Le G8 s'engage à réduire de 80% ses émissions de gaz à effets de serre d'ici à 2050

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le G8 (Etats-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Canada, Japon) a annoncé mercredi dans une déclaration commune un accord pour réduire de 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'ici à 2050 et "de 80% et plus" pour les pays industrialisés. Moscou a toutefois fait marche arrière immédiatement après, affirmant que ce chiffre de 80% était "probablement hors d'atteinte".

Le Groupe des huit grands pays industrialisés a convenu mercredi 8 juillet que le réchauffement climatique ne devait pas excéder 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, selon une déclaration commune approuvée par les dirigeants du G8 réunis en sommet à L'Aquila, en Italie.

C'est la première fois que le G8 inscrit ainsi noir sur blanc cette limite, que les scientifiques - et notamment le GIEC, groupe d'experts de référence - s'accordent à considérer comme celle au-delà de laquelle la planète risquerait de franchir un point de non retour.

"Nous reconnaissons l'avis scientifique général selon lequel l'augmentation de la température moyenne globale au-dessus du niveau préindustriel ne devrait pas dépasser 2°C", lit-on dans la version française de ce texte.

Ils estiment que ce défi ne peut être relevé que par une action au niveau mondial et reprennent à leur compte l'objectif d'une réduction d'au moins 50% des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur toute la planète d'ici 2050.

C'est implicitement l'idée de l'adoption d'un objectif intermédiaire à l'instar de l'Union européenne, qui s'est engagée à réduire de 20% ses émissions de GES d'ici 2020 par rapport au niveau de 1990. La mention de ce point représente, semble-t-il, un pas en avant des Etats-Unis.

Opposition russe

Toutefois, alors que cet accord venait d'être annoncé, Moscou a fait marche arrière à la surprise générale. Le chiffre de 80% est "inacceptable" pour la Russie "et probablement hors d'atteinte", a ainsi déclaré devant la presse russe le principal conseiller économique du président Dmitri Medvedev, Arkady Dvorkovitch. "Nous n'allons pas sacrifier la croissance économique à la seule fin de réduire les émissions" polluantes, a-t-il averti.

Arkady Dvorkovitch a également indiqué que différents scénarios étaient "possibles" et a mentionné une échelle possible de 20% à 60% de réduction d'ici à 2050.

Convaincre les pays émergents

Autre difficulté pour les pays du G8, il leur faudra convaincre les cinq principaux pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud et Mexique), dont les dirigeants rejoindront ce jeudi ceux du G8, et les autres pays du Forum des économies majeures (FEM) de se rallier à ces objectifs.

Les principaux pays émergents "doivent prendre des mesures quantifiables pour faire passer collectivement le niveau de leurs émissions en-dessous du niveau actuel d'ici une année précise", indique la déclaration du G8.

Les dirigeants du G8 font un geste supplémentaire à leur adresse en affirmant soutenir l'objectif d'une réduction cumulée des émissions de GES de "80% ou plus" d'ici 2050 dans les pays développés "par rapport à 1990 ou à des années plus récentes". Ce dernier point est en revanche une concession aux Etats-Unis, qui refusent de prendre 1990 comme année de référence, comme l'a fait l'Union européenne.

Le Premier ministre suédois, qui participe au sommet du G8 en tant que président en exercice du Conseil européen, a estimé que la cible de 2°C maximum était la plus importante. "Il n'avait pas été possible de l'inscrire dans les conclusions du sommet l'an dernier. C'est la première fois que le G8 se réfère à la cible des 2°C", a déclaré Fredrik Reinfeldt à des journalistes.

"Ce faisant, on dit que pour inverser la courbe actuelle, à la fois les pays développés et les pays en développement doivent s'engager dans une meilleure politique de protection du climat", a-t-il indiqué.

Il a ajouté que les dirigeants du G8 étaient convenus de ne pas aborder la question du financement avant la réunion du G20, le 24 septembre à Pittsburgh.

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
TOUT ce tralala dans des ruines italiennnes pour des discourts NULS Berlusconi aurait mieux fait de convoquer des entrepreneurs pour la reconstruction du site DE QUI SE MOQUE-T-ON ????????
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Cela ne mange pas de pain, tous les présents et décisionnaires seront morts en 2050. De plus il convient d'arrêter de répéter à l'envie le chiffre de 2 ° C comme le seuil à ne pas dépasser. Celui-ci est d'ores et déjà obsolète. Rien ne peut plus empêcher de dépasser ce seuil même si l'on arrêtait du jour au lendemain les émissions de GES, dixit les scientifiques les plus au fait du sujet.
Il est de plus paradoxal d'afficher une volonté de réduction très forte des émissions de GES et en même temps tout faire aujourd'hui pour ré enclencher "Sainte Croissance".

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