L'euro détrôné par le yuan

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Le yuan, qui n'est pas encore une monnaie d'échange interntional à proprement parler, a supplanté l'euro comme deuxième devise utilisée pour les transactions financières. Mais sa part de marché, à 8,66% est encore loin des plus de 81% du dollar. (Photo : Reuters)
Le yuan, qui n'est pas encore une monnaie d'échange interntional à proprement parler, a supplanté l'euro comme deuxième devise utilisée pour les transactions financières. Mais sa part de marché, à 8,66% est encore loin des plus de 81% du dollar. (Photo : Reuters) (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
La monnaie chinoise est désormais la deuxième devise la plus utilisée lors des transactions financières dans le monde, signe qu'elle poursuit sa marche vers son internationalisation. Si le pas est rapide, il reste encore quelques étapes à franchir.

Le yuan n'est pas encore une monnaie internationale qu'il commence déjà à faire de l'ombre à l'euro. La devise chinoise a en effet supplanté la monnaie unique en tant que deuxième monnaie la plus employée dans les transactions financières, derrière le dollar, selon la société financière Swift, spécialisée dans le transfert de données entre établissements financiers. Sa part de marché est désormais de 8,66%, par rapport à 1,89% en janvier 2012. Le dollar est toutefois encore très loin devant avec plus de 81% de part de marché. L'euro a quant à lui reculé de 7,87% à 6,64%.

Un signe qui s'accompagne des derniers efforts de la Chine pour libéraliser sa monnaie. Car pour la deuxième économie mondiale, il n'y a désormais plus d'intérêt à faire croitre ses réserves de change qui ont encore atteint un record de 3.660 milliards de dollars fin septembre, comme l'a expliqué le vice-gouverneur de la banque centrale chinoise Yi Gang fin novembre.

Accords de swap monétaire avec les principaux partenaires commerciaux

Récemment, les dirigeants se sont lancés dans la signature d'accords bilatéraux visant à mettre en place, petit à petit, des lignes de swap monétaire entre la banque centrale chinoise et les banques centrales de ses principaux partenaires commerciaux.

Le dernier en date est celui signé entre la BCE et la banque centrale chinoise. Il a pour objectif à terme de permettre aux institutions financières de la zone euro d'investir directement en yuans. Un précédent accord avait été signé entre Londres et Pékin pour permettre là aussi aux institutions de la City d'investir dans la "monnaie du peuple", alors qu'il est déjà possible d'y émettre des obligations dans la devise.

Vers la convertibilité pleine et entière du yuan ?

Il faudra encore toutefois que la Chine s'ouvre aux investissements directs étrangers tant en devises étrangères qu'en yuans en mettant fin aux restrictions qui pèsent et en assurant la convertibilité des comptes de capitaux.

Un premier signe en ce sens est venu du gouverneur de la banque centrale chinoise qui avait affirmé récemment que "les quotas QDII et le QFII (qui limitent l'afflux de capitaux étrangers en Chine, ndlr) et les processus d'approbation seront éliminés dés que cela deviendra approprié". En clair, il sera plus facile d'investir dans le pays, mais aussi de rapatrier le fruit de ses investissements.

Test grandeur nature à Shanghai

Avant d'en arriver là, Pékin va tester dés le 1er janvier prochain la pleine convertibilité du yuan dans la zone pilote de libre-échange de Shanghai. Manière de voir si cela est efficace pour assurer un meilleur financement des entreprises chinoises grâce à l'arrivée de capitaux frais en provenance de l'étranger.

Si l'expérience est concluante, cela pourra donner des idées aux autorités qui n'ont pu que constater les faiblesses de leur système bancaire en juillet dernier et qui avaient été obligées de réagir en l'arrosant de liquidités.

L'attrait des investisseurs est réel

Tous ces mouvements ne manquent pas d'aiguiser les appétits des investisseurs, alors que les principales places financières européennes cherchent à tirer la couverture de leur côté afin de devenir le prochain "hub" pour les transactions financières en yuan en dehors de Chine lorsque celui-ci sera devenu une véritable monnaie internationale. Un premier signe était apparuir en septembre dernier, lorsque la Banque des règlements internationaux avait classé le yuan comme neuvième devise la plus échangée dans le monde, avec une moyenne quotidienne équivalente à 120 milliards de dollars en avril.

La Chine compte toutefois encore pour 59% des yuans échangés et Hong Kong pour 21%. Suivent de très loin Singapour (12%), l'Allemagne (2%) et l'Australie (2%), selon Swift. Si l'enjeu est de taille, tout n'en est encore qu'à ses balbutiements. La plupart des analystes doutent toutefois que la "monnaie du peuple" puisse un jour faire concurrence au "billet vert".

