"Made in France" ? Ne rêvons plus

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Par Alain Madelin, ancien ministre

Un nouveau label « Made in France » ou plus exactement « Origine France garantie » vient d'être dévoilé. Ayant, pour ma part, toujours roulé dans une voiture française par fierté de nos marques nationales, privilégiant volontiers aussi le « made in Breiz », par attachement à l'identité bretonne, je ne peux que trouver sympathique cette démarche patriotique. Il serait pourtant abusif de tirer des leçons économiques de cette forme de « préférence nationale ». Un achat à l'étranger n'est pas une perte d'emploi mais un déplacement d'emploi d'une entreprise française à une autre (lire « Le mauvais procès du libre-échange » dans « La Tribune » du 18 avril 2011).

Depuis belle lurette, tous nos produits sont en fait « made in world ». Rien n'illustre mieux cette réalité que le petit essai de l'économiste américain Leonard Read, « Moi, le crayon ». « Je suis un crayon noir, le crayon de bois ordinaire que connaissent tous ceux qui savent lire et écrire... Moi le crayon, aussi simple que je paraisse, je mérite votre émerveillement et votre respect »... « Simple ? Et pourtant pas une seule personne à la surface de cette Terre ne sait comment me fabriquer. »

Et d'énumérer tout ce qui entre dans la fabrication d'un crayon. Le bois de cèdres d'Oregon. Tout le travail des bûcherons - du campement qui les loge à leur ravitaillement -, les scies et les haches, les camions et les trains qui assurent la coupe et le transport (jusqu'aux machines complexes de la scierie). Comment le graphite d'une mine de Ceylan est produit, transformé puis transporté jusqu'au crayon qui s'ébauche. Et de décrire aussi le long processus qui permet de fabriquer, à partir des mines de zinc et de cuivre, la virole en laiton au bout du crayon qui retient une « gomme » elle-même produite par l'interaction du chlorure de soufre avec de l'huile de graine de colza provenant d'Indonésie. Et l'histoire des six couches de laque qui recouvrent le crayon, celle de la marque imprimée... Ce sont au total des millions d'êtres humains qui participent sans le savoir à la création de ce simple crayon, qui échangent et coordonnent leur savoir et leur savoir-faire dans le cadre d'un système de prix sans qu'une autorité supérieure dicte leur conduite.

 

Ce texte date de 1958. Depuis, la mondialisation et la mutation de nos économies vers la société de la connaissance n'ont fait, bien entendu, que renforcer cette interdépendance. Mais notre façon d'appréhender le réel reste encore fortement marquée par un appareil statistique conçu pour mesurer les échanges de biens physiques de la société industrielle. Or, derrière la crainte de la désindustrialisation ou les peurs des délocalisations, la réalité, c'est l'internationalisation de l'économie et l'interpénétration de l'industrie et des services.

La frontière entre industrie et services s'estompe. Au lieu de vendre un bien, on vend de plus en plus un service. Les industriels se font commerçants, les commerçants se font industriels. Une nouvelle catégorie d'entreprises apparaît, les « sociétés plates-formes », qui conçoivent leurs produits, maîtrisent leurs marques, vendent partout dans le monde et remplacent leur activité de production par une sous-traitance optimisée à l'échelle de la planète. Apple en est un bon exemple. Prenez un iPhone, comptabilisé 179 dollars dans les statistiques américaines des importations en provenance de Chine. Une récente étude universitaire réalisée au Japon (Yuquig Xing et Neal Detert) a décomposé le processus de fabrication et la chaîne de valeur. Si la 3G, le Bluetooth et les composants audio sont « made in USA », la mémoire flash et l'écran sont produits au Japon, le processeur et ses composants sont coréens, le GPS, la caméra et le wi-fi viennent d'Allemagne. L'assemblage final en Chine ne représente que 6,50 dollars, soit 1,3 % du prix de vente aux États-Unis ! Ce que l'on voit, c'est un déficit commercial apparent de 1,9 milliard de dollars pour les États-Unis avec l'iPhone ; ce que l'on ne voit pas, c'est la captation de l'essentiel de la valeur créée par les Américains.

