Huile de palme : de Kuala Lumpur à Abidjan les producteurs voient rouge

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Les producteurs d'huile de palme de Malaisie et de Côte d'Ivoire dénoncent l'amendement visant à taxer l'huile de palme déposé par la commission.

"L'Or rouge" sera-t-il taxé en France? Chez les plus gros producteur d'huile de palme l'amendement voté en commission des Affaires sociales du Sénat visant à taxer cette matière grasse végétale passe mal. Le Conseil malaisien de l'huile de palme, qui représente le secteur pour le deuxième pays producteur après l'Indonésie s'en offusque dans un communiqué publié ce mardi. Selon l'organisme, "cette proposition est fondée sur des affirmations erronées selon lesquelles l'huile de palme est mauvaise pour la santé, nocive sur le plan nutritionnel, et selon lesquelles la Malaisie ne respecterait pas l'environnement." La veille, l?Association Interprofessionnelle de la filière Palmier à Huile de Côte d?Ivoire (AIPH), dont le siège se trouve dans la capitale économique du pays, à Abidjan, publiait un message de même nature.

"Raisons de santé publique"

Le texte soumis au vote des sénateurs mercredi soir prévoit de taxer l'huile de palme à partir de 550 euros la tonne contre 100 actuellement. Et ce, "pour des raisons de santé publique et environnementale". Il s'appuie à cet égard sur un rapport de l?Agence française de Sécurité sanitaire des Aliments datant de 2010 d'après lequel, les acides gras saturés, constitués notamment par les acides palmitiques seraient consommés de façon excessive par les Français et sont susceptibles d'entraîner des risques cardio-vasculaires. L'huile de palme entre par exemple dans la composition du Nutella, le produit star de Ferrero dont les Français raffolent. Ils en sont même les premiers consommateurs au monde. A noter: les huiles de palmiste et de coprah - utilisé pour la margarine - sont aussi concernées par cette taxe également mise en place "en vue du rétablissement des comptes publics".

Les producteurs nient les atteintes à la santé et l'environnement

Contre-arguments des producteurs malaisiens et ivoriens: il n'existe pas d'étude permettant de démontrer scientifiquement les nuisances pour la santé de ces matières grasse. En outre, d'après eux la forte consommation d'acides gras en France proviendrait bien plus du goût des français pour le beurre, la viande, le fromage... qui contiennent des graisses animales et non végétales. Ils clament par ailleurs que dans chacun de ces pays il n'y aurait pas de déforestation, que la plante ne nécessite pas de pesticide et qu'elle n'appauvrirait pas les sols.

L'huile de palme nocive pour l'environnement?

Un avis loin d'être patagé par de nombreux experts environnementaux et ONG.  La Conférence des nations unies sur le commerce et le développement fait d'ailleurs état de ces inquiétudes : "Il est reconnu aujourd?hui que le développement de l?huile de palme au niveau des plantations industrielles (entre 2.500 et 10.000 hectares) a causé de nombreux dommages en termes d?environnement : destruction des forêts, affaiblissement de la biodiversité, libération de gaz à effet de serre, appauvrissement des sols". L'organisme de l'Onu précise en outre dans sa "fiche produit" qu'aux questions environnementales se sont aussi greffées les questions sociales (déplacement des populations, conditions de travail ?).

