Pacte de responsabilité : le gouvernement s’est-il trompé dans ses estimations ?

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Difficile d'anticiper précisément les futurs effets d'une réforme, même pour Bercy...
Difficile d'anticiper précisément les futurs effets d'une réforme, même pour Bercy... (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2010. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Selon l’IFRAP, le pacte de responsabilité ne créerait que 60.000 à 80.000 emplois à l’horizon 2017. En cause ? L’austérité. Ces estimations viennent confirmer les doutes déjà émis sur l’impact de ce pacte.

Assurer le service-après vente, c'est bien. C'est aussi dangereux. Décidé à convaincre les Français de l'efficacité du Pacte de responsabilité qui contient 40 milliards d'euros allègements sur le coût du travail, le gouvernement promet... des emplois. Beaucoup d'emplois. Selon ses estimations, cet accord permettrait de créer 190.000 postes dans le secteur marchand d'ici 2017, de redresser la compétitivité des entreprises, avec les conséquences que l'on imagine sur leur taux de marge, leurs investissements et in fine sur les exportations. Pour l'instant, seule l'Union des industries chimiques (UIC) a annoncé la signature, avec deux syndicats, du premier accord de branche dans le cadre du pacte de responsabilité. Cet accord prévoit 47.000 embauches de 2015 à 2017.

Les économies pourraient dépasser les 50 milliards d'euros

Cerise sur le gâteau, les efforts intégrés à ce pacte sur la dépense de l'Etat, de ses administrations, des collectivités territoriales et de la sécurité permettraient d'assainir les finances publiques. Au total, 50 milliards d'euros d'économies ont d'ores et déjà été annoncées par le gouvernement, auxquelles devront s'ajouter environ 27 milliards de nouvelles économies, selon l'IFRAP, si le gouvernement souhaite réduire le déficit public à 3% du PIB comme il s'y est engagé auprès de Bruxelles. 

Selon un rapport de l'IFRAP dévoilé par Les Echos, le pacte de responsabilité permettrait de créer en solde net 60.000 à 80.000 emplois à l'horizon 2017 puisque les mesures d'austérité provoqueraient la destruction de 240.000 à 260.000 emplois.

Les doutes se multiplient

Les conclusions du think tank libéral viennent confirmer les calculs de Valérie Rabault, la députée SRC de la 1ère circonscription du Tarn-et-Garonne et rapporteure du budget à la commission des finances de l'Assemblée nationale. Dans un rapport dévoilé le 21 juin, l'économiste avait certes indiqué que le pacte de responsabilité pouvait rehausser l'activité de 0,6 point de PIB à horizon 2017 et créer 190.000 emplois. Mais, selon elle, les 50 milliards d'euros d'économies prévues dans le projet de loi coûteraient 0,7 point de PIB par an en moyenne entre 2015 et 2017 et entraînereraient la suppression de 250.000 emplois à horizon 2017.

Une méthode habituelle pour l'exécutif

Anticiper les effets d'un dispositif ou d'une réforme n'est pas nouveau. Qu'ils soient de droite ou de gauche, les gouvernements communiquent avec entrain sur les retombées positives des réformes engagées pour convaincre de leur absolue nécessité. Pourtant, leurs anticipations sont bien souvent fausses. Alors que Bercy peine à livrer des prévisions de croissance correctes, même à six mois, anticiper les effets d'un dispositif quatre ans à l'avance relève de la technique du doigt mouillé.

Pour preuve des incertitudes qui entourent ses pronostics, l'IFRAP estime que l'impact négatif du pacte de responsabilité serait « compris entre 0,9 et 1,15 point de PIB en 2017 » et l'impact positif compris en 0,06 point à 0,3 point de PIB.

Une technique traditionnelle

Lors du précédent quinquennat, le gouvernement de François Fillon estimait que la loi Travail emploi et pouvoir d'achat (TEPA) de 2007 devait apporter 0,3% de croissance annuelle. Adoptée un an plus tard, la loi de modernisation économique (LME) visait aussi à augmenter de 0,3% la croissance du PIB par an et permettre la création de 50.000 emplois supplémentaires par an. Au total, ces deux paquets de mesures devaient donner la possibilité à la France d'afficher un taux de croissance annuel potentiel de 3%. Des pronostics qui avaient été battus en brèche par la plupart des experts et que la crise a définitivement déjoué.

