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Ukraine : démission du gouvernement, négociations... le point sur le fil des événements

A Kiev, les manifestations se poursuivent, malgré la démission du gouvernement.
A Kiev, les manifestations se poursuivent, malgré la démission du gouvernement. (Crédits : Reuters)
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Si vous êtes perdu par la situation en Ukraine, la Tribune en résume les derniers événements (et ceux qui sont attendus) de la démission du gouvernement à l'abrogation des lois répressives en passant par la dégradation de la note du pays par S&P.

Les événements se précipitent en Ukraine. Après des mois de manifestations parfois sanglantes, la mise en place de lois répressives, et d'intenses tractations diplomatiques, le gouvernement a donné sa démission mardi. Le même jour, le Parlement se réunissait en session extraordinaire pour une décision cruciale. Et peu après, l'agence Standard & Poor's dégradait la note du pays (de B- à CCC+, ce qui signifie qu'elle prévoit un "risque élevé" de défaut de paiement) du fait de son instabilité politique. Ce mercredi, les négociations se poursuivent, notamment avec les représentants de l'UE. Voici ce que l'on peut en retenir. 

  • Catherine Ashton à Kiev

 Ce mercredi, Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne doit rencontrer le président Viktor Ianoukovitch et les dirigeants de l'opposition. Et ce, malgré les injonctions de Vladimir Poutine de ne pas interférer dans la vie politique ukrainienne. 

Vladimir Poutine a cependant assuré que la Russie maintiendrait ses relations avec l'Ukraine, matérialisées notamment par un prêt de 15 milliards de dollars sur l'énergie, même si l'opposition arrivait au pouvoir. 

"Je pense que le peuple ukrainien est capable de régler" ses problèmes "par ses propres moyens (...) la Russie n'interfèrera jamais" dans cette crise, a-t-il affirmé.

  •  Washington salue des "progrès"

"Nous défendons pour principe que le peuple a le droit de s'exprimer librement et pacifiquement et doit avoir son mot à dire pour l'avenir du pays", a déclaré le président Obama lors de son discours sur l'état de l'Union

Après la démission du Premier ministre  Mykola Azarov, et par conséquent de l'ensemble du gouvernement, remise mardi au président ukrainien, le vice-président des Etats-Unis Joe Biden, a salué des "progrès" lors d'un entretien téléphonique avec Viktor Ianoukovitch. 

La veille, le Parlement a abrogé une série de lois répressives qui avaient été dénoncées par les Occidentaux et contribué à radicaliser le mouvement. Une nouvelle session du Parlement doit avoir lieu ce mercredi pour évoquer notamment l'amnistie des personnes arrêtées ces derniers mois, qui risquent des peines d'emprisonnement ou des amendes.

  •  La démission du président encore exigée

Pendant ce temps, en Ukraine,  l'ex vice-Premier ministre Serguiï Arbouzov, continue de régler les affaires courante pendant que le pouvoir cherche un successeur à Mykola Azarov.

Arseni Iatséniouk, l'un des chefs de file de la contestation, a refusé la proposition du président de succéder en tant que Premier ministre. De sa prison, l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko a, de son coté, salué la démission du gouvernement comme "une étape" insuffisante. Une autre figure de la contestation,  Vitali Klitschko a quant à lui estimé qu'une "démission de Ianoukovitch serait une mesure logique", même s'il fallait prendre les problèmes "un à un". 

Pour mémoire, la contestation en Ukraine est née, notamment du refus du président, fin novembre, de signer un accord de libre-échange avec l'UE au profit d'un rapprochement avec Moscou - ce qui a été vécu comme une trahison par une partie de la population. 

A Kiev, des manifestants étaient toujours mobilisés au centre de la ville mardi soir. 

  • Les autorités locales contestées

Plus largement, ailleurs dans le pays, les contestataires - dont certains occupent des administrations  - réclament le départ des gouverneurs nommés par le chef de l'Etat.

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