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Cette fois, c'est officiel : le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi démissionnera juste après l'adoption par le parlement des mesures budgétaires et réformes économiques promises à l'Union européenne pour éviter la contagion de la crise de l'euro, a annoncé mardi la présidence de la République. Après l'adoption des mesures, "le président du Conseil remettra son mandat au chef de l'Etat qui procédera aux consultations" habituelles avec les partis de la majorité et de l'opposition, selon un communiqué du Quirinal, siège de la présidence, en vue de la formation d'un nouveau gouvernement.
Ce mercredi, Silvio Berlusconi a annoncé qu'il ne se présenterait pas aux élections législatives anticipées qui pourraient se tenir selon lui début février. Il a déclaré : "je démissionnerai dès que la loi sur le budget sera adoptée et puisque je pense qu'il n'y a pas d'autre alternative possible, je pense que des élections seront organisées début février auxquelles je ne participerai pas", a-t-il dit lors d'un entretien avec le rédacteur en chef de La Stampa.
Par ailleurs, le rendement de l'emprunt à dix ans de l'Etat italien a franchi la barre des 7% mercredi en cours de matinée, niveau largement considéré par les intervenants comme étant non soutenable et auquel des pays tels que le Portugal et l'Irlande avaient été contraints de demander une aide financière. Parallèlement, le "spread" (écart) de rendement Italie/Allemagne à 10 ans a franchi la barre des 500 points de base (pdb) pour atteindre 521 points, dans un contexte d'incertitudes persistantes sur la situation italienne.
Quelques pages, pas plus d'une quinzaine, expliquent la fin de la carrière politique du magnat de la télévision Silvio Berlusconi. Après avoir signé en direct à la télévision en 2001, un "contrat avec les italiens", le Cavaliere s'était fait réélire au printemps 2008 sur la base d'un programme de douze pages. Trois ans et demi plus tard, c'est une lettre de quinze pages adressée par le président du Conseil à son "cher Herman" (Van Rompuy, le président du Conseil européen) et "cher José" (Manuel Barroso, le président de la Commission européenne) qui, noir sur blanc, indique l'échec de sa gestion.
"Je vous adresse le document qui décrit la situation économique et financière italienne et signale les mesures que nous entendons prendre pour des finances publiques durables et créer des conditions structurelles favorables à la croissance", écrivait-il y a quinze jours aux institutions européennes et à ses partenaires de la zone euro.
L'équipe du Cavaliere a ainsi concocté un programme de réformes-chocs destiné à rassurer les marchés au moment où ces derniers exigeaient des taux d'intérêts toujours plus élevés en contrepartie du risque de l'acquisition d'emprunts de l'Etat italien. Des mesures qui rappellent les "sept missions" que s'était assigné Silvio Berlusconi en revenant au pouvoir le 8 mai 2008...
Le quatrième exécutif de Berlusconi a échoué sur presque tout ce qu'il avait promis. Seule l'introduction du "fédéralisme fiscal" a été initiée, mais cela c'est plutôt le succès de ses partenaires xénophobes de la Ligue du Nord qui au fil des scrutins ont engrangé des voix et se sont rendus indispensables. Au point que l'appel mardi de son leader Umberto Bossi au Cavaliere "de se retirer" au profit du jeune chef du parti, Angelino Alfano, valait l'annonce de la perte de la majorité au Parlement pour le Cavaliere.
La dernière promesse du printemps 2008, "un plan extraordinaire de finances publiques", est celle qui a fini par faire sombrer le parcours politique de l'ancien promoteur immobilier milanais. "Notre proposition est un grand et libre pacte entre l'Etat, les régions, les provinces, les communes, les épargnants et les investisseurs (...) un pacte qui réduise la dette de l'Etat, mettant sur le marché une part équivalente du patrimoine public, offrant aux épargnants et opérateurs économiques de majeures et meilleures opportunités d'investissements".
A la fin de cette année, l'endettement public du Belpaese devrait tutoyer les 120% du PIB, loin des 103,6% laissés en héritage par le gouvernement Prodi en 2008.
Contrairement aux années 1990, lorsqu'un directeur du Trésor nommé Mario Draghi mettait en œuvre un vaste plan de privatisations pour qualifier le pays à la monnaie unique malgré un semblable pic d'endettement, rien n'a été fait par Silvio Berlusconi pour réduire la montagne de dettes.
