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La presse a droit à un aperçu de la centrale de Fukushima

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latribune.fr avec Shinichi Saoshiro à Tokyo (Reuters)  |   -  498  mots
Une trentaine de journalistes, essentiellement des Japonais, ont été autorisés samedi à pénétrer dans une partie du périmètre de la centrale nucléaire de Fukushima, pour la première fois depuis la catastrophe du 11 mars dernier.

Les systèmes de refroidissement de la centrale, située à 240 km au nord-est de Tokyo, ont été mis hors d'usage le 11 mars par un puissant tsunami, consécutif à un séisme, et les journalistes ont pu constater les traces des dégâts et les travaux en cours.

Les journalistes autorisés à entrer ont été promenés à bord d'un bus pendant l'essentiel de la visite, et n'ont pas pu approcher des bâtiments des réacteurs. Ils ont dû revêtir des combinaisons de protection et des gants et se protéger les cheveux avec des sortes de foulards en plastique. De plus, ils ont dû porter des masques pour respirer et des appareils de détection de la radioactivité.

Les autorités ont déclaré aux journalistes présents que la situation s'améliorait lentement, au point qu'un "arrêt à froid" serait possible comme prévu vers la fin de l'année.

"Il ne fait aucun doute, au vu des données auxquelles vous avez eu accès sur la centrale, que les réacteurs ont été stabilisés", a déclaré Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima-Daiichi.

Les bâtiments ont beau être toujours jonchés de débris, la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco), qui exploite la centrale, a réussi à abaisser la température des trois réacteurs endommagés, de sorte qu'elle n'atteint plus des niveaux considérés comme dangereux.

"VILLAGE J"

Les autorités ont bon espoir de déclarer l'état d'"arrêt à froid" - soit le moment où les températures sont stabilisées en dessous du point de bouillonnement - comme prévu vers la fin de l'année.

La catastrophe du 11 mars a conduit le gouvernement à décréter une zone d'évacuation dans un rayon de 20 km autour des installations, ce qui a entraîné le départ de 80.000 habitants.

Un "arrêt à froid" est l'une des conditions devant être remplies pour envisager un retour de ces habitants.

"Chaque fois que je reviens ici, je constate que les conditions se sont améliorées. Cela est le fruit de notre travail acharné", a déclaré le ministre japonais de l'Environnement et de la Crise nucléaire, Goshi Hosono, aux employés de la centrale.

Il n'en a pas moins estimé qu'il faudrait une trentaine d'années pour démanteler les réacteurs, lorsque l'arrêt à froid aura été atteint.

Les ouvriers engagés dans les travaux d'assainissement de la centrale sont logés au village-J, un centre national d'entraînement de football près de Daiichi, qui a été reconverti en base opérationnelle.

Quelque 3.300 personnes se rendent chaque jour du "village-J", situé en lisière de la zone d'évacuation, à la centrale.

Les bâtiments des réacteurs, eux, sont toujours environnés de débris - réservoirs éventrés, pièces de métal tordues. Des grues se dressent ici et là, témoin des efforts de remise en état.

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