Les commentaires de Standard & Poor's sur les Etats-Unis et sur... la France

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Au cours d'une téléconférence, les analystes de l'agence de notation ont justifié ce lundi la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis. Le président américain doit s'exprimer publiquement sur cette note dans la soirée. Au passage, S&P salue la réforme française des retraites, "intelligente à biens des égards". "Le gouvernement n'a pas cédé à la pression de la rue", se félicite S&P qui applaudit aussi à la chasse aux niches fiscales "et à d'autres types de concessions".

Au cours d'une téléconférence, le directeur de la notation souveraine de Standard & Poor's, David Beers, et John Chambers, son président de la dette souveraine, ont justifié ce lundi la dégradation de la note des Etats-Unis, ramenée de AAA à AA+ à la veille du week-end. Certains d'entre eux se sont déjà exprimés dans les médias américains sans convaincre l'ensemble des investisseurs - dont le président milliardaire de Berkshire Hathaway, Warren Buffett, qui a fustigé cette décision - et surtout pas le Trésor.

Le gouvernement américain estime que S&P a sous-évalué de 2.000 milliards de dollars les économies qui seront réalisées d'ici à 2021 grâce au plan de réduction des dépenses fédérales récemment voté au Capitole. Le secrétaire au Trésor, Timothy Geithner, juge que S&P a émis un "jugement terriblement mal avisé".  Dans un entretien à la châine CNBC diffusé ce lundi et enregistré la veille, il jugeait par ailleurs que les gouvernements et les banques centrales avaient "largement de la marge" pour répondre à la crise.

Barack Obama devrait prendre la parole à propos de la dégradation de la note de son pays ce lundi vers 19h (heure française). Ses concurrentes, Moody' s et Fitch, ont récemment confirmé le "triple A" de la première économie mondiale.

16h45: le bain de sang démarre avec Fannie et Freddie
Voilà une heure que la conférence de S&P s'est achevée et l'agence commence déjà à dégrader la notation de titres directement « affectés » par la perte du « triple A » par la première économie mondiale. L'agence ne démarre pas, comme attendu, par des collectivités mais par les organismes parapublics de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac dont la note est ramenée de « AAA » à « AA+». Une décision reflétant la « dépendance directe » des deux organismes envers l'Etat fédéral qui les a sauvés à la rentrée 2008. D'après Reuters Insider, qui a interrogé David Beers, des entreprises sont aussi en ligne de mire. Des analystes craignent notamment pour la notation des établissements financiers de Wall Street. Accrochez vos ceintures !
 

15h45 : fin du "call" et promesse d'une annonce imminente sur les "munibonds"
David Beers prévient que d'ici à quelques heures, S&P pourrait faire une annonce sur les "munibonds", les obligations émises par les collectivités américaines, dont la note pourrait à leur tour être dégradée. Bigre ! De quoi, inquiéter un peu plus le marché à l'heure où des villes et des comptés se déclarent en faillite et que des Etats fédérés peinent à boucler leur budget alors qu'ils sont soumis par la constitution à la règle d'or.

15h30 : ne pas dramatiser la perte du "triple A"
AA+ constitue une note élevée, affirme John Chambers, qui concède toutefois que "symboliquement, la perte (du AAA) est importante, bien sûr". "Nous sommes très fiers de notre précédents. Jamais les pays auxquels nous avons attribués la note A, AA ou "triple A" n'ont fait défaut", souligne l'analyste. Celui-ci précise que la note souveraine de la Grèce n'a jamais dépassé la note A. Au moment de son sauvetage à 110 milliards de dollars en 2010, elle s'inscrivait à BB+ d'après des données Bloomberg.

15h25 : vive la France !
John Chambers revient sur la stabilité du "triple A" de la France. L'analyste salue la réforme des retraites "intelligente à biens des égards". "Le gouvernement n'a pas cédé à la pression de la rue", se félicite le responsable de S&P. David Beers applaudit pour sa part la chasse aux niches fiscales "et à d'autres types de concessions". En substance, les deux responsables affirment que le gouvernement parvient à imposer ses réformes.

15h15 : le débat fiscal trop radical pour un retour au AAA
David Beers prévient que compte tenu de la "polarisation" du débat fiscal au Capitole - où les démocrates veulent annuler les baisses d'impôts votées sous George W. Bush pendant que les républicains s'opposent à toute hausse de la pression fiscale - l'endettement des Etats-Unis promet de rester élevé et que le retour au "triple A" est dans ce contexte compromis.

15h10 : Une augmentation de la dette dans tous les scénarios
David Beers estime que le ratio "général" de dette sur produit intérieur brut des Etats-Unis, qui inclut la dette des collectivités mais exclut les actifs financiers liquides, s'inscrira à 74% puis à 79% en 2015 pour bondir à 81% à l'horizon 2021, où la dette s'inscrira à 20.000 milliards de dollars. Il s'agit du scénario pessimiste. Dans le "scénario le plus optimiste", précise l'analyste, le ratio de dette générale des Etats-Unis passera à 78% en 2020.

