Le G7 discute des difficultés de l'Espagne et de la rigidité de l'Allemagne

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La crise de la zone euro s'accentue, et ses responsables se retrouvent sous pression en particulier Angela Merkel pour assouplir sa position sur l'aide à apporter (ici en conversation avec José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, chargé de faire des propositions pour le conseil européen des 28 et 29 juin) /Copyright AFP
La crise de la zone euro s'accentue, et ses responsables se retrouvent sous pression en particulier Angela Merkel pour assouplir sa position sur l'aide à apporter (ici en conversation avec José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, chargé de faire des propositions pour le conseil européen des 28 et 29 juin) /Copyright AFP
Les grandes puissances du G7 se penchent ce mardi sur une zone euro en pleine réflexion sur son avenir et pressée par les Etats-Unis et le Canada de prendre les mesures décisives contre la crise de la dette et la fragilité du secteur bancaire espagnol.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés (Etats-Unis, Japon, Canada, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie) avaient prévu de s'entretenir mardi lors d'une conférence téléphonique sur la situation de la zone euro.

Sous-capitalisation bancaire

La plupart des capitales sont restées discrètes sur l'objet de cette réunion, dont on ne savait pas si elle déboucherait sur une déclaration. Seul le ministre canadien, Jim Flaherty, a expliqué lundi qu'elle porterait sur "la véritable préoccupation" du moment: "l'Europe" et "la faiblesse de certaines banques". Il a estimé que la zone euro n'avait "pas agi suffisamment" pour "répondre" à la sous-capitalisation bancaire et pour "bâtir un pare-feu adéquat". Sévère, Jim Flaherty a accusé certains pays "qui ont des programmes d'austérité" de "tourner en rond" au lieu de faire des progrès.

Les Etats-Unis, qui président cette année le G7, ont appelé les Européens à prendre "d'autres mesures", pour résoudre la crise, puisque "les marchés restent sceptiques". "Nous espérons voir l'Europe agir plus rapidement dans les semaines qui viennent" notamment "pour renforcer le système bancaire européen", a déclaré un responsable du Trésor américain, cité par l'AFP.
 
Madrid refuse de faire appel au fonds de secours
 
Ce sont les banques espagnoles qui sont au coeur des inquiétudes. Et l'Union européenne peine à s'entendre sur la meilleure manière d'y faire face. Selon certains journaux allemands, Berlin voudrait que Madrid ait recours au fonds de secours financier de la zone euro pour résoudre sa crise bancaire, craignant que l'Espagne, déjà à bout de souffle sur le plan budgétaire, ne puisse le faire seule.

Or l'Espagne, confrontée à une envolée de ses taux d'emprunt sur les marchés, résiste bec et ongles. Le pays "ne peut techniquement pas faire l'objet d'un sauvetage", a encore assuré mardi le ministre espagnol du Budget Cristobal Montoro, jugeant que venir en aide à la quatrième économie de la zone euro coûterait beaucoup trop cher aux autres Etats membres.
Madrid refuse une telle aide internationale qui impliquerait, en l'état, qu'elle négocie une cure d'austérité avec les Européens, voire le Fonds monétaire international (FMI). "L'Espagne n'a pas besoin de ça, elle a besoin de davantage d'Europe, de davantage de mécanismes permettant l'intégration européenne", a ajouté Cristobal Montoro.

Réticences de l'Allemagne

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, espère voir aboutir les réflexions en cours pour permettre au fonds de secours de la zone euro de recapitaliser directement les banques en difficulté, sans passer par une négociation avec à la clé la mise en place d'une quasi-tutelle comme dans le cas de la Grèce, du Portugal ou de l'Irlande. Ce plan est poussé par la Commission européenne et plusieurs pays, dont la France. Mais il se heurte aux réticences de l'Allemagne.

Un tel mécanisme s'inscrit en fait dans une réflexion plus profonde menée par les Européens sur l'avenir de la zone euro, en vue du sommet de l'UE des 28-29 juin. La chancelière allemande Angela Merkel ne ferme pas totalement la porte à la mise en place d'une union bancaire, voire à des euro-obligations pour mutualiser une partie des dettes publiques, mais n'y voit pas une solution à court terme et l'aboutissement d'un  processus de longue haleine qui passerait par une perte de souveraineté budgétaire.

Selon une source diplomatique citée par l'agence Reuters, Berlin devrait se retrouver sous la pression des autres partenaires du G7 pour accepter des mesures de relance de la croissance. " Ce sera une session de critique envers l'Allemagne", a souligné cette source.

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Commentaires
a écrit le 05/06/2012 à 22:54 :
Encore des journalistes encartés, qui interprètent à leur façon Berlin prépare l'offensive. mais pas sous la pression, Le projet est bien celui d'un modèle basé sur l'Allemagne

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