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Commentaires
a écrit le 20/07/2014 à 11:37 :
On nous parle d'un pacte de responsabilité, mais pouvez-vous commenter que dans les informations on nous publie une baisse de PIB de près de 8 points et une hausse du chômage à 17% pour 2017... en Grèce, on diminue la fonction publique, mais l'Etat est en faillite, conduit à l'austérité. Il existe des citoyens qui ne payent pas d'impôts et des politiciens qui ont fait des millions à l'étranger... on appelle cela démocratie? Quelle est la définition du contrôle de la comptabilité publique? On dit que l'euro est coupable, on dit qu'on baisse les impôts... on baisse le livret à 1%... on augmente le chômage, on réduit le pib, on aurait affaire à des assassins du peuple? On parle d'un déclin, on joue aux as de la croissance?
a écrit le 19/07/2014 à 20:05 :
Des pactes de responsabilité, on rigole, on entend dire monnaie forte économie compétitive... voila une règle de l'économie. Mais alors que fait-on en ZMO? Soit on bêtes, soit on veut suicider l'humanité à son profit, soit on est ignorants?
a écrit le 19/07/2014 à 19:04 :
60 à 80000 emplois seraient créés de ce jour à 2017. Ce serait négligeable ; soit.
Cependant, ne faudrait t-il pas ajouter le nombre de tous les emplois actuels qui seraient conservés ? Les courbes de chômage publiées font ressortir, de mois en mois, de lourdes pertes.
a écrit le 19/07/2014 à 15:25 :
Se "tromper" sciemment permet de gagner du temps, c'est tout se qui les importe en attendant les ordres venue d'ailleurs!
a écrit le 19/07/2014 à 11:46 :
L'IFRAP est un cercle de réflexion ultra libéral vous auriez pu le préciser dans votre article....
a écrit le 19/07/2014 à 10:27 :
Le lobby keynesien, très présent en France, en particulier au PS, a toujours combattu la réduction des déficits au motif que l'effet récessif sur le PIB était supérieur a 1 (le fameux multiplicateur keynésien : 1 euro d’économie engendrant une baisse 1.5 d'activité donc au final, le ratio dette/pib augmente, vous me suivez?) Et là, dans le budget 2014 du gvt, on avait comme par miracle une baisse (sic) de la dépense publique ET une hausse de l'activité : les multiplicateurs étaient devenus comme par enchantement devenus positifs. Gros Enfumage,
a écrit le 19/07/2014 à 8:48 :
Existerait-il un journaliste pour développer cette idée concernant une réforme fiscale qui permettrait de transposer la fiscalité du travail sur une taxe sur l'énergie. Tous les éléments nécessaires ont déjà été exprimés dans des documents officiels.
Réponse de le 19/07/2014 à 17:38 :
CA SUFFIT, L'ENERGIE EST DEJA SURTAXEE
a écrit le 18/07/2014 à 20:21 :
Mais de quel "pacte" s'agit-il ? On en parle toujours mais sans beaucoup le voir. Ou alors, comme M. JOURDAIN faisait de la prose sans le savoir, le gouvernement fait pour sa part des pactes sans qu'on les voie...
Réponse de le 19/07/2014 à 12:02 :
dans la démagogie on trouve son maitre , mr Gattaz avec ce plan proposait des pins avec 1 million d'emploi de crée avec ce plan , alors en démagogie et les retours a la réalité cela fait deux , en plus les aides iraient aussi aux notaires et aux huissiers ? et la poste ? , quid des aides versées ? , l'industrie souffre et meurt en silence pendant ce temps , lamentable de tous cotés ..
a écrit le 18/07/2014 à 20:16 :
solution simple supprimer la sécu pour tous
a écrit le 18/07/2014 à 16:34 :
Ils faut continuer les réformes comme en Allemagne il y a 10 ans, dommage que la droite ne l'AIE pas fait il y a 10 ans ! Courage Ville, encore des efforts !
a écrit le 18/07/2014 à 16:29 :
Tout le monde se trompe puisque ce sont des prévisions donc incertains ! En tous les cas, moins de taxe sur l'emploi c'est du jamais vu depuis 30 ans !
a écrit le 18/07/2014 à 14:57 :
Et ce gouvernement, non représentatif et sans politique claire, ne génère que de la défiance. L'économie est à l'arrêt et les plans de licenciements pleuvent. Heureusement, que les journalistes sont là pour louer le gouvernement et enfumer le "bon" peuple. Cela permet de masquer un peu le malaise généralisé dans notre pays vis-à-vis de nos dirigeants et de la situation en général.
a écrit le 18/07/2014 à 14:53 :
Il est trop demandé à La tribune de faire du vrai journalisme ? Il est question de l'IFRAP sans même préciser de quoi il s'agit !! Pour les curieux il s'agit d'un "Think Thank" à vocation ultra libérale donc le journaliste "auteur" de cet article aurait pu préciser que ce calcul n'est peut être pas tout à fait objectif. Il yen a marre des ces journeaux dits de droite ou de gauche ! Quand aurons nous une vraie information objective ?? Et aussi des gens avec juste ce qu'il faut de cerveau pour commenter les articles intelligement ? Mais là j'en demande trop j'en suis conscient.
Réponse de le 18/07/2014 à 15:14 :
Encore un qui confond libéralisme et ultra-libéralisme !...
Réponse de le 18/07/2014 à 17:16 :
La Tribune a péché par manque d'information sur la nature de l'IFRAP.

