants leur échappent et dont ils contestent parfois - à tort ou à raison - le bien fondé. L'organisation de l'entreprise devient pour eux quelque chose qui leur est étranger. D'où leur jugement : « ça change tout le temps on ne sait plus qui fait quoi"".

 Un « mal être » et des dysfonctionnements qui devraient être analysés de très près et pris en considération dans le débat actuel sur la compétitivité.

 

* La note de conjoncture sociale complète peut-être commandée à :

Florence VIELCANET
florence.vielcanet@parlons-social.com

 

 

 

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Commentaires

Mh2  a écrit le 23/03/2014 à 4:45 :

Le désengagement des salariés découle d'une perte de sens. Et c'est bien au manager de donner du sens. Le problème c'est qu'aujourd'hui les managers ne managent plus mais ils gèrent. Ils sont victimes de systèmes qui ont fait d'eux des gestionnaires.... La gestion a pris le dessus sur le sens.

dave  a écrit le 18/03/2014 à 12:31 :

N'avons nous pas un petit souci de société: le chômage ne cesse de grimper, et on parle d'une révolte électorale qui s'exprimerait aux élections? Croix de bois, si je ments je vais en enfer! Le mensonge est-il un bon fonctionnement?

Bof  a écrit le 18/03/2014 à 8:36 :

Si on supprime des usines et des emplois publics, si on baisse les retraites et le pouvoir d'achat en montant les tva, c'est qu'on est contre l'emploi, contre le travail, contre le pouvoir d'achat...

MaiGrat  a écrit le 17/03/2014 à 20:08 :

Olala, la température sociale fait des extrêmes... olala encore combien de chômeurs! Olala, en Europe du sud existent beaucoup de tanguys... 50% et chez nous 61% des diplômés, olala, ils sont vraiment des gastons en espadrilles! Mais alors pourquoi nos bien aimés dirigeants n'arrivent pas à faire de la croissance... appelons Mr Colombo, qui règlera l'affaire, sociale qu'on lâche pour cause d'humanisme défaillant. Pour la mission civilisatrice, est-ce qu'on tient compte de ce qui est sous le tapis? Le cice, c'est du mirage, du virage ou bien réponse c, du miracle avec la petite cour des miracles dans les nuages.

Pff  a écrit le 17/03/2014 à 16:26 :

Puisqu'on parle du travail, après la diminution de la compétitivité, quelle inertie, on nous serine la fiscalisation des heures sup pour 2014, et autres réjouissances, un déficit égal à 40% des recettes, 82 pour 203 en prévision... plus 20 à l'Europe.

Go  a écrit le 17/03/2014 à 16:12 :

Puisqu'on parle compétitivité, on parle du CICE, donc de la loi de finances: a quoi s'attendre en terme de PLF 2014? On tire sur les ménages, fin de la PAUSE FISCALE, Denfer a encore frappé! Le solde des postes est -2144 après -1287 hormis +2000 à pôle emploi.
TVA +6 milliards, cadeau aux entreprises pour cause de compétitivité (CICE). QF augmentation moyenne d'impôt de 64€ par mois et par foyer. Taxe de solidarité hauts salaires, sur 1000 personnes, 260 millions € puis 160 en 2015. -1,5 milliards de dotation aux collectivités, prévoir une hausse des impôts locaux... Recettes sur les particuliers 2 à 3 milliards, soit 10 TVA incluse. Optimisation fiscale 2 à 3 milliards. Taxe EBE 3 milliards. Baisse des retraites et allocations sociales 6 milliards dont 3 de moins pour la branche maladie. IRPP 75 en 2013, prévu à 81,3. IS prévu à 60 après 63 (contre 69 prévu en 2013). TVA 191 après 186 réalisé contre 196 de prévu en 2013. DEPENSES hors charges d'intérêts (46,7 milliards) et pensions (45,4 milliards) réduites de 1,5 milliards (inflation prévue 1,3%, en volume -1,7%) au budget = 203,9 milliards plus UE 20,1 (probablement MES) et collectivités 54,3 soit un total arrondi à 380 milliards et 82,2 milliards de déficit pour des recettes à 300 environ. Le DEFICIT = 27% des recettes. Et quelle est la croissance? On tire un peu sur tout le monde... coup de marteau fiscal! Les baisses d'impôts et le pouvoir d'achat, en veux-tu en voila! Et l'usine, elle était là, ho, elle est plus là? Le chômage en veux-tu en voila, reprise de la hausse, sous 2,5%... le bonsoir à 16h55 en espadrilles, vive l'anniv de gaston, le roi de la feignasse au travail en hamac ou productif en ronflements sociaux bien planqué! Baisses de dépenses prévues: de 57 à 54 en 2017...