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Commentaires
a écrit le 15/03/2014 à 14:06 :
le lievre et la tortue? LA CHINE AVEC SA MONNAIE FAIBLE VA DEPASSEZ LES AUTRE PAYS ???
a écrit le 04/12/2013 à 17:25 :
Méfiance, c'est de la monnaie de singe...
a écrit le 04/12/2013 à 17:20 :
Il n'y a plus que l'euro qui est géré de manière ultra-orthodoxe (germanique ?) dans le concert des grandes monnaies de ce monde. Pour toutes les autres c'est " open bar", tout pour le soutien à l'économie (US, Japon, Chine...). En résumé, nous nous tirons une balle dans le pied (la tête?) pendant que les autres font la bringue...on s'étonne que les européens consomment des anxiolytiques mais quand est ce que l'emploi sera le priorité de BCE ???
Réponse de le 06/12/2013 à 17:07 :
mais si la BCE fait aussi OPEN BAR or quand les US et le JAPON font aussi open bar le point d'équilibre du cours de change reste à peu pres le meme!!!
Quand à l'emploi il ne se decrete pas sauf pour l'administration! il faut donner les moyens à ceux qui entreprennent et ne pas les taxer à tout va en impots et charges sociales, cela produit l'effet inverse lesTPE et PME ferment les unes après les autre, DEGOUTEES et ce n'est pas prés de s’arrêter
a écrit le 04/12/2013 à 15:43 :
Voilà une bonne nouvelle, on commence à prendre conscience que l'euro, pardon l'euro-mark, est une monnaie du passé, qui est dans le coma, maintenue artificiellement en vie par des politiques lâches, qui n'ont même pas imaginé lors de la conception de l'euro qu'un pays puisse vouloir ou devoir quitter cette monnaie qui tue.
a écrit le 04/12/2013 à 14:17 :
et bien moi à la place des "analystes" je ne serai pas aussi catégorique,la Chine achète,bien qu'étant le premier producteur mondial,tout l'or achetable sur le marché , soit 50% de la production mondiale au cours des 6 derniers mois.Ce n'est pas pour contempler sa couleur .le yuan sera non pas la prochaine monnaie de "réserve" , mais peut être la seule monnaie adossée à l'or et les bouricains se suceront les orteils,à moins que les Qe ne les entrainent plus rapidement à la faillite et ceci dans un temps beaucoup plus court que ce qui peut s'imaginer
Réponse de le 04/12/2013 à 14:40 :
Les habitudes sont tenaces, les intérets aussi, et l'économie chinoise peut prendre des claques inimaginables, comme je l'ai sommairement expliqué dans un commentaire ci-dessous. Ceci dit, je partage votre analyse. Les autorités chinoises tissent lentement leur toile monétaire de plusieurs manière (marché de l'argent ouvert récemment par exemple) et leur politique, dans ce domaine, est plus raisonnée (dans le meme sens qu'écologiquement raisonnable, lorsqu'on l'oppose au gaspillage des ressources naturelles) donc elle progressera pendant que les USA et l'Europe regresseront dans ce domaine a coup de création monétaire débridée et surtout mal orientée...Si une vraie crise de l'euro éclate en raison d'une explosion sociale incontrolable, ce qui pourrait arriver n'importe quand a partir de l'année prochaine, ce processus de prise du pouvoir monétaire par le yuan ne fera qu'accelerer.
Réponse de le 05/12/2013 à 2:52 :
Explosion sociale il y aura en France car avec un tel matraquage fiscal qui a envie de travailler pour les autres, donc plus d'investissements, plus de créations d'emplois, l'économie est figée, asphyxiée et tout s'écroulera. La Grèce a à nouveau besoin de beaucoup d'argent, d'autres pays aussi (Portugal, Italie etc.) L'Euro pourrait bien ne pas résister et l'Europe avec !
a écrit le 04/12/2013 à 13:09 :
l'euro ne deviendra qu'une vraie monnaie mondiale le jour où les états européens seront de vrais Etats Unis d'Europe, bref, jamais! ....en attendant, l'EU n'est rien de plus qu'un marché qui fonctionne très mal avec des règles rigides et des états aux politiques peu soudées. Je vois que la GB est sur la voie du redressement alors que nous, on se réjouit d'un plus 0.3 % de hausse du pib....le 4e trimestre s'annonce très bon pour notre voisin avec + 1% voire plus...et que l'on arrête de nous dire que la GB est une société à la dérive...je crois que nous sommes à la dérive....
a écrit le 04/12/2013 à 12:20 :
Le jour où on pourra payer le pétrole en Yuan, alors le dollar sera en danger. Les US seront en danger, donc le Monde sera en danger.
Réponse de le 11/02/2014 à 13:48 :
Simplement pour information, l'Iran accepte déjà le yuan pour son pétrole.
a écrit le 04/12/2013 à 10:53 :
un signe supplémentaire de la montée de certains émergents et du déclin de l'Europe. ne pas oublier l'épée de Damoclès qui menace les dirigeants chinois, avec un peuple au bord de la crise sociale (comprenez: émeutes). mais il en est de même dans plusieurs pays européens, donc tout cela est fragile et à relativiser. Il n'empeche que, toutes choses étant égales par ailleurs, on constate des améliorations chez les émergents (je ne connais la chine que par les médias, mais je vois personnellement l'amélioration en Russie, meme si les problemes d'exploitation du peuple y sont présents, comme partout) et uniquement de la dégradation chez nous (au moins en France) et surtout un contentement de cet état de fait. Peut-etre une oligarchie plus intelligente ou moins gourmande dans ces pays ? Nous verrons bien dans ou se produiront les véritables emeutes (au moins du niveau de mai 68) pour en tirer les conclusions. mais tous ont leur chances dans cette course à la betise!
a écrit le 04/12/2013 à 10:53 :
Hé bien, que cela continue. Si l'Euro devient de moins en moins une monnaie de référence, son cours va peut-être finir par redescendre. Voire devenir inutile et dans ce cas plus aucun pays de la zone euro n'aura à se lancer dans la sortie de la zone, cette zone n'ayant de fait plus aucune utilité.

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