Les enfants de la "nomenklatura" russe s'exercent à la lutte des places

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Plusieurs enfants d'anciens du KGB, proches de Vladimir Poutine, noyautent rapidement la direction des grandes banques d'Etat.

L'espionnage et la finance ont des liens de consanguinité en Russie. Après les "oligarques" des années 90, les fils de ministres ou de hauts fonctionnaires prennent des postes clés dans les grands groupes publics, symbole d'un système où pouvoir et argent sont intimement liés. Sergueï Ivanov Junior (surnommé ainsi parce qu'il porte le même prénom que son père) a été élu la semaine dernière au conseil d'administration de Gazprombank, la troisième banque du pays, affiliée au géant russe Gazprom. Son père Sergueï Ivanov est un ancien ponte du KGB, premier vice Premier ministre actuel et intime de Vladimir Poutine. Le frère aîné de Junior, Alexandre Ivanov, occupe lui un poste de direction chez VTB, deuxième banque du pays.

La liste des nominations similaires ne cesse de s'allonger. Depuis le 1er février, le fils du directeur de la sécurité d'Etat (FSB), Alexandre Bortnikov, dirige la division Nord Ouest de cette même banque VTB. L'année dernière, Dmitri Patrouchev, 33 ans et fils de l'ancien patron du FSB, à a été bombardé à la tête de RosSelKhozbank, sixième banque russe. Enfin, le directeur adjoint de VEB, la banque d'investissement du Kremlin, n'est autre que Piotr Fradkov, fils du directeur des services de renseignement militaires Mikhaïl Fradkov. La famille de Vladimir Poutine n'a pas été oubliée. Igor Poutine, 57 ans et cousin du Premier ministre russe, a été nommé cette année vice président de Master Bank, une importante banque privée russe, alors qu'il ne possédait jusqu'ici aucune expérience dans la finance.

La nouvelle "nomenklatura" du clan Poutine

A titre de comparaison, la tentative de Jean Sarkozy, fils du président français, de se faire élire à la tête de l'EPAD, un important groupe immobilier public, avait provoqué un énorme scandale en 2009. Penaud, Jean Sarkozy avait retiré sa candidature. Rien de tel en Russie où ces nominations sont passées sous silence par les télévisions et ne font l'objet d'articles (sarcastiques) que dans les pages d'une poignée de quotidiens libéraux et dans la blogosphère.

Il est devenu très tendance de placer ses enfants à la tête de grandes banques d'Etat et de mettre au nom de son épouse des actifs industriels ou financiers. Les hauts fonctionnaires de la garde rapproché de Vladimir Poutine, qui ont progressivement depuis 10 ans saisit les rênes politiques du pays, constituent peu à peu une nouvelle "nomenklatura" dont l'emprise s'étend désormais à l'ensemble de l'économie.

Cette tendance népotique lourde paraît contredire la décision du président Medvedev consistant à éjecter les ministres (c'est-à-dire les hommes de Poutine) des conseils d'administrations des grandes corporations publiques. En réalité, les observateurs ont plutôt le sentiment que la résistance de Dmitri Medvedev se limite à sauver les apparences sans vraiment contrecarrer la sédimentation opérée par le clan Poutine.

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Commentaires
a écrit le 19/07/2011 à 13:15 :
Et chez nous est-ce tellement différent ? Chacun case sa famille ou ses amis. A gauche comme à droite.
a écrit le 19/07/2011 à 8:51 :
deuse
a écrit le 18/07/2011 à 23:17 :
preums

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