Quand aux autres engagements électoraux, de "relance de la croissance" à la sortie de l'ornière du Mezzogiorno en passant par une politique favorisant les naissances et l'activité féminine, ils sont eux aussi restés lettre morte.
Au-delà des frasques personnelles du Cavaliere et de ses déboires judiciaires, ces deux domaines absorbant une bonne partie de son temps, l'échec de Silvio Berlusconi est aussi celui d'avoir fait croire à la multitude de petits entrepreneurs qui font le dynamisme économique du pays qu'"un des leurs" - comme il aimait à se présenter encore une quinzaine d'années après avoir abandonné les affaires pour la gestion publique - serait plus à même de résoudre leurs difficultés, plus que la classe politique démocrate-chrétienne ou socialiste qui pendant cinquante ans avait régné sur la Péninsule.
Déjà très distants dans leur ensemble du Cavaliere lors de la dernière campagne législative, les entrepreneurs, en premier lieu la présidente du patronat Emma Marcegaglia (Confindustria), n'ont cessé d'appeler à un sursaut. En vain.
Au niveau européen, Silvio Berlusconi s'est retrouvé complètement isolé, comme l'ont démontré les récents sommets européens ou celui du G20 de Cannes. Aucun autre dirigeant ne lui donnait la moindre "crédibilité", un mot-clé répété publiquement ces derniers jours, de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, en passant par José Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel ou même Barack Obama.
Même lors de tensions dans le couple franco-allemand, l'Italie de Berlusconi n'a jamais réussi à se concilier l'appui de Berlin ou Paris. Lors de la récente crise libyenne, la chancelière Merkel a préféré faire profil bas plutôt que de faire alliance avec Rome pour freiner les ardeurs françaises d'intervention.
Le clin d'œil ironique de la chancelière et du président français à l'issue du récent sommet européen, interrogés sur le Cavaliere, a fini par révolter tous les observateurs italiens, se demandant pourquoi leur pays, fondateur de l'Union européenne, avait ainsi perdu tout crédit.
Le souci immédiat pour que l'Italie retrouve quelques soutiens en Europe et inspire à nouveau confiance est que sa classe politique se défasse de son positionnement sous l'ère berlusconienne. L'opposition, à quelques exceptions près, s'est contentée pendant ces dix-sept ans de présence du Cavaliere en politique, de ne proposer qu'être "anti-berlusconienne", sans développer d'alternative politique crédible avec des propositions élaborées.
A la veille de la chute du Cavaliere, personne ne sait exactement quelle pourrait être la politique du nouvel exécutif.
DOUDOU a écrit le 09/11/2011 à 14:46 :
Celava faire du bruit en EUROPE et je suis très troublé par le sort que l on fait à cet homme il n est pas responsable de tout mais l Italie est un pays qui a donnée pour faire partie de l union europenne sous le traité de Rome aussi si j étai je serai très faché que l on laisse cet homme malgrè ses frasques bien connues de ne plus avoir affaire avec lui ausi je pose la question qu est ce qu il va faire maintenant d une part et que d autre part que peut faire de plus son successeur désigné c'est peut etre la mort de l EUROPE que l on cherche et c'est le commencement de la fin et QUOI après comment va t on s en sortir toute la question est la?
queenlilith a écrit le 09/11/2011 à 14:22 :
enfin ce pourri dégage !
! a écrit le 09/11/2011 à 11:49 :
beau papier, belle écriture... ça fait du bien de lire ça sur un site web !
Bernie a écrit le 09/11/2011 à 10:17 :
Berlu est passe a la trappe avec a peine 10 voix de moins. Ce pays est une "joke".
nanard a répondu le 09/11/2011 à 11:06 :
Drole de commentaire, vous avez une vision bien déformé de la démocratie ! Petit rappel 50% des voix plus 1 = majorité, 50% -1 = minorité, c'est la base même de la démocratie !! a moins que le système cubain, syrien, chinois, etc.. ne vous convienne mieux ? Que se soit -1 voix ou -100 le résultat est le même, il a perdu la majorité, il ne peut plus gouverner, donc il doit céder sa place!
Bernie a répondu le 09/11/2011 à 11:52 :
je ne pense pas que Berlu soit un exmple de "democrate".