Une manne économique

Mais les producteurs plaident aussi pour les débouchés économiques procurés par l'huile de palme. "Plus de 240 000 petits exploitants à travers toute la Malaisie dépendent de l'huile de palme pour gagner leurs vies. De surcroît, plusieurs milliers d'autres emplois en Malaisie reposent sur des secteurs industriels liés à cette huile", écrit Tan Sri Dr Yusof Basiron, le Directeur général du Conseil malaisien de l'huile de palme. Pour lui, les propositions du sénateur Yves Daudigny "menacent le gagne-pain de ces exploitants". La Malaisie a produit l'an dernier quelque 18 millions de tonnes d'huile de palme, selon des chiffres de la Banque mondiale. Un constat similaire est dressé en Côte d'Ivoire. L'huile de palme y "fait vivre 2 millions de personnes, soit 10% de la population" affirment les producteurs ivoiriens. Des arguments qui risquent de peser plutôt faiblement dans la balance pour les sénateurs français.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2012 à 17:32 :
j'aimerai même que l'on ailles plus loin sur ces types taxes notamment sur les bois exotiques. on doit augmenter les taux. Cependant, 550/ 100 tonnes, c'est vraiment peu.
a écrit le 14/11/2012 à 0:40 :
Grand classique : les grosses entreprises mettent en avant les milliers de pauvres petits producteurs qui souffriraient de la mesure.. Ce ne sont pas ces petits producteurs liés par contrat aux gros transformateurs qui "font leur beurre" , ils survivent à peine, mais bien les gros exploitants et transformateurs qui se font tout petit pour nous apitoyer.
a écrit le 13/11/2012 à 21:50 :
Les producteurs d'huile de plame voient rouge disent-ils, normal mon sang est rouge bourré d'hémoglobine et de plaquettes et souhaite le rester!!! C'est vrai que dans ces contrées, la santé des gens est un sujet tabou au vu de la démographie galopante!! un de plus un de moins....mais en attendant, ces individus massacre la nature et en particulier l'île de bornéo de sa forêt tropicale et surtout sa très riche biodiversité!!! Donc pas de probléme sur cette taxe pour le bienfait de notre sécurité sociale!!!
a écrit le 13/11/2012 à 20:30 :
Ça fera augmenter un peu le prix (avec effet d'arrondi) des produits en contenant mais ne dissuadera pas les consommateurs (y en a presque partout). Les finances seront heureuses de toucher ce qu'elles espéraient (si l'effet était dissuasif, moindre revenus !) et tout le monde sera content dont la vertu disant "pas bon donc taxé".
a écrit le 13/11/2012 à 19:47 :
L'huile rouge en Afrique devient une graisse blanche en Europe. La corde sensible des petits paysans est une belle blague : se sont des smallholder, D'immenses plantations avec 60% pour une compagnie et 40% morcelés pour des paysans asservis à la compagnie. oui oui. Rien à voir avec des petits pauvre paysans. Pour l'Afrique, elle est déficitaire en huile de palme. C'est souvent une culture parmi les autre dans des systèmes moins centralisés et destinée au local. alors arrêtons de dire tout et surtout n'importe quoi. Quand à quel nigot, il faudrait penser à deux fois les coûts d'un produit avant son prix. S'il faut exploiter des Hommes, non merci www.indianmalaysian.com/form_of_slavery.htm . Pour augmenter mon pouvoir d'achat il serait aussi bon que vous soyez chasser de votre logement et de diviser votre revenu par deux s'il vous plaît.
a écrit le 13/11/2012 à 19:42 :
Il ne leur reste plus qu'a convertir l'huile de palme en vaseline qu'ils pourront revendre aux maires de France. A leur tour ils pourront les remettre aux futurs mariés. Hé, hé, hé...
a écrit le 13/11/2012 à 19:19 :
Obésité en Afrique... C'est assez marrant comme commentaire.
il faudrait peut être pousser un peu plus les études sur la santé avant d?empêcher les producteurs (souvent dans les pays pauvres c'est vrai) d'en exporter.
L'excuse des oran outang est un peu limite quand on sait qu'un producteur ivoirien n'en a jamais vu de sa vie...
Pour info l'huile de palme est utilisé dans la savonnerie, biscuiterie, chocolaterie, patisserie,... Bref dans de nombreux aliments.
A une époque ou on scrute le portefeuille, multiplier par 2 le prix de l'huile via les taxes douanières n'est peut être pas le plus judicieux ou tout du moins n'est pas le plus urgent...
a écrit le 13/11/2012 à 19:16 :
Il faut être prudent sur ces campagnes de dénigrement de certains produits. Il doit y avoir derrière de grands groupes alimentaires qui ont tout intérêt à couler ces productions concurrentes. Rappelons nous l'élimination de l'huile d'arachide avec l'affaire de l'aflatoxine !. Il est facile de faire monter les ONG environnementalistes au créneau pour défendre des intérêts privés !
Réponse de le 14/11/2012 à 16:32 :
Les ONG savent lire les études... Elles font juste le tri entre les experts indépendants et les autres. Pour aller plus loin...
http://www.oxfammagasinsdumonde.be/2010/06/huile-de-palme-et-modele-de-developpement-agricole/
a écrit le 13/11/2012 à 17:23 :
L huile de palme est fabriquée par les pays pauvres, pour les pays pauvres, ultra riche, surdosé en acide sur gras. Bref, il n'y a qu a voir le taux d obésité des femmes en afrique noir pour comprendre que c est de la M...
Bien sur, c'est ce qu il y a de plus cheap et pas cher alors tous les industriels en mettent a bon compte dans tous les produits, histoire de nous faire manger de la M...

Réponse de le 13/11/2012 à 22:08 :
Bien dit poulet en espérant qu'il est label rouge!!!???

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