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A Taïwan, le numéro deux de la Banque mondiale risque la peine de mort

Justin Yifu Lin, chef économiste de la Banque mondiale. Copyright AFP
Justin Yifu Lin, chef économiste de la Banque mondiale. Copyright AFP
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Contrastant avec un certain apaisement des relations entre la Chine et Taïwan, l'économiste en chef de la Banque mondiale est toujours indésirable sur son île natale où il est accusé de haute-trahison. En 1979, il avait fait défection en quittant l'armée nationale taïwanaise pour rejoindre la Chine communiste.

Le Chinois d'origine taiwanaise Justin Lin, premier vice-président de la Banque mondiale, reste persona non grata à Taïwan où il est accusé de haute trahison après sa défection en Chine communiste en 1979, et risque en principe la peine de mort, a réaffirmé Taipei ce mercredi. Lin, qui est aussi l'économiste en chef de la Banque mondiale, était un jeune officier de 26 ans dans l'armée nationale taïwanaise lorsqu'il a fait défection en nageant les deux kilomètres qui séparent l'île de Kinmen du continent.

"S'il revenait, il serait immédiatement arrêté"

Arrivé en Chine communiste à l'aube de son ouverture sous l'impulsion de Den Xiaoping, Lin a joué un rôle clé dans la modernisation économique du pays avant d'embrasser une carrière internationale. "Lin a été placé sur la liste des personnes recherchées par la Haute cour militaire. S'il revenait, il serait immédiatement arrêté", a mis en garde le porte-parole du ministère de la Défense taiwanais, David Lo. La Chine a lancé un appel à la clémence mercredi en demandant à Taipei de permettre à Justin Lin de rendre visite à ses proches et d'honorer ses ancêtres. "L'affaire est vieille de plusieurs décennies", a plaidé le porte-parole du Bureau chinois des affaires taiwanaises, Yang Yi. "Nous espérons que les autorités concernées à Taiwan autoriseront Lin et sa femme à séjourner (sur l'île) pour raisons humanitaires".

Ajouté à la liste des traîtres en 2002

Jusqu'en 2002, Justin Lin n'était pas considéré comme un transfuge mais uniquement comme "disparu", Taiwan préférant taire sa défection, passible encore aujourd'hui de la peine capitale. Mais il a été ajouté à la liste des traîtres recherchés pour être jugés lorsqu'il a demandé à pouvoir assister aux obsèques de son père. Taiwan (République de Chine) et la Chine (République populaire de Chine) sont séparées depuis la fin de la guerre civile chinoise de 1949. Taiwan est indépendante de fait depuis, mais Pékin la considère comme une province rebelle, n'excluant pas la force pour la faire revenir dans son giron. Les relations bilatérales n'ont cependant jamais été aussi bonnes, en plus de 60 ans, que depuis l'élection de Ma Ying-jeou à la présidence taiwanaise en 2008. Il a été réélu en janvier pour un second mandat.

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