14h55 : politique et trajectoire budgétaire sont mises en cause
John Chambers, le président de la commission de la dette souveraine de Standard & Poor's réitère que le climat politique à Washington a beaucoup pesé dans la décision de l'agence. Le responsable qualifie de "débâcle" le débat sur le relèvement du plafond de la dette fédérale. Chambers craint l'incapacité de Washington à "prendre des mesures".

14h49 : la "conf call" en retard mais S&P souffle le chaud et le froid
Dans un entretien publié par Reuters Insiders, le directeur de la notation souveraine de Standard & Poor's, David Beers, a indiqué que la perspective attachée à la note souveraine des Etats-Unis pourrait être relevée à stable si l'accord bipartisan sur la réduction du déficit américain est mis en oeuvre et si les baisses d'impôts de l'ère Bush sont supprimées. Le responsable a réaffirmé qu'il y avait au moins une chance sur trois que la note souveraine américaine soit de nouveau abaissée dans les six à vingt-quatre mois à venir.

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Commentaires
a écrit le 25/08/2011 à 19:33 :
Depuis la réforme des retraite, en tant que future retraité polypensionnée , je ne dépense plus que 700 ? par mois sur les 1600 que je gagne !!!!
JE CONTRIBUE A LA DECROISSANCE .
a écrit le 09/08/2011 à 12:00 :
une guerre s'annonce......... comme en 39 les extrèmes vont prendre le pouvoir hélas et on va tous remettre à plat après avoir tous détruit......
a écrit le 08/08/2011 à 19:07 :
ridicule le systeme financier ne tombera pas, il a survecu a 1929, la seconde guerre mondiale, et l etre humain utilise la monnaie depuis 3000 ans, donc si tu croit que cette crise va changer qqch tu reve.
moi qui voyage en europe pour le boulot, je me rend compte que l on entend ce genre de propos qu'en france. ce qu il y aura, c est une politique de rigueur, ceux qui payent de l impot en payeront plus, et ce qui recoivent des aides en recevront moin.
et il faut ce pessimisme qui bloque la france, pour moi les francais depressifs et fans des theories de fin du monde sont aussi naussif à la france que nos politiques, etre optimiste et pas naif, voila ce dont à besoin la france, ici l entreprenariat est 2 fois moin important qu'en allemagne ou l angleterre en temps de crise, alors que nous somme plus nombreux.

