Tensions sociales en Chine : les grèves se multiplient

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A la suite des récents mouvements sociaux chez Honda Motor et Foxconn International, qui fabrique des iPhone pour Apple, des grèves ont été signalées dans la province du Jiangxi dans une usine appartenant à des Taiwanais, où l'on fabrique des articles de sport. Une grève a éclaté également à Xian, dans une usine de Brother Industries, entreprise japonaise de machines à coudre.

Les troubles sociaux partis d'usines appartenant à des sociétés étrangères dans le delta de la rivière des Perles, dans le sud de la Chine, semblent s'étendre à des régions moins favorisées de l'intérieur, élargissant un mouvement mené par des ouvriers qui souhaitent voir leurs salaires suivre l'évolution des richesses du pays.

Cette série de grèves est un sujet d'inquiétude pour le Parti communiste chinois, qui de longue date s'efforce de désamorcer tout conflit social et de sanctionner les grévistes.

A la suite des récents mouvements sociaux chez Honda Motor et Foxconn International, qui fabrique des iPhone pour Apple, des grèves ont été signalées dans la province du Jiangxi dans une usine appartenant à des Taiwanais, où l'on fabrique des articles de sport. Une grève a éclaté également à Xian, dans une usine de Brother Industries, entreprise japonaise de machines à coudre.

IL SUFFIT D'UNE ÉTINCELLE

Aussi bien le Jiangxi que Xian sont relativement distants des régions côtières riches proches de Hong Kong et Shanghai.

"Il suffit maintenant d'une étincelle et les nouvelles se propageront à travers toute la Chine, ce qui pourrait déclencher d'autres mouvements sociaux dans d'autres usines", estime Paul Tang, chef économiste à la Bank of East Asia à Hong Kong.

La majeure partie de ces conflits sociaux portent sur les salaires, la hausse du coût de la vie et la longueur des journées de travail. De leur côté, les patrons cherchent à maîtriser les coûts pour continuer à faire venir des investisseurs attirés par une main d'oeuvre bon marché.

GRÈVE À XIAN

Ces conflits reflètent en outre l'arrivée d'une nouvelle génération de Chinois qui ont grandi dans les zones économiques du sud et de la côte, très tôt tournées vers les réformes. Cette génération-là n'a guère de souvenirs du passé socialiste et d'événements comme la répression du "Printemps de Pékin", qui fit des centaines de morts début juin 1989.

Si le mouvement fait réellement tache d'huile, le gouvernement central devra soit faire des concessions à des ouvriers de plus en plus revendicatifs, soit prendre le parti des investisseurs, jugés essentiels à la bonne tenue des exportations du pays. L'excédent commercial de la Chine a fortement augmenté en mai, soutenu par un bond des exportations.

Dernière grève en date à être signalée, celle qui touche deux usines, soit 900 ouvriers, de Brother Industries, dans la ville de Xian, au centre du pays. Le mouvement a tout d'abord provoqué l'arrêt de la production, qui a repris par la suite. La compagnie a dit être en pourparlers avec les grévistes, qui réclament des hausses de salaires et une amélioration des conditions de travail.

D'AUTRES MOUVEMENTS

En outre, 8.000 ouvriers chez Smartball, un fournisseur taiwanais d'Adidas se sont mis eux aussi en grève. Un représentant d'une association d'hommes d'affaires taiwanais à Jiujiang, où Smartball est implanté, a indiqué que la production avait repris jeudi dans l'usine, après un contentieux lié aux salaires.

Mercredi, des médias taiwanais ont rapporté que 2.000 ouvriers d'une usine de machines-outils à capitaux taiwanais, près de Shanghai, s'étaient mis eux aussi en grève, mardi.

Des ouvriers d'une filiale shanghaienne du fabricant taiwanais de LCD Chimei Innolux ont brièvement cessé le travail pour réclamer de meilleures primes, mais le conflit a été réglé et le travail a repris.

Honda a par ailleurs annoncé que la production reprendrait vendredi dans deux usines automobiles chinoises mises en chômage technique deux jours durant cette semaine, en raison d'une grève chez un fournisseur.

Le mouvement social chez ce fournisseur, filiale du constructeur qui fabrique des composants pour les pots d'échappement, a pris fin mercredi soir et sa production a repris jeudi.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2010 à 16:10 :
Solidaritè avec les travailleurs chinois ( souvent jeunes et des femmes )
pour un salaire mondial minimun garanti
des hausses de salaires importantes aux travailleurs en chine et ailleurs
se battre pour l amélioration de vie des travailleurs en chine , c est aussi de se battre
pour les emplois en France et les délocalisations des entreprises
finansons les piquets de greve en chine

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