 

Derrière le film catastrophe de la désindustrialisation que la France aime se projeter, la baisse de nos effectifs industriels a deux causes essentielles. D'une part, l'externalisation des fonctions de service (gardiennage, nettoyage, cantine) autrefois comptabilisées dans les emplois industriels et passées aujourd'hui dans les services. D'autre part, la hausse de la productivité dans l'industrie où moins d'emplois et moins d'argent sont nécessaires par unité produite. L'influence des délocalisations reste marginale. D'ailleurs, tous les rapports convergent pour montrer que les délocalisations sont globalement favorables à la croissance économique et à l'emploi.

Les délocalisations sont favorables à la croissance économique et donc à l'emploi tout comme le progrès technique. Il n'y a pas de différence entre une main-d'oeuvre chinoise peu chère et un robot industriel ! L'Allemagne est devenue le premier exportateur de biens de haute technologie devant les États-Unis, à partir des mêmes facteurs de production que la France (même monnaie et même coût du travail).

Il ne faut pas se tromper de combat et prétendre défendre nos emplois, face aux pays à main-d'oeuvre bon marché, en comprimant les salaires, en subventionnant les emplois peu qualifiés par d'artificielles baisses de charges tout en décourageant le capital et en surfiscalisant les emplois qualifiés. Le mariage réussi du « made in world » et du « made in France », c'est celui de la créativité et de l'investissement.

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Commentaires
a écrit le 19/06/2011 à 6:41 :
La Chine propose de nous prêter de l'argent pour acheter leurs produits. Bientôt Pékin décider de gérer nos affaires à notre place. Cette situation est la conséquence de la politique mondialiste et défaitiste de l'UMPS. Si nous continuons avec cette mauvaise gestion et cessons de rêver à un projet ambitieux pour la France, nous serons rétrogradés à la dernière place. Un changement de gouvernance sera nécessaire en 2012 avec une volonté nouvelle de changer les choses et de gérer correctement les affaires de la France autrement qu'en faisant du déficit façon Mme Lagarde.
a écrit le 05/06/2011 à 7:59 :
Tant qu'on n'élira pas des étrangers à la place et aux postes de nos élus, ils ne comprendront pas.
a écrit le 04/06/2011 à 22:11 :
la pub connec machin empêche l'accés à l'article !
a écrit le 04/06/2011 à 11:23 :
Errare humanum est, diabolicum perseverare...Mais certains ne changerons jamais.
Asclépios, le blog qui vous aide gratis aussi à cesser de fumer sur
http://pierrechallenge.overblog.fr
a écrit le 04/06/2011 à 8:13 :
il est revenu apres des annees de silence ...
pourquoi il r evient, il etait bien la ou il etait . . .
du moins on entendait pas ses betises...
a écrit le 04/06/2011 à 7:59 :
Je trouve que que Mr MADELIN, est trés mal placé pour parler de l'entreprise et des delocalisations. Tout comme l'ensemble de la classe Politique Française qui n'a jamais travaillé dans une PME, ni comme employé, ni comme dirigeant/fondateur. Ils ne savent pas de quoi il en ressort de ce quotidien, si ce n'est qu'au travers d'études remontées par les divers acteurs locaux à grands frais. Peut-être, aurait-on espoir de savoir qu'ils l'ont vécu au travers de leurs parents étant petits? Pas même! Regardez la représentativité des différentes classes sociales auxquelles Ils appartiennent et desquelles ils sont issus. Non, la vérité est quotidienne Mr MADELIN, les délocalisations se vivent au jour le jour dans ces milieux quoi-qu'en disent vos chiffres et théories!
a écrit le 03/06/2011 à 22:55 :
ah ben merde alors,madelin bouge encore...........
a écrit le 03/06/2011 à 18:30 :
Si les dirigeants français pensaient un peu moins à se gaver pour s'en mettre plein les fouilles le plus vite possible, et un peu plus à investir à moyen et long terme dans la recherche et l'innovation, la France aurait peut-être des résultats aussi bons que l'Allemagne, qui s'en sort mieux que nous malgré la crise, car les clients apprécient les produits allemands.
Réponse de le 04/06/2011 à 9:40 :
bravo
a écrit le 03/06/2011 à 15:48 :
Attention à ne pas être trop caricatural.