Correction  a répondu le 17/03/2014 à 16:30:

Les recettes prévues sont de 224 nettes de prélèvements, donc un déficit de 37%... une paille!

Pttigui  a écrit le 17/03/2014 à 13:20 :

« destruction des collectifs de travail par suite de la mise en œuvre de certaines méthodes de management ».

Intéressant, il faudrait dire de quelles méthodes de management on parle car au quotidien ça ressemble plus à une absence totale de management. "qu'est-ce que tu proposes" est sans doute la phrase la plus prononcée par les managers d'aujourd'hui. A se demander à quoi ils sont payés.

L’intelligence dérange  a écrit le 17/03/2014 à 9:26 :

"Les surdoués sont-ils sous-employés ?"
www.femina.ch/societe/news-societe/les-surdoues-sont-ils-sous-employes?page=0,0

Realiste  a répondu le 17/03/2014 à 9:33:

Non ils sont méprisés par cette état médiocre et non d'autre chois que de quitter le pays.

@Realiste  a répondu le 17/03/2014 à 11:23:

Ils sont méprisés aussi au niveau de l'entreprise

COLONEL GRINGO  a écrit le 16/03/2014 à 21:44 :

En tout cas je travaille pour vivre mais je ne vis pas pour travailler!
Vu l'augmentation de salaire que j'ai eu ( 6euros nets de plus par mois) alors que je me suis arraché 2 années de suite, maintenant je ralentis complètement la cadence!!

@colonel  a répondu le 17/03/2014 à 8:18:

+ 6 euros en s arrachant 2 ans ? Peut etre que quand vous vous arrachez , ça décoiffe pas beaucoup

Realiste  a écrit le 16/03/2014 à 19:12 :

On a plus envie de bosser pour cette état voyou avec cette masse inactive de fonctionnaires!!!

Des MAUX pour le dire  a écrit le 16/03/2014 à 18:50 :

On disait, travailler pour survivre,
puis, travailler pour vivre,
puis, vivre pour le travail,
puis, mourir au travail.

@Des MAUX pour le dire  a répondu le 17/03/2014 à 13:04:

...et que sont devenus ?

- l'amour du travail bien fait récompensé
- l'esprit d'initative
- la solidarité confraternelle
- le management participatif

@Des MAUX pour le dire  a répondu le 17/03/2014 à 14:57:

Ils sont remplacés par:

- du chiffre, du chiffre, du chiffre pour des produits ou de services standards
- penser, c'est désobéir
- la délation à l'égard des autres salariés (récompense promotionnelle)
- la directivité

@Des MAUX pour le dire  a répondu le 18/03/2014 à 8:38:

avec pour conséquence:

- la démotivation
- la consommation de produits psychoactifs
- les "troubles musculo-squelettiques"
- les "risques psycho-sociaux"

Toto  a écrit le 16/03/2014 à 10:24 :

A force de taper sur les actionnaires et les dividendes les syndicalistes font du mal aux salariés

JB38  a écrit le 16/03/2014 à 10:21 :

