Chypre essuie un échec en Russie et dépend désormais de l'UE

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Le ministre des Finances chypriote Michael Sarris est de retour de Moscou vendredi sans avoir réussi à trouver un accord pour son pays.Copyright Reuters
Le ministre des Finances chypriote Michael Sarris est de retour de Moscou vendredi sans avoir réussi à trouver un accord pour son pays.Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le ministre des Finances chypriote était à Moscou depuis mardi soir. Il proposait aux Russes de participer à la création d'une société publique regroupant les actifs des gisements gaziers, en contrepartie d'un soutien financier. Les Russes ont refusé, les négociations sont désormais concentrées entre Chypre et les ministres des Finances européens.

C'est ce qui s'appelle rentrer bredouille. Le ministre des finances chypriote avait pourtant promis de rester à Moscou autant de temps que nécessaire pour l'obtention d'un accord. "Nous avons demandé de l'aide, c'est certain, mais de manière à ce qu'elle se justifie économiquement pour la Russie" déclarait-il à la presse jeudi matin.

C'est un échec. Selon une source diplomatique, Michael Sarris et l'ensemble de la délégation chypriote sont de retour sur l'île de Chypre ce vendredi 22 mars, sans solution pour le pays. M. Sarris a expliqué ne pas avoir convaincu les investisseurs russes de l'intérêt des ressources gazières chypriotes alors que c'était l'une des contreparties envisagées, en échange d'un prolongement du prêt de 2,5 milliards d'euros obtenu en 2011 par l'île auprès de la Russie, qui vient à échéance en 2016. Chypre espérait repousser son remboursement à 2021, et négocier une diminution du taux d'intérêt de ce prêt, aujourd'hui égal à 4,5%. L'île méditerranéenne avait également espoir d'obtenir un nouveau prêt de 5 milliards d'euros, dont la demande avait été déposée l'été dernier.

L'Union européenne a la voie libre

"Leur proposition était la suivante: créer une société publique regroupant les actifs des gisements gaziers et proposer aux investisseurs russes d'y participer", a expliqué Anton Silouanov, le ministre des Finances russe. "Nos investisseurs ont examiné ces propositions et n'ont pas été intéressés", a-t-il précisé.

Nouveau déboire donc pour les chypriotes, qui s'étaient tournés mardi soir vers la Russie, après le rejet par la Parlement d'un projet de taxation des dépôts bancaires, l'une des modalités d'un plan de sauvetage de 10 milliards d'euros envisagé avec la Troïka le week-end dernier. Chypre poursuit les négociations avec la Troïka, et avec cet échec de négociations à Moscou, la Russie laisse la main à l'Union européenne pour régler cette crise. L'Union a donné à Chypre jusqu'à lundi pour trouver les quelque six milliards d'euros nécessaires pour compléter son plan de sauvetage, sous peine d'un effondrement de son système financier qui entraînerait sans doute son éviction de la zone euro. Des échanges entre des représentants due l'exécutif chypriote et les ministres des Finances européens étaient en cours ce vendredi matin. L'un des représentants du gouvernement doit s'exprimer publiquement sur ce sujet à midi.

POUR ALLER PLUS LOIN :

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Commentaires
a écrit le 22/03/2013 à 13:58 :
les russes voulaient tout le gaz ?
Réponse de le 22/03/2013 à 15:00 :
@tout: comme t'as pas tout suivi, je te signale que Poutine fait la chasse à ceux qui ont volé le pays et qui sont réfugiés principalement en Angleterre et accessoirement (pour leur argent) à Chypre et dans les paradis fiscaux britanniques. Il ne fallait donc pas s'attendre à ce que la Russie les sauvent :-)
a écrit le 22/03/2013 à 12:49 :
S'il est triste de savoir le peuple Chypriote en pâtir, il est grand temps de remettre à leur place ces pays bananiers qui faussent la logique économique entre membre de l'UE.
Dommage que l'UE attende une crise pour agir...
A quand remettre en place le Luxembourg ?
a écrit le 22/03/2013 à 12:27 :
C'est la sortie de l'Europe qui s'annonce pour Chypre. D'un côté le pays blanchit l'argent sale russe (et d'ailleurs), de l'autre les oligarques russes ne souhaitent pas payer la dette publique qui ne concerne que la population chypriote et ils ont bien raison. Le véritable problème de Chypre est similaire à celui de la Grèce: faire payer des impôts à sa population. Le taux d'imposition sur le revenu du pays est de 0 % jusqu'à 19500 euro/an tandis que le PIB par habitant est d'environ 22118 euro. N'importe quelle personne assez sensée comprendra rapidement que la contribution nationale des habitants est ridicule par rapport aux services rendus. Peut-être pensaient-ils vivre éternellement sur le dos de leurs "investisseurs" étrangers?
a écrit le 22/03/2013 à 12:02 :
à la roulette Russe ... ils ont perdus !
a écrit le 22/03/2013 à 12:02 :
Comme n'importe quel débiteur surendetté, Chypre devient le jouet de ses créanciers et des accords qui peuvent se nouer entre eux, comme des cessions de créances ou autre. Ce fut le sort réservé aux accédants "subrime" à la propriété, qui changeaient tous les jours de créancier, banquier, fonds vautour, société de gestion de portefeuille, etc et se trouvaient expropriés à vil prix sans avoir pu négocier. Les chypriotes ont la chance de trouver l'Europe.
a écrit le 22/03/2013 à 11:57 :
Je ne comprends pas pourquoi en ne parle jamais des Anglais dans cette affaire. Ils ont 2 bases militaires et certainement d'autres intérêts en Chypre.

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