La Tribune

Yuan et droits de l'Homme troublent le dialogue sino-américain

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Marina Torre (avec agences)  |   -  416  mots
Alors que débutent ce jeudi deux jours de discussions entre d'une part la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, son homologue au Trésor Timothy Geithner et les dirigeants chinois d'autre part, la discorde reste forte au sujet du yuan. Le sort de l'opposant Chen Guangcheng qui veut se réfugier aux Etats-Unis depuis hier pèse également sur les relations sino-américaines.

Avant même le début de la rencontre annuelle entre Américains et Chinois ce jeudi, la question du yuan était déjà sur la table. Dans un document publié avant le commencement de ce "dialogue stratégique et économique", le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a plaidé en faveur d'une devise chinoise "plus fort(e)" et dont le cours serait davantage "déterminé par le marché".

La valeur de la monnaie chinoise est actuellement déterminée par la banque centrale qui fixe son taux quotidiennement. Sa faiblesse face au dollar demeure un sujet de discorde entre Washington et Pékin, les Etats-Unis lui attribuant une grande partie de son énorme déficit commercial. Dans son message, Timothy Geithner a argué que la réevaluation du yuan en fonction du marché "contribuera à consolider l'objectif de la Chine de s'orienter vers une production à plus forte valeur ajoutée, de réformer son système financier et d'encourager la demande intérieure".

L'affaire Chen Guancheng

Les discussions qui doivent se dérouler pendant deux jours risquent d'être d'autant plus tendues qu'un autre point de discorde est venu diviser les deux partenaires. Si le nom de l'opposant chinois Chen Guangcheng n'a pas été prononcé par Hillary Clinton dans son discours ce jeudi, son sort et celui de tous les autres "dissidents" était bien présent dans les mots de la secrétaire d'Etat, elle aussi du voyage. Tous les gouvernements "doivent répondre aux aspirations de leurs citoyens à la dignité et à l'état de droit", a-t-elle affirmé.

Chen Guangcheng a fait part de son intention de partir pour les Etats-Unis après avoir trouvé refuge dans l'ambassade américaine pendant six jours. Ce militant aveugle, qui s'oppose notamment aux politiques de stérilisation, d'avortement forcé et d'expropriations abusives s'était blessé vendredi en fuyant de sa résidence. Malgré les "garanties" que lui avait promis la Chine, il a choisi de quitter son pays en expliquant qu'il ne s'y sentait pas en sécurité, et en laissant entendre que sa famille était menacée de représailles. 

Hu Jin Tao appelle à la coopération

Face à ce double désaccord politique et monétaire, le président chinois Hu Jin Tao en a appelé à un partenariat apaisé entre les deux puissances. Et s'il reconnaît qu'il "est impossible pour la Chine et les Etats-Unis d'être d'accord sur tout", le chef de l'Etat a fait valoir qu'une "confrontation nuira gravement à tout le monde". 

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Commentaires

Corso  a écrit le 03/05/2012 à 17:58 :

La Chine est une dictature socialiste il n'est pas besoin d'en dire plus pour savoir que tout y est à faire. Toutefois d'un point de vue économique ses arguments ne sont pas dépourvus de bon sens voire de cynisme car ils attaquent la posture humaniste de façade. Certe sa devise est dévaluée volontairement mais celle d'une grande partie du reste du monde également ! Au premier titre la Chine pointe celle du Japon qui proportionnellement par habitant bénéficie de faveurs de l'Occident bien plus importantes et depuis bien plus longtemps. Le discours est alors d'avancer de concert un fois les premiers pas nécessaires faits ailleurs. La guerre monétaire que nos nations modernes ont imposé au monde quitte à le faire mourir de faim est sur la table. Voudra -ton que l'on en parle vraiment ou bien ne fera-t-on qu'effleurer la question en guise de menace voilée. Chacun ses tyrannies. Nous avons les notres et elles sont bien chargées !

Coam  a écrit le 03/05/2012 à 13:12 :

Partenariat apaisé. Ces chinois, ce sont vraiment les pros du soft power.
Ils vont bien finir par s'entendre avec les USA sur le dos des européens. Quoi de plus normal; 2 blocs cohérents d'un côté, un gros bloc fragmenté de l'autre.