Les chefs d'entreprises, sont en général plutôt en accord avec le libéralisme, néo et ultra inclus. Mais cette belle idée qu'est le libéralisme débridé se heurte a une réalité humaine qui n'a pas les mêmes objectifs, n'adhère pas à ces idées. Alors pour faire rentrer dans le moule cette humanité laborieuse, le libéralisme emploie les méthodes d'une idée qu'il a combattu, le communisme stalinien. Les entreprises sous prétexte de rentabilité (sous entendu: pour l'actionnaire) tendent à devenir de mini camps de concentration, petits kapos, pression psychologique, personnel et systèmes de sécurité, fliquage, indics...et la sortie par la cheminée a été remplacée par celle de Pôle emploi.
Une mort lente, insidieuse, sournoise,solitaire et finalement toute aussi violente qu'avec du zyklonB

@ JB 38  a répondu le 16/03/2014 à 13:23:

bravo pour votre description ! tout à fait réel!

rryv  a répondu le 16/03/2014 à 13:51:

Les chefs d'entreprise que vous décrivez et leur capos effectuent juste au retour aux sources de la révolution industrielle au milieu du 19ème siècle avant même Marx. C'est cela le capitalisme non régulé c'est du totalitarisme au même titre que l stalinisme et c'est connu depuis plus d'1 siècle et demi. Il faut relire les classiques genre Zola !

Cadre démissionnaire  a écrit le 16/03/2014 à 1:22 :

Etude absolument pertinente et à l’image du monde du travail d’aujourd’hui ; je suis jeune (- de la trentaine) et cette situation est devenue mon quotidien. La baisse de compétitivité et l’instabilité de la fiscalité des entreprises ont encouragé ces dernières à se lancer dans une course vers l’utopie que représente l’atteinte de la productivité maximum à travers la rationalisation extrême de toutes les ressources, y compris le facteur humain.

Pour cela on développe désormais des méthodes de management tournées vers un contrôle exacerbé des individus par le micro-management (tableau de bord, contrôle des indicateurs clefs de performance individuel, ...) ; au lieu de fédérer autour d’un objectif commun et de convaincre vos employés de s’investir dans l’atteinte de ses objectifs, il est devenu la norme diviser pour mieux régner car il est perçu beaucoup moins couteux de quantifier l’effort que de vérifier que le travail est bien réalisé, c’est également plus rassurant d’un point de vue managerial car cela donne l’illusion de dresser un garde-fou contre les éventuels déboires rencontré lors de la réalisation d’un projet ou d’un objectif avant qu’on ait franchit le point de non-retour.

En somme, c’est l’illusion que les objectifs seront plus facilement atteignable si on est capable de détecter les erreurs et les dysfonctionnements éventuels afin de mettre en place des actions correctives.

La réalité est bien plus complexe et le cercle est bel et bien vicieux ; tout d’abord cette culture est décriée par bon nombre de personnes ayant un minimum de connaissances en science des organisations et de conduite du changement car elles contribuent à rapidement détruire l’innovation par la suppression du temps de la réflexion, pourtant nécessaire à la définition de nouveaux outils et/ou méthodes capable de permettre l’atteinte d’objectifs toujours plus élevés.

Dans un second temps, il est impossible d’appliquer ce mode de fonctionnement à des individus sans susciter la défiance car souvent le cap stratégique est défini par la direction, elle-même cloisonnée et bien éloignée des réalités. Le cadre modèle d’aujourd’hui est devenu un exécutant de Bac +5 à qui on remonte ses «lacunes» pour qu’il puisse mette en place des actions correctrices sans délai, terminé l’autonomie, vous êtes sommé de vous enrôler de force dans la course à la productivité sans aucune marge de manoeuvre. La ligne d’arrivée représente le burn-out car personne n’est capable d’afficher une productivité correspondant à 100% de son temps de travail, des objectifs bien souvent surévalués par la direction afin de satisfaire les actionnaires.

Le 21ème siècle signe bel et bien le retour des vieux démon que représente les contre-maîtres, à la différence que ceux-ci n’encadrent plus des ouvriers mais des cadres.

