Récession, dette : les sombres perspectives économiques de l’Ukraine

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(Crédits : reuters.com)
Déjà secouée par l'instabilité politique, l'Ukraine va s'enfoncer dans la récession, avec une chute du PIB de 3% et une dette en hausse de 5 points à 86% du PIB en 2014, selon la Banque mondiale. Moody’s de dégrader la note souveraine de l'Ukraine à Caa3 avec perspective négative.

La dette ukrainienne s'enfonce dans la catégorie spéculative, considérée comme risquée pour les investisseurs. C'est ce qu'il ressort de la décision vendredi de l'agence Moody's de dégrader la note souveraine de l'Ukraine à Caa3 avec perspective négative en raison de l'"escalade" de la crise politique dans le pays et malgré le soutien du Fonds monétaire international (FMI).

Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne qui ont de nouveau appelé la Russie à s'engager dans une véritable "désescalade" sur le terrain, achèvent ce samedi à Athènes une réunion informelle consacrée en grande partie à l'Ukraine. Ils doivent de nouveau s'exprimer sur le sujet samedi matin lors d'une conférence de presse.

Augmentation de 80% du prix du gaz

Déjà amputée d'une partie de son territoire, l'Ukraine était confrontée vendredi à la perspective d'une forte récession après l'augmentation-sanction de 80% du prix de ses achats de gaz par son voisin russe. Et cette semaine, elle a fait passer en 72 heures les 1.000 mètres cubes de gaz livrés à l'ancienne république soviétique de 268 à 485 dollars, un des prix les plus élevés en Europe. Une rétorsion de plus après le renversement du régime pro-russe de Viktor Ianoukovitch par des manifestants pro-européens fin février.

Dénonçant une "agression économique", après l'annonce par Moscou d'une augmentation de 80% du prix de ses livraisons gazières à l'Ukraine, le chef du gouvernement a assuré lors du conseil des ministres que "la pression politique était inacceptable. Et nous n'acceptons pas le prix de 500 dollars".

Washington prêt à aider sur sa sécurité énergétique

Vendredi, les Etats-Unis ont promis d'aider l'Ukraine à assurer sa sécurité énergétique, Kiev, dont les comptes sont au bord de la faillite, a entamé vendredi des discussions urgentes avec ses voisins d'Europe centrale pour trouver des solutions alternatives après cette hausse que le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a jugé "totalement inacceptable".

Lors d'un entretien téléphonique avec ce dernier, le vice-président américain Joe Biden "a souligné la nécessité d'améliorer la sécurité énergétique de l'Ukraine et s'est engagé à coopérer étroitement avec elle et d'autres Etats européens pour garantir qu'aucun pays ne puisse utiliser l'énergie comme une arme politique", a fait savoir la Maison blanche.

La Banque mondiale pessimiste

Déjà secouée par l'instabilité politique, l'Ukraine va s'enfoncer dans la récession, avec une chute du PIB de 3% et une dette en hausse de 5 points à 86% du PIB en 2014, a estimé vendredi la Banque mondiale.

"Certaines branches de l'économie seront à la limite de la survie", avertit Dmytro Marunych, expert du secteur énergétique. Il cite l'industrie chimique, grande consommatrice de gaz, ou la métallurgie, dont les coûts de production pourraient augmenter de 15%, leur faisant perdre toute compétitivité.

Pour la population, une hausse de 50% est annoncée le 1er mai pour le gaz, suivie d'une autre de 40% à partir de juillet pour le chauffage urbain.

Solutions de substitution

Kiev doit donc chercher des solutions de substitution. Arseni Iatseniouk a évoqué la possibilité de négociations avec ses partenaires européens pour rétrocéder à l'Ukraine une partie du gaz qu'ils reçoivent à des prix inférieurs à ceux désormais facturés Kiev.

Mais la Russie risque de ne pas apprécier un tel arrangement, relançant les craintes d'une "guerre du gaz" à l'échelle continentale, alors que l'Europe reste très dépendante des approvisionnements russes, dont une grande partie transite par les gazoducs ukrainiens.

