Des Mozart de la corruption à la banque centrale autrichienne

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La société d'impression de billets de banque, filiale de la banque centrale, est accusée d'avoir versé des commissions occultes.

La BCE n'avait pas besoin de cela. Lundi, le procureur de Vienne a lancé une enquête contre l'actuel gouverneur de la Banque nationale d'Autriche (ÖNB) et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, Ewald Nowotny. Les accusations sont lourdes : « complicité de corruption, complicité d'évasion fiscale et association de malfaiteur ». Le banquier central est mis en cause dans une affaire liée aux activités suspectes de l'imprimerie de billets de banque autrichienne, la OeBS, qui est une filiale de la banque nationale. Après le passage à l'euro, cette imprimerie s'est retrouvée dans une situation difficile et a tenté de chercher des marchés étrangers. À tout prix.

Personnalités mises en cause

Selon la presse autrichienne, OeBS aurait payé des commissions occultes à une société écran panaméenne, Venkoy, pour corrompre des personnes influentes de certains pays, particulièrement en Azerbaïdjan et en Syrie, et faciliter les prises de marchés. On évoque à Vienne la somme globale de 14 à 17 millions d'euros pour ces commissions occultes. L'affaire a été découverte fin octobre. Les anciens directeurs de l'imprimerie, ainsi que des intermédiaires, avaient déjà été mis en examen. Ewald Nowotny est mis en cause dans cette affaire en tant que membre du conseil de surveillance d'OeBS. Onze autres personnes sont également comprises dans la même procédure, parmi lesquelles l'ancien gouverneur de l'ÖNB, Klaus Liebscher, et deux membres actuels du directoire de la Banque nationale, Wolfgang Duchatczek et Peter Zöllner.

La Banque nationale d'Autriche a affirmé que les membres de ce conseil n'avaient en aucun cas été informés de ces pratiques et l'on évoque « l'automatisme » de la procédure qui doit englober l'ensemble du conseil de surveillance. Mais on comprend aussi combien cette affaire secoue l'institution monétaire autrichienne ricochet. Et la question est désormais de savoir si Ewald Nowotny, dont la parole est très respecté en Europe et qui est plutôt considéré comme un « faucon », va pouvoir, malgré ses soupçons, continuer à occuper ses fonctions à l'ÖNB et à la BCE.

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