Certes, lorsque l'on achète un produit chinois, il y a, bien évidemment, un partage de la valeur ajoutée entre les fournisseurs de matières premières, les labos d'études, l'industriel, la marque, le transporteur, le distributeur etc...

Ainsi, lorsque j'achète un appareil à raclette TEFAL "made in China" à 49 euros en magasin, toute la somme ne part pas en Chine. C'est vrai.
Mais ceci ne doit pas nous rassurer pour autant !

L'on entendait déjà dans les années 90 un leitmotiv :
"Si on achète des T-shirts aux asiatiques, ce n'est pas grave ... on leur vend des TGV et des AirBus !"

Or, 25 ans plus tard, la Chine, Atelier de Monde, devient également le laboratoire du Monde... et fabriquera d'ici 10 à 15 ans des trains à sustentation magnétique et des avions de ligne bien moins chers que les nôtres !

Aussi, il est particulièrement dangereux de minimiser les graves conséquences de la désindustrialisation française.

La vérité est que notre balance commerciale (exportations - importations) devient ultra-déficitaire, et ce, de façon chronique.

La vérité est que l'emploi industriel recule sans cesse : 16% seulement des salariés français travaillent pour l'industrie. Et ce n'est pas l'externalisation du gardiennage ou des cantines qui explique ce phénomène désastreux : C'est d'une part les délocalisations et d'autre part les faillites de nos entreprises qui ne sont plus compétitives face à la concurrence.

La France a un gros problème de compétitivité, qui n'est certes pas irrémédiable, l'Allemagne nous prouvant qu'un état européen peut avoir une balance des paiements positive.

Mais pour ce faire, nous devons développer un fort tissu de grosses PME industrielles exportatrices (comme en Allemagne), hélas les politiques français semblent avoir d'autres priorités ...




a écrit le 03/06/2011 à 14:39 :
Made in France sur Quoi ??? face à des industries fermées partout en France . c'est malheureux de constater que dans la partie nord Est de la France , là où j'y étais , on voyait les anciens locaux de l'industrie lourde française , fermée depuis longtemps et j'imagine que çà a été le choc pour les salariés .
La France depuis des décennies n'est plus compétitive et perd de plus en plus de part de marché dans tous les domaines à part nucléaire .
a écrit le 03/06/2011 à 13:56 :
MR MADELIN NE COMPRENDS RIEN A L ECONOMIE CE N EST PAS D AUJOURD HUI.
Réponse de le 20/06/2011 à 11:32 :
Monsieur Madelin est bien plus compétent en la matière que bien des pseudo-économistes sévissant sur ce blog?
a écrit le 03/06/2011 à 13:41 :
Quand allons nous nous débarasser de ces politiciens qui nous ont conduit au chaos avec leur théorie économique et qui pensent qu'ils ont encore quelque chose à dire.
a écrit le 03/06/2011 à 13:19 :
l'exemple de l'iphone est significatif :
si l'assemblage en Chine ne correspond qu'à $6,5, soit une infime partie du prix de vente, cela signifie bien que cela ne vaut pas le coup de délocaliser pour économiser finalement sur la partie la moins coûteuse de l"ensemble. Apple devrait bien poiuvoir supporter un coût de montage de 15 ou 20 $ aux USA plutôt aque de sacrifier les emplois.

je constate pour ma part que l'argent consacré à un iphone est une perte sèche pour la France : je n'achète plus ce genre de gadget.
et quand j'achète des pc ou autre matériel pour l'entreprise ( TPE), c'est toujours à moins de 500 ? et avec du logiciel open source .