Le développement des progiciels type CRM, au-delà de leur but premier, sont désormais utilisés pour qualifier l’environnement interne (plutôt que l’externe) afin détruire l’opacité propre au travail du salarié, cela facilite le recours au benchmarking et permet de détecter les éventuels moutons gris. Aujourd’hui le top management est au courant à l’instant T de toutes les actions prises par chacun, sur la base des bons résultats atteint, alors on retrace le parcours de l’individu à partir duquel on élabore des best practices qui seront reprises par l’ensemble du groupe.

Fini le temps où on était bon car on faisait le job comme il se devait d’être fait, au lieu de cela, vous faites ce que l’on vous dit de faire, au moment où on vous dit de le faire car d’autres on prit la décision à votre place.

Votre créativité dans l’élaboration de méthodes de travail n’intéresse plus le top-management, ne réfléchissez plus, on le fait pour vous ; même si là encore la bétise est souvent privilégié car un tel mode de fonctionnement ne peut s’avérer efficace que si le décisionnaire, porter à un seul individu, dispose d’une information parfaite sur l’environnement externe et les problématiques métiers qui en découle.

Toutes les entreprises qui conduisent ce type de changements drastiques s’infligent une double peine car cela signe de facto le développement de la lassitude et du malêtre des collaborateurs qui finiront tôt ou tard par quitter le navire avec leurs connaissances sous peine d’imploser. Rajouter à cela les coupes dans les budgets et la volonté de faire beaucoup plus de résultats avec beaucoup moins de ressources (coupes dans les budgets, coupes dans les effectifs) et vous obtiendrez sûrement les performances les plus médiocres jamais atteintes.

@Cadre démissionnaire  a répondu le 16/03/2014 à 8:47:

C'est tout à fait cela. On peut donc en conclure: la casse de la motivation, la casse des salariés...et des entreprises. Vive le court-termisme ;-)

french rebirth  a écrit le 15/03/2014 à 23:54 :

Depuis la révolution libérale des années 80 ( Tatcher, Bush), les revenus de travail rapportent moins que le revenu de la rente ( + 25 % en 2013).
Il ne faut donc pas s’étonner de ce mal être quand les bénéfices des entreprises sont envoyés dans les trous noirs fiscaux sans bénéficier a ceux qui créent ces richesses..

Eric  a écrit le 15/03/2014 à 18:14 :

On est passé de patrons industriels et techniques à des patrons financiers qui n'ont plus considéré leurs personnels que comme une variable. Ont suivis des plans sociaux à répétition. Les jeunes qui ont vu leurs parents brisés et virés après 30 ans de loyaux services sont arrivés sur le marché du travail déjà échaudés.
Ils vendent leur travail à l'employeur et cela s'arrête là.

Philippe @ Eric  a répondu le 15/03/2014 à 21:08:

Bien vu !

CQFD  a écrit le 15/03/2014 à 18:13 :

Leur grand truc, c'est: "la montée en compétence". Autant dire que quand vous démarrez sur un poste vous êtes potentiellement incompétent: c'est motivant. On vous rapppelle très vite les objectifs et les conséquences s'ils ne sont pas atteints: très motivant pour le bien vivre au travail.
Votre chef vous note selon parfois un référentiel "maison" de 1 à 10, histoire de bien vous situer sur la ligne de la démotivation car "la montée en compétence n'est pas achevée" (et elle ne le sera jamais). Où sont les éléments de preuves ? Vous trouverez toutes sortes de mytho, de sadique, de manipulateur/trice dans ces postes d'encadrement. Ce sont des personnalités très recherchées par les directions du personnel, histoire de ne pas être dérangé par le magement de base. J'avais entendu parler, là où j'habite, de listes d'entreprises où ils ne fait pas bon travailler. J'ai pu m'en procurer plusieurs. C'est amusant car on y trouve des noms de celles qui se veulent très vertueuses et humaines dans le domaine du management ! Comme quoi, les directions sont tellement loin des réalités qu'elles finissent par se rendre compte "qu'il y a comme un défaut ( Fernand Raynaud)" dés lors qu'un ou des suicides se produisent sur le lieu de travail. Ce phénomène des autolyses sur le lieu de travail, est relativement récent pour la France. Quelle motivation ! CQFD

