Un plan de 750 milliards d'euros pour défendre la zone euro !

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L'Union européenne met en place un plan de stabilisation de 750 milliards d'euros en lien avec le Fonds monétaire international. La Banque centrale européenne va acheter de la dette publique et privée de la zone euro. Un mécanisme sans précédent pour faire face à une crise sans précédent.

Décidée à mettre un terme à la contagion de la crise grecque, l'Union européenne a frappé un grand coup dans la nuit de dimanche à lundi en mettant en place un plan de stabilisation de 750 milliards d'euros en lien avec le Fonds monétaire international.
Dans le même temps, la Banque centrale européenne a annoncé qu'elle allait commencer à acheter de la dette publique et privée de la zone euro afin de contribuer à cet effort international, également endossé par le G7.
Le mécanisme sur lequel se sont mis d'accord les ministres des Finances des Vingt-Sept consiste en un fonds communautaire de 60 milliards d'euros, mobilisable à très court terme afin de venir en aide à un pays en difficulté.
A cela s'ajoute une garantie de 440 milliards d'euros de la part des Etats membres de la zone euro et des pays n'ayant pas adopté la monnaie unique, comme la Suède et la Pologne, afin de constituer une nouvelle entité capable de lever des fonds sur les marchés financiers pour ensuite acheter de la dette publique de pays fragilisés.
Le montant des obligations d'Etat qui pourraient être ainsi rachetées serait de 500 milliards mais, estiment des sources communautaires, il est également possible que cette somme soit relevée via l'utilisation de mécanismes financiers.
Par ailleurs, le Fonds monétaire international s'est engagé à accompagner cet effort en cas de besoin à hauteur d'"au moins la moitié", soit 250 milliards d'euros précisait-on dans la nuit, via des prêts.
"Ce sont des mesures fortes qui contribueront à la stabilité économique et financière globale", a commenté le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
Selon le texte des conclusions de la réunion, ce mécanisme repose sur l'article 122-2 du traité - qui permet de venir en aide à un Etat membre confronté à de "graves difficultés" - et il restera en place aussi longtemps que nécessaire pour garantir la stabilité financière.
En revanche, le mécanisme spécial de 440 milliards d'euros garanti par les Etats de la zone euro "expirera après trois ans", est-il écrit, mais plusieurs sources haut placées au sein de la zone euro ont indiqué qu'il serait prolongé dans sa forme actuelle ou via la création d'une nouvelle entité.
LA BCE ACHÈTERA DE LA DETTE PUBLIQUE
Quelques minutes à peine après l'annonce de l'accord à bruxelles, à l'issue de douze heures d'intenses discussions entre ministres, la Banque centrale européenne dévoilait par communiqué son intention de commencer à acheter de la dette publique et privée de la zone euro.
Il s'agit d'une décision historique de l'institution de Francfort qui, la semaine dernière, était restée sourde aux appels en faveur de l'utilisation de ce type de mesures.
De son côté, le G7 a lui aussi émis un texte dans lequel il se félicite des décisions prises par les Etats de la zone euro afin de remettre leurs finances publiques sur la voie de la soutenabilité et par les autres Etats membres de l'UE de répondre aux besoins de financement de leurs pairs.
Les Bourses se sont immédiatement redressées lundi matin en Asie. Même mouvement pour la monnaie unique européenne, qui a atteint jusqu'à 1,2950 dollar contre 1,27 vendredi soir à New York et s'échangeait en milieu de matinée sur le continent asiatique (vers 03h00 GMT) à 1,29 dollar (voir [ID:nLDE64902F])
Les économistes estimaient que pas moins de 500 milliards d'euros auraient été nécessaires le cas échéant pour sauver l'Irlande, le Portugal et l'Espagne.
En l'échange de ces concessions historiques de la part de l'Allemagne, où ce type de mécanisme était encore inenvisageable il y a quelques jours, ces deux derniers pays annonceront d'ailleurs d'ici le 18 mai de nouvelles réductions de leurs déficits publics pour 2010 et 2011.
SOULAGEMENT DES MINISTRES
A Bruxelles, les négociations ont longtemps achopé sur le refus allemand de s'engager sur des garanties, Berlin préférant mettre en place un nouveau plan de prêts bilatéraux sur le modèle de celui décidé pour la Grèce et dont les premiers versements ont été décidés dimanche. (voir [ID:nLDE6480MG])
La journée a été ponctuée de nombreuses interruptions de séance et d'une longue série de réunions et de conversations téléphoniques bilatérales entre ministres et dirigeants européens afin de vaincre les dernières réticences.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est entretenu avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.