Arrêtons d'acheter, ou minimisons nos achats ,Si il n'y a pas de valeur pour la France ou l'Europe.
a écrit le 03/06/2011 à 12:51 :
Comme d'habitude Madelin enfile une série d'absurdités comme d'autres enfilent des perles. Le progrès technique et le progrès intelectuel sont régressifs tout le monde le sait désormais. Notre pays est obligé à la mondialisation pour pallier à cette réalité. L'on comprend cependant que ce concept trouvera rapidement des limites sauf à accepter un monde majoritairement affamé. A titre d'exemple si nous regroupions toutes les entreprises françaises de zéro employé (soit 2 millions de sociétés) par cluster à la moyenne de la catégorie supérieure, nous obtiendrions 40 000 entreprises. Si nous faisions de même avec la catégorie comportant 1 millions d'entreprises de 1 à 10 salariés, nous trouverions 60 000 établissements! Ce calcul donnerait au mieux un total avec le solde restant de 232000 entreprises consolidées françaises en tout en pour tout. Il est fort probable que ne subsistent que 3 ou 400 entreprises à 20 ans. La question est alors de savoir plus que jamais comment sont réparties les richesses et de le faire maintenant sous peine de basculer dans une société militariséé par les amis de Monsieur Madelin. Elle se pose pour la France, elle se pose aussi pour le monde.
a écrit le 03/06/2011 à 11:51 :
une chronique sur le made in france par celui qui a oeuvré à sa désindustrialisation,
c'est gonflé!
une société est une pyramide de compétence, et il faut un éventail de job varié. le problème est ensuite l 'échelle de salaire, et la redistribution par l'état!
combien de mineurs rentraient crevés chez eux, mais fiers de rapporter leur salaire à la maison, cela n'est même plus possible.
Réponse de le 03/06/2011 à 20:24 :
Je partage votre point vue.

Comment peut-on s?imaginer que tout le monde va devenir ingénieur chez Apple dans un pays de 65M d?habitants alors que la baisse de l?efficacité du système éducatif est dénoncée de toute part ?
Entre permettre à tous de vivre fièrement de son travail d?un côté ou mettre à la charge des plus entreprenants le fardeau du social et des emplois improductifs liés à l?Etat, la France a clairement fait un choix? pas des plus pérennes cependant puisque ce système repose sur la dette et pas seulement depuis la crise de 2007.

?ce que l'on ne voit pas, c'est la captation de l'essentiel de la valeur créée par les Américains?

J?aimerais contribuer au débat en soulignant le caractère très réducteur (pour dire peu de mon indignation) des propos de M. Madelin, notamment dans son exemple sur Apple. En effet, la valeur créée in fine se répartie en fonction de la structure capitalistique et celle-ci a bien changé dans nos économies depuis 1958. Dans un système mondialisé, la valeur ajoutée revient en majorité aux actionnaires qui détiennent la ressource rare : le capital. Dans le cas d?Apple, ils pourraient ne pas être majoritairement américains.
Si l?actionnaire est chinois, in fine la valeur créée par Apple profite au maçon/agriculteur/coiffeur/restaurateur chinois de la ville où habite et consomme l?actionnaire d?Apple.

Parler de mondialisation sans parler de la structure du capital est donc léger.
Quelle est la première chose que font les fonds d?investissement détenteurs de sociétés comme Aubade ou Arena ? Ils optimisent la structure de coût en délocalisant pour servir des objectifs de rentabilité élevés. Point d?humanité dans tout cela, seulement la froideur d?un TRI. Que penser alors de nos politiques qui se comportent comme ces fonds d?investissement quand ils sont actionnaires de Renault ?

