La Tribune

L'armée israélienne joue sur la menace iranienne pour réclamer plus de budget

Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense, est accusé par son collègue des Finances de mener une "campagne de chantage et d'intimidation en faisant peur à toute la population". Copyright Reuters
Ehud Barak, le ministre israélien de la Défense, est accusé par son collègue des Finances de mener une "campagne de chantage et d'intimidation en faisant peur à toute la population". Copyright Reuters (Crédits : AP/Reuters)
Pascal Lacorie, à Jérusalem  |   -  600  mots
Une polémique oppose les ministres de la Défense et des Finances sur le montant du budget de l'armée, alors que l'Etat hébreu veut empêcher la montée de l'Iran comme puissance nucléaire.

Israël est sur le pied de guerre contre l'Iran. Mais sur le front intérieur, l'heure n'est pas vraiment à l'union sacrée. Une bataille d'une virulence sans précédent oppose le ministre des Finances Youval Stenitz à Ehud Barak, le ministre de la Défense à propos du budget militaire. « Nous ne sommes pas une armée qui a un pays, mais un pays qui a une armée", a ainsi lancé dimanche le grand argentier. Plus grave encore : il a accusé les militaires et le ministre de la Défense de mener une "campagne de chantage et d'intimidation en faisant peur à toute la population".

Un supplément de 600 millions d'euros

La polémique porte sur un supplément de 600 millions d'euros que l'armée réclame bien que le budget de la Défense atteigne le montant record de 11milliards d'euros. Faute d'avoir obtenu jusqu'à présent cette rallonge, le très puissant lobby militaro-industriel affirme qu'Israël ne sera pas prêt à faire face à des représailles de l'Iran au cas où l'Etat hébreu se déciderait à lancer des attaques contre les installations militaires de ce pays. L'état-major a ainsi prévenu que l'armée ne pourra pas acquérir de nouvelles batteries anti-roquettes et anti-missiles destinées notamment à défendre les villes israéliennes. Des grandes man?uvres annuelles pourraient également être supprimées faute de crédit. De même l'aviation censée jouer un rôle essentiel dans une possible offensive contre l'Iran pourrait être contrainte de réduire ses heures d'entraînement.

Scénarios catastrophe

Des milliers de licenciements pourraient également intervenir dans les industries militaires à la suite d'une baisse de commandes. Et pour couronner le tout, le général Benny Gantz, le chef d'état major, a averti que les "politiques" porteraient seuls la responsabilité des "problèmes" qui pourraient apparaître durant une guerre. Histoire de bien mettre les points sur les "i", les plus hauts responsables militaires ont présenté des scénarios catastrophe en évoquant une véritable forteresse cible de dizaines de milliers de missiles et de roquettes que pourraient tirer l'Iran, les islamistes palestiniens du Hamas à partir de la bande de Gaza, ou le Hezbollah et la Syrie du Bachar al-Assad.

Rechercher l'efficacité économique

Pour Youval Steinitz, ce tableau apocalpytique relève d'une "man?uvre d'intimidation". Selon lui, l'armée, qui s'accapare 17% du budget, pourrait parfaitement faire face à toutes ses missions avec le budget actuel si elle consentait à couper dans ses dépenses de fonctionnement. "Personne ne contrôle le budget de la Défense", déplore le ministre des Finances. Pour Yossi Peled, un ministre sans portefeuille lui même de général de réserve : "L'armée ferait bien de s'inspirer du secteur privé en mettant en avant l'efficacité économique." "Il y a pléthore de généraux au quartier général", fustige-t-il. Décidé à frapper fort, Youval Steinitz souligne que "dans un Etat démocratique, l'armée obéit au gouvernement qui fixe les priorités et pas l'inverse."

Les hésitations de Benjamin Netanyahu

La grande inconnue concerne le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a beaucoup fluctué ces derniers mois. Après avoir accepté l'idée l'an dernier de couper dans la budget de la défense, il y a renoncé sous la pression des militaires. Sa décision dépendra sans doute du choix d'attaquer dans les prochains mois l'Iran ou au contraire de s'en remettre aux sanctions internationales et au grand allié américain pour tenter de forcer Téhéran à renoncer à ses ambitions nucléaires.
 

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Commentaires

Aluk  a écrit le 20/02/2012 à 18:02 :

Qu ils n attaquent pas l'Iran! Problème réglé!
C'est encore nous, pigeons européens soi disant chargés d une dette morale infinie, qui devrons voler à leur secour à coups de milliards en opérations militaires.
Il est temps qu'ils assument seuls leur extrémisme.

yvan  a écrit le 20/02/2012 à 15:28 :

Je n'ai rien pour ou contre Israël, c'est un ghetto comme un autre, mais déclencher une guerre contre les Musulmans, dont je me moque de façon identique, je ne peux que souhaiter bonne chance à chaque extrémisme. Sinon, vous remarquerez que le catholicisme finit par avoir des ennuis ... aussi. Les religions, quelle bêtise. Notez, une guerre juste économique, on finissait par s'ennuyer...

TOUJOURS PLUS  a écrit le 20/02/2012 à 12:17 :

Bien qu'ayant été victime d'un génocide, l'état sioniste montre les dents au monde et semble vouloir basculer dans le rang des pays agresseurs en laissant entendre qu'il veut attaquer un très beau pays souverain qu'est l'IRAN!!! mais avec une telle agression, l'état sioniste a t'il pensé à l'extention planétaire d'une éventuelle agression???

Bernier  a écrit le 20/02/2012 à 12:07 :

Eh bein voila la raison de tous les remue menages ... mais donc le nucleaire iranien, c'etait bull...

coco  a répondu le 26/02/2012 à 19:34:

vous on vous menace pas de destruction donc c est facile de parler le jour ou ça vous tombera dessus on en reparlera