Le président français et la chancelière allemande, à leur tour, ont eu un échange téléphonique avec le président américain Barack Obama.
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, a dû être admis lui en observation dans un hôpital de Bruxelles après avoir mal réagi à la prise d'un médicament et Berlin a dépêché dans l'urgence le ministre de l'Intérieur, Thomas de Maiziere, pour diriger sa délégation.
Mais après l'inquiétude d'un long week-end entamé à l'ouverture du sommet de l'Eurogroupe vendredi après-midi, le sentiment de soulagement était palpable parmi les ministres.
"A circonstances exceptionnelles, réaction exceptionnelle", a dit la ministre espagnole, Elena Salgado.
Son homologue française, Christine Lagarde, a de son côté salué une "solution consolidée, cohérente et déterminée". "Le pavé qu'on jette, c'est 500 milliards d'euros, avis aux marchés", a-t-elle dit.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2010 à 17:56 :
A "mimosa". J'ai de plus en plus l'impression que la politique monétaire laxiste des années 2000 sert avant tout à masquer les difficultés auxquelles les pays dits développés sont confrontés : la montée en puissance des pays "en développement". A cause de la concurrence de ces pays, nous perdons massivement des emplois manufacturés et des usines (et on ne peut pas le leur reprocher, c'est de bonne guerre et on les a exploités pendant longtemps). Pour tenter de compenser cela, et essayer de préserver un niveau de vie trop élevé, les banques centrales ont injecté des liquidités et favorisé le crédit bon marché, espérant dynamiser l'économie. Mais cela a avant tout créé une impression de croissance par le biais de bulles spéculatives (immobilier) et d'une augmentation du secteur bancaire (subprime, produits titrisés et autres produits basiques mais pompeusement nommés "structurés" et "complexes"). Bref, tout cela est artificiel et provisoire, et a commencé à craquer en août 2007. Et depuis les autorités essaient de sauver la situation en injectant encore plus de liquidités. Mais je pense que c'est peine perdue, et qu'il faudra bien un jour arrêter cette fuite en avant sinon c'est le système monétaire en entier qui va vraiment craquer et là ca risque d'être autrement douloureux.
a écrit le 10/05/2010 à 16:04 :
à "horreur" c'est un point de vue intéressant ! la croissance pour sarko en 2007 c'était la bulle immobilière : il en a profité pour se faire élire "mon avis" on voit bien ou en est le pouvoir d'achat en 2010 ! tant mieux pour les proprios détenteurs d'actifs , tant pis pour le plus grand nombre qui doit se loger ! quant aux jeunes ménages ils n'ont pas le choix sinon de payer des loyers élevés, s'entasser dans des petis 2/3 pièces ! car les salaires n'ont pas flambé, ils ont plutôt régressé ( de plus en plus de smicards, de temps partiels imposés ) l'argent ne vaut certes plus grand chose et le travail non plus ( la spéculation rapportant davantage que la création de biens) faut changer de système mais personne ne le propose ....
a écrit le 10/05/2010 à 15:22 :
Quand on voit que les banques centrales baissent les taux jusqu'à presque Zéro, qu'elles font tourner la planche à billets pour aider les banques puis maintenant pour acheter des dettes d'état, que tout cela fait flamber les actifs et en particulier l'immobilier, la question se pose : la monnaie, que l'on imprime sans restrictions, va t'elle continuer a avoir de la valeur ? Faut-il en garder sur son compte en banque ou faut-il tout liquider pour acheter quelque chose de tangible, par exemple de l'or, de l'immobilier malgré les prix déjà délirants ? Sommes nous payés avec une simple monnaie de singe démonétisée, avec laquelle on ne peut plus rien acheter et surtout pas un logement, comme la rouble au temps de l'URSS?
a écrit le 10/05/2010 à 13:21 :
750 milliards, c'est beaucoup pour éteindre l'incendie. Maintenant le plus difficile reste à faire. Des budgets et des échanges équilibrés, avec une économie compétitive. Rien à voir avec les petites sauteries de Bruxelle. Au bouleau, les politiques, pensez un peu plus au pays et un peu moins à vos carrières, sinon vous aurez jeté 750 milliards à la poubelle.
a écrit le 10/05/2010 à 11:02 :
On prend enfin des décisions qui dépassent l'échéance de la semaine, et permettent de commencer à poser les bases d'une modification ultérieure, à froid, des traités. De sorte que l'? soit une vraie monnaie, et l'Union Européenne, un ensemble cohérent, fort, et acteur de son avenir.
Ces mesures impliquent aussi évidemment que les membres s'engagent sur le chemin de la convergence économique, fiscale et politique.