La Palisse  a écrit le 15/03/2014 à 17:44 :

Il y a toujours un lien direct entre une proposition acceptée ou refusée de relation(s) sexuelle(s) de son chef et sa propre notation. Ce dernier ou cette dernière est à la fois chef, procureur, juge et bourreau. Et si les salariés à leur tour notaient leur chef direct, une fois par an ? On comprendrait peut être, comme cela a été écrit il n'y a pas longtemps dans des commentaires sur le site de La Tribune, pourquoi sur certains postes il existe une rotation permanente de personnel. Que font les syndicats ? Que font les Services du Personnel (pardon des Ressources Humaines) ?

floppy  a répondu le 16/03/2014 à 0:11:

les entreprises n arrivent pas au niveau des écoles. en allemagne, il y a des procédures anti-mobbing dans les écoles avec un label "école anti-mobbing". hélas les entreprises (Bosch ou autre) n ont pas de procédures anti-mobbing internes et le personnel souffre énormément. quand les chefs sont mal notés, ils deviennet pires sans actions du service du personnel. Le travail est toujours du type anno 1800. à quand le label "ici notation du chef" "ici entreprise anti-mobbing"? il faudrait mettre ces labels en place: ils feraient du bien aux employés. entre temps, ils souffrent.

mimosa  a écrit le 15/03/2014 à 16:14 :

voilà plus d'une décennie que l'entreprise démobilise les salariés qui ne travaillent plus que pour payer leurs crédits ou survivre... triste époque ! c'était pourtant chouette de se motiver
pour la réussite de sa boîte années 70 /80 ! un vrai remontant ....

@ mimosa  a répondu le 15/03/2014 à 21:09:

en effet......nostalgie, vraiment !

Rectification  a écrit le 15/03/2014 à 16:01 :

Le Master Management des Ressources Humaines de l'université Lille 1 n'est absolument pas dirigé par François Geuze, mais par Sébastien Richard. D'autre part, il s'agit bien d'un master (reconnu par l'état) et non d'un mastère.

VERITE  a écrit le 15/03/2014 à 13:41 :

tant que les européens n aurons pas compris que l euros fort est un frein a l economie mondialisse ils continurons a detruire leurs economies? FACE aux developement des pays ui se developent plus vite que nous ,,,???

mimosa  a répondu le 15/03/2014 à 16:27:

vous avez raison ! comment parler de compétitivité face à un euro surévalué !
pacte de compétitivité ? que de bourrage de crâne inutile ? COMPRENDS PLUS !

aaa  a écrit le 15/03/2014 à 13:05 :

Problème économique? Quand on voit combien on achète les produits, combien on est payé (notre train de vie) et la même chose pour la par patronal, il y a d grosses différence... En plus les grandes entreprises font des bénéfices énormes et délocalise pour que le prix des actions continuent à augmenter... Du coup plus personne à part les patrons ne sont sûr de leur travail. Avec ce type de manipulation c'est normal que le travailleur soit énervé. Mais bon le privé et le publique sont maintenant sur un pied d'égalité... Précarité et plus aucune sécurité du travail, train de vie en déclin et toujours plus d'impôts a payer.

One More  a écrit le 15/03/2014 à 13:02 :

J'espère que Tom Enders lira cet article....

VERITE  a écrit le 15/03/2014 à 12:36 :

PERSonne ne veut conprendre en France que temp que les pays en voie de developement NAURONS PAS FINIE LEURS MUTATION les autre pays DOIVENT S ADAPTEZ , en baisent leurs monNaies???

@ VERTE vraie??????  a répondu le 15/03/2014 à 15:35:

Mon dieu! mon dieu ! "késako "?

FISCALIX  a répondu le 15/03/2014 à 19:05:

C'est vous VERITE qui êtes en voie de développement, et il reste du boulot.....

