Pays-Bas : le gouvernement désavoué aux municipales à cause de l'austérité

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Le parti travailliste, qui forme une coalition gouvernementale avec les libéraux, a perdu la mairie d'Amsterdam qu'il détenait depuis plus de 60 ans.
Le parti travailliste, qui forme une coalition gouvernementale avec les libéraux, a perdu la mairie d'Amsterdam qu'il détenait depuis plus de 60 ans. (Crédits : Reuters)
Les politiques d'austérité du gouvernement battent des records d'impopularité et peinent à relancer l'économie hollandaise. Résultat, les travaillistes au pouvoir reculent, l'extrême droite prospère.

Les hollandais sont en colère, et le font savoir. Au pouvoir depuis 2012 aux Pays-Bas, la coalition gouvernementale - formée du parti libéral du Premier ministre (VVD) et du parti travailliste (PvdA) - a fait l'objet d'un véritable vote-sanction mercredi, lors des élections municipales, avec la perte des principaux bastions du pays.

"Les partis de gouvernement ont été punis pour l'austérité et les hausses d'impôts", commente Andre Krouwel, politologue à l'université VU d'Amsterdam. Les grands perdants étant les travaillistes, qui accusent un recul "historique" dans les grandes villes.

Adieu Amsterdam, La Haye, Rotterdam...

Le parti travailliste de centre gauche (PvdA), partenaire minoritaire du parti libéral du Premier ministre Mark Rutte (VVD), a notamment perdu sa position de premier parti à Amsterdam, au profit du parti social-libéral D66. Le PvdA y dominait les suffrages depuis plus de soixante ans.

A La Haye, où siège le gouvernement, les travaillistes ont été relégué en troisième position, derrière le D66 et le Parti pour la liberté (PVV) du leader d'extrême droite Geert Wilders. Sort semblable dans le bastion industriel et maritime de Rotterdam, qui a été perdu au profit de "Rotterdam vivable", le parti anti-islam fondé par Pim Fortuyn.

"Nous allons poursuivre les réformes du travail"

Ce recul résonne comme un vote sanction contre le gouvernement et sa politique d'austérité. Depuis la crise financière de 2008, les Pays-Bas affichent une croissance atone et ont même traversé une période de récession. Le gouvernement a notamment dû procéder à plusieurs vagues de coupes budgétaires très impopulaires, pour ramener le déficit sous le plafond des 3% du produit intérieur brut.

Les prochaines élections législatives ne sont pas prévues avant mars 2017 et les deux partis au pouvoir espèrent profiter d'ici là d'une amélioration de la situation économique.

Réagissant aux résultats des municipales, le Premier ministre Mark Rutte a exclu tout changement de cap. "Nous devons garantir la croissance de l'emploi et poursuivre les réformes des marchés du travail et du logement pour être sûrs que nous sortirons renforcés de la crise", a-t-il dit à la télévision.

Montée en puissance de l'extrême droite

Le parti d'extrême droite, le PVV, n'a pas gagné à La Haye contrairement à ce que prédisaient les sondages, mais les enquêtes d'opinion le donnent toujours vainqueur, aux Pays-Bas, des élections européennes de mai prochain. En novembre dernier, le leader du PVV, Geert Wilders, s'est allié avec Marine Le Pen pour appeler les partis européens en accord avec leurs idées à créer un groupe politique au Parlement après le scrutin.

Si des législatives avaient lieu aujourd'hui, la formation de Geert Wilders, qui prône la sortie de l'Union européenne et rejette l'immigration musulmane, remporterait 27 sièges sur les 150 du parlement et deviendrait le premier parti du pays. (contre 24 élus aujourd'hui). Les deux partis de l'actuel gouvernement passeraient quant à eux de 79 sièges à 35, selon les calculs du sondeur Maurice De Hond... Prélude au sort qui guette la France à l'issue des municipales et des européennes ?

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a écrit le 24/03/2014 à 13:03 :
Que la population se révolte dans les urnes ou par l'abstention semble normal puisqu'on ne fait pas de croissance. En France, par exemple, on joue au boulet de l'humanité anti travail et pro chômage, les droits sociaux ne sont pas appliqués. Un ami ingénieur qui allait en région parisienne suivre une formation bidon anpe pour changer de métier alors qu'il avait des qualifications inutilisées s'est vu spolier par les administrations qui ne savent passer d'un département à l'autre, conséquence de quoi son RSA n'était plus versé. Il n'y a pas de droits avant 25, on appelle cela régime social? Pour commencer il faudrait cesser de proposer de distribuer des pubs dans les boites aux lettres à nos diplômés... ça ira mieux que les emplois alimentaires pour faire de la croissance!
a écrit le 21/03/2014 à 18:04 :
Etrange ses partis de gouvernement dit de coalition. Tous avec une vue copier/coller identique : Ne pas perdre le pouvoir et poursuivre la politique du toujours moins pour une majorité de la population et le mot Europe comme mot de passe pour éviter les extrêmes.
a écrit le 20/03/2014 à 19:49 :
Ce résultat , promet des élections Européennes mouvementées.....et pas uniquement en
Hollande....
a écrit le 20/03/2014 à 18:08 :
L'Europe eut été une belle idée si elle était de volonté européenne, restée aux mains des européens et non le larbin des USA. L'Union européenne est un dogme dépassé qu'il faut remettre en question, rapidement et pour absence de résultats. Il est opportun de nous souvenir que les français et les néerlandais avaient voté contre et que la parole référendaire de chacun de nos pays a été désavouée par les coquins qui craignant l'enchainement et prenant peur ont alors choisi de passer par les parlements plus faciles à convaincre...
a écrit le 20/03/2014 à 17:51 :
Merci pour les résultats de dimanche. Non pas que je m'en réjouisse mais malheureusement mêmes causes mêmes effets !!!
Nous avons des politiciens qui tuent les plus belles idées, et L'Europe est une belle idée mais sans les ayatollahs qu'ils la dirigent.
a écrit le 20/03/2014 à 17:39 :
"Les partis de gouvernement ont été punis pour l'austérité et les hausses d'impôts", "des coupes budgétaires très impopulaires, pour ramener le déficit sous le plafond des 3% du produit intérieur brut", "Montée en puissance de l'extrême droite". AEX +11% sur 1an (CAC40 +13% sur 1 an). Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite
a écrit le 20/03/2014 à 15:51 :
Pour qu' il y ait la guerre, il faut du nationalisme, du sectarisme, du patriotisme... donc çà monte et çà va monter. Jusqu' à plus soif et cela sera déraisonnable ( suffit déjà de parler avec des électeurs " light " d' extrême droite pour comprendre le niveau de la masse ). Y-a juste à réfléchir et anticiper le: ou se barrer quand la mousse aura bien prise. Celles et ceux n'-y croyant pas ne seront que les victimes innombrable bien naïve décrite dans tout les livres d' histoire de toute l' humanité.
Réponse de le 20/03/2014 à 16:03 :
je lui conseille de partir, si possible USA, Canada ou Australie. Quand l'extrême droite aura pris le pouvoir en Europe il sera trop tard, les places dans les bateaux seront devenues trop chères.
Réponse de le 20/03/2014 à 18:02 :
Moi je leur conseille de prendre le pouvoir aux rentiers jouisseurs de 68 qui les condamnent à la précarité ou à l'exil
a écrit le 20/03/2014 à 15:13 :
J’espère que cette situation ne soit pas qu'un simple prélude en France et que l'UMP et le PS seront balayés.
Réponse de le 20/03/2014 à 15:58 :
vous ferez bien assez de dégâts là bas, mais après tout, ça les regarde.
Réponse de le 26/03/2014 à 23:13 :
En effet ce n'est que l'application du Darwinisme qui aura j'en suis sûr ses effets. Les électeurs choisissent leurs dirigeants en connaissance de cause, je ne plaindrait donc le sort d'aucune vile ayant majoritairement voté extrême droite. Tant qu'ils n'empêchent pas leurs voisins d'avancer.
a écrit le 20/03/2014 à 13:52 :
Les extrêmes plus ou moins modérés surgissent de partout en Europe car la crise est d'une même profondeur que celle des années 30. La faiblesse et l'incompétence des gouvernants en Europe de l'Ouest explique aussi cette résurrection du fascisme en Europe centrale. Par ailleurs la ligne de front ukrainien qui sera plus ou moins militarisé permettra a la Russie de refouler les néo- nazis du côté le plus mou de l'occident. L'Europe est déjà presque dans le sac... Encore 2 ou 3 ans de crise et de chomage pour terminer ce résultat.

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