Déjà trop taxés a écrit le 09/11/2011 à 10:05 :
Tous les Etats européens ont fait des efforts, sauf la France. L'Allemagne, la Suède, la GB, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, maintenant les Etats grecs et italiens y sont contraints. Seul l'Etat français refuse obstinément de se plier à la réalité, comme le démontre le plan spoliateur de Fillon. Plus dure sera la chute si on attend pour réduire massivement l'Etat-providence, sa masse salariale, ses retraites, ses effectifs en surnombre, sa complexité inouïe, ses services inutiles, ses dépenses somptuaires, ses lois sociales et ses impôts destructeurs d'emplois privés, sa dette intenable qui assèche le capital indispensable aux entreprises.
mirobeauland a répondu le 10/11/2011 à 12:39 :
et oui, en fait, ils envisagent la hausse des taxes mais un doigt de restriction des dépenses...vous avez entièrement raison. dans le dernier pays réellement communiste (70 % de confiscation de la richesse nationale produite par l'état); si on conçoit encore des hausses de taxes, la caste des fonctionnaires dans laquelle j'inclus les politiques qui font tous carrière, n'envisage absolument pas la diminution des dépenses, et au niveau de l'europe soutient le rachat des dettes des états par la banque centrale européenne, afin de pouvoir continuer à dépenser sans compter, (on apelle cela de la cavalerie, et sauf erreur c'est sanctionné pénalement dans le droit français...) - ce dont les allemands qui eux ne sont pas fous et surtout pas dirigés par une caste technocrate de fonctionnaires ne veulent surtout pas...
balzac a écrit le 09/11/2011 à 08:55 :
la fin d'un magnat a qui tout reussissait , ses deviances , ses affaires et la bourse qui ces derniers temps en avait assez de ce clown gominé , les marchés font et defont les democraties qui deviennent des parodies , triste bilan de notre devenir commun , quand on se reveillera ce sera un cauchemar generalisé , la democratie est en train de mourrir et on voit poindre les extremes qui se rejouissent dejà sous la bienveillance des marchés , ahhh la crise de 1929 , on se rapelle peu de ce mois de janvier 1933 e, allemagne d'un homme qui etait extra minoritaire et qui devint chancelier , en 2011 tout est pret pour un comeback ..quand il faut boir le calice c'est jusqu'a la lie .
villeroy a écrit le 09/11/2011 à 06:42 :
L'Italie méritait effectivement mieux que ce Cavaliere autoproclamé mais plus de 60 ans de vie politique italienne démontrent que sa classe politique a été le plus souvent médiocre, à l'opposé complet d'une population courageuse, cultivée, créative et souvent entreprenante. Saura t'elle se ressaisir et élire des représentants compétents et dignes ? L'avenir de l'Italie concerne aussi la France, car un grand pays voisin affaibli ou malade sans guérison n'est pas une bonne nouvelle.
delsu a répondu le 09/11/2011 à 09:58 :
J'aime bien votre phrase....mais je l'appliquerais aussi pour la France : "La France merite effectivement mieux que ce ..... Saura-t-elle se ressaisr et élire des représentants compétents et dignes ? "(En 2012)...
tessa a écrit le 09/11/2011 à 05:07 :
Berlusconi, comme Papandréou ont mis trop de temps pour accomplir les réformes, alors que l'Europe est attaquée. L'Europe est essentielle, sinon c'est le chaos.
dd a répondu le 09/11/2011 à 06:30 :
L europe est essentielle.....pour qui? Bureaucrates, politiciens accroches a leur privileges, technocrates payes a faire des commissions des rapports? Vous trouvez ca essentiel de payer en moyenne 1?50 soit 10F une salade!!! Le Franc n est plus depuis +de 10ans, mais une salade ca reste de l herbe. Un peu cher pour ca! Maisj oublie que toute notre clique de dirigeants ne connaissent pas non plus le prix d une baguette, d un litre d essence depuis longtemps....
oppe75 a répondu le 09/11/2011 à 09:46 :
Oui, tout à fait d'accord avec cette réaction qui ramène à la réalité parce qu'il fait référence à quelque chose de concret. Cette domination des marchés est inquiétante. La nomination de Mario Draghi à la tête de la BCE n'est pas une bonne chose.