Pierre  a écrit le 15/03/2014 à 10:16 :

Il y a de quoi être exaspéré même si on gagne très bien sa vie la classe politiques est vraiment minable et pourri c est la basse de nos. Soucis

Mimosa  a répondu le 15/03/2014 à 16:17:

ce n'est pas seulement la classe politique mais de nombreux chefs d'entreprise pourtant millionnaires et complètement pourris par la corruption et délits financiers
sans morale....

Kwel  a écrit le 15/03/2014 à 9:38 :

Il y a effectivement un gros soucis, notamment avec le mid-management. On y trouve des personnes diplômées et frustrées par des salaires médiocres et une pression inouïe du top-management, pression qui se transforme en aggressivité ou simple relais des pressions du top vers les employés perdus dans le dogme néolibéral.

Le désengagement des salariés est avant tout une mesure d'auto-potection contre le burn-out et la violence professionnelle. Le pb est que reste-t-il à un Homme lorsqu'il ne participe plus à la construction de la société et ne se sent pas à sa place?

Probablement la TV et l'alcool

Realityshow  a répondu le 15/03/2014 à 11:18:

Citation de Kwel : "Le désengagement des salariés est avant tout une mesure d'auto-protection contre le burn-out..." : C'est effectivement un des principaux facteurs de la démotivation des salariés. Quand on prend son travail trop à coeur, on a de forte chance d'être déçu, frustré et épuisé. Ce désengager est alors le seul moyen de préserver sa santé mentale et physique.

voltR  a écrit le 15/03/2014 à 9:06 :

En résumé, il vaut mieux avoir tort avec les autres, que raison tout seul !!

balzac  a écrit le 15/03/2014 à 8:34 :

plus le travail devient stressant et d'un autre coté kleneex plus les salariés sont démotivés , ajoutez a cela une faible perspective d'évolution au sein de la société et des salaires très faibles , pas de raison de s'investir durablement , pour certains mieux vaut aller a l'étranger plus rentable et moins conflictuel ou le patron et les syndicats sont encore a 1936 au niveau dialogue de sourds , cela nuit a l'ensemble , l'image de l'entreprise est en berne il faudra beaucoup pour revoir des salariés heureux et qui aimeraient meme rester longtemps dans l'entreprise , car le pire c'est pas le syndicat c'est le salarié qui part du jour au lendemain sans laisser de raisons et qui n'a aucune envie de revenir .. ces degats là sont considérable .. il faut vite réfléchir a un nouveau dialogue social sinon on va dans de dangereuses voies

@ BALZAC  a répondu le 15/03/2014 à 15:58:

Très bien défini les causes et la situation..

nomade  a écrit le 15/03/2014 à 7:51 :

Donc apprende la langue Grecque et á travailler chez eux?

Fred Plomb  a écrit le 15/03/2014 à 0:45 :

A quand une vraie école de formation des managers ou l'on enseignera d'abord les qualités humaines a développer? Quand ils auront compris que l'humain a une âme et qu'il faut la ménager pour qu'elle puisse s’épanouir alors nous pourrons nous en sortir

Ben oui  a répondu le 15/03/2014 à 10:14:

Moi je cajole mes salariés et je gagne plein de sous

Théophile  a répondu le 15/03/2014 à 11:48:

L'erreur est justement de croire qu'il faut une école....Allez on va être gentil il y a encore Saint Cyr qui ne peut pas nuire pour faire du management...

@ben oui  a répondu le 16/03/2014 à 15:45:

Vous avez tout dit avec votre formule mes salariés ça veut tout dire.

Realityshow  a écrit le 14/03/2014 à 23:00 :

Les jeunes d'aujourd'hui ont vu leurs parents se faire virer malgré un gros investissement personnel dans l'entreprise, confirmé par une bonne ancienneté. Ils sont donc convaincus que la loyauté ne paye pas. Mes jeunes collègues ont dorénavant comme méthode de démissionner après 2 ou 3 années sans promotion. Pendant cette période, ils se forment à tout ce qu'on leur propose, comme des sauterelles qui dévorent tout ce qu'elles peuvent sur leur passage. Je ne comprends pas le terme "d'erreur de management" dans l'article, car la méthode de management avait un but précis, celui de favoriser le turn-over. Ce turn-over avait pour objectif de faire baisser drastiquement les salaires. Mais comme on dit aux USA : payé vos salariés avec des cacahuètes et vous aurez des singes...