Un homme qui ne fait rien est pire qu un homme qui fait des erreurs.
Réponse de le 09/08/2011 à 14:12 :
Non content d'énoncér des poncifs dénués de toute pertinence analytique, vous vous permettez en plus de maltraiter la langue française... Parfois se taire est la meilleure chose à faire, et le meilleur moyen de ne pas faire d'erreur.
Réponse de le 10/08/2011 à 9:40 :
"moi qui voyage en europe pour le boulot"
On doit pas voyager dans la même europe, en général les européens que je croise sont excédés par les excès de leur "aristocratie" dont l'incompétence ne justifie plus les privilèges, et ceux quelque soit l'âge ou la classe sociale...
Réponse de le 01/10/2011 à 9:07 :
le meilleur moyen de ne pas faire d'erreurs, c'est de ne rien faire, ca tombe bien, ca ft 30 ans que ca dure en france; apres la cuite, la gueule de bois...
a écrit le 08/08/2011 à 16:34 :
Pour la France, les jeux sont faits. La dette est devenue in remboursable depuis le grand emprunt. Les déficits commerciaux et les dons sociaux grèvent le budget principal tandis que les impôts locaux explosent, ce que ne prend pas en considération l'agence, non plus que les dons à la Grèce et notre exposition au fond de solidarité. Bref, si certains croient encore en la capacité de nos dirigeants, c'est bien triste.
a écrit le 08/08/2011 à 16:30 :
Maintenant le règne des banquiers va commencer...
Si la décision de S&P est mal perçue, elle a le mérite de mettre en évidence les problèmes structurels des États.L' Amérique d'Obama dépense trop. N'oublions pas le Recovery Act en 2009 et j'en passe des meilleurs. Il est fini le temps où l'argent coulait à flots. Il faut dégraisser le mammouth.
Les agences de notation ne sont que le reflet de nos économies... curieusement tout va bien chez nous: il paraîtrait que nous ayons 'une politique budgétaire bien conçue' (5.8% de déficit estimé en 2011 d'après la commission européenne).
a écrit le 08/08/2011 à 16:20 :
Le projet des retraites des francais est incompatible avec le projet social futur, il faudra bien qu'il y ait un rééquilibrage des cotisations du capital, quitte a récupèrer le retard, donc a très fortement les imposer.
Réponse de le 01/10/2011 à 9:08 :
le projet social du futur, on le connait vu que ceux qui n'ont jamais cotise ont plus de retraite que bien des gens qui ont cotise tte leur vie...
a écrit le 08/08/2011 à 16:04 :
Pour la France, retrouver "asap" (et même asAAAp...) un déficit primaire acceptable, c'est à fin 2011 comptabiliser un mix de +/- EUR 35 milliards d'économies et de recettes supplémentaires. Il faudra, en période pré-électorale, un président de la république et un gouvernement très courageux et, s'ils le sont, il faudra alors les réélire...
a écrit le 08/08/2011 à 15:43 :
Le problème de ces agences c'est qu'elles n'ont qu'une vision limitée, comment expliquer que l'on puisse dégrader la notes des USA et pas les notes des autres pays, techniquement si la note des USA baissent tous les pays du monde seront impactés.
Il faut aussi prendre en compte que désormais ces prédictions sont pour une grande part auto réalisatrice, je dégrade une note les investisseurs ont peur les résultats baissent...
Enfin qui note ces agences, en clair comment éviter les choix politiques? En tant qu'investisseur je serais assez effrayé de penser, que devenu un lobby, ces agences font des choix de plus en plus politique en fonction de leur accointance politique... Quelle note pour Enron avant l'effondrement? Quelle note pour les subprimes...
a écrit le 08/08/2011 à 15:36 :
Le système financier est mort ! mais personne ne veut l'admettre. S&P et Cie protègent, comme les autres, que leurs peaux pour garder l'illusion de richesse ! Accrochez-vous le système va s'écrouler sur lui même car on utilise les restes pour faire du neuf depuis 2008. Dure dure d'innover et de changer son mode de fonctionnement car cela veut dire renoncer et perdre à ses acquis financiers... En fait la fin du monde ne sera peut être pas le fait d'une catastrophe naturelle mais celui de l'homme bouffant l'homme ... pour de l'argent virtuel ! Il y a longtemps que l'on a perdu la notion d'humanité et le sens de la vie.
Réponse de le 08/08/2011 à 16:35 :
C'est hélas très vrai.
a écrit le 08/08/2011 à 15:03 :
En attente des idées de la gauche pour regler les problemes mondiaux..........
Réponse de le 08/08/2011 à 15:20 :
tiens, justement ... finalement pas la peine d'aller au capitole, on a le même genre d'attitude ici : "de toute façon les autres auraient pas fait mieux". C'est tout ce qui compte ?
Réponse de le 08/08/2011 à 15:48 :
@ diouck: tu peux toujours proposer tes propres idées :-) et nous expliquer aussi pourquoi des gens qui seraient à la rue après quelques semaines ou mois de chômage peuvent voter à droite ? Quels sont ;eurs intérêts commusn ? Non pas que l'on doive voter à gauche, mais dans leurs cas, n'est-ce pas se mettre une balle dans le pied :-)
Réponse de le 08/08/2011 à 16:06 :
Les idées de gauche, qui sont toujours les mêmes ont fait dévaluer le franc de 30% en 1982, alors pitié, pas les idées de gauche. D'ailleurs, on attend encore les solutions préconisées par aubry et consorts. Ils Elle se contente de pratiquer la petite polémique politicienne niveau maternel sup.
Réponse de le 08/08/2011 à 16:34 :
Il n'y a plus de gauche ou de droite, ils sortent tous des mêmes écoles avec la même mauvaise éductation, les mêmes travers malsains, la même cupidité, les mêmes menterurs à tous crins, nos politicards sont des voyous pire que ceux des banlieues. De surcroit quand les gauchistes Besson, Mitterand vient rejoindre les pires de la droite comme Alliot Marie, Woerth, Copé, Bertrand, Tapie, Lagarde, Estrosi, et tous les autres de la meme bande d'l'Union se Moquedu Peuple, VOILA LA PREUVE qu'ils sont tous les mêmes bandits
a écrit le 08/08/2011 à 12:56 :
Bonjour, il me semble que Standard & Poors annonce toujours à ses clients (ici l'état américain) la note qui va lui mettre en lui laissant un délai pour donner au pays la possibilité de corriger toute donnée éventuellement fausse (fait factuels vérifiables). Pourquoi l'état américain ne s'est-il pas prononcé plus tôt sur cette soi-disante erreur? S'agit-il d'un chiffre qui n'aurait rien changé à la note mais que l'état a gardé comme argument contre S&P?
Réponse de le 08/08/2011 à 14:41 :
Il semble que Standard & Poors a prévenu Washington la veille. Et que lors de la publication de la note, "l'erreur" ait été corrigé. Ce que reproche Washington, c'est que les 2000Md$ n'est pas fait changé l'appréciation de Standard & Poors.
Je croyais que le ratio dette/PIB atteignait 100% en 2011, ca ne corresponds pas à ce qui est indiqué dans l'article...
Réponse de le 08/08/2011 à 15:15 :
Pour ma part je trouve logique l'argument sur la tenue du débat fiscal au capitole. Dans un tel contexte, quelles sont les possibilités d'actions réelles ? l'accord était à peine signé que tout le monde disait que c'était en fait un pseudo accord qui ne réglait rien. Bref, un accord pour effet d'annonce parce qu'il fallait bien "prendre" une décision à 2 jours de l'échéance. leurs finances foncent dans le mur et ils se font la gueguerre entre eux pour savoir qui va gagner le débat face à son électorat.

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