Opinion

Pour une convergence budgétaire entre la France et l'Allemagne

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Wolfgang Glomb | 17/08/2011, 22:24 - 758 mots

La situation financière de la France est inquiétante, surtout si on la compare à celle de l'Allemagne. La France doit retrouver un solde budgétaire primaire positif et donc s'atteler à une réduction significative de ses dépenses.

Suivre le modèle allemand, c'est devenu apparemment le leitmotiv du gouvernement français dans la crise de l'endettement d'État. Par contre, la question d'une faillite de la France semble « prima vista » être absurde. La dette publique française est notée AAA par les agences de notation comme celle de l'Allemagne, la meilleure note qui soit en termes de qualité de dette. Les écarts du rendement entre les obligations d'État françaises et allemandes sont toujours minimes. Le Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement n'a pas abordé, lors de son dernier sommet de crise le 21 juillet, la situation budgétaire française.

Néanmoins, la France a bien raison de se préoccuper de ses finances publiques. La situation budgétaire commence à devenir inquiétante, en particulier en la comparant avec les chiffres en Allemagne. Selon les calculs récents de la Commission européenne, la France affiche cette année un taux de dépenses publiques de 56 % du PIB, 10 points de plus que l'Allemagne et bien supérieur aux chiffres de tous les autres pays de l'UE. Plus de la moitié du PIB est absorbée par l'État. Les recettes d'État atteindront 50 % du PIB par rapport à 43 % en Allemagne. À ce niveau-là, une solution pour redresser le déficit budgétaire de 6 % du PIB en 2011 - en Allemagne 2 % - ne peut être trouvée que dans le domaine des dépenses. Depuis trente ans, la France n'a plus affiché un budget équilibré. Le besoin urgent d'agir dans le domaine des dépenses pour s'aligner sur l'Allemagne est évident, d'autant que la Banque centrale européenne prévoit une montée de la dette publique en France à 95 % du PIB l'an prochain et un recul à 75 % du PIB en Allemagne. Par contre, le président Sarkozy et son gouvernement ont visé un autre théâtre de guerre insignifiant pour l'assainissement des finances publiques, c'est-à-dire d'harmoniser la fiscalité entre les deux pays.

Or, ce qui est très urgent, c'est une convergence budgétaire entre la France et l'Allemagne, une convergence des dépenses. Le solde budgétaire primaire, qui se définit comme le solde budgétaire net des paiements d'intérêts, est une clé déterminante de la dynamique de la dette publique. Sa stabilisation et son abaissement nécessitent un excédent primaire suffisamment important dans l'hypothèse classique que le taux d'intérêt nominal sur l'encours de la dette est supérieur au taux de croissance nominal. Selon les calculs récents de la Commission européenne, la France affiche pour cette année un solde négatif de 3 % du PIB et de 2,5 % en 2012 tandis qu'il est inférieur voire positif en Italie, au Portugal et même en Grèce et, en particulier, en Allemagne. La conséquence d'un solde négatif est que les intérêts sur la dette publique sont financés par des nouvelles dettes et les recettes d'État ne sont pas suffisantes pour payer toutes les dépenses courantes. Même corrigé du cycle, le solde primaire en France reste négatif tandis qu'il est largement positif en Italie, au Portugal, en Grèce et en Allemagne, ce qui déploie le déficit structurel de 4 % du PIB des finances publiques en France depuis des années, même avant l'éclatement de la crise financière.

Ce n'est pas à l'Allemagne de donner des conseils au gouvernement français dans quels domaines il devrait commencer à couper les dépenses. La réponse existe déjà en France dans une étude récente de l'Institut Thomas More et de l'Institut de la recherche économique et financière. Si l'on veut que les deux pays continuent à jouer le moteur de l'intégration européenne, l'Allemagne a besoin d'un partenaire solvable. C'est au couple franco-allemand d'assumer une plus grande responsabilité pour l'Europe que par le passé. Si les agences de notation et les marchés financiers commencent à s'inquiéter de la stabilité des finances publiques en France, les nouveaux dispositifs de soutien financier risquent de devenir obsolètes, étant donné que l'Allemagne ne sera ni prête ni en mesure de remplacer la France comme financier majeur ni de jouer le rôle de maître payeur pour toute l'Europe. En fin de compte, même l'existence de l'Union monétaire européenne sera mise en péril. Finalement, il faut admettre que personne ne connaît l'avenir et on peut conclure avec une citation de Mark Twain, l'écrivain et humoriste américain : « Il faut être très prudent avec des prévisions surtout si elles concernent l'avenir. »

(*) Économiste et ancien directeur des affaires économiques et financières européennes au ministère fédéral des Finances allemand, membre du Conseil d'analyse économique et financière franco-allemand et auteur de la note Fondapol « le Tandem franco-allemand face à la crise de l'euro ».