informix a écrit le 08/11/2011 à 23:21 :
Effectivement il y a une similitude entre la gauche italienne et française... Les propositions sont médiocres ici aussi. L e bilan de sarkho n`est même pas aussi mauvais que berlusconi, il est même moins pire que l`on ne le dit. Bonne chance a nos amis italiens.
mirobeauland a répondu le 10/11/2011 à 12:50 :
contrairement à ce que vous dites, les résultats du président sont lamentables, les entreprises se portent moins bien qu'en italie, l'économie italienne tourne et exporte plutôt bien ce que berlusconi n'a en revanche pas réussi à faire, c'est diminuer un déficit énorme qui existait avant son arrivée au pouvoir, et c'est ce qu'on lui reproche; avec bien entendu ses frasques... de l'autre main, nous avons un président qui a multiplié les annonces, contres annonces, est revenu sur quasiment tout, n'a aucun résultat en terme de délinquance, les fonctionnaires ayant instruction de rebuter les dépôts de plainte, je travaille dans une ville de banlieue où il suffit de donner un coup de pied dans une poubelle pour trouver de la came... le déficit global a augmenté en 4 ans de 25 %, monsieur sarkozy doublant en 4 ans les déficits qui étaient déjà énormes sous chirac. bien entendu la crise participe à cette dette mais pas totalement, le chomage a fortement cru, bref le bilan est globalement négatif, mais le président faisant sa pub se forge une image d'homme sauvant la France, ce qui est loin d'être le cas quand on voit le résultat...si j'avais à comparer entre les deux hommes, je ne délivrerai pas un satisfecit à Berlusconi, mais je placerai le président français à une ou deux places derrière....
ICIDEMAIN a écrit le 08/11/2011 à 23:12 :
Cela me parait une démission bien rapide pour quelqu'un Il Cavalière qui s'est maintenu au pouvoir si longtemps;il y a peu etre des rebondissements à prévoir...
opinion a écrit le 08/11/2011 à 20:57 :
Tiens l'opposition n'a fait qu'être "anti berlusconi" tiens cet amusant la notre n'est "qu'anti sarko" comme quoi entre latino ! Maintenant que cette opposition va prendre la main (comme chez nous probablement) on va pouvoir évaluer et on verra bien de toutes manières c'est le bazar.
Maxim a répondu le 08/11/2011 à 23:03 :
la chute de Berluskozy ne fait que s'inscrire dans une longue serie de nettoyable palnetaire qui a l'air de vous echapper! Devinez qui en France est naturellement et inexorablement inscrit dans cette grande serie de salubrite publique?
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contrairement à ce que vous dites, les résultats du président sont lamentables, les entreprises se portent moins bien qu'en italie, l'économie italienne tourne et exporte plutôt bien ce que berlusconi n'a en revanche pas réussi à...
par mirobeauland le 10/11/2011 à 12:50
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miroboland a écrit le 10/11/2011 à 12:31 :
il est plaisant de voir berlusconi contraint à la démission alors que semble t il l'économie italienne se porte plutôt bien et que ce que l'on reproche à l'état italien est un endettement excessif hérité de périodes antérieures, c'est donc plus l'image ternie par des frasques qui l'amène à la démission plutôt qu'une économie qui globalement ne se porte pas mal. de l'autre côté nous avons un président français qui se présente comme le sauveur du pays, voire du monde qui gère un système où l'entreprise est étranglée, préssurée, normée, pénalisée (dans tous les sens su terme), n'oublions pas que nous avons deux millions d'entreprises de moins que les italiens, notre économie se porte globalement mal, notre chômage est très élevé, le président français est quasiment revenu sur toutes ses promesses, a engagé une guerre coûteuse dont les résultats sont aléatoires sur le plan de la liberté, puisqu'on parle déjà de retour de la charia et de la bigamie, quant aux résultats commerciaux, ils seront à voir...s'il sont comme les ventes qui étaient sures d'avions au brésil ou de centrale nucléaire aux pays du golf, on peut s'interroger... en bref ce président français qui a promis pratiquement tout et le contraire, signe d'une ligne forte pour le pays, et qui a augmenté le déficit global du pays en quatre ans de 25 % - et même dans cette part, la crise compte pour partie-seulement- ayant pignon sur rue femme et enfant à l'élysée, est bien en place et envisage même de se représenter...comme quoi, l'image compte beaucoup, la compétence beaucoup moins, mais c'est aussi certainement une des causes de la crise où nous nous trouvons....