balzac  a répondu le 15/03/2014 à 8:42:

vous avez raison , le turn over dans les sociétés française vient des US comme principe de gestion sociale , aussi pour casser les syndicats mais également en terme de couts salariaux ( ils sont malins ) mais également pour chercher la dime publique facilement mais moins efficacement que le font les US entreprises , qui elles utilisent les failles du système , mais a ce jeu là a long terme c'est l'image de l'entreprise qui en pâtira .; qui veut travailler comme un esclave ou ce suicider sur son lieu de travail ? meme en chine la révolte gronde , les diplômes ne font plus l'emploi non plus tout cela est devenu une escroquerie intellectuelle

Philippe à Réality show & Balzac  a répondu le 15/03/2014 à 16:00:

Tout à fait de votre avis

TTF  a écrit le 14/03/2014 à 22:28 :

Indécente vérité, particulièrement vraie dans les grands groupes, où les salariés sont fatigués des restrictions budgétaires de tout bord, les efforts demandés de toute part, sans aucun retour, ne serait ce qu'un peu de considération... quant le dividende, lui, ne connait pas la crise !
Je travaille dans un grand groupe bancaire français, le constat est alarmant ! les mots "envie", "aller de l'avant", "progrès" ont été tués ... et sont remplacés par "demotivation", "nonchalance", "indifférence" !

Mon dieu quelle Société sommes nous en train de construire

@ TTF  a répondu le 16/03/2014 à 13:28:

pas construire, mais société en perdition.....dans tous les domaines !!

agent territorial  a écrit le 14/03/2014 à 20:32 :

Meme chose dans les collectivités locales!Toujours plus de pression,résultat nous sommes de plus en plus nombreux a etre en congé maladie.

BeauxDraps  a écrit le 14/03/2014 à 20:15 :

Le climat est mauvais oublie-t-on qu'on a laissé filer le textile alors que la filière fonctionne en Italie...

LLuke  a écrit le 14/03/2014 à 20:05 :

A 57% de dépenses, on peut mettre social à chaque maux! On compte pas moins de 61% de diplômés en exclusion et 50% auraient un CDD de moins de 3 mois. Prenez par exemple, le lien suivant. Cela montre bien une fracture sociale et un réel problème de croissance et de compétitivité. Si on emploi les gens en dépit du bon sens, on n'obtiendra jamais de croissance... On fait du petisme économique, de l'exil des riches et de l'ostracisme des diplômés, pômés dans les couloirs de l'administration bon poulpe! On doit donc s'indigner sans oublier les pré-retraites sans retraite, un réel souci de population active. Pourquoi ne pas faire une PETITION? C'est clairement une discrimination alors qu'on joue au BOULET de l'Europe! http://lci.tf1.fr/economie/social/en-2013-61-des-jeunes-sont-au-chomage-six-mois-apres-l-obtention-7990847.html

SUJET TABOU  a écrit le 14/03/2014 à 19:01 :

Que valent nos chefs d'entreprise ? souvent ils s'investissent bien dans leurs entreprises mais ceux-là on en entend pas parler; ceux qui se font entendre sont plus préoccupés par la politique que par la gestion et l'avenir de leur entreprise.

Shangai Kid  a écrit le 14/03/2014 à 18:13 :

Cette lassitude peut degenerer en conflit ouvert en conflit. Vite , une interviou de Justin Bieber , ou un show de Lady Gaga...et , je vous le garantis , ça repartira comme en 1940.
Comprenez-vous , si il y a une révolution , même de paille , je ne veux pas que ma très belle Peugeot soit rayée...

vladnimal  a écrit le 14/03/2014 à 18:11 :

Grands responsables également de la non motivation des employés les très nombreux cadres sortis des écoles de maîtres du monde (HEC, Science-Po, ENA...) qui privilégient leur maintien et leur avancement au détriment de l'efficacité et de la performance de l'entreprise qui les rémunère grassement !