Point de vue

Commentaires

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Jul a écrit le 18/08/2011 à 23:33 :

Eddie, c'est correct et officiel. http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=T11F133 Tourner 7 fois sa langue dans la bouche...

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Eddie Constantine a écrit le 18/08/2011 à 16:50 :

"la France affiche cette année un taux de dépenses publiques de 56 % du PIB" Le PIB est d'environ 2 000 milliards ! Les dépenses seraient de 1120 milliards ? Il nous enfume ce Mr Glomb ! Ce serait 3 fois les dépenses constatées dans notre budget.

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Déficits a écrit le 18/08/2011 à 16:01 :

Le traité de Maastricht imposait à tous les pays membres de l'Europede limiter le déficit à 3% du PIB (règle d'or européenne...). Aujourd'hui, Sarkozy prétend réinventer cette règle d'or dont il n'a tenu aucun compte depuis 9 ans : l'UMP a fait passer le déficit de 3% du PIB à 7% du PIB, par laxisme budgétaire. Vous pouvez vérifier sur la lettre d'envoi des imprimés de déclaration d'impôt sur le revenu, signée par le ministre du budget chaque année, qui présente sous le titre "à quoi servent vos impôts" le budget voté pour l'année en cours : (les % de déficit indiqués ci-dessous sont calculés par rapport aux recettes et non par rapport au PIB) Année Dépenses Recettes Déficit voté Déficit/Recettes 2001 : 306,0 Mds 278,2 Mds 27,2 Mds 10,0 % 2002 : 316,0 Mds 285,5 Mds 30,5 Mds 10,7 % 2005 : 350,2 Mds 305,0 Mds 45,2 Mds 14,8 % 2007 : 334,7 Mds 292,7 Mds 42,0 Mds 14,3 % 2008 : 341,4 Mds 299,7 Mds 41,7 Mds 13,9 % 2009 : 370,4 Mds 266,6 Mds 103,8 Mds 38,9 % 2010 : 419,7 Mds 270,5 Mds 149,2 Mds 55,2 % 2011 : 363,4 Mds 271,8 Mds 91,6 Mds 33,7 % Il s'agit des budgets votés initialement (avant les correctifs budgétaires). Les chiffres réalisés sont bien pires, puisque Bercy étant adepte de la méthode Coué présente toujours des budgets basés sur des prévisions trop optimistes, qu'il faut corriger plusieurs fois en cours d'année. Néanmoins, même avec ces budgets optimistes, on voit que Sarkozy et l'UMP sont vraiment très mal placés pour donner des leçons de bonne gestion : Sarkozy a fait voter des budgets où les dépenses non financées représentent plus de la moitié des recettes en 2010 et plus du tiers en 2011. N'importe quel dirigeant d'entreprise qui oserait présenter des budgets aussi déséquilibrés serait immédiatement viré pour incompétence.

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parachute a écrit le 18/08/2011 à 11:20 :