Je trouve malheureux que malgré de nombreuses publications d?économistes, les politiques persistent à ne voir que leur intérêt court-termiste pour prêcher le « tout va très bien » et faire le pari de la crédulité des électeurs. Une telle attitude ne peut que continuer à pousser les extrêmes sur le devant de la scène et semer le doute dans l?esprit des démocrates quant à savoir si se sont bien les intérêts communs qui sont servis plutôt que ceux des élites.
Réponse de le 04/06/2011 à 9:55 :
Wolomin
votre analyse est pertinente, je la partage totalement. la responsabilité des "politiques" dans cette "évolution" du monde économique est également notable. Il faudra bien une fois pour toute prendre conscience que leurs intérêts ne sont pas nécessairement les nôtres, ce qui devrait nous inciter à réfléchir davantage lors des échéances électorales. Il n'est pas écrit dans le marbre que l'on doit être éternellement berné.
a écrit le 03/06/2011 à 8:33 :
Le vrai problème ce n'est pas le Made In France mais d'avoir un système qui ne pénalise pas lourdement la production locale. Notre système la pénalise lourdement, pas que dans l'industrie mais aussi l'agriculture.
Le seul moyen de corriger cela, sans remettre en cause la mondialisation c'est d'avoir un système à base de TVA sociale qui taxerait l'activité et non pas l'emploi local, peu importe d'où vient le produit, il serait taxé à la vente et non pas à la production. Ce qui balancerait le dumping social ou environnemental que font d'autres pays.
Réponse de le 03/06/2011 à 20:55 :
Entiérement d'accord
Réponse de le 05/06/2011 à 10:57 :
@Laurent,
Taxer l'activité = taxer le travaille (c'est jouer sur les mots)
Taxer la vente = taxer le travaille de vendeur
Or taxer le travailler c'est taxer l'emploi par effet ricochet !!
Non, il faut diminuer les impots !! sur les entreprises comme pour les menages !
Et pour faire cela : Il n'y a pas 36 solutions : Il faut faire la réforme de l'etat et la fin de l'etat providence
Réponse de le 05/06/2011 à 18:56 :
@Lolo : mais tu rêves ... cela ne suffira pas , certes en supprimant les services publiques et les charges associées on aura moins de prélèvements et fini l'état providence , mais le salaire d'un Français restera toujours 10 fois trop élevé comparé à un Chinois, faudra t'il aussi diviser les salaires par dix ?? ... non c'est donc une fausse "bonne idée" prônée par les riches pour faire sauter la répartition mais cela ne résoudra rien (la preuve l'Allemagne exporte et c'est toujours une social démocratie même avec les derniers ajustements) !! Mettre l'accent sur l'innovation , la qualité des produits, aider à l'exportation pas financièrement mais en créant les connections pour atteindre les marché extérieurs cela serait se préparer correctement à la mondialisation..... Et la TVA sociale pour compenser les "non contraintes environnementales ou politiques faciles quand ce sont des dictatures comme la Chine" me parait être une bonne idée à condition qu'elle (la TVA sociale) soit compensé pour les très bas salaires par une baisse de charge , pour les hauts salaires pas de baisse de charge et suppression des alloc dont ils n'ont pas besoin (ils ont déjà une réduction d'impôts quand ils ont des gamins ça suffit bien, et en Allemagne ils en font l'économie), mais pour cette suppression des alloc vous allez voir qu'il y aura plein de "riches" qui ne vont pas vouloir la suppression de l'état providence ...
a écrit le 03/06/2011 à 8:24 :
Pourquoi rever de la France cher Monsieur Madelin, eh oui ancien ministre tout est dans le titre.
a écrit le 03/06/2011 à 8:04 :
Décidément, Les théoriciens sont aveugles!
Demandons aux Chinois, si ils partagent le travail vers les pays étrangers. Je pense que vous avez tort monsieur Madelin. L'ultra-libéralisme a montré ses limites, et la dérégulation est une catastrophe pour les sociétés. Le logo "origine France garantie" est une chance et permettra aux consommateurs Français de privilégier les produits issus du travail de nos concitoyens. Comme le font déja les Allemands, les Américains les Jalonais et les Chinois
a écrit le 03/06/2011 à 6:29 :
M. A.Madelin n'a certainement pas l'expérience professionnelle suffisante pour disserter sur les avantages et inconvénients du made in France vs. made in World. Que la Tribune lui ouvre ses colonnes, pourquoi pas, mais à condition que ce quotidien trouve d'autres contributeurs sur ce sujet.
a écrit le 02/06/2011 à 21:51 :
M. Madelin oublie que la concurrence des pays à bas couts a 2 effets:
- un effet direct: les délocalisations détruisent dans un premier temps les emplois des pays développés:
- un effet indirect: la hausse de la mécanisation de la production pour résister à cette concurrence des prix de main d'oeuvre. Cette mécanisation détruit des emplois (remplacés par des robots industriels).
L'impact est donc double. Un destruction des emplois par les entreprises qui délocalisent, et une destruction par celles qui robotisent leur production pour ne pas avoir à délocaliser.
M. Madelin aurait de plus souligner aussi que la production locale, même robotisée pour gagner en productivité, est préférable aux importations de produits venant de Chine par exemple. En effet une entreprise qui continue à produire en France va devoir employer des techniciens français pour entretenir ses machines, payer des impôts dans le pays, bref participer à l'économie locale.
Réponse de le 02/06/2011 à 23:32 :
Mais non l'idéal c'est d'avoir des entreprises robotisées dans les zones a bas couts (La Chine c'est bien , en plus ils n'ont pas le droit de se plaindre) donc avec les ouvriers ,les techniciens, les ingénieurs, les cadres, ... et garder aux US les décideurs , et ailleurs comme en France les moutons de clients ... (bon cela ne dure qu'une génération car une fois qu'ils sont tous au chômage ... font intervertir ...) , d'ici là il ne sera plus là.
a écrit le 02/06/2011 à 20:57 :
Certes, l'importation de X $ intègre des éléments qui ont été exportés, mais au total, les Américains et les Français sont en déficit. D'ailleurs, la caméra "allemande" de l'exemple n'est pas non plus 100 % allemande... Ce qui compte, c'est le résultat final, négatif dans notre cas.
a écrit le 02/06/2011 à 20:03 :