Théophile  a répondu le 15/03/2014 à 11:44:

D'autant que les gens sortis des écoles que vous citez sont à 10000 lieues de comprendre quoi que ce soit à l'innovation technologique

retour à l'envoyeur  a écrit le 14/03/2014 à 18:09 :

Les entreprises se moquent de leurs salariés, en retour les salariés se lavent les mains du sort des entreprises.
Les salariés ont bien compris, parce que l'actualité leur prouve tous les jours, que leur sort dépend de paramètre quasiment extra-terrestres; le cout horaire des pakistanais, le taux de change avec le Yen, la législation fiscale de l'Irlande, quand ce n'est pas la compétition de secteurs économiques à fort rendement spéculatif qui attirent les capitaux et laissent des pans entiers de l'économie réelle en mal de financement.

Jean @ retour à l'envoyeur  a répondu le 15/03/2014 à 15:39:

Vous avez tout dit !! après on parle de démotivation, mais l'insécurité constante mène à cela, tour à fait compréhensible !!!!!!!

Toto  a écrit le 14/03/2014 à 18:09 :

Quand le patronat aura compris qu'il faut redistribuer automatiquement une partie des gains de productivité et les ventes supplémentaires générées par les employés eux même les choses iront mieux. Si on ne l'incite pas financièrement y a pas de raison que je me bouge...

oui mais  a répondu le 14/03/2014 à 18:47:

oui mais le resultat doit servir a investir pour gagner en competitivité... et comme les sté Française en moyenne dégagent tres peu car asphixiés par les poids des charges...c'est mort.....

Cadre démissionnaire  a répondu le 16/03/2014 à 1:29:

@Toto : Dans mon cas, je peux faire des pointes à 7000€ mensuel si je décide de me hara-kiri au travail ; me conseilleriez-vous de le faire ?

Toto  a répondu le 24/03/2014 à 14:24:

@Cadre démissionnaire

Entre un salaire de cadre de base 1800-2000€ et 7000€ il n'y a pas de marge pour éviter de vous transpercer les viscères ? :)

Toto  a écrit le 14/03/2014 à 18:09 :

Quand le patronat aura compris qu'il faut redistribuer automatiquement une partie des gains de productivité et les ventes supplémentaires générées par les employés eux même les choses iront mieux. Si on ne l'incite pas financièrement y a pas de raison que je me bouge...

Gertrude  a écrit le 14/03/2014 à 18:00 :

La théorie du chaos disruptif pour ceux qui ne savent plus organiser leurs projets de recherche sur le moyen et long terme et qui n'ont plus grand chose a proposer. Pitoyable d'arrogance et de bêtise...mais au moins on sait que l'on va voir de bons sketchs comiques avec ça.

@gertrude  a répondu le 14/03/2014 à 18:09:

C'est un projet de sketch mais il ne paraît pas comique.

androny  a écrit le 14/03/2014 à 17:48 :

Le pays ne pourra pas s'en sortir tant qu'il n'aura pas drastiquement révisé son Code du Travail, qui est une machine à créer du chômage, décourageant à la fois l'emploi et le travail.

mieux...  a répondu le 14/03/2014 à 21:03:

Il faut supprimer le Code du travail, les syndicats, les associations de consommateurs, interdire le droit de grève. Alors nous aurons le meilleur des mondes.

@mieux  a répondu le 15/03/2014 à 18:32:

Il faut surtout supprimer le travail.

La Palisse  a écrit le 14/03/2014 à 17:34 :

...ou la toute puissance du petit chef: fabriquer des mauvais pour mieux règner ! Comment voulez-vous travailler convenablement ? Certaines entreprises, qui en ont les moyens, font la chasse en interne aux "pervers(es) narcissiques"...

Incroyable  a écrit le 14/03/2014 à 17:14 :

C'est incroyable, c'est exactement ce que je constate dans mon entreprise. Mais le management n'en prend pas conscience.