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La BCE maintient ses taux et ne croit pas à une reprise rapide de l'inflation

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La BCE a maintenu son taux directeur à 1%. Elle revoit les perspectives de croissance et d'inflation de la zone euro mais seulement pour 2011. Jean-Claude Trichet salue le plan d'austérité grec. De son côté, la Banque d'Angleterre (BoE) a, elle aussi, maintenu ses taux à 0,5%.

La BCE, banque centrale européenne, a annoncé qu'elle maintenait ses taux à 1%. La Banque d'Angleterre (BoE, Bank of England) a, elle aussi, maintenu ses taux à 0,5% et son programme d'assouplissement quantitatif à 200 milliards de livres ainsi que la suspension des rachats d'actifs.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet a ensuite commenté cette décision. Il a indiqué ne pas croire à une forte reprise de l'inflation : "l'analyse monétaire confirme l'évaluation d'une pression inflationniste basse sur le moyen terme". Selon les gouverneurs de la BCE dont il est le porte-parole, la stabilité des prix devrait être maintenue à moyen terme. Même si pour 2011, ils s'attendent désormais à une inflation dans une fourchette de 0,9% à 2,1% contre 0,8% à 2% dans l'estimation de décembre.

Jean-Claude Trichet souligne que la zone euro devrait connaître une croissance modérée en 2010. Mais "les dernières informations confirment que la reprise est en cours".  D'ailleurs, la BCE porte de 1,2% à 1,5% sa prévision de croissance pour 2011, laissant inchangée à 0,8% sa prévision pour 2010. Les taux d'intérêt sont donc à un niveau approprié. Dans ces conditions, il a indiqué que l'appel d'offres de mars à six mois sera indexé sur le taux refi (1%). Il a indiqué que la BCE poursuivait "le retrait progressif et en temps opportun des mesures non conventionnelles". Il a aussi incité les banques à gérer l'ajustement de leur bilan tout en maintenant le crédit au secteur privé.

Coup de chapeau au plan grec

L'environnement économique était resté morose à la veille de la réunion du conseil de la BCE, mais l'horizon politique s'est dégagé. Sur fond de défiance des consommateurs, les ventes au détail de la zone euro se sont contractées de 0,3% en janvier, une mauvaise nouvelle pour la croissance, tandis que l'indice PMI des directeurs d'achats du secteur des services reculait de 52,5 points en janvier à 51,8 points en février. En revanche, sur le front grec, les mesures d'austérité annoncées par le gouvernement Papandréou pour combattre la crise financière devraient convaincre ses partenaires européens de jouer la carte de la solidarité.

Les responsables des diverses instances européennes ont, en tout cas, tous tiré un coup de chapeau au plan grec. Jean-Claude Trichet a lui aussi salué ce jeudi les mesures d'austérité décidées par Athènes, estimant avoir fait passer des messages au gouvernement hellénique. Il a au passage qualifié d'absurde l'hyptohèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro.

Du coup, l'euro évolue autour de 1,365 dollar ce jeudi après avoir  rebondi mercredi, se hissant jusqu'à 1,3725 dollar, alors que la veille il avait dérivé à un nouveau plancher de neuf mois, pour tomber jusqu'à 1,3436. Parallèlement, sur le marché obligataire, qui évolue depuis près de deux mois au rythme des nouvelles en provenance de Grèce, les taux helléniques à 10 ans ont fléchi pour s'inscrire en dessous de 6% pour la première fois depuis trois semaines, à 5,93% au plus bas, contre 6,25% mardi. Mais ils sont remontés ce jeudi après l'annonce de l'émission obligataire grec de 5 milliards d'euros.

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