Les faits parlent d'eux même; l'idéologie de Mr Madelin est une ânerie.

Les asiatiques le savaient depuis le début, ils ne respectent aucunes règles et profitent bien de notre naïveté. Le vent tourne et les américains commencent à se poser des questions.

L'Europe ne représentera bientôt plus que 6 % de la population mondiale et doit rapidement adopter une approche moins naïve et plus pragmatique ou elle sera le dindon de la farce. Une dose de protectionnisme et un peu de réciprocité dans les échanges serait du bon sens.

Quand à la France, elle ne peut visiblement pas compter sur ses ministres, espéreront que ses citoyens comprendront que soutenir les entreprises européennes c'est soutenir notre avenir et celui de nos enfants.

a écrit le 02/06/2011 à 19:12 :
Madelin au pouvoir !!!
Réponse de le 02/06/2011 à 23:26 :
coucou ? coucu ? cocu ? non coucou on avait tous remarqué que tu blaguais :)
a écrit le 02/06/2011 à 18:46 :
Mais alors il n'y aurait donc aucun lien entre la faible croissance française et notre balance commerciale catastrophique??
Visiblement le protectionnisme est toujours aussi tabou : "c'est pas bien" et pourtant tous les pays le font, Chine et Usa en tête.
Et l'impact carbone dans tout cela? Made in world signifie aussi transport et pollution...
Réponse de le 02/06/2011 à 23:23 :
Les pays qui réussissent a tirer partie de la mondialisation sont ceux qui disent et qui imposent le "faites qu'est ce que je dis et pas qu'est ce que je fait!" ... tout le monde le sait sauf Madelin .... qui voudrait qu'en plus on y croit ! C'est soit d'une naïveté incroyable , soit il est franc maçon ...
a écrit le 02/06/2011 à 14:54 :
"Un achat à l'étranger n'est pas une perte d'emploi mais un déplacement d'emploi d'une entreprise française à une autre" - Donc si j'ai bien compris je ne suis pas un chômeur, j'ai seulement délégué mon travail à un autre...
Oui mais pendant ce temps là, les p'tits chinois copient, copient et un jour Apple sera une entreprise à capitaux chinois ! (CHINOIS américains ...)
Alors comment ils vont se déléguer entre eux le travail les chinois ?
a écrit le 02/06/2011 à 12:58 :
le madin FRANCE...fonctionnaires ...rtt ..35 h produits a exporter ....
Réponse de le 02/06/2011 à 14:07 :
Essayons d' exporter nos fonctionnaires lol
Réponse de le 03/06/2011 à 12:35 :
@ LP il vous faut ajouter NOS SYNDICATS destructeurs de milliers d emplois en FRANCE
Réponse de le 18/06/2011 à 4:25 :
faudrait les exporter en Chine ... ils finiraient en tôle et arrêteraient de nous emmerder, on pourrait enfin repasser à la semaine de 6 jours et de 60 heures
a écrit le 02/06/2011 à 12:22 :
"L? Allemagne est devenue le premier exportateur de biens de haute technologie devant les États-Unis" ... "c'est celui de la créativité et de l'investissement".

