La Tribune

Dans la nouvelle ligne 3 « made in France » du métro du Caire

Le consortium en charge de la première phase du chantier regroupe Vinci, Bouygues, Colas-Rail, Thalès, Eurovia, Alstom associés à deux entreprises égyptiennes, Orascom et Arab Contractors. Les mêmes groupes seront également présents sur la deuxième phase. Copyright Reuters
Le consortium en charge de la première phase du chantier regroupe Vinci, Bouygues, Colas-Rail, Thalès, Eurovia, Alstom associés à deux entreprises égyptiennes, Orascom et Arab Contractors. Les mêmes groupes seront également présents sur la deuxième phase. Copyright Reuters
Stéphanie Wenger, au Caire  |   -  607  mots
La première phase de la ligne 3 a été inaugurée, la deuxième phase est en travaux et bien avancée. Mais pour la troisième phase, l'avenir de la coopération franco-égyptienne est bien plus incertain.

Dans les couloirs rutilants, les passagers cherchent un peu leur chemin. Depuis Attaba, il faut descendre sur les quais de la ligne 2 puis suivre le panneau « nouvelle ligne : Aéroport- Imbaba ». Des employés ont été postés à intervalles réguliers, pour aiguiller le flot des voyageurs, peu nombreux pour l'heure de pointe si l'on compare avec les deux autres lignes. Inaugurée hier, mardi 21 février, la première phase de la ligne 3 dessert cinq stations, sur 4,2 kilomètres. Un petit trajet mais qui permet d'éviter un tronçon très embouteillé de la capitale égyptienne, où le trafic est infernal. Hind, une employée qui se rend à son travail, a vite fait le calcul : « En microbus, je mets une heure pour effectuer ce trajet. A l'aller et au retour ». Arrivée à la station Abbasseya, en bout de ligne, elle regarde sa montre : « 7 minutes ! Ca va changer ma vie», sourit-elle. Selon le ministre des Transports, ce premier tronçon, qui a coûté 700 millions de dollars, devrait transporter 250 000 à 300 000 passagers par jour.

Des groupes français en première ligne

Du côté des groupes français en charge des travaux de cette première phase, on sourit aussi. Le consortium en charge du chantier regroupe Vinci, Bouygues, Colas-Rail, Thalès, Eurovia, Alstom associés à deux entreprises égyptiennes : Orascom et Arab Contractors. « Nous avons pu livrer dans les délais, c'est très important, se réjouit Hamid Khoury délégué régional pour Colas Rail. Malgré un effondrement de terrain, et en dépit des difficultés de travail au moment de la révolution, le calendrier est respecté ».

Les mêmes groupes sont également en charge de la phase deux : sept kilomètres qui devraient permettre de relier le Caire à la banlieue d' Heliopolis située au nord ouest de la capitale. Les travaux sont bien avancés aussi : « 70 % des travaux sont achevés, estime Hamid Khoury, ce qui permet d'envisager une mise en service également dans les temps, soit au second semestre 2013, même si une station de plus devrait être ajoutée. »

Une histoire franco-égyptienne qui remonte à plus de 30 ans

Au final, la ligne 3 traversera la capitale égyptienne d'est en ouest, de l'Université du Caire et Imbaba, jusqu'à l'aéroport. Le métro du Caire est une histoire franco-égyptienne qui remonte à plus de 30 ans. Des entreprises françaises ont aussi construit les deux premières lignes. Même si depuis la ligne 2, le matériel roulant est japonais (Mitsubishi, Toshiba) Pour la phase 2 de la ligne 3 un prêt de 200 millions d'euros a été accordé par la France aux autorités égyptiennes. Le financement risque de poser un épineux problème aux groupes en lice pour la troisième phase.

Le consortium français est sur les rangs mais sans grand espoir à entendre Hamid Khoury de Colas Rail, qui constate aussi que la concurrence sera plus rude: « la France est prudente comme tout le monde, l'idéal serait un contrat de prêt de gré à gré, sur au moins 200 millions d'euros, mais la situation égyptienne se dégrade, et avec elle le risque de non remboursement ». Pour l'instant, seul un prêt via l'Agence française de développement est envisagé, un montage bien moins attractif. Les études pour la phase 3 devraient être rendues public en juin-juillet prochain suivies de la procédure d'appel d'offres. Juin, c'est aussi la date l'élection présidentielle égyptienne, une concomitance pas innocente pour ce connaisseur du dossier : « Tout le monde attend à cause de cela aussi, le futur Président aura évidement un pouvoir de décision sur le dossier du métro... »

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Commentaires

Macabre  a écrit le 23/02/2012 à 5:54 :

Espérons que ces projets ne subiront pas les ravages d'un simple "Marie fais attention à ton sac" appuyé d'un regard oblique.

Iris  a écrit le 22/02/2012 à 21:15 :

made in France , bha c'est normal pour un pays occupé. Ca va pas être maide in China, même si les métro chinois sont dix fois moins chères