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Tunis demande à Interpol d'arrêter Ben Ali

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Le ministre tunisien de la Justice a annoncé ce mercredi que son pays avait fait appel à Interpol pour l'aider à mettre la main sur l'ex-dictateur. Les autorités tunisiennes veulent traduire Ben Ali devant la justice pour "détention de biens (expropriés) et transfert de devises étrangères à l'étranger".

Alors que des heurts ont encore opposé ce mercredi des manifestants à la police, près du palais de la Kasbah à Tunis, les nouvelles autorités ont fait une annonce destinée à prouver leur volonté de changement. Le gouvernement a fait savoir qu'il lançait un mandat d'arrêt international contre le couple Ben Ali réfugié en Arabie saoudite. Interpol est invité non seulement à arrêter l'ancien président Zine Ben Ali, mais aussi son épouse Leila Trabelsi et d'autres membres de la famille.

Le ministre de la Justice, Lazhar Karoui Chebbi a précisé que la Tunisie entendait les juger pour détournement de fonds. Ce dernier a aussi annoncé que six membres de la garde présidentielle seraient jugés pour incitation à la violence après le départ de Ben Ali.

Des manifestants ont réussi à s'introduire dans le bâtiment où le ministre de la Justice tenait sa conférence de presse. A l'issue de celle-ci, ils se sont pressés autour de lui pour réclamer la libération de proches toujours emprisonnés.

Chebbi a déclaré que 11.000 détenus s'étaient évadés depuis la chute de Ben Ali et que 2.460 autres avaient été libérés. Il n'a pas précisé combien d'entre eux étaient détenus pour des raisons politiques. Le gouvernement avait annoncé qu'il libérerait tous les prisonniers politiques.

Remaniement du gouvernement en vue

A Tunis, près du palais gouvernemental de la Kasbah, la police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants, principalement des adolescents et des jeunes gens, qui jetaient des pierres.

Il semblait s'agir de jeunes manifestants venus de régions rurales déshéritées qui campent devant le siège du gouvernement. Ces derniers ont crié aux forces de sécurité qu'elles étaient la "police de Leila", allusion à l'épouse détestée de Ben Ali, accusée d'avoir une influence excessive sur son mari et des goûts de luxe.

Des ministres ont fait savoir que le gouvernement provisoire, dont les manifestants demandent à ce qu'il soit purgé des éléments liés au régime de Ben Ali, serait remanié mercredi. Les postes régaliens restent occupés par d'anciens membres du RCD, le parti au pouvoir sous Ben Ali, et le remaniement consistera essentiellement à remplir les postes laissés vacants par cinq démissions, a déclaré à l'agence Reuters le ministre de l'Education, Tayeb Baccouche. Un autre ministre a dit que certains gouverneurs de province seraient aussi remplacés.

La centrale syndicale tunisienne UGTT a lancé un mot d'ordre de grève générale mercredi à Sfax, deuxième ville et centre économique de Tunisie. En visite à Tunis, Jeff Feltman, sous-secrétaire d'Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, a déclaré que les Etats-Unis étaient prêts à assister la Tunisie dans la préparation de ses premières élections libres.

 

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