L'ARTICLE: Le manuel du parfait capitaliste financier qui vient d'entrer dans le mur et en se mettant en faillite et entrainant dans son sillage les économies et les nations. et qui veut se faire renflouer pour repartir de plus belle! Ce monde est dirigé par une élite politique, financière et spéculative qui a mis en place ce systeme depuis 30 ans et en profite aux dépens des 80% du peuple lui toujours mis à contribution pour entretenir et développer leurs privilèges et financer leurs faillites. Le résultat? Des économies en faible développement, des etats surendettés ainsi que les ménages...d'ou le clash. Quand on ne peut plus faire face à ses échéances il y a deux raisons possibles...soit on dépense trop...soit on ne gagne pas assez. La réponse des élites financières et spéculatives c'est " on dépense trop" oubliant que si les recettes sont insuffisantes et si l'on est en déficit c'est faute de développement économique et de consommation, faute de rentrées fiscales suffisantes. Or que constate -t-on depuis 30 ans avec le reaganisme et le thatchérisme? Une paupérisation relative des 80% de la population des nations- les écarts de revenus ont passés de 1 à 40 à 1 à 400 et la concentration de la richesse est de plus en plus forte-une imposition globale de plus en plus faible des hauts et très hauts revenus, d'ou baisse des rentrées fiscales la pression sur les 80% du peuple ayant atteint en impots directs+indirects+locaux+ prélèvements salariaux le maximum possible qui aboutit déjà à un tassement de la consommation donc à une sous utilisation de l'outil de production.Optimiser la dépense comme dans toute entreprise oui ...augmenter les recettes comme dans toutes entreprise oui...mais ne pas accepter une politique qui n'est conçue que pour défendre les privilèges d'une élite, en nous faisant payer leur faillite par de nouvelles taxations, une baisse de nos niveaux de vie et en mettant au bucher tous nos acquis sociaux . 2% de la population détient 45% de la richesse...15% 80% ...si l'on regarde précisément le poids total des prélévements de tous ordres l'on constate qu'en % du revenu ils sont moins taxés de 10à 15% ou plus que la masse des français. Ne parlons pas des multinationales qui payent 3 à 4 fois moins d'IS que les PME!...N'oublions pas que ceux non imposables sur le revenu...payent la TVA, la TIPP, les taxes sur l'alcool, le tabac...alors que les classes aisées ne payent ces taxes que sur la faible part consommée de leur revenu!!! L'exemple de bettencourt est généralisable

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HK. a écrit le 18/08/2011 à 09:48 :

La comparaison avec l'Allemagne me paraît ici de mauvais augure et sera un nouveau mauvais prétexte pour augmenter la pression fiscale et diminuer les prestations. Pourquoi les chantres de la vertu allemande ne préconisent-ils pas pour nous une suppression de nos départements et une vraie démocratie locale, une moralisation de la vie publique, la réforme du système scolaire, un dialogue social réel, la suppression de l'ENA,....? Les Allemands ont intégré la RDA et se sont serrés la ceinture depuis 10 ans. Cela est le constat d'une politique de long terme ce qui est actuellement impensable en France.

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Rutabaga a écrit le 18/08/2011 à 08:19 :

Bravo pour cette excellente analyse. Une possibilité non évoqué est qu'au lieu de réduire les charges, l'état les transfère éventuellement en plusieurs étapes vers des acteurs privés. Une étape intermédiaire classique c'est celle du budget annexe qui est obligatoirement équilibré puis celle des EPAD et autres entités séparées de l'état proprement dit. Mais il va falloir de l'imagination pour arriver à effectuer en douceur les gigantesque privatisations qu'il va falloir opérer, notamment dans le domaine de l'enseignement supérieur qui "mange" une portion trop grande des ressources de l'état: 46 Milliards alors que le reste de l'enseignement ne bénéficie que de 61 milliards alors qu'il couvre une population bien plus importante. (Quand je dis privatisation, je ne veux pas dire licenciement, mais simplement que l'enseignement supérieur soit financé par d'autres sources que l'état). L'état pourrait aussi mettre son nez dans le poste "Remboursements et dégrèvements" qui dépense 93 milliards on se sait pas bien où. L'état dépense aussi 13 milliards pour "l'écologie", est ce que c'est à l'état d'assurer cette mission avec le peu de résultat qu'il obtient (cf. pollution en Bretagne par exemple). L'état dépense 8 milliard sur "l'économie" qu'est ce que ça veut dire? La aussi on peut transférer ce poste vers le financement privé. D'autant que l'état dépense aussi 4 milliard sur le compte "plan de relance de l'économie" et aussi 11 milliards pour travail et emploi. L'état dépense 11 milliards dans "Gestion des finances publiques et des ressources humaines", que rajouter? L'état dépense 2 milliards au titre des administrations dont sans doute la police, mais il dépense 16 milliards pour la "sécurité". L'état qui ne gère pas les villes dépense quand même 8 milliards à ce sujet. Si on additionne tous ces postes fantaisistes on arrive à 205 milliards soit le tiers du budget actuel.

HRV a répondu le 18/08/2011 à 09:25:

"Si on additionne tous ces postes fantaisistes on arrive à 205 milliards soit le tiers du budget actuel" n importe quoi....

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