Que du bon ! Enfin ! [Il était temps !]
a écrit le 10/05/2010 à 10:27 :
A quelques exceptions près, les commentaires que l'on peut lire sont d'une nullité à pleurer. mais ils ne font que traduire l'ignorance abyssale des français en matière économique et l'utilisation de ces forums comme défouloir anonyme.
On ne peut que se féliciter que les dirigeants européens et la BCE, prenant la mesure du risque, aient pris des mesures qui devraient faire cesser les menaces sur la zone Euro. L'Europe met enfin en place un système de mutualisation des risques, un pas important vers une gouvernance économique cohérente. Dans une économie mondialisée, l'Europe est la plus grande puissance économique de la planète avec 31% du PIB mondial, devant les USA (24%), la Chine et le Japon (environ 8% chacun). Il est temps qu'elle parle d'une seule voix.
Dans ce contexte, on est arrivé rapidement à la bonne solution grâce à la nouvelle règle de la majorité qualifiée, contenue dans le projet de traité constitutionnel rejeté par les français et les hollandais dont les nonistes ont répondu à côté de la question posée.
Si nous étions restés à la règle de l'unanimité, les discussions seraient encore en cours jusqu'à la catastrophe finale!
a écrit le 10/05/2010 à 9:12 :
Sortons de l'Euro avant qu'il ne soit trop tard!
http://www.mesopinions.com/detail-signature.php?ID_PETITION=83b3b5df6da3d664dae5a26f8f16fa8d
a écrit le 10/05/2010 à 8:55 :
"ce que j'ai compris et qu'on nous cache " nous allons devoir payer la note ! et nous allons souffrir ..... Fillon dit qu'il n'augmentera pas les impôts ? QUI LE CROIT ? ce sera alors des taxes, augmentation de csg , nouveaux prélèvement s à imaginer ?
Je crains une déflation : le français quand il a peur se met alors à épargner, à renoncer à certaines dépenses et achats contrairement à l'américain ...
alors risques de décroissance - déflation au menu ?? pessimiste ....
a écrit le 10/05/2010 à 8:50 :
Le monopoly version europeenne,hyppotheque vos maisons greques,espagnoles,portuguaises et la banque vous donnera de l'argent(virtuel!!) pour continuer le jeu !
a écrit le 10/05/2010 à 8:39 :
= crise majeur en europe d'ici 5 ans
750 milliars de dettes qui s'ajoutent déjà à des dettes.
Les chinois et les indiens doivent se marrer
et les américains souffler
nous on est parti pour souffrir
a écrit le 10/05/2010 à 8:00 :
Injures et incompétence, voilà ce que je lis dans bien des commentaires à cet article. Saluons le courage des ministres européens qui ont su prendre une décision. Certes il aurait fallu anticiper et il faudra bien limiter les dépenses pour réduire les déficits. A moins que les critiques sans âme et sans esprit aient des solutions, mais cela on peut en douter à la lecture de leurs diatribes. Mais peut-être cherchent-ils avec ces injures et ces faux-semblant à excuser leurs propres turpitudes et leur absence de solidarité.
a écrit le 10/05/2010 à 5:40 :
Un chèque en Blanc + aucune réforme = "BRAVO" ça c'est de la bonne politique, à l'évidence tout ces "petits chefs" sont des niais d'un tel niveau que ça fait peur. Ils ont résolus quoi au juste ? Le rêve pour les spéculateurs, ils peuvent créer ds produits encore plus pourris car ils seront de toutes manières rachetés. Vous allez voir prochainement arriver les petites taxes du genre "taxe pour le bien être en Europe" - "Taxe de stabilité économique et sociale" ....
a écrit le 10/05/2010 à 5:22 :
iL y a de folles et absurdes contradictions entre des pays qui s'engagent à emprunter pour abonder le fameux "FME ... Fond Monétaires Européen" et qui en même temps s'engagent à réduire leurs dettes - C'
a écrit le 10/05/2010 à 4:10 :
Tout cela est bien beau mais repose une nouvelle fois sur des montages financiers de dettes. On est très éloigné d'une saine gestion et ce magnifique château de cartes ne pourra tenir très longtemps car ne reposant que sur du virtuel accompagné par des parlotes d'hommes politiques affolés. La terrible échéance de la crise systémique est repoussée mais pour combien de temps encore ?
a écrit le 10/05/2010 à 3:57 :
sIL FAUT 750 000 000 000 ? pour sauver la situation à ce jour, c'est peut parce qu'il y avait AUTANT d'ACTIFS POURRIS CACHéS ? Mais alors c'est qu'on nous avait menti a l'échelle planétaire, CES BANDES DE VOYOUS nous en cachent peut être encore autant !

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