Ceci dit, si l'IFRAP était logique, en constatant que les mesures d'austérité conduisent à une perte de 290 000 emplois par an, elle demanderait l'arrêt immédiat de cette politique. Mais ce serait contraire à la doxa de cet organisme qui a fait de l'état et des fonctionnaires les responsables de tous les maux du pays. A chacun son bouc émissaire.
a écrit le 18/07/2014 à 13:56 :
Bien sur comme toujours!!!
a écrit le 18/07/2014 à 13:38 :
L'application du pacte doit respecter les conclusions de la note n°6 du conseil d'analyse économique du Premier ministre.
Réponse de le 19/07/2014 à 8:37 :
CA SUFFIT, L'ENERGIE EST DEJA SURTAXEE
Réponse de le 19/07/2014 à 9:01 :
CA SUFFIT, L'ENERGIE EST DEJA SURTAXEE
Réponse de le 19/07/2014 à 9:34 :
CA SUFFIT, L'ENERGIE EST DEJA SURTAXEE
a écrit le 18/07/2014 à 13:35 :
Il faut basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique. L'augmentation du prix de l'énergie est la contrepartie de la réduction du chomage.
Réponse de le 18/07/2014 à 21:56 :
Augmenter le coût de l'énergie est MORTELLE pout toute économie.
Le développement de ces 40 dernières années est du au coût faible de l'énergie.
La stagnation actuelle est due en renchérissement de l'énergie.
Les écolos sont la PRINCIPALE CAUSE du chômage actuel !!!
Réponse de le 19/07/2014 à 8:34 :
CA SUFFIT, L'ENERGIE EST DEJA SURTAXEE
Réponse de le 19/07/2014 à 9:01 :
L'augmentation du prix de l'énergie doit correspondre à la baisse du cout du travail à niveau constant. Il s'agit d'un double raisonnement correspondant à la notion de double dividende. Cette relation est valable jusqu'à un certain niveau d'équilibre. Merci.
Réponse de le 19/07/2014 à 9:02 :
CA SUFFIT, L'ENERGIE EST DEJA SURTAXEE
Réponse de le 19/07/2014 à 9:07 :
@au fou. Vous avez raison, les "crises" correspondent à l'augmentation brutale du prix de l'énergie. Mais l'énergie remplace le travail en produisant des gains de productivité correspondant à un diminution du temps de travail que l'on assimile à du chomage. etc...
Réponse de le 19/07/2014 à 9:19 :
@au fou. La stagnation actuelle est liée à la notion de capital humain et concerne tous les pays développés. Il faut tenir compte de la démographie, du capital humain et de l'énergie. Le chomage est en fait du temps de travail libéré par les gains de productivité.
Réponse de le 19/07/2014 à 9:21 :
@GP. Mais moins qu'en Allemagne et en Suède. Lisez la note n°6 du CAE. Merci.
Réponse de le 19/07/2014 à 9:32 :
@GP. Le travail est beaucoup plus taxé
Réponse de le 19/07/2014 à 12:00 :
a gépé , en allemagne les entreprises se plaignent déjà du cout prohibitif de l'énergie avec les tentations écolos qui se répercutent sur les gros energivores pourtant créateurs d'emplois et de richesses , ces entreprises menacent de delocaliser les emplois en europe centrale avec leurs usines , taxer l'énergie c'est surement le moyen le plus court pour créer des cohortes de chômeurs supplémentaires ..
Réponse de le 19/07/2014 à 15:36 :
Je partage l'avis de "Gépé" l'énergie humaine a été remplace par l'énergie fossile alors que la population ne cesse d'augmenter!
Réponse de le 19/07/2014 à 16:35 :
@au fou. Vous avez raison, mais il s'agit d'augmenter le prix de l'énergie en baissant le cout du travail; cela nécessite un raisonnement du type cybernétique mettant en jeu la notion de double dividende. Merci.
Réponse de le 19/07/2014 à 16:41 :
@balzac. Attention, taxer l'énergie...en réduisant le cout du travail. Il faut raisonner dans les deux systèmes en même temps. Ca a l'air très difficile à comprendre.
Réponse de le 20/07/2014 à 11:16 :
peut'etre gépé mais a lahore il y'a des cohortes de cirreurs de chaussures tous les jours qui se paient quelques euro la journée et encore je suis très large , ils n'ont pas les moyens des cordonniers chez nous qui sont equipés d'engins électriques et les cotisations sociales non plus , que je sache c'est guère mieux ..taxer l'énergie c'est le consommateur qui en sera lésé le plus et cherchera le pire .. moins cher que moins cher , donc compétitivité et lutte a mort pour les emplois a travers la planète .. la logique actuelle ..

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