Grèce : les discussions sur le plan d'aide européen démarrent, sur fond de grèves

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(Crédits : Reuters)
Les responsables grecs et européens ainsi que le FMI ont commencé à discuter ce mercredi des modalités de mise en œuvre du plan d'aide européen. La France apportera 3,9 milliards d'euros d'aide au pays sur son budget 2010. Dans le même temps, en Grèce, plusieurs grèves ont démarré pour protester contre l'austérité budgétaire.

Les responsables grecs ont commencé à discuter ce mercredi avec des experts du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE), sur les modalités de mise en ?uvre du plan d'aide européen. 

Les délégués n'ont fait aucune déclaration en arrivant à la première réunion qui a eu lieu à huis clos au ministère des Finances. Ces discussions, qui ont débuté avec deux jours de retard du fait du nuage de cendres du volcan islandais qui a paralysé le trafic aérien européen, dureront une dizaine de jours, selon Athènes.

Elles seront consacrées à la mise en place "d'un programme de trois ans de politiques économiques", selon un communiqué du ministère des Finances. Ces politiques "pourront être soutenues par une assistance financière des pays de l'eurozone et du FMI si les autorités grecques décident de demander l'activation du mécanisme" d'aide européen, a précisé le communiqué.

La France a pour sa part annoncé mercredi avoir inscrit 3,9 milliards d'euros d'aide à la Grèce dans son budget 2010 sur les 6,3 milliards prévus au titre de sa contribution au plan européen.

Etranglée par des taux d'intérêt trop élevés

La veille, Athènes a placé pour 1,95 milliard d'euros de bons du Trésor à trois mois afin de faire face à ses besoins de financement les plus immédiats. La demande a été très forte, l'Office de gestion de la dette ayant reçu des offres pour 6,921 milliards d'euros. Le taux de rendement - de 3,65% - a été jugé trop élevé par certains analystes et politiques : l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, a par exemple estimé que prêter de l'argent destiné à sauver la Grèce à des taux élevés n'avait pas de sens, "car [cela rend] son redressement impossible".

Le ministre des Finances, Georges Papaconstantino, a cependant indiqué que ce placement avait réduit les besoins d'emprunt du pays pour le mois de mai à 10 milliards d'euros. Il a exclu que le pays soit "à découvert" en mai, affirmant que la Grèce trouverait des fonds soit sur les marchés, soit grâce au mécanisme d'aide européen.

De plus, les taux des obligations d'Etat grecques à 10 ans ont atteint ce mercredi un nouveau plus haut historique depuis l'entrée du pays dans la zone euro, au-dessus de 8%. A 13 heures (heure de Paris) leur taux de rendement était à 8,262%, contre 7,851% mardi soir. Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans qui sert de référence au marché s'élevait à 519 points de base, contre 476 mardi. En d'autres termes, la Grèce, étranglée financièrement, doit offrir un surplus de 5,19 points de pourcentage par rapport à l'Allemagne pour emprunter sur les marchés.

Au final, l'activation du mécanisme d'aide européen devrait être clarifiée entre le 15 et le 19 mai. Trois dates sont à noter : le 15 mai, date butoir pour un accord entre l'UE, le FMI et les autorités grecques ; le 17 mai, lorsque les ministres des Finances de la zone euro se retrouveront pour leur réunion mensuelle ; le 19 mai, date envisagée par Athènes pour une nouvelle émission d'obligations.

La justice, le trafic maritime et les hôpitaux perturbés

Les discussions avec les experts de l'UE et du FMI ont débuté en même temps que plusieurs mouvements de grève contre les mesures d'austérité. Ces dernières risquent pourtant de devenir la pain quotidien de la population grecque, la Commission européenne ayant insisté mardi pour que le gouvernement précise des mesures supplémentaires pour continuer à réduire son déficit, chiffré à 12,9% du PIB en 2009, en 2011 et 2012.

La Fédération de la fonction publique (ADEDY, 300.000 membres) a ainsi appelé à la grève ce mercredi, la quatrième depuis le début de l'année, le secteur étant particulièrement touché par les réductions de salaire.

Plusieurs corps de métiers ont aussi entamé des mouvements de protestation. Les syndicats des mécaniciens et employés maritimes, proches du parti communiste (KKE), ont bloqué mercredi matin les ferries en partance pour les îles des Cyclades (centre de la mer Egée) et du golfe Saronique (sud d'Athènes), ce qui a entraîné des incidents avec des passagers, a indiqué l'agence de presse nationale ANA. Leur grève a été déclaré illégale mais les syndicalistes, épaulés par le KKE, ont maintenu leur mouvement en plaçant des piquets de grève.

Les fonctionnaires de justice ont entamé une grève de 48 heures pour réclamer des embauches et des hausses de salaires. Les médecins des hôpitaux publics d'Athènes et du Pirée ont aussi débuté une grève de 48 heures, protestant contre la baisse de 20% à 30% des subventions publiques. Les hôpitaux et services d'urgence fonctionneront avec un personnel d'astreinte.

Le Front de lutte syndicale (PAME), proche du KKE, et influent dans les secteurs du bâtiment, du textile et divers syndicats du secteur privé, a également lancé une grève de 48 heures et a installé mercredi matin des piquets de grève devant les trois grands hôtels de la place centrale Syntagma à Athènes.

 

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a écrit le 22/04/2010 à 6:20 :
Personne ne se charge de la dette de la Grèce. Ou pour mieux dire, on s?en charge en prenant quelque chose au passage. Cet emprunt, rapportera à la France plus de 600 millions d?euros en 3 ans et à l?Allemagne plus de 900 millions pour la même durée ! En gros, la Grèce paiera à ses « partenaires » plus de 1,5 milliards d?euros ! Et ce n?est pas tout car d?autres pays y sont.
En plus, ceux qui prêtent à la Grèce sont les banques. Françaises, allemandes, Suisses etc. Le circuit est donc maitrisé et dicté. Pour qu?il y ait faillite, il faudra que ces mêmes banques le décident. Pourquoi le feront alors qu?en entretenant la situation elles gagnent plus ? La Grèce est le nouveau centre de profit mondial.
a écrit le 22/04/2010 à 4:57 :
OK avec Terry et surtout Laurent.
Notre tour arrivera plus vite que cela.
N'oubliez pas la parole de M. Fillon en 2007 qui diqait je suis à la tête d'un état en faillite.
Ceci est du à 2 ou 3 générations d'homme politique qui ont décidé de dépenses sans assurer leur financement.
De plus l'ouverture des frontières et la suppression des droits de douane permettent:
- une concurrence des pays à bas couts
- l'exil des compétences et richesses

Bref un jour il faudra bien payer nos dettes et les déficits que nous allons créer par manque de courage politique ( déficit de l'état des comptes sociaux ( sécu retraite etc).
a écrit le 22/04/2010 à 4:39 :
en france POUR ma residence principale me coute 3200 EU PAR AN en taxes d habitation, mes amis en GRECE avec un revenu souperieur au mien payent 300 EU- meme surface meme type de maison; MR SARKOZY IL N EST PAS QUESTION QUE ON SE CHARGE EN PLUS AVEC LA DETTE DE LA GRECE!!!!
a écrit le 21/04/2010 à 19:06 :
On ne prête qu'aux riches.La Grèce ne pourra jamais rembourser sa dette,elle n'avait pas sa place dans la communauté européenne comme bientôt la FRANCE.
a écrit le 21/04/2010 à 19:00 :
Oui TERRY31 mais depuis combien de temps le sait_on ? depuis combien de temps les français ne souhaite pas voir les choses en face... et bien maintenant la rigueur sera très RIGOUREUSE merci aux politiques sociales expansionnistes qui en voulant développer trop rapidement les acquis sociaux sans se soucier de la structuration de la solvabilité des systèmes de financement, ont anéanti le DEMAIN de nos enfants...
a écrit le 21/04/2010 à 15:17 :
@Laurent68
On verra si vous penserez la même chose lorsque les plans de rigueur seront appliqués en France et que vous verrez votre salaire baisser et vos acquis sociaux fondre comme beurre au soleil.

Pourtant, ce n'est qu'une question de temps, la France étant elle aussi surrendettée, son tour viendra après la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Italie...
Dans peu de temps, il ne restera plus rien de l'eurozone.
a écrit le 21/04/2010 à 9:59 :
Les grecs sont devenus fou. Si j'avais l'intention de me rendre en Grece pour du tourisme, je reviserais ma position: comment etre sur d'avoir une prestation correcte si des greves recurentes paralysent le pays. Les syndicats ont ils interet a torpiller le pays ? Ces syndicats sont, comme le dit l'article, lies a des partis politiques extremistes... Au lieu de se serrer les coude la population Grece est manipulee par des interets extremiste: c'est tres triste.

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