L? Allemagne a quelque chose que la France n'aura jamais.
Réponse de le 02/06/2011 à 18:48 :
Effectivement l'Allemagne a quelque chose que la France n'aura jamais : la fierté de son industrie et la revendication de la qualité des produits allemands...
Réponse de le 02/06/2011 à 20:16 :
Non. Des élites qui ne méprisent pas leurs concitoyens et ne rêvent que de s'extraire de leur sort.
La cause?
Un pays d'entrepreneurs nés, miné par une de marxiste, ex-trotskistes et autres maoistes qui ont pris le pouvoir dans le monde syndical, politique, les médias (les trotskistes le revendiquent clairement pouisque c'était un de leurs objectifs), du show-biz, de la recherche "sur fonds publics" et de l'éducation. Entre autres. Vous remarquerez que je ne parle même pas des magistrats.
Aujourd'hui ce sont eux les bourgeois, mais à la mode de chez eux. On copine, on intrigue, on se serre les coudes. Il n'y a qu'a se rappeller que 50% des élèves des grandes écoles sont des enfants d'enseignants pour comprendre l'ampleur du problème. Ce doit être pour ça qu'ils revendiquent toujours plus de moyens. Ce sont les bourgeois, mais ça ne leur suffit pas. Il faut qu'ils lavent leur conscience en imposant aux autres des choix toujours plus irréversibles, une langue de bois et un politiquement correct que seules leurs éminences les grandes âmes de gauche sont habilités à juger. Ils batissent jour après jour le rêve qu'ils n'ont su atteindre par la ferveur populaire, à coup de diktats et d'interdits. Leur rêve est devenu cauchemard, mais ils s'en foutent. Après eux le déluge. Et puis les petits sont bien formés, ils devraient protéger les retraites juste assez longtemps.
Trente ans qu'on n'entend plus qu'eux et qu'ils sont seuls aux commandes de la plupart des secteurs clefs de l'influence politique.
De fait, si nous avons été sauvés d'un désastre total, c'est par l'heureux hasard de leurs luttes intestines permanentes.
L'Allemagne a ses fardeaux, mais pas celui-là, pour avoir connu ses frères de l'Est dan sue misère et un désarroi terribles.
Réponse de le 02/06/2011 à 23:14 :
@simple citoyen "Un pays d'entrepreneurs nés, miné par une de marxiste, ex-trotskistes et autres maoistes qui ont pris le pouvoir dans le monde syndical" ?????????? vous parlez de la France ???? ce pays rural de propriétaires terriens experts dans l'exploitation des ressources humaines et terriennes et a des années lumières de l'innovation technologique ... c'est pour cela que la France décline , plutôt que de miser sur l'innovation en France , les élites mises sur des ouvriers en zone à bas couts , des ingénieurs en zone "innovantes" comme aux US ou en Allemagne (voir Joint de venture Hydride PSA / BMW , où seront les ingénieurs : en Allemagne , la production en France ... délocalisée en suivant ). La France d'un coté certes essaye de suivre ses idéaux de liberté égalité fraternité de 1789 (services publiques, etc..) , et d'un autre est entrée a fond dans la mondialisation (exploitation des ressources ou elles sont les moins cher) en pensant ne garder en France que des consommateurs, mais surtout en croyant (éllites= élus comme entrepreneurs) qu'il suffit que de produire a bas cout pour réussir !! c'est faux et même les coréens font mieux que nous et innovent plus que nous maintenant , et effectivement l'Allemagne innove , s'adapte sans pour autant devenir une dictature chinoise et réussi elle .... si les Français doivent faire des efforts , les élites Françaises doivent en faire aussi et se remettre un peu plus en question que de dire "c'est la fôt aux syndicats , y sont méchants ... bouhhhh "
Réponse de le 03/06/2011 à 7:49 :
Et encore les syndicats sont très faibles en France! Regardez en Allemagne ceux de la métallurgie. Leur force, que ce soit en Allemagne ou en Corée, c'est qu'ils ont su préserver les salaires (30% plus élevés qu'en France) et ainsi donner envie aux salariés de faire du bon boulot. En France, malheureusement, on a la sensation que nos élites ne cherchent qu'à réduire le coût du travail en réduisant les salaires, mais ne recherche pas une qualité optimale. Du coût tous se cramponnent sur les acquis et c'est la culture du donnant donnant, tu me prends ça, je ferais ça moins bien.
Réponse de le 03/06/2011 à 9:26 :
@lasciure peut etre peux nombreux mais ils tiennent des castes qui paralysent l economie: SNCF, RATP, Docker Marseillais... chacune de leur greve nous enfonce un peu plus pour garder des acquis qui n'ont plus lieu d etre.... Le port de Marseille se meurt, le fret SNCF est Moribond..... On parle de la fonction publique et du refus systematique de reformes necessaire, et conduit au copinage/empilement des strate locale et nationnale...

La Force des Syndicats Allemand c est qu ils sont pragmatique et dans la négociations, ils acceptent le sacrifice et le com^promis, en France c est le perpetuel blocage qui fait le jeu du Gouvernement et du Medef
Réponse de le 03/06/2011 à 12:22 :
Ahbon vous me faites rire. Le seul mot syndicat vous fait bondir.
Ce que vous décrivez n'est pas entièrement faux. Mais d'une part vous semblez considérer que les entreprises sont les grands groupes, c'est une des réductions chroniques qui nous coûtent cher, car ces entreprises ont phagocyté les PME/PMI. D'autre part vous refusez de considérer les causes de cet état.
Quant aux syndicats, pour revenir à eux, lisez ce que j'ai écrit. Je ne dit pas qu'ils sont fautifs per se, mais que la gratification systématique de leur pouvoir de nuisance nous coûte très cher, en particulier dans les grands systèmes où ils sont implantés. Ils n'ont de cesse de promouvoir des agendas politiques, corporatistes et idéologiques à cent lieux de ce que devrait logiquement être leur mission. Du coup, ils sont laissés seuls maîtres des lieux dans un certain nombre d'administrations ou entreprises où ils finissent par se comporter en véritables groupes mafieux.
Réponse de le 03/06/2011 à 12:36 :
La SNCF , la RATP n'exportent pas alors si leur syndicats vont au blocage il ne faut pas généraliser ... dans les entreprises privées en France les syndicats sont dune part moins présents qu'en Allemagne (qui elle export a tire larigot) et d'autre part pas mal pragmatiques eux aussi ... Bref les grèves de la RATP et de la SNCF et de certains fonctionnaires ne doivent pas cacher l'échec du privé a exporter des produits innovants et de qualité ! Mais les élites ne cessent de se servir de cela comme excuse ...
a écrit le 02/06/2011 à 11:38 :
Mr Madelin, avez vous deja créer ou au moins gérer en France et quotidiennement une entreprise industrielle dans votre vie de pantouflard fonctionnarisé donneur de lecon ?

a écrit le 02/06/2011 à 10:45 :
Mr Madelin, pourquoi l'Union Europeenne a t elle financé depuis 10 ans la création et le developpement de zone franche off shore en Tunisie ? Arena, Lejaby delocalisent en masse en Tunisie. Grace a l'UE, la Tunisie a mis en place des infrastructures locales pour accueillir ces entreprises. Seule obligation pour ces dernieres pour beneficier de l'exemption de taxes locales : reexporter leur production tunisienne, notamment vers l'UE. merci l'UE d'avoir commandité et organiser le demantelement de l'outil industriel europeen.
2eme point : les taxes d'importation de produits marocains en Europe etaient de 17% en 2000 et seront de 0.05% en 2012 (Source : Ubifrance) de fait le marché europeen s'elargit au Maroc sans referendum. Renault produira au Maroc en 2012 avec l'ouverture d'une grande usine ayant pour but de vendre ces vehicules en Europe. Encore une fois, merci l'Europe d'organiser la pauperisation de l'Europe au profit de pays non europeens. On s'en souviendra en 2012 dans les urnes ...

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