Le ministre ukrainien de l'Energie, Iouri Prodan, a estimé que le pays devrait en 2014 "utiliser au maximum du charbon produit sur le territoire plutôt que du gaz". Selon l'Agence internationale de l'énergie, le charbon couvre actuellement 30% des besoins énergétiques ukrainiens, contre 40% pour le gaz.

Corruption 

Kiev va aussi devoir mettre de l'ordre dans son secteur gazier, qui selon Fan Qimiao, responsable de la Banque mondiale pour le pays, "a été la principale source de corruption en Ukraine ces vingt dernières années," depuis l'indépendance et l'effondrement de l'URSS en 1991.

L'économiste souligne "qu'il y a très peu de compagnies gazières dans le monde qui sont en déficit et, malheureusement, l'ukrainienne est l'une d'elles".

Les nouvelles autorités, à la tête d'un pays au bord de l'asphyxie financière, se sont engagées à mener d'importantes réformes structurelles pour décrocher la semaine dernière un pré-accord du FMI sur un plan d'aide qui pourrait s'élever à 18 milliards de dollars sur deux ans. Des réformes qui "seront impopulaires" et vont "se heurter à des intérêts puissants", a averti Fan Qimiao

 

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a écrit le 06/04/2014 à 12:52 :
En prennent un peu de recule pour regarder les 4 puissance continentale bouger leur pion, on voit le prémisse d'une guerre que chacun veut pour sortir sont ensemble continentale de la crise.

il n'y a que le continent asiatique qui se fait discret car il souhaite surement garder la perspective de devenir le leader économique qui mettras fin à cette guerre entre U.E la Russie et les U.S.A.
a écrit le 06/04/2014 à 2:40 :
Le procureur général, le ministre de l'intérieur et le chef des services de sécurité ukrainiens ont présenté, jeudi 3 avril, les premières conclusions de l'enquête sur les tueries qui ont lieu sur Maïdan, la place de l'Indépendance, pendant le soulèvement qui a abouti à la chute du président Viktor Ianoukovitch. Au plus fort des violences, du 18 au 21 février, près de 90 personnes avaient été tuées. « TOUT A ÉTÉ COORDONNÉ » Selon Valentin Nalivaïtchenko, chef des services de sécurité ukrainiens, « des agents du FSB [les services secrets russes] ont participé à la planification et à la mise en œuvre de la soi disant opération anti-terroriste». M. Nalivaïtchenko a également précisé que Viktor Ianoukovith « a donné l'ordre criminel (...) autorisant l'usage des armes contre les manifestants ». « Tout a été coordonné par des membres des forces de l'ordre » a insisté le ministre de l'intérieur, Arsen Avakov. Plus tôt dans la matinée, douze membres des anciennes forces spéciales antiémeutes, les « Berkout », principaux acteurs de la répression, avaient été interpellés. « Il s'agit d'une unité baptisée 'unité noire', dédiée aux opérations spéciales, qui a distribué des armes, dont des fusils de snipers » , a déclaré le procureur général d'Ukraine, Oleg Makhnitski. Les services secrets russes du FSB ont admis que l'un de leurs hauts responsables se trouvait à Kiev pendant les tueries de février dernier, lors des manifestations de la place de l'Indépendance. "Nous confirmons que (le général du FSB) Sergueï Besseda se trouvait à Kiev les 20 et 21 février" a admis le puissant organisme d'espionnage et d'intervention FSB.
Réponse de le 06/04/2014 à 3:06 :
Pas surprenant d'autant que Poutine à proposé aux Berkout des passeports et d'intégrer la Russie. En Syrie c'était exactement la même méthode du FSB de Poutine. Les commentaires de sa femme dont il a divorcé et avec qui elle a passé son voyage de noces à Kiev sont édifiants sur ce dictateur dont les russes feraient bien de se débarasser avant qu'il ne dérive trop loin.
Réponse de le 06/04/2014 à 6:36 :
Les trolls peuvent polluer le net tant qu'ils veulent, même leurs patrons de l'UE se sont fait berner. Les snipers qui ont tiré sur la foule ont été pilotés et armés par les services spéciaux polonais, américains et israéliens ...
Réponse de le 06/04/2014 à 7:15 :
C'est exactement ça, la Russie voulait déstabiliser le pays qui venait de claquer la porte à l'Union Européenne et accepter son offre de 15 milliards de Dollars ! Il y en qui son pro en intox quand même !
Réponse de le 06/04/2014 à 9:26 :
@ Manque : Ashton n'a rien lâché du tout reprenez les enregistrements du FSB intervenant dans la propagande de Poutine et qui confirme la présence de membres du FSB @ Ben Voui : Si le pays a claqué la porte à l'Union européenne, pourquoi Poutine at-il dû envahir la Crimée voire plus ??? Attention à ne pas rester la bouche ouverte face à la propagande poutinienne sinon vous allez étouffer à force de tout gober !
Réponse de le 06/04/2014 à 9:26 :
@ Manque : Ashton n'a rien lâché du tout reprenez les enregistrements du FSB intervenant dans la propagande de Poutine et qui confirme la présence de membres du FSB @ Ben Voui : Si le pays a claqué la porte à l'Union européenne, pourquoi Poutine at-il dû envahir la Crimée voire plus ??? Attention à ne pas rester la bouche ouverte face à la propagande poutinienne sinon vous allez étouffer à force de tout gober !
Réponse de le 06/04/2014 à 16:17 :
L'Europe embauche des Trolls cloné maintenant
Réponse de le 06/04/2014 à 16:37 :
Il faut prendre vos pilules, le parlement de Crimée (qui existe depuis longtemps) a organiser un Référendum, et la Crimée est redevenu Russe après un intermède Ukrainien de 60 ans. Pas de quoi s’exciter tout seul !
a écrit le 06/04/2014 à 1:22 :
1. La chute de PIB de 3%, c'est assez optimiste. De plus il faut soustraire encore 3.7% du PIB (la part de la Crimée). 2. il est intéressant que le prix de gaz pour la population en Ukraine coutait moins cher qu'en Russie. Les prix seront à peu près égaux après la hausse planifiée. Mais en tout cas beaucoup de gens y vont souffrir, puisque le salaire moyen est de l'ordre de 200 euros en Ukraine à ce moment. 3. Toujours ce refrain du régime Ianoukovich pro-russe, c'est pas vraiment correct. Les guerres gazières avec la Russie étaient fréquentes sous sa règne. Ianoukovich était un représentant de l'oligarchie de l'Ukraine d'Est, mais ensuite il a décidé de créer son propre clan oligarchique. En fait cela résume en grande partie les évènements en Ukraine: conflit oligarchique 4. Les mines de charbon sont épuisées en grande partie, c'est pour cela sa part reste relativement faible. 5. Avant la fin de mai l'Ukraine ne recevra aucun crédit significatif.
a écrit le 05/04/2014 à 18:19 :
Ce pays comme quelques autres vont se rendre compte que la méthode douce russe vaut mieux que celle dure de l'UE. Le grand voisin va cesser les achats qu'il faisait sans en avoir besoin auprès de ces pays en déroute morale. Comment pourraient-ils s'en trouver surpris ?
Réponse de le 06/04/2014 à 2:07 :
La méthode de Poutine n'avait rien de doux comme le rappelle Ex-Moscovite ci-dessus : coupures fréquentes de gaz etc. De plus les entreprises étaient amenées à coopérer avec les entreprises russes exclusivement (voir entre autres la guerre avec l'oligarque du chocolat favori actuel des sondages). Le fait de la part de Poutine et de son entourage maffieux de placer des pions que l'on tient par les finances, par l'énergie etc à la tête de pays que l'on souhaite maintenir sous sa dépendance et domination conduit à la situation que l'on connait actuellement en Ukraine. Celle-ci fonctionne encore sur un modèle de dépendance à la Russie ex Urss qui est défavorable pour les 2 pays (voir les entreprises d'armement, la fourniture d'électricité à la Russie etc). Les entreprises ne peuvent pas être viables dans un monde globalisé avec une telle dépendance pas assez diversifiée et anti-économique. L'invasion de Poutine et la hausse du gaz au prix le plus élevé d'Europe ne sont pas du tout fait pour arranger les choses mais enfoncer encore plus l'Ukraine. La méthode dure ne vient pas d'Europe mais du FMI et banque mondiale qui sont les 2 grands pourvoyeurs de fonds mondiaux et on peut contester la méthode mais elle a fait la majorité du temps ses preuves. On ne peut pas en dire autant de la gestion russe actuelle que Medvedev lui-même fustige, on voit d'ailleurs rapidement l'impact de cet épisode sur la Russie qui bénéficie pourtant de revenus important du gaz et pétrole etc. et qui va probablement entrer en récession.
Réponse de le 06/04/2014 à 7:38 :
C'est certain, le FMI a fait ses preuves ! Après la Grèce, et bien d'autre victimes, on attends impatiemment leur recettes miracle pour l'Ukraine (leur première recommandation fut d(augmenter de 50% le prix du gaz au consommateur -et ce sans compter l'augmentation du coté Russe- certainement pour attiser la paix entre Ukrainiens et Russes). Une belle réussite en perspective !!
Réponse de le 06/04/2014 à 9:40 :
@ Répétiteur : regardez objectivement toutes les situations qu'a réglé le FMI. Le bilan est plutôt correct. Dans les cas extrêmes ont est proche de guerres civiles alors on peut émettre des critiques mais si les coupes sombres sont souvent drastiques dans ces cas, le redressement se fait en quelques années seulement sinon c'est la déroute totale et c'est pire. En Ukraine le prix du gaz était trop faible et permettait surtout à des oligaques de se faire des marges. La situation change radicalement en quelques semaines. Ce n'est pas le FMI qui est la cause principale des problèmes, c'était d'abord Yanoukovitch entre autres et Poutine qui envahi la Crimée et augmente de plus de 80% le prix du gaz avec des effets rétroactifs. C'est vouloir enfoncer un pays par chantage total alors que l'indépendance énergétique comme souveraine de l'Ukraine et la compétitivité de ses entreprises comme la diversification des échanges priment pour le pays et sa population.
Réponse de le 06/04/2014 à 16:28 :
Si "En Ukraine le prix du gaz était trop faible ", Poutine est fort avisé d'augmenter le prix !
a écrit le 05/04/2014 à 16:23 :
....et nous, qui n'avons (parait-il encore rien endurés!), dans quelle situation sommes nous? et seront nous bientôt?????
a écrit le 05/04/2014 à 14:44 :
RTL vient d'annoncer qu'un écho des boites noires avait été détecté. Voilà une nouvelle qu'elle est fraiche...
a écrit le 05/04/2014 à 13:52 :
Où Botul passe, les peuples trépassent !
a écrit le 05/04/2014 à 13:51 :
Serais je égoïste de dire qu'aujourd'hui c'est plutôt le sort de la France qui m'importe, et plus précisément savoir comment je vais finir la fin mois ?
Réponse de le 05/04/2014 à 14:46 :
Entièrement d'accord avec vous. Il n'y a que les bobo gauchiste tel @Botul l'entarté pour se préoccuper des autres plutôt que des siens.
Réponse de le 05/04/2014 à 18:36 :
Ce qu'il y a de drôle chez les admirateurs de Botul, c'est qu'ils pensent encore faire illusion auprès des français : on sait quel est votre "pays de cœur" depuis internet (voir vidéo d'enrico sur Youtube)
Réponse de le 05/04/2014 à 20:32 :
Je plussoie. +1000 pour Arthur et Moa
Réponse de le 06/04/2014 à 6:37 :
C'est bien de se serrer les coudes entre troll de l'UE : le retour à pôle emploi n'en sera que moins